{"id":66394,"date":"2026-01-12T12:11:23","date_gmt":"2026-01-12T12:11:23","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=66394"},"modified":"2026-01-12T12:11:24","modified_gmt":"2026-01-12T12:11:24","slug":"btp-a-larret-cimenteries-asphyxiees-quand-la-crise-des-chantiers-fait-perdre-des-milliards-a-letat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=66394","title":{"rendered":"BTP \u00e0 l\u2019arr\u00eat, cimenteries asphyxi\u00e9es : quand la crise des chantiers fait perdre des milliards \u00e0 l\u2019\u00c9tat"},"content":{"rendered":"\n<p>La suspension prolong\u00e9e des projets du B\u00e2timent et des travaux publics (BTP) entre 2024 et 2025 a provoqu\u00e9 un v\u00e9ritable s\u00e9isme \u00e9conomique au S\u00e9n\u00e9gal. Selon une enqu\u00eate du quotidien L\u2019Observateur, cette d\u00e9cision, motiv\u00e9e \u00e0 l\u2019origine par des imp\u00e9ratifs de bonne gouvernance et de transparence dans l\u2019attribution des march\u00e9s publics, a eu des cons\u00e9quences financi\u00e8res lourdes, notamment pour l\u2019industrie cimenti\u00e8re, l\u2019un des piliers de l\u2019\u00e9conomie nationale.<br><br>D\u2019apr\u00e8s les chiffres relay\u00e9s par L\u2019Observateur, la contribution des cimentiers aux recettes de l\u2019\u00c9tat est pass\u00e9e de 109 milliards de FCFA \u00e0 104 milliards de FCFA en 2024, soit une baisse significative. Et l\u2019ann\u00e9e 2025 s\u2019annonce encore plus pr\u00e9occupante, avec plus de 6 milliards de FCFA de manque \u00e0 gagner suppl\u00e9mentaires pour le Tr\u00e9sor public, essentiellement li\u00e9s \u00e0 la Taxe sur la valeur ajout\u00e9e (TVA) et \u00e0 la taxe sur le ciment. Au total, plus de 11 milliards de FCFA auraient \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9tat sur la p\u00e9riode 2024-2025.<br><br><strong>Un choc exog\u00e8ne pour un secteur strat\u00e9gique<\/strong><br><br>Pour Ousmane Mbaye, Directeur g\u00e9n\u00e9ral de Dangote Cement S\u00e9n\u00e9gal et pr\u00e9sident du Conseil d\u2019administration de la Chambre des mines du S\u00e9n\u00e9gal, l\u2019arr\u00eat brutal de nombreux chantiers publics a constitu\u00e9 un choc exog\u00e8ne majeur pour les cimenteries. \u00ab Le principal consommateur de notre production reste l\u2019\u00c9tat, \u00e0 travers les grands travaux \u00bb, rappelle-t-il dans les colonnes de L\u2019Observateur. Or, la suspension des projets, combin\u00e9e aux retards de paiement de la dette int\u00e9rieure, a profond\u00e9ment fragilis\u00e9 l\u2019ensemble de la cha\u00eene.<br><br>Cette dette int\u00e9rieure, estim\u00e9e aujourd\u2019hui \u00e0 plus de 300 milliards de FCFA, p\u00e8se lourdement sur la tr\u00e9sorerie des entreprises du BTP. Incapables d\u2019honorer leurs engagements, nombre d\u2019entre elles ont r\u00e9duit leurs activit\u00e9s, voire cess\u00e9 leurs op\u00e9rations, entra\u00eenant dans leur sillage les cimenteries, fournisseurs directs du secteur.<br><br><strong>Consommation en berne et exportations en recul<\/strong><br><br>Toujours selon L\u2019Observateur, la consommation locale de ciment, qui progressait traditionnellement de 10 % par an, a marqu\u00e9 un net coup d\u2019arr\u00eat. Apr\u00e8s une stagnation entre 2023 et 2024, elle a recul\u00e9 de 1 % entre 2024 et 2025. Les exportations, longtemps dynamiques avec une croissance moyenne de 12 %, ont \u00e9galement fl\u00e9chi : \u20135 % entre 2023 et 2024, puis une stagnation l\u2019ann\u00e9e suivante.<br><br>\u00c0 ces difficult\u00e9s s\u2019ajoutent des facteurs ext\u00e9rieurs aggravants : la fermeture du march\u00e9 gambien au ciment s\u00e9n\u00e9galais apr\u00e8s une hausse de plus de 500 % des droits de douane, ainsi que les d\u00e9fis s\u00e9curitaires persistants au Mali, qui perturbent les \u00e9changes commerciaux r\u00e9gionaux.<br><br><strong>Des investissements lourds menac\u00e9s<\/strong><br><br>Malgr\u00e9 ce contexte morose, le secteur cimentier a continu\u00e9 d\u2019investir massivement. D\u2019apr\u00e8s Ousmane Mbaye, plus de 600 milliards de FCFA ont \u00e9t\u00e9 investis ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, g\u00e9n\u00e9rant plus de 5 000 emplois directs. La Sococim, par exemple, a inject\u00e9 220 milliards de FCFA en quatre ans pour moderniser ses installations. Cimaf-S\u00e9n\u00e9gal, dernier entrant sur le march\u00e9 fin 2024, a investi plus de 160 milliards de FCFA, selon son directeur g\u00e9n\u00e9ral Mohammed Bennis.<br><br>Mais ces efforts se heurtent aujourd\u2019hui \u00e0 une surcapacit\u00e9 structurelle : environ 15 millions de tonnes de capacit\u00e9s install\u00e9es pour une demande locale estim\u00e9e \u00e0 7 millions de tonnes. R\u00e9sultat : des volumes en recul, des prix tir\u00e9s vers le bas et une baisse du chiffre d\u2019affaires, \u00e9valu\u00e9e \u00e0 pr\u00e8s de 8 % entre 2024 et 2025 pour la Sococim. Une situation o\u00f9, comme le souligne L\u2019Observateur, \u00ab tout le monde y perd, y compris l\u2019\u00c9tat \u00bb.<br><br><strong>\u00ab On est dans l\u2019incertitude\u2026 \u00bb<\/strong><br><br>La principale inqui\u00e9tude des industriels reste l\u2019absence de visibilit\u00e9. \u00ab On est dans l\u2019incertitude \u00bb, confie Ousmane Mbaye \u00e0 L\u2019Observateur, pointant les difficult\u00e9s du S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 finaliser un programme de financement avec le Fonds mon\u00e9taire international (FMI). Sans r\u00e8glement de la dette int\u00e9rieure et sans relance des projets publics, la machine \u00e9conomique peine \u00e0 red\u00e9marrer.<br><br>Pour 2026, les cimentiers appellent \u00e0 une s\u00e9rie de mesures urgentes : apurement int\u00e9gral de la dette du BTP, lev\u00e9e des suspensions de chantiers, relance des investissements publics structurants et conclusion rapide d\u2019un accord avec le FMI afin de restaurer la confiance des investisseurs. Autant de leviers jug\u00e9s indispensables pour sauver un secteur strat\u00e9gique, pr\u00e9server les emplois et redonner de l\u2019oxyg\u00e8ne aux finances publiques.<\/p>\n\n\n\n<p>DAKARACTU<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La suspension prolong\u00e9e des projets du B\u00e2timent et des travaux publics (BTP) entre 2024 et 2025 a provoqu\u00e9 un v\u00e9ritable<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":56740,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-66394","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-event-more-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/66394","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=66394"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/66394\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":66395,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/66394\/revisions\/66395"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/56740"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=66394"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=66394"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=66394"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}