{"id":68711,"date":"2026-02-27T09:39:30","date_gmt":"2026-02-27T09:39:30","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=68711"},"modified":"2026-02-27T10:19:50","modified_gmt":"2026-02-27T10:19:50","slug":"reouverture-du-campus-social-de-lucad-les-etudiants-a-la-trainecest","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=68711","title":{"rendered":"R\u00e9ouverture du campus social de l\u2019Ucad: Les \u00e9tudiants \u00e0 la tra\u00eene\u2026C\u2019est"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Deux semaines apr\u00e8s les violents affrontements au campus social et la mort d\u2019Abdoulaye B\u00e2, \u00e9tudiant en 2e ann\u00e9e de m\u00e9decine, l\u2019Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) reprend son souffle. Les pav\u00e9s ont remplac\u00e9 les pierres, les agents du Coud sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre et les \u00e9tudiants reviennent, valises \u00e0 la main, mais sans la mar\u00e9e des grands jours. Dans les all\u00e9es nettoy\u00e9es, l\u2019espoir de sauver l\u2019ann\u00e9e universitaire se m\u00eale \u00e0 une inqui\u00e9tude tenace.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) n\u2019a plus le visage des journ\u00e9es de chaos. L\u00e0 o\u00f9 les barricades et les projectiles imposaient leur loi, les principales all\u00e9es ont retrouv\u00e9 la propret\u00e9. Les espaces verts, les bancs, les coins d\u2019ombre, ce d\u00e9cor familier est de nouveau en place, comme si le campus voulait faire croire \u00e0 une normalit\u00e9 retrouv\u00e9e. Dans les services du Centre des \u0153uvres universitaires de Dakar (Coud), des agents s\u2019activent, balais et pelles \u00e0 la main, pour effacer les derni\u00e8res traces visibles de violents affrontements du 9 f\u00e9vrier dernier, entre forces de l\u2019ordre et \u00e9tudiants. La vie revient lentement. \u00c0 l\u2019entr\u00e9e du grand campus, les arriv\u00e9es se font \u00ab \u00e0 compte-goutte \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Des \u00e9tudiants tirent des valises, serrent des sacs plastiques remplis de v\u00eatements, avancent en petits groupes dispers\u00e9s, sans bruit. Le filtrage \u00e0 la porte ne laisse rien passer. Les agents de s\u00e9curit\u00e9 veillent au grain, exigent la carte d\u2019\u00e9tudiant, inspectent m\u00eame les voitures. Le retour dans les pavillons s\u2019organise, mais dans un campus encore sur la retenue et les exigences de s\u00e9curit\u00e9. Dans les pavillons, la reprise ressemble \u00e0 une r\u00e9installation. Les couloirs semblent renouer avec la vie tandis que les commerces reprennent timidement. Deux b\u00e2timents restent ferm\u00e9s. Il s\u2019agit des pavillons B et F. Ils \u00e9taient les plus affect\u00e9s lors des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9quipes charg\u00e9es de l\u2019h\u00e9bergement appliquent aussi une v\u00e9rification stricte des occupants. L\u2019objectif affich\u00e9 est clair&nbsp;: s\u2019assurer que les ayants droit r\u00e9int\u00e8grent effectivement les chambres qui leur sont attribu\u00e9es. Cette proc\u00e9dure, jug\u00e9e \u00ab normale \u00bb par certains, r\u00e9veille, toutefois, une vieille r\u00e9alit\u00e9 du campus social, celle de la surpopulation et de l\u2019h\u00e9bergement solidaire. Djibril Mbaye, \u00e9tudiant en Master \u00e0 la Facult\u00e9 des sciences et techniques, dit \u00ab saluer \u00bb la r\u00e9ouverture, convaincu qu\u2019un prolongement de la fermeture pourrait encore \u00ab retard\u00e9 le calendrier universitaire d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s perturb\u00e9 \u00bb. Mais le soulagement n\u2019efface pas le choc. Il raconte un \u00ab traumatisme \u00bb, des sc\u00e8nes qu\u2019il dit \u00ab d\u00e9plorables \u00bb, et s\u2019interroge sur une violence qu\u2019il juge incompr\u00e9hensible entre \u00ab fr\u00e8res et s\u0153urs d\u2019un m\u00eame pays&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ses yeux, l\u2019universit\u00e9 a besoin de \u00ab calme et de stabilit\u00e9 \u00bb, et il appelle les autorit\u00e9s \u00e0 prendre des mesures pour que \u00ab cela ne se reproduise jamais \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sauver l\u2019ann\u00e9e \u00e0 tout prix<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9tour d\u2019un couloir, Charles Djil\u00e8ne Coly S\u00e8ne, \u00e9tudiant \u00e0 l\u2019Institut de gouvernance territoriale (Igt) et r\u00e9sidant au Pavillon F (ferm\u00e9 pour besoins de l\u2019enqu\u00eate), avoue sa surprise. De retour, il s\u2019attendait \u00e0 retrouver des pavillons \u00ab r\u00e9nov\u00e9s \u00bb. Au lieu de cela, il d\u00e9crit un environnement encore fragile, des r\u00e9parations qu\u2019il juge incompl\u00e8tes, et un sentiment d\u2019empressement. Selon lui, \u00ab&nbsp;il fallait prendre le temps qu\u2019il faut avant de rouvrir totalement&nbsp;\u00bb. Sur le campus, le d\u00e9bat ne porte pas seulement sur la s\u00e9curit\u00e9. Il concerne aussi l\u2019ann\u00e9e universitaire et la question du logement.<\/p>\n\n\n\n<p>Pape Demba Bald\u00e9, \u00e9tudiant en master de sociologie, estime que le retour r\u00e9pond \u00e0 l\u2019urgence de rattraper le retard, surtout pour les \u00e9tudiants \u00ab en phase de sortie \u00bb qui risquent de \u00ab perdre beaucoup \u00bb. Pourtant, notre interlocuteur reconnait que les conditions ne sont pas enti\u00e8rement r\u00e9unies, \u00e9voquant les camarades qui viennent des r\u00e9gions du pays et qui n\u2019ont pas de logement \u00e0 Dakar. Avec le contr\u00f4le des chambres, ceux-ci vont \u00e9prouver de s\u00e9rieux probl\u00e8mes, car ne pouvant plus \u00eatre h\u00e9berg\u00e9s par les d\u00e9tenteurs de chambre. Il redoute qu\u2019un recensement appliqu\u00e9 sans souplesse ne pousse certains \u00e0 l\u2019impasse. Et il le dit sans d\u00e9tour. \u00ab&nbsp;Si l\u2019on renvoie ceux qui n\u2019ont pas de lit officiel, la situation peut devenir tr\u00e8s compliqu\u00e9e \u00bb. D\u2019autres comme Diam\u00e9 Senghor, \u00e9tudiant \u00e0 la Facult\u00e9 des sciences et techniques, reviennent sur le calendrier. Il reconna\u00eet que la crise a boulevers\u00e9 les d\u00e9placements et le quotidien, mais il explique avoir choisi de reprendre parce que \u00ab l\u2019ann\u00e9e avance \u00bb et qu\u2019il faut suivre le rythme, malgr\u00e9 tout. Didier Dabo, \u00e9tudiant en master au d\u00e9partement des Langues romanes, section portugaise, affiche un optimisme prudent. \u00c0 son arriv\u00e9e, il dit avoir trouv\u00e9 \u00ab presque toutes les conditions d\u2019une reprise correcte&nbsp;\u00bb. Lui \u00e9galement insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9viter des drames au campus et appelle les autorit\u00e9s \u00e0 prendre des dispositions durables.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9riger un poste de police ou un commissariat au campus revient souvent dans les discussions. Certains y voient un outil de stabilit\u00e9, d\u2019autres une cohabitation risqu\u00e9e. Pape Demba Bald\u00e9 craint que la pr\u00e9sence polici\u00e8re en permanence ne cr\u00e9e de nouvelles tensions, dans un espace o\u00f9 \u00e9tudiants et forces de l\u2019ordre se regardent \u00ab en chiens de fa\u00efence \u00bb. En attendant, les amphith\u00e9\u00e2tres restent ferm\u00e9s. On croise des \u00e9tudiants venus faire des d\u00e9marches administratives, photocopier des documents ou r\u00e9viser en silence.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2026Les assurances du Coud&nbsp;&nbsp;<\/strong><br>Apr\u00e8s la d\u00e9cision de son Conseil d\u2019administration du 19 f\u00e9vrier, le Centre des \u0153uvres universitaires de Dakar (Coud) a officiellement rouvert le campus social, hier, jeudi 26 f\u00e9vrier. Dans un entretien, la coordinatrice de la cellule de communication de ladite structure, Cir\u00e9 Badji Sonko, assure que \u00ab toutes les dispositions n\u00e9cessaires ont \u00e9t\u00e9 prises pour garantir une rentr\u00e9e s\u00e9curis\u00e9e et progressive des \u00e9tudiants&nbsp;\u00bb. Depuis les premi\u00e8res heures de la matin\u00e9e, le Coud, dit-elle, accueille \u00e0 nouveau les r\u00e9sidents du grand campus ainsi que ceux des sites externes.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Mme Sonko, les \u00e9quipes se sont mobilis\u00e9es d\u00e8s l\u2019annonce officielle de la r\u00e9ouverture du campus social pour le rendre op\u00e9rationnel. Concernant l\u2019\u00e9tat des infrastructures, elle indique que les travaux de remise en \u00e9tat ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s afin d\u2019accueillir les \u00e9tudiants \u00ab dans des conditions optimales de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb. L\u2019h\u00e9bergement, a-t-elle indiqu\u00e9, est disponible \u00e0 hauteur de 90 %, soulignant que les \u00e9tudiants peuvent regagner leurs chambres sans difficult\u00e9. Toutefois, pr\u00e9vient-elle, les pavillons B et F restent indisponibles, car endommag\u00e9s lors de la crise et ils sont concern\u00e9s par l\u2019enqu\u00eate en cours sur la mort de l\u2019\u00e9tudiant. \u00ab&nbsp;Une fois qu\u2019ils seront mis \u00e0 la disposition du Coud, les r\u00e9fections n\u00e9cessaires seront effectu\u00e9es avant leur r\u00e9ouverture \u00bb, a indiqu\u00e9 Mme Sonko, rassurant aussi que \u00ab&nbsp;la restauration a \u00e9galement repris, \u00e0 l\u2019exception du restaurant Self o\u00f9 les travaux se poursuivent \u00bb. Sur le plan s\u00e9curitaire, le dispositif a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les mesures existaient d\u00e9j\u00e0, mais elles ont \u00e9t\u00e9 consolid\u00e9es \u00bb, pr\u00e9cise Cir\u00e9 Badji Sonko. S\u2019agissant de la codification, elle rassure qu\u2019\u00ab il n\u2019y a pas de nouvelles op\u00e9rations \u00bb et que le syst\u00e8me en vigueur avant la fermeture reste applicable. Le service m\u00e9dical, a-t-elle ajout\u00e9, fonctionne \u00ab 24 heures sur 24 \u00bb. \u00ab&nbsp;Une cellule d\u2019\u00e9coute et d\u2019accompagnement psychologique a \u00e9t\u00e9 mise en place apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements afin de permettre aux \u00e9tudiants et au personnel affect\u00e9s de consulter des sp\u00e9cialistes&nbsp;\u00bb, rappelle Mme Sonko.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Daouda DIOUF<\/strong><br>LESOLEIL<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deux semaines apr\u00e8s les violents affrontements au campus social et la mort d\u2019Abdoulaye B\u00e2, \u00e9tudiant en 2e ann\u00e9e de m\u00e9decine,<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":31585,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[26],"tags":[],"class_list":["post-68711","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-fait-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/68711","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=68711"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/68711\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":68712,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/68711\/revisions\/68712"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/31585"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=68711"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=68711"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=68711"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}