{"id":69760,"date":"2026-03-20T09:16:41","date_gmt":"2026-03-20T09:16:41","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=69760"},"modified":"2026-03-20T09:16:42","modified_gmt":"2026-03-20T09:16:42","slug":"dr-babo-amadou-ba-directeur-general-du-3fpt-pourquoi-la-restructuration-de-la-dette-nest-pas-une-bonne-idee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=69760","title":{"rendered":"Dr Babo Amadou Ba, directeur g\u00e9n\u00e9ral du 3FPT: \u00ab\u2009Pourquoi la restructuration de la dette n\u2019est pas une bonne id\u00e9e\u2009\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Dans un contexte de fortes contraintes budg\u00e9taires et de recomposition des politiques publiques, le S\u00e9n\u00e9gal mise sur une gestion active de sa dette, la ren\u00e9gociation strat\u00e9gique de ses contrats et une r\u00e9forme ambitieuse de la formation professionnelle. Le directeur g\u00e9n\u00e9ral du 3Fpt, Dr Babo Amadou Ba, docteur en sciences de gestion (finance de march\u00e9), met en lumi\u00e8re les leviers de r\u00e9silience \u00e9conomique du pays, tout en d\u00e9fendant un mod\u00e8le fond\u00e9 sur l\u2019ad\u00e9quation formation-emploi, la souverainet\u00e9 \u00e9conomique et la confiance des investisseurs.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Oumar FEDIOR et Seydou Prosper SADIO<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Malgr\u00e9 un contexte \u00e9conomique particuli\u00e8rement difficile, le S\u00e9n\u00e9gal semble faire preuve de r\u00e9silience. Quels facteurs, selon vous, expliquent cette situation\u2009?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il faut d\u2019abord revenir sur le besoin de financement de l\u2019\u00c9tat pour l\u2019ann\u00e9e 2026, qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 6\u2009075 milliards de FCfa. Ce besoin est d\u00e9termin\u00e9 par deux tableaux. Le tableau des op\u00e9rations budg\u00e9taires permet de d\u00e9terminer le d\u00e9ficit \u00e0 partir de la diff\u00e9rence entre les recettes et les d\u00e9penses, ce qui a fait ressortir un d\u00e9ficit budg\u00e9taire de 1\u2009245 milliards de FCfa. Ensuite, il y a le tableau des op\u00e9rations de tr\u00e9sorerie qui d\u00e9termine les ressources dont l\u2019\u00c9tat aura besoin pour couvrir certaines dettes. Le besoin de financement pour 2026 s\u2019\u00e9tablit donc \u00e0 6\u2009075,2 milliards de FCfa.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est principalement compos\u00e9 de l\u2019amortissement de la dette, qui atteint 4\u2009307,4 milliards de FCfa, du financement du d\u00e9ficit budg\u00e9taire global, pour 1\u2009245 milliards de FCfa, de l\u2019apurement d\u2019arri\u00e9r\u00e9s int\u00e9rieurs \u00e9valu\u00e9 \u00e0 300 milliards de FCfa, des emprunts r\u00e9troc\u00e9d\u00e9s pr\u00e9vus pour 172,80 milliards de FCfa et de la couverture du d\u00e9ficit Opex pour 50,0 milliards de FCfa. En dehors des 6\u2009075 milliards de FCfa, il faut d\u00e9terminer le service de la dette de 2026, compos\u00e9 de l\u2019amortissement de la dette (le principal), qui est de 4\u2009307 milliards de FCfa, plus les int\u00e9r\u00eats et commissions qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 1\u2009190 milliards de FCfa. Ce qui donne un total de 5\u2009497 milliards de FCfa.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est cette somme que l\u2019\u00c9tat a \u00e9tal\u00e9e sur les 12 mois dans un tableau appel\u00e9 plan de tr\u00e9sorerie. Rien que pour le mois de mars, l\u2019\u00c9tat a d\u00e9j\u00e0 pay\u00e9 746 milliards de FCfa, dont l\u2019eurobond de 2018 qui \u00e9tait de 461 millions d\u2019euros. Dans ce contexte \u00e9conomique particuli\u00e8rement difficile, le S\u00e9n\u00e9gal a fait preuve de r\u00e9silience en activant deux leviers, sp\u00e9cifiquement pour la dette int\u00e9rieure (titrisation), qui repr\u00e9sente 31,7 %, et la dette ext\u00e9rieure (gestion active), qui repr\u00e9sente 68,3 %. Pour la dette int\u00e9rieure, les tomb\u00e9es d\u2019\u00e9ch\u00e9ances sur la dette bancaire locale \u00e9taient \u00e0 plus de 820 milliards de FCfa, avec une forte pression sur la liquidit\u00e9 des banques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le ministre des Finances et du Budget a invit\u00e9 les banques, \u00e0 travers des interventions sur le march\u00e9 financier r\u00e9gional, \u00e0 titriser certaines de ces cr\u00e9ances. Gr\u00e2ce \u00e0 ce m\u00e9canisme, 500 milliards de FCfa d\u2019espace budg\u00e9taire ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9gag\u00e9s en 2025. Ainsi, en plus de cette op\u00e9ration de reprofilage, une progression des recettes budg\u00e9taires est observ\u00e9e, notamment gr\u00e2ce \u00e0 des recettes additionnelles de 762,6 milliards de FCfa issues des mesures du Plan de redressement \u00e9conomique et social (Pres). Dans le cadre de la strat\u00e9gie de gestion active de la dette, le MFG avait mis en place quatre strat\u00e9gies, en fonction de la r\u00e9partition de la dette entre ext\u00e9rieure et int\u00e9rieure (S1-35\/65, S2-60\/40, S3-50\/50, S4-40\/60).<\/p>\n\n\n\n<p>Le S\u00e9n\u00e9gal a opt\u00e9 pour la strat\u00e9gie 3, qui vise \u00e0 contenir les vuln\u00e9rabilit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la dette \u00e0 taux variable (20 %) et \u00e0 la dette arrivant \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance \u00e0 court terme (30,4 % de la dette totale), dont le taux sera refix\u00e9 dans un (1) an et qui ont pris une importance non n\u00e9gligeable dans le portefeuille.<\/p>\n\n\n\n<p>La distribution des sources de financement ressortirait \u00e0 50 % de dette ext\u00e9rieure nouvelle, et les 50 % restants seront satisfaits \u00e0 travers le march\u00e9 domestique, avec un recours important aux financements concessionnels et \u00e0 une dette domestique de plus longue maturit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Certains estiment que la restructuration de la dette constitue la principale solution pour soulager les finances publiques. Partagez-vous cette analyse\u2009?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Non\u2009! Restructurer une dette consiste \u00e0 modifier, par accord, les trois conditions de la dette d\u2019un \u00c9tat (\u00e9ch\u00e9ances, taux, principal) pour retrouver la soutenabilit\u00e9 et \u00e9viter un d\u00e9faut de paiement. La restructuration d\u2019une dette souveraine s\u2019apparente \u00e0 une op\u00e9ration chirurgicale pour l\u2019\u00e9conomie d\u2019un pays : elle est souvent indispensable pour sauver le patient de l\u2019asphyxie financi\u00e8re, mais elle laisse des cicatrices profondes et n\u00e9cessite une longue convalescence. Elle ne se d\u00e9cr\u00e8te pas : il faut commencer par analyser la soutenabilit\u00e9 de la dette. En effet, parler de surendettement (\u00e9lev\u00e9 \u2013 mod\u00e9r\u00e9 \u2013 faible) d\u2019un \u00c9tat signifie qu\u2019une partie de son endettement est jug\u00e9e \u00ab\u2009insoutenable\u2009\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela vise \u00e0 l\u00e9gitimer une restructuration. Le surendettement peut \u00eatre rep\u00e9r\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un d\u00e9faut de paiement, d\u2019une prise de position \u00e9thique, mais aussi \u00e0 partir de l\u2019Avd (analyse de la viabilit\u00e9 de la dette), qui d\u00e9termine les ratios de solvabilit\u00e9 et de liquidit\u00e9. Donc, le S\u00e9n\u00e9gal n\u2019est pas dans cette situation. Voici les cons\u00e9quences et les risques de la restructuration. D\u2019abord, la fermeture de l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s financiers. D\u00e8s qu\u2019un pays annonce vouloir restructurer sa dette commerciale, les agences de notation le d\u00e9gradent imm\u00e9diatement en \u00ab\u2009d\u00e9faut s\u00e9lectif\u2009\u00bb (Selective Default).<\/p>\n\n\n\n<p>Le pays perd instantan\u00e9ment la confiance des investisseurs et ne peut plus emprunter sur les march\u00e9s internationaux pendant plusieurs ann\u00e9es, ou alors \u00e0 des taux prohibitifs. Ensuite, il existe un risque de contagion au secteur bancaire local si la restructuration inclut la dette int\u00e9rieure (les bons et obligations du Tr\u00e9sor achet\u00e9s par les banques locales). En outre, la longueur et la complexit\u00e9 des n\u00e9gociations s\u2019expliquent par la diversit\u00e9 des cr\u00e9anciers (Club de Paris, Chine, milliers de d\u00e9tenteurs d\u2019Eurobonds priv\u00e9s).<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, des conditionnalit\u00e9s sociales douloureuses peuvent \u00eatre impos\u00e9es. Souvent, l\u2019\u00c9tat doit s\u2019engager dans un programme d\u2019ajustement structurel rigoureux : augmentation des imp\u00f4ts, gel des embauches dans la fonction publique, suppression des subventions (carburant, \u00e9lectricit\u00e9). Ces mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 ont souvent un co\u00fbt social et politique tr\u00e8s lourd.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le S\u00e9n\u00e9gal a r\u00e9cemment eu recours au march\u00e9 financier de mani\u00e8re accrue. Cette strat\u00e9gie vous para\u00eet-elle soutenable \u00e0 moyen et long terme\u2009?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui\u2009! Et sans craindre un effet d\u2019\u00e9viction (l\u2019\u00c9tat aspire les ressources au d\u00e9triment du priv\u00e9). Le recours aux avances statutaires de la Banque centrale a \u00e9t\u00e9, pendant plusieurs ann\u00e9es, l\u2019une des modalit\u00e9s privil\u00e9gi\u00e9es de couverture des besoins de tr\u00e9sorerie des \u00c9tats membres de l\u2019Union, jusqu\u2019en 1999, avec l\u2019entr\u00e9e en vigueur de l\u2019euro. En 2001, la Bceao cr\u00e9e le march\u00e9 des titres publics, exclusivement d\u00e9di\u00e9 au financement des \u00c9tats membres de l\u2019Umoa. Il est organis\u00e9 autour d\u2019un march\u00e9 primaire et d\u2019un march\u00e9 secondaire.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, l\u2019automatisation des proc\u00e9dures d\u2019adjudication via le logiciel Sagetil-Uemoa (Syst\u00e8me de r\u00e8glement-livraison des titres publics) pr\u00e9sente un gain d\u2019efficience par rapport au traitement manuel. Le march\u00e9 des titres publics r\u00e9pond \u00e0 la fois \u00e0 un besoin des \u00c9tats et des investisseurs. Cr\u00e9\u00e9e en 2013, l\u2019Agence Uoa-Titres (Aut) est charg\u00e9e d\u2019identifier les modalit\u00e9s les plus appropri\u00e9es pour mobiliser les ressources financi\u00e8res n\u00e9cessaires au financement des \u00c9tats sur les march\u00e9s r\u00e9gionaux et internationaux de capitaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la zone Uemoa, en fonction de l\u2019\u00e9metteur et de la maturit\u00e9 vis\u00e9e, le taux de coupon varie en fonction de nombreux param\u00e8tres, mais surtout du co\u00fbt de l\u2019argent et de la maturit\u00e9 du titre en question. En ce moment, il se situe entre 5,75 % et 6,50 %. Pour emprunter sur le march\u00e9 des titres publics, l\u2019\u00c9tat \u00e9met des obligations ou bons du Tr\u00e9sor. Les obligations du Tr\u00e9sor sont des instruments de financement structurel avec une valeur nominale de 10\u2009000. Elles sont utilis\u00e9es pour financer le budget d\u2019investissement de l\u2019\u00c9tat, notamment la construction d\u2019infrastructures lourdes dont la rentabilit\u00e9 \u00e9conomique s\u2019\u00e9tale dans le temps. On retrouve des maturit\u00e9s de 3 ans, 5 ans, 7 ans, 10 ans, 15 ans (plus rares, mais de plus en plus utilis\u00e9es par des \u00e9metteurs r\u00e9guliers comme le S\u00e9n\u00e9gal ou la C\u00f4te d\u2019Ivoire).<\/p>\n\n\n\n<p>Les bons du Tr\u00e9sor sont des instruments de gestion de tr\u00e9sorerie avec une valeur nominale de 1\u2009000\u2009000. Ils permettent aux \u00c9tats (comme le S\u00e9n\u00e9gal) de faire face \u00e0 des d\u00e9calages temporaires entre leurs rentr\u00e9es d\u2019imp\u00f4ts et leurs d\u00e9penses courantes. Le march\u00e9 financier de l\u2019Uemoa repr\u00e9sente une bouff\u00e9e d\u2019oxyg\u00e8ne pour les huit pays. Ce march\u00e9 financier est compos\u00e9 du march\u00e9 mon\u00e9taire, du march\u00e9 des titres publics et de la Brvm. Cette strat\u00e9gie est soutenable selon quatre facteurs : l\u2019\u00e9tat de liquidit\u00e9 bancaire, le refinancement aupr\u00e8s de la Bceao, la maturit\u00e9 et les co\u00fbts de l\u2019\u00e9mission, la concentration des souscripteurs, et surtout le lien entre le march\u00e9 des titres publics et le march\u00e9 mon\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les interventions de la Banque centrale portent sur les op\u00e9rations d\u2019open market et les refinancements sur les guichets permanents. Pour les open market, le taux directeur est de 3 %, et au guichet permanent, de 5 %. Les banques empruntent au niveau de la Bceao pour pr\u00eater aux \u00c9tats. Chaque mois, chaque pays membre de l\u2019Uemoa exprime ses besoins sous forme d\u2019appel d\u2019offres, qu\u2019on appelle aussi placement par adjudication. En 2025, les ressources mobilis\u00e9es sur le Mtp sont estim\u00e9es \u00e0 11\u2009858 milliards de FCfa. Cette ann\u00e9e, les huit pays membres de l\u2019Uemoa comptent lever au total 12\u2009700 milliards de FCfa. Pour l\u2019ann\u00e9e 2026, le S\u00e9n\u00e9gal souhaite lever 4\u2009132 milliards de FCfa, dont 1\u2009200 milliards de FCfa par appels publics \u00e0 l\u2019\u00e9pargne (placement par syndication), 2\u2009752 milliards de FCfa par appel d\u2019offres et 180 milliards de FCfa par sukuk.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00c9tat du S\u00e9n\u00e9gal a entrepris de ren\u00e9gocier plusieurs contrats sign\u00e9s sous le pr\u00e9c\u00e9dent r\u00e9gime. Cette d\u00e9marche vous semble-t-elle ais\u00e9e \u00e0 mettre en \u0153uvre\u2009?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, car il existe un fondement souverain et juridique aux ren\u00e9gociations, bas\u00e9 sur l\u2019article 25-1 de la Constitution, dont le soubassement est l\u2019int\u00e9r\u00eat public et la souverainet\u00e9 \u00e9conomique. L\u2019article stipule : \u00ab\u2009Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilis\u00e9es pour l\u2019am\u00e9lioration de ses conditions de vie. L\u2019exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de fa\u00e7on \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer une croissance \u00e9conomique et \u00e0 promouvoir le bien-\u00eatre de la population.\u2009\u00bb Un pays commence g\u00e9n\u00e9ralement par \u00e9valuer les contrats existants \u00e0 travers des audits juridiques et \u00e9conomiques, afin d\u2019identifier les termes qui ne correspondent plus \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats ou \u00e0 ses cadres r\u00e9glementaires actuels. Une \u00e9tape essentielle consiste alors \u00e0 identifier les clauses de ren\u00e9gociation, lorsqu\u2019elles existent. En leur absence, l\u2019\u00c9tat peut \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 justifier la ren\u00e9gociation en invoquant des changements \u00e9conomiques substantiels ou impr\u00e9vus. La ren\u00e9gociation a permis au S\u00e9n\u00e9gal d\u2019engranger d\u2019importants gains et de r\u00e9aliser des \u00e9conomies sur des contrats qui \u00e9taient tr\u00e8s mal libell\u00e9s, tout en asseyant une nouvelle approche de contractualisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon le Premier ministre Ousmane Sonko, la ren\u00e9gociation des conventions et contrats dans les secteurs strat\u00e9giques constitue un exercice de transparence, de reddition de comptes, de prise en charge des priorit\u00e9s nationales, de responsabilit\u00e9 visant \u00e0 pr\u00e9server les int\u00e9r\u00eats vitaux de la nation, de bonne gouvernance et de gestion responsable des ressources naturelles. Il convient \u00e9galement de rappeler qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un exercice dirig\u00e9 contre les partenaires et les investisseurs, ni d\u2019un manquement aux engagements de notre pays.<\/p>\n\n\n\n<p>La ren\u00e9gociation est une r\u00e9ussite, car les r\u00e9sultats escompt\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 atteints. Sur la convention avec les Ics, le manque \u00e0 gagner est estim\u00e9 \u00e0 1\u2009075,9 milliards de FCfa. Le Comit\u00e9 a examin\u00e9 la convention avec les Industries chimiques du S\u00e9n\u00e9gal (Ics) et a constat\u00e9 que, durant toute la dur\u00e9e de ce contrat, le S\u00e9n\u00e9gal a \u00e9t\u00e9 l\u00e9s\u00e9. Parmi les manquements relev\u00e9s figurent le non-paiement des taxes et redevances, des avantages fiscaux et douaniers indus ainsi que des exon\u00e9rations accord\u00e9es sans base l\u00e9gale. Il convient de rappeler qu\u2019au S\u00e9n\u00e9gal, comme partout ailleurs, les exon\u00e9rations ne peuvent d\u00e9couler que de la loi. De plus, les redevances ne sont pas concern\u00e9es par ces exon\u00e9rations.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ensemble de ces \u00e9l\u00e9ments constitue des pertes substantielles pour l\u2019\u00c9tat. Nous avons demand\u00e9 que toutes les cons\u00e9quences soient tir\u00e9es. S\u2019agissant des redevances estim\u00e9es \u00e0 plus de 200 milliards de FCfa, une notification a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9e au minist\u00e8re de l\u2019\u00c9nergie \u00e0 l\u2019endroit de l\u2019entreprise concern\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne la reprise des actifs miniers de l\u2019\u00c9tat, l\u2019objectif est d\u00e9sormais de reprendre l\u2019ensemble des actifs et de d\u00e9finir, de mani\u00e8re souveraine, la strat\u00e9gie de valorisation de nos phosphates. Ceux-ci doivent servir en priorit\u00e9 le S\u00e9n\u00e9gal et les S\u00e9n\u00e9galais, notamment dans l\u2019agriculture, mais aussi dans des projets \u00e0 plus forte valeur ajout\u00e9e comme la production de batteries. Pour les engrais, l\u2019orientation est de d\u00e9velopper des produits adapt\u00e9s \u00e0 la consommation nationale tout en visant le march\u00e9 sous-r\u00e9gional.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre ambition est de devenir un acteur de r\u00e9f\u00e9rence sur ce march\u00e9, avec une capacit\u00e9 d\u2019exportation de plus de 3 millions de tonnes d\u2019engrais par an. Concernant les cimenteries, le Comit\u00e9 a constat\u00e9 un manque \u00e0 gagner important : 160 milliards de FCfa pour la premi\u00e8re, 148 milliards de FCfa pour la deuxi\u00e8me, 63 milliards de FCfa pour la troisi\u00e8me et 47 milliards de FCfa pour la quatri\u00e8me. Les causes sont similaires : non-paiement des taxes et redevances, avantages fiscaux indus et exon\u00e9rations sans base l\u00e9gale. La d\u00e9cision prise consiste \u00e0 r\u00e9aligner l\u2019ensemble des cimenteries sur le r\u00e9gime fiscal et douanier en vigueur, notamment le Code de 2016 et le nouveau code en cours de finalisation. Cela devrait permettre de g\u00e9n\u00e9rer des gains annuels suppl\u00e9mentaires estim\u00e9s \u00e0 360 milliards de FCfa.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le secteur des mines et carri\u00e8res, environ 71 titres seront retir\u00e9s, dont 14 pour l\u2019or, 8 pour l\u2019argile, 5 pour le basalte, 8 pour le calcaire, 1 pour le granite, 1 pour le kaolin, 1 pour le gr\u00e8s, 14 pour la lat\u00e9rite, 1 pour le mangan\u00e8se et 1 pour le sable. Tous les titres ne respectant pas leurs engagements feront l\u2019objet d\u2019une ren\u00e9gociation. En mati\u00e8re d\u2019\u00e9lectrification rurale, plusieurs contrats ont \u00e9t\u00e9 ren\u00e9goci\u00e9s d\u00e8s notre arriv\u00e9e, notamment ceux d\u2019Aee Power et de Sagemcom. Ces ren\u00e9gociations ont permis de r\u00e9aliser des \u00e9conomies de 11 milliards 588 millions de FCfa et d\u2019\u00e9lectrifier 534 localit\u00e9s suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019agissant du secteur p\u00e9trole-gaz, il est actuellement en cours d\u2019examen. Des discussions sont engag\u00e9es avec les partenaires, notamment sur le bloc Gta (Grand Tortue Ahmeyim), partag\u00e9 avec la Mauritanie. Ce bloc gazier a d\u00e9but\u00e9 son exploitation l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Sans entrer dans les d\u00e9tails, nous consid\u00e9rons que certains contrats pr\u00e9sentent un caract\u00e8re d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9, et nous souhaitons engager des discussions de fond. Toutefois, la priorit\u00e9 reste l\u2019approvisionnement du march\u00e9 local en gaz naturel. Les discussions avancent dans ce sens, conform\u00e9ment au contrat de recherche et de partage de production (Crpp), qui pr\u00e9voit explicitement ce droit. Cette d\u00e9marche pourrait permettre de g\u00e9n\u00e9rer un gain projet\u00e9 de 900 milliards de FCfa sur la p\u00e9riode 2026-2040, ainsi que des recettes fiscales estim\u00e9es \u00e0 1\u2009090 milliards de FCfa. Concernant le projet Yaakaar-T\u00e9ranga, un accord a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 pour permettre au S\u00e9n\u00e9gal de reprendre ce bloc dans les prochaines semaines, sans co\u00fbt financier.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La nouvelle orientation strat\u00e9gique consiste \u00e0 rompre avec les mod\u00e8les de concessions longues (25 ans) pour adopter une approche davantage align\u00e9e sur nos priorit\u00e9s de d\u00e9veloppement et de consommation. Comment le S\u00e9n\u00e9gal peut-il mener ces r\u00e9formes tout en pr\u00e9servant la confiance des investisseurs\u2009?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec le nouveau Code des investissements. Celui-ci introduit des r\u00e9formes profondes visant \u00e0 moderniser l\u2019environnement des affaires. Il repose notamment sur la digitalisation int\u00e9grale des proc\u00e9dures, gr\u00e2ce \u00e0 une plateforme unique couvrant l\u2019ensemble du processus, de la demande d\u2019agr\u00e9ment au suivi des projets. Il pr\u00e9voit \u00e9galement une facilitation de l\u2019acc\u00e8s au foncier, avec l\u2019appui de l\u2019Apix qui accompagne les investisseurs dans l\u2019obtention de terrains (baux emphyt\u00e9otiques) et l\u2019acc\u00e8s aux zones am\u00e9nag\u00e9es (Zai et Zes). Enfin, il introduit une territorialisation des avantages fiscaux afin d\u2019encourager les investissements \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays : 5 ans d\u2019avantages pour les r\u00e9gions hors Dakar et Thi\u00e8s, contre 3 ans pour ces derni\u00e8res. Dans la phase d\u2019investissement, les entreprises b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une suspension de la Tva sur les biens et services, ainsi que d\u2019une exon\u00e9ration des droits de douane sur les \u00e9quipements.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00c9tat garantit la stabilit\u00e9 de ces avantages pendant toute la dur\u00e9e de l\u2019agr\u00e9ment. En phase d\u2019exploitation, des cr\u00e9dits d\u2019imp\u00f4t sont accord\u00e9s, ainsi que des dispositifs sociaux sp\u00e9cifiques, notamment la possibilit\u00e9 de recourir \u00e0 des contrats \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e (Cdd) adapt\u00e9s pendant cinq ans. Par ailleurs, de nouveaux r\u00e9gimes cibl\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 introduits, tels que le r\u00e9gime des investissements strat\u00e9giques et celui de l\u2019investissement socialement responsable (Isr), qui imposent notamment des exigences en mati\u00e8re de sous-traitance locale et de transfert de comp\u00e9tences. En contrepartie, les investisseurs sont soumis \u00e0 des obligations strictes de transparence, d\u2019\u00e9thique et de respect des normes environnementales. Le non-respect des engagements peut entra\u00eener le retrait des avantages accord\u00e9s. L\u2019objectif est clair : faire de l\u2019investissement priv\u00e9 un moteur de croissance durable, de cr\u00e9ation d\u2019emplois et de souverainet\u00e9 \u00e9conomique, tout en garantissant un cadre s\u00e9curis\u00e9 et attractif pour les investisseurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment le 3Fpt contribue-t-il concr\u00e8tement \u00e0 l\u2019objectif national de former un million de jeunes selon le mod\u00e8le \u00e9cole-entreprise\u2009?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La formation professionnelle ne peut \u00eatre efficace que si elle correspond \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du travail. C\u2019est tout le sens de la formation duale : un syst\u00e8me qui associe, dans un m\u00eame parcours, l\u2019\u00e9cole et l\u2019entreprise. La formation duale n\u2019est plus une option, mais une r\u00e9ponse concr\u00e8te \u00e0 l\u2019exigence d\u2019ad\u00e9quation entre la formation et l\u2019emploi. Elle combine deux lieux d\u2019apprentissage compl\u00e9mentaires : l\u2019entreprise, o\u00f9 l\u2019apprenant acquiert des comp\u00e9tences pratiques et une exp\u00e9rience r\u00e9elle du travail, et le centre de formation, o\u00f9 il re\u00e7oit un enseignement th\u00e9orique et technologique structur\u00e9. L\u2019apprenant a un statut de salari\u00e9 de l\u2019entreprise (contrat d\u2019apprentissage ou de professionnalisation), r\u00e9gi par le d\u00e9cret n\u00b0 2016-263 du 22 f\u00e9vrier 2016, avec 80 % du temps en entreprise et 20 % en centre de ressources.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son nouveau programme de d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019horizon 2050, le gouvernement du S\u00e9n\u00e9gal a inscrit la \u00ab\u2009massification de la formation duale\u2009\u00bb, un syst\u00e8me p\u00e9dagogique qui allie l\u2019apprentissage en salle de classe \u00e0 l\u2019apprentissage en situation r\u00e9elle de travail en entreprise. Ce dispositif vise \u00e0 garantir l\u2019ad\u00e9quation entre la formation et le march\u00e9 de l\u2019emploi, tout en contribuant \u00e0 la r\u00e9duction du ch\u00f4mage des jeunes. En 2022, le S\u00e9n\u00e9gal a lanc\u00e9 une phase d\u2019exp\u00e9rimentation de la formation duale : 120 jeunes apprenants ont ainsi \u00e9t\u00e9 form\u00e9s dans le domaine de l\u2019h\u00f4tellerie. Fortes de cette exp\u00e9rience jug\u00e9e concluante, les autorit\u00e9s ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9tendre ce mod\u00e8le \u00e0 d\u2019autres fili\u00e8res, notamment le num\u00e9rique, l\u2019agrobusiness et les Btp. Pour la mise en \u0153uvre de ce syst\u00e8me, le S\u00e9n\u00e9gal a sollicit\u00e9 l\u2019accompagnement financier et technique de la Suisse, l\u2019un des pays les plus avanc\u00e9s au monde en mati\u00e8re de formation duale. Cette coop\u00e9ration vise \u00e9galement \u00e0 renforcer l\u2019attractivit\u00e9 de l\u2019enseignement professionnel. L\u2019ambition est d\u2019orienter, \u00e0 l\u2019horizon 2030, au moins 30 % des sortants du cycle fondamental vers la formation professionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pour que ce mod\u00e8le s\u2019installe durablement, il est n\u00e9cessaire de disposer d\u2019un instrument financier adapt\u00e9. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment le r\u00f4le du 3Fpt, qui intervient pour accompagner les trois acteurs du dispositif. Pour les \u00e9tablissements, le 3Fpt mobilise le Gfeip (Guichet de financement des \u00e9tablissements publics et de l\u2019innovation p\u00e9dagogique), \u00e0 travers lequel il accompagne la conception des r\u00e9f\u00e9rentiels et leur adaptation au mod\u00e8le dual. Pour les entreprises, il prend en charge une partie des co\u00fbts p\u00e9dagogiques, soutient l\u2019encadrement en milieu professionnel et assure la formation des tuteurs. Pour les apprenants, le 3Fpt finance les parcours de formation en centre de ressources gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019octroi de bons de formation, couvrant aussi bien les formations longues (Cap, Bep, Bt, Bts) que les formations courtes (Cps).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le d\u00e9fi d\u2019orienter 30 % des \u00e9l\u00e8ves vers la formation professionnelle est-il r\u00e9aliste\u2009?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si oui, quels leviers comptez-vous activer pour y parvenir\u2009? Faire de la formation professionnelle un puissant levier de d\u00e9veloppement pour le S\u00e9n\u00e9gal constitue l\u2019ambition port\u00e9e par le ministre Amadou Moustapha Ndieck Sarr\u00e9. Cette vision s\u2019inscrit dans une dynamique globale de promotion de la formation professionnelle et technique, appuy\u00e9e par une strat\u00e9gie de communication de masse et par la territorialisation des offres de formation et des opportunit\u00e9s d\u2019insertion.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement du S\u00e9n\u00e9gal ambitionne d\u2019orienter 30 % des sortants du cycle fondamental vers la formation professionnelle \u00e0 l\u2019horizon 2030, en parall\u00e8le de la formation de 700\u2009000 techniciens d\u2019ici \u00e0 2029 et de 5 millions de jeunes \u00e0 l\u2019horizon 2050. Ces objectifs sont ambitieux, mais atteignables. Leur r\u00e9alisation contribuera fortement \u00e0 la vision S\u00e9n\u00e9gal 2050 d\u2019un pays souverain, juste et prosp\u00e8re. Toutefois, leur mise en \u0153uvre suppose des actions structur\u00e9es, une planification rigoureuse et l\u2019engagement de l\u2019ensemble des acteurs, \u00e0 tous les niveaux de responsabilit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>. Il est n\u00e9cessaire de b\u00e2tir un \u00e9cosyst\u00e8me participatif, fond\u00e9 sur la territorialisation des politiques publiques, afin de mettre sur le march\u00e9 du travail des ressources humaines qualifi\u00e9es et adapt\u00e9es aux besoins des \u00e9conomies locales. Dans cette dynamique, le 3Fpt se positionne comme la principale institution de financement de la formation professionnelle et technique. \u00c0 ce titre, il joue le r\u00f4le de bras financier du minist\u00e8re de l\u2019Emploi et de la Formation professionnelle et technique. Sa contribution est donc d\u00e9terminante pour l\u2019atteinte de ces objectifs.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intervention du 3Fpt s\u2019articule autour de deux guichets compl\u00e9mentaires. Le Guichet de financement des demandes individuelles (Gfdi) permet l\u2019octroi de bons de formation pour les formations longues comme pour les formations courtes. Le Guichet de financement des \u00e9tablissements publics et de l\u2019innovation p\u00e9dagogique (Gfeip) accompagne, quant \u00e0 lui, les \u00e9tablissements dans la conception des r\u00e9f\u00e9rentiels, leur adaptation au mod\u00e8le dual, ainsi que dans leur \u00e9quipement, afin de garantir des conditions optimales d\u2019apprentissage et une meilleure qualit\u00e9 des formations.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels r\u00e9sultats concrets et mesurables peut-on retenir du Programme Formation Insertion\u2009?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les projets de formation-insertion (Ppi) sont con\u00e7us pour r\u00e9pondre \u00e0 des besoins d\u2019insertion clairement identifi\u00e9s. Ils reposent sur un partenariat structur\u00e9 entre trois acteurs : les entreprises ou collectivit\u00e9s qui expriment des besoins en recrutement ou soutiennent des projets entrepreneuriaux, les \u00e9tablissements de formation charg\u00e9s de la mise en \u0153uvre p\u00e9dagogique et le 3Fpt qui assure le financement. L\u2019insertion des b\u00e9n\u00e9ficiaires peut se faire soit par l\u2019emploi salari\u00e9, soit par l\u2019auto-emploi, avec l\u2019appui de dispositifs de financement adapt\u00e9s. Depuis l\u2019alternance politique intervenue en mars 2024, le S\u00e9n\u00e9gal s\u2019est engag\u00e9 dans une nouvelle dynamique de gouvernance, traduite dans la strat\u00e9gie nationale de d\u00e9veloppement 2025-2029.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019emploi des jeunes y occupe une place centrale, \u00e0 travers la formation, l\u2019apprentissage et l\u2019entrepreneuriat. Cette strat\u00e9gie repose sur trois piliers : le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences dans les m\u00e9tiers du futur et la promotion de l\u2019apprentissage, la cr\u00e9ation d\u2019un tissu d\u2019entrepreneurs nationaux et d\u2019incubateurs, et le renforcement du mod\u00e8le macro\u00e9conomique. Dans ce contexte, le 3Fpt a r\u00e9orient\u00e9 son action en mettant l\u2019accent sur les synergies avec le secteur priv\u00e9 et sur les secteurs \u00e0 fort potentiel d\u2019insertion.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019objectif est de financer des projets directement li\u00e9s \u00e0 l\u2019emploi. Ainsi, le 3Fpt privil\u00e9gie des projets exclusivement orient\u00e9s vers l\u2019insertion, traduisant une philosophie claire : former pour ins\u00e9rer, et non former pour former. Entre 2024 et 2025, le 3Fpt a financ\u00e9, \u00e0 hauteur de 800 millions de FCfa, 50 projets de formation-insertion, permettant de former 3\u2009000 jeunes. Ces programmes ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019engagements fermes de recrutement de la part d\u2019entreprises telles que Sen\u2019Eau, Total, Eiffage, Sodagri, la Plateforme industrielle du textile (Pitex) et l\u2019Entreprise g\u00e9n\u00e9rale de gestion du b\u00e2timent et des travaux publics (E2g-Btp), entre autres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelle est votre vision \u00e0 moyen et long terme pour faire de la formation professionnelle un v\u00e9ritable moteur d\u2019emploi et de comp\u00e9titivit\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal\u2009?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette vision est port\u00e9e par le ministre de l\u2019Emploi et de la Formation professionnelle et technique \u00e0 travers la Lettre de politique sectorielle, qui positionne la formation professionnelle comme un levier d\u2019industrialisation, de valorisation du capital humain et d\u2019insertion professionnelle. Dans cette perspective, le 3Fpt se positionne comme l\u2019instrument de r\u00e9f\u00e9rence pour le financement de la formation, avec pour objectif de renforcer durablement le capital humain, conform\u00e9ment \u00e0 la vision S\u00e9n\u00e9gal 2050, notamment \u00e0 travers son axe 2 consacr\u00e9 \u00e0 un \u00ab\u2009capital humain de qualit\u00e9 et \u00e0 l\u2019\u00e9quit\u00e9 sociale\u2009\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>LESOLEIL<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un contexte de fortes contraintes budg\u00e9taires et de recomposition des politiques publiques, le S\u00e9n\u00e9gal mise sur une gestion active<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":69761,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-69760","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-event-more-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/69760","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=69760"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/69760\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":69762,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/69760\/revisions\/69762"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/69761"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=69760"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=69760"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=69760"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}