{"id":69471,"date":"2026-03-13T11:01:35","date_gmt":"2026-03-13T11:01:35","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=69471"},"modified":"2026-03-13T11:01:35","modified_gmt":"2026-03-13T11:01:35","slug":"detroit-dormuz-bloque-peut-on-vraiment-contourner-cette-route-cle-du-petrole-mondial","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=69471","title":{"rendered":"D\u00e9troit d\u2019Ormuz bloqu\u00e9: peut-on vraiment contourner cette route cl\u00e9 du p\u00e9trole mondial?"},"content":{"rendered":"\n<p>Le d\u00e9troit d\u2019Ormuz est l\u2019une des routes maritimes les plus strat\u00e9giques du monde. Entre 20 et 25% du p\u00e9trole et du gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 consomm\u00e9s sur la plan\u00e8te y transitent chaque jour. Face aux tensions au Moyen-Orient et au risque de blocage de ce passage cl\u00e9, les pays du Golfe tentent de trouver des solutions alternatives pour continuer \u00e0 exporter leurs hydrocarbures. Mais ces routes de contournement restent limit\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9troit d\u2019Ormuz, situ\u00e9 entre le golfe Persique et l\u2019oc\u00e9an Indien, est un passage incontournable pour le commerce mondial des hydrocarbures. En temps normal, entre 20 et 25% du p\u00e9trole et du gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 consomm\u00e9s dans le monde y transitent. Mais lorsque cette route se retrouve menac\u00e9e ou bloqu\u00e9e, les pays du Golfe cherchent des solutions alternatives. On peut comparer la situation \u00e0 un embouteillage sur une autoroute. Lorsque l\u2019axe principal est satur\u00e9 ou ferm\u00e9, les automobilistes tentent de trouver des routes secondaires. Dans le cas du p\u00e9trole, ces routes de contournement prennent la forme de pipelines et d\u2019ol\u00e9oducs terrestres. Il en existe principalement trois.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier part d\u2019Irak et se dirige vers la\u00a0<strong>Turquie<\/strong>, mais il est actuellement ferm\u00e9. Le deuxi\u00e8me traverse l\u2019Arabie saoudite d\u2019est en ouest. Il permet d\u2019acheminer le p\u00e9trole depuis le golfe Persique jusqu\u2019\u00e0 la mer Rouge, vers le port de Yanbu. Enfin, la troisi\u00e8me route traverse les\u00a0<strong>\u00c9mirats arabes unis<\/strong>. Elle relie le golfe Persique au golfe d\u2019Oman, jusqu\u2019au port de Fujairah, qui permet un acc\u00e8s direct \u00e0 l\u2019oc\u00e9an Indien.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des capacit\u00e9s tr\u00e8s inf\u00e9rieures au trafic habituel<\/h2>\n\n\n\n<p>Reste une question essentielle : ces routes alternatives permettent-elles de remplacer les volumes qui transitent habituellement par le d\u00e9troit d\u2019Ormuz ? La r\u00e9ponse est non. Si l\u2019on additionne les deux axes actuellement op\u00e9rationnels &#8211; celui vers la mer Rouge et celui vers le golfe d\u2019Oman &#8211; leur capacit\u00e9 atteint environ 9 millions de barils par jour. Or, en temps normal, pr\u00e8s de 20 millions de barils transitent quotidiennement par le d\u00e9troit d\u2019Ormuz.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces alternatives ne permettent donc pas de compenser totalement une fermeture du d\u00e9troit. Mais elles offrent malgr\u00e9 tout une solution partielle. D\u2019ailleurs, les effets commencent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 se faire sentir sur le trafic maritime. De nombreux p\u00e9troliers quittent d\u00e9sormais le golfe Persique pour rejoindre la mer Rouge et les c\u00f4tes occidentales de l\u2019Arabie saoudite. Sachant qu\u2019un seul p\u00e9trolier peut transporter jusqu\u2019\u00e0 deux millions de barils, ces routes alternatives repr\u00e9sentent tout de m\u00eame un volume non n\u00e9gligeable pour les pays importateurs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un risque d\u00e9plac\u00e9 vers un autre d\u00e9troit strat\u00e9gique<\/h2>\n\n\n\n<p>Cette redirection du trafic soul\u00e8ve toutefois une autre question strat\u00e9gique. Pour rejoindre la mer Rouge, les navires doivent passer par un autre passage cl\u00e9 : le d\u00e9troit de Bab el-Mandeb, situ\u00e9 entre le\u00a0<strong>Y\u00e9men<\/strong>\u00a0et la corne de l\u2019Afrique. Or cette zone est elle aussi tr\u00e8s sensible. Ces derniers mois, les rebelles houthis, soutenus par l\u2019Iran, y ont multipli\u00e9 les attaques contre des navires marchands, notamment au plus fort de la guerre \u00e0 Gaza. M\u00eame si les compagnies maritimes restent prudentes, le pari demeure risqu\u00e9. Autrement dit, le danger ne dispara\u00eet pas. Il se d\u00e9place simplement. Le d\u00e9troit d\u2019Ormuz peut \u00eatre contourn\u00e9, mais la zone de risque demeure.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La d\u00e9pendance structurelle des pays du Golfe<\/h2>\n\n\n\n<p>Au fond, cette crise r\u00e9v\u00e8le une r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9ographique difficile \u00e0 contourner. Plusieurs \u00c9tats du Golfe restent extr\u00eamement d\u00e9pendants du d\u00e9troit d\u2019Ormuz pour exporter leurs hydrocarbures. C\u2019est particuli\u00e8rement le cas du\u00a0<strong>Kowe\u00eft<\/strong>, de\u00a0<strong>Bahre\u00efn<\/strong>\u00a0et surtout du\u00a0<strong>Qatar<\/strong>, dont les exportations de gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 reposent largement sur ce passage strat\u00e9gique. Or ces exportations constituent le moteur principal de leur richesse et de leur croissance \u00e9conomique. La question de la s\u00e9curit\u00e9 des routes maritimes est donc cruciale.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette situation illustre ce que certains g\u00e9opolitologues appellent&nbsp;<em>\u00ab la revanche de la g\u00e9ographie \u00bb<\/em>. Malgr\u00e9 les infrastructures et les strat\u00e9gies de contournement, les contraintes g\u00e9ographiques continuent de structurer le commerce mondial de l\u2019\u00e9nergie. Car sur le papier, il est possible de contourner un d\u00e9troit. Mais dans la r\u00e9alit\u00e9, il est beaucoup plus difficile de contourner la g\u00e9ographie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le d\u00e9troit d\u2019Ormuz est l\u2019une des routes maritimes les plus strat\u00e9giques du monde. 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