{"id":66223,"date":"2026-01-07T15:34:08","date_gmt":"2026-01-07T15:34:08","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=66223"},"modified":"2026-01-07T15:34:08","modified_gmt":"2026-01-07T15:34:08","slug":"iceworm-quand-les-americains-cachaient-une-base-militaire-sous-les-glaces-du-groenland","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=66223","title":{"rendered":"\u00abIceworm\u00bb: quand les Am\u00e9ricains cachaient une base militaire sous les glaces du Groenland"},"content":{"rendered":"\n<p>Avant les vell\u00e9it\u00e9s groenlandaises de Donald Trump, les \u00c9tats-Unis int\u00e9graient d\u00e9j\u00e0 l\u2019immense \u00eele polaire dans leur p\u00e9rim\u00e8tre d\u00e9fensif. Pendant la guerre froide, les glaces du Groenland ont abrit\u00e9 une base militaire cach\u00e9e, con\u00e7ue pour stocker des centaines de missiles nucl\u00e9aires, point\u00e9s vers l\u2019Union sovi\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>Par :Jean-Baptiste Breen &#8211; SOURCE RFI<\/p>\n\n\n\n<p>Des missiles nucl\u00e9aires enfouis sous les glaces \u00e9ternelles. C&rsquo;est le projet pharaonique des\u00a0<strong>\u00c9tats-Unis<\/strong>\u00a0pendant les ann\u00e9es 1960. Alors au plus fort de la guerre froide, l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine imagine\u00a0\u00ab\u00a0Iceworm\u00a0\u00bb, une base militaire souterraine secr\u00e8te au\u00a0<strong>Groenland<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;immense \u00eele du cercle polaire attise la convoitise des \u00c9tats-Unis depuis des d\u00e9cennies. En soutenant ces derniers jours qu\u2019il a \u00ab\u00a0<strong><em>besoin du Groenland<\/em><\/strong><em>\u00a0<\/em>\u00bb,\u00a0<strong>Donald Trump<\/strong>\u00a0s&rsquo;inscrit en r\u00e9alit\u00e9 dans la plus pure application de la doctrine Monroe. Depuis son retour \u00e0 la Maison Blanche, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain ne cache pas son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019\u00eele danoise, devenue une \u00ab\u00a0<em>question de s\u00e9curit\u00e9 nationale<\/em>\u00a0\u00bb tant elle serait \u00ab\u00a0<em>cern\u00e9e de bateaux russes et chinois<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces arguments d\u00e9fensifs et s\u00e9curitaires ne sont pas nouveaux. \u00c9voqu\u00e9s de mani\u00e8re \u00ab\u00a0<em>\u00e9pisodique<\/em>\u00a0\u00bb depuis le XIXe si\u00e8cle, ils prennent r\u00e9ellement racine pendant la\u00a0<strong>Seconde Guerre mondiale<\/strong>\u00a0selon Nicolas Badalassi, professeur en histoire contemporaine \u00e0 Sciences Po Aix. Redoutant une pouss\u00e9e allemande jusqu\u2019au\u00a0<strong>Groenland<\/strong>, les Am\u00e9ricains \u00ab\u00a0<em>ont commenc\u00e9 \u00e0 prendre au s\u00e9rieux l&rsquo;id\u00e9e que ce territoire puisse \u00eatre sous domination am\u00e9ricaine<\/em>\u00a0\u00bb, explique le chercheur.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il leur faudra attendre la formation de\u00a0<strong>l\u2019Otan<\/strong>\u00a0en 1949 pour \u00eatre enfin autoris\u00e9s par le\u00a0<strong>Danemark<\/strong>\u00a0\u00e0 l\u2019investir de mani\u00e8re permanente. Une opportunit\u00e9 dont ils se saisissent pour jeter les bases du projet \u00ab\u00a0Iceworm\u00a0\u00bb, tout droit sorti des plus grands romans d\u2019espionnage.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ver de glace<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 1950, la terreur rouge inspir\u00e9e aux \u00c9tats-Unis par le r\u00e9gime sovi\u00e9tique de\u00a0<strong>l\u2019URSS<\/strong>\u00a0est encore forte. Tous les moyens sont alors bons pour avoir un coup d\u2019avance. Ma\u00eetres de l\u2019atome depuis la Seconde guerre mondiale, les Am\u00e9ricains ont perdu l\u2019avantage dissuasif de l\u2019arme nucl\u00e9aire depuis que les Russes sont parvenus \u00e0 s\u2019en doter \u00e0 leur tour. Qui plus est, le continent am\u00e9ricain est trop \u00e9loign\u00e9 de la\u00a0<strong>Russie<\/strong>\u00a0pour la port\u00e9e des missiles balistiques de l\u2019\u00e9poque. Le Groenland appara\u00eet comme l\u2019avant-poste id\u00e9al.<\/p>\n\n\n\n<p>Na\u00eet alors le projet \u00ab&nbsp;Iceworm&nbsp;\u00bb, litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;ver de glace&nbsp;\u00bb. En apparence, l\u2019id\u00e9e est des plus simples. Les \u00c9tats-Unis envisagent ni plus ni moins que de creuser un gigantesque r\u00e9seau de tunnels sous la calotte glaciaire du Groenland. Ces tunnels, reli\u00e9s entre eux par un r\u00e9seau de chemin de fer tentaculaire, conduiraient \u00e0 diff\u00e9rents silos diss\u00e9min\u00e9s \u00e0 travers l\u2019immense \u00eele gel\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019int\u00e9rieur de chaque silo, des missiles \u00e0 t\u00eate nucl\u00e9aire, tous pr\u00eats \u00e0 l\u2019emploi et braqu\u00e9s sur l\u2019URSS. Les tunnels \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 accueillir pr\u00e8s de 600 de ces missiles et \u00e0 les acheminer entre chaque silo en cas d\u2019attaque. Le r\u00e9seau de tunnels pouvait \u00eatre agrandi et remodel\u00e9 au fil du temps et des besoins. L\u2019objectif, \u00e0 terme, \u00e9tait de mettre sur pied plus de 2 000 sites de lancement possibles interconnect\u00e9s et diss\u00e9min\u00e9s \u00e0 travers le Groenland. Un projet dont la d\u00e9mesure est \u00e0 la hauteur des initiatives militaires des \u00c9tats-Unis pendant la guerre froide, comme le projet MK Ultra ou l\u2019Initiative de d\u00e9fense strat\u00e9gique des ann\u00e9es 1980 \u2013\u00a0<strong>rebaptis\u00e9 Star Wars<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 1950, alors que commence \u00ab&nbsp;Iceworm&nbsp;\u00bb, la guerre de Cor\u00e9e est encore fra\u00eeche dans les m\u00e9moires. \u00ab&nbsp;<em>Comprise par les Am\u00e9ricains comme la r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale de la Troisi\u00e8me Guerre mondiale<\/em>&nbsp;\u00bb, cette guerre aurait servi aux Sovi\u00e9tiques pour \u00ab&nbsp;<em>se faire la main<\/em>&nbsp;\u00bb et la crainte est maintenant qu\u2019ils \u00ab&nbsp;<em>attaquent le reste du monde lib\u00e9ral, capitaliste, occidental<\/em>&nbsp;\u00bb, remarque Nicolas Badalassi. \u00ab&nbsp;<em>Les \u00c9tats-Unis mettent les bouch\u00e9es doubles.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais face \u00e0 la menace sovi\u00e9tique, les Am\u00e9ricains veulent \u0153uvrer en silence. Enfoui sous les glaces polaires, \u00ab&nbsp;Iceworm&nbsp;\u00bb doit se faire sans bruit. Ni ennemis, ni alli\u00e9s ne doivent \u00eatre inform\u00e9s. \u00c0 ce titre, les activit\u00e9s groenlandaises des \u00c9tats-Unis ne sont, officiellement, rien de plus que des recherches scientifiques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Fa\u00e7ade scientifique<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>D\u00e8s lors qu&rsquo;on est autour du cercle polaire, on ne parle pas de militarisation, mais de recherche<\/em>&nbsp;\u00bb, insiste Nicolas Badalassi. \u00ab&nbsp;<em>Il s&rsquo;agit de ne pas provoquer l&rsquo;URSS et de ne pas cr\u00e9er de situations propices \u00e0 l&rsquo;espionnage<\/em>.&nbsp;\u00bb Les ambitions militaires sont donc enti\u00e8rement tenues secr\u00e8tes. Pour ce faire, les \u00c9tats-Unis commencent par b\u00e2tir, en 1959, le Camp Century. Officiellement un site de recherche scientifique, il permet en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 l\u2019arm\u00e9e de poser les fondations de l\u2019op\u00e9ration \u00ab&nbsp;Iceworm&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Situ\u00e9e au nord-ouest de l\u2019inlandsis, la fa\u00e7ade scientifique du projet est tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9e. Une mani\u00e8re de fabriquer une impression de transparence. D\u00e8s le mois d\u2019ao\u00fbt 1959,\u00a0<strong>l\u2019hebdomadaire\u00a0<em>Sunday Star<\/em>\u00a0<\/strong>d\u00e9voile la construction de la base. Tour \u00e0 tour, les m\u00e9dias am\u00e9ricains se pressent sur le site, accueillis gracieusement par les scientifiques et l\u2019arm\u00e9e. Camp Century est pr\u00e9sent\u00e9 comme une ville miniature, construite sous la calotte glaciaire, dont l\u2019objectif est \u00ab\u00a0<em>d\u2019\u00e9laborer des modes de vie viables dans l\u2019environnement polaire<\/em>\u00a0\u00bb, \u00e9crit le\u00a0<strong><em>New York Times<\/em>\u00a0en 1961<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Comble du spectaculaire, les ing\u00e9nieurs de l\u2019arm\u00e9e s\u2019att\u00e8lent \u00e0 mettre au point un r\u00e9acteur nucl\u00e9aire, lui aussi souterrain, capable d\u2019emp\u00eacher la glace de se reformer tout en g\u00e9n\u00e9rant assez d\u2019\u00e9nergie pour alimenter toute la base. Le quotidien australien\u00a0<strong><em>The Age\u00a0<\/em><\/strong>remarque en 1960 que les tunnels de ce \u00ab\u00a0<em>village atomique<\/em>\u00a0\u00bb abritent des chambres et des couloirs semblables \u00ab\u00a0<em>\u00e0 ceux d\u2019une maison ordinaire<\/em>\u00a0\u00bb. La presse est alors loin de se douter que ces tunnels, creus\u00e9s sous couvert d&rsquo;exp\u00e9rimentations scientifiques, sont en r\u00e9alit\u00e9 destin\u00e9s \u00e0 devenir les premiers maillons du d\u00e9dale \u00ab\u00a0Iceworm\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Victime de son ambition, le projet tombe cependant rapidement en d\u00e9su\u00e9tude. \u00ab&nbsp;<em>Les Am\u00e9ricains vont tr\u00e8s vite se rendre compte que la glace est beaucoup trop mouvante, que c&rsquo;est techniquement impossible et beaucoup trop dangereux<\/em>&nbsp;\u00bb. Et pour cause, face aux temp\u00e9ratures polaires le forage des tunnels est impossible. La glace, d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s difficile \u00e0 percer, se reforme \u00e0 une vitesse d\u00e9fiant toute installation souterraine de grande ampleur. Rajoutez \u00e0 cela le stockage de centaines de bombes atomiques et la catastrophe est in\u00e9vitable.<\/p>\n\n\n\n<p>Qui plus est, dans leur course aux armements, les \u00c9tats-Unis n\u2019ont \u00ab&nbsp;<em>pas mis tous leurs \u0153ufs dans le m\u00eame panier<\/em>&nbsp;\u00bb, souligne Nicolas Badalassi. Et l\u2019un de leur paris porte ses fruits. \u00ab&nbsp;<em>Le d\u00e9veloppement des sous-marins nucl\u00e9aires va contribuer \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer la fin du projet Iceworm<\/em>&nbsp;\u00bb, poursuit le chercheur. Les militaires s\u2019aper\u00e7oivent, notamment \u00ab&nbsp;<em>\u00e0 partir de 1958-1959, que c&rsquo;est beaucoup plus facile et beaucoup moins co\u00fbteux de mettre les bombes atomiques directement sur un sous-marin nucl\u00e9aire, de passer sous la glace et de tirer&nbsp;<\/em>\u00bb depuis cette position.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Iceworm&nbsp;\u00bb n\u2019est pourtant pas abandonn\u00e9 imm\u00e9diatement. Les Am\u00e9ricains pers\u00e9v\u00e8rent quelques ann\u00e9es, mais ils arr\u00eateront d\u00e9finitivement les frais au milieu des ann\u00e9es 1960. Ils laissent derri\u00e8re eux quelques tunnels et les vestiges de leur complexe militaro-scientifique. Ce n\u2019est qu\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es plus tard que le monde apprend, \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019existence d\u2019\u00ab&nbsp;Iceworm&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cons\u00e9quences environnementales<\/h2>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la chute du mur de Berlin en 1989, la guerre froide prend progressivement fin. Tout au long des ann\u00e9es 1990, le grand public d\u00e9couvre les diff\u00e9rentes op\u00e9rations secr\u00e8tes men\u00e9es par de nombreux pays. En 1997, le projet \u00ab&nbsp;Iceworm&nbsp;\u00bb est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au grand jour par l\u2019Institut danois d&rsquo;\u00e9tudes internationales gr\u00e2ce \u00e0 des documents d\u00e9classifi\u00e9s des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres \u00e9tudes, parues depuis, insistent sur le secret \u00e9tabli et partiellement maintenu autour des op\u00e9rations militaires am\u00e9ricaines au Groenland pendant la guerre froide. Mais l&rsquo;une d&rsquo;elles&nbsp;a \u00e9galement point\u00e9 du doigt les importants risques environnementaux du retrait pr\u00e9cipit\u00e9 du site dans les ann\u00e9es 1960.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<em>La base et ses d\u00e9chets ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s avec un d\u00e9mant\u00e8lement minimal en 1967, partant du principe qu&rsquo;ils seraient pr\u00e9serv\u00e9s pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 par l&rsquo;accumulation perp\u00e9tuelle de neige<\/em>\u00a0\u00bb, d\u00e9taille\u00a0<strong>l\u2019article publi\u00e9 en 2016<\/strong>\u00a0dans la revue\u00a0<em>Geophysical Research Letters<\/em>. Selon les simulations des chercheurs, la fonte des glaces du Groenland, aggrav\u00e9e par le r\u00e9chauffement climatique, pourrait faire progressivement ressurgir certains vestiges du Camp Century, et des d\u00e9chets laiss\u00e9s sur place, au cours du si\u00e8cle \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les substances nocives abandonn\u00e9es, des eaux us\u00e9es, du carburant mais aussi des mati\u00e8res radioactives, notamment du \u00ab&nbsp;<em>liquide de refroidissement pour le g\u00e9n\u00e9rateur nucl\u00e9aire portable<\/em>&nbsp;\u00bb, pourraient se retrouver, \u00e0 terme, \u00e0 l\u2019air libre ou transport\u00e9es jusque sur le littoral.<\/p>\n\n\n\n<p>Imagin\u00e9 au plus fort de la guerre froide et port\u00e9 par l&rsquo;ambition des \u00c9tats-Unis, le projet \u00ab&nbsp;Iceworm&nbsp;\u00bb illustre ainsi \u00ab&nbsp;<em>l\u2019esp\u00e8ce d\u2019hubris de l\u2019\u00e9poque des ann\u00e9es 1960<\/em>&nbsp;\u00bb, selon Pierre Grosser, historien sp\u00e9cialiste de la guerre froide. \u00ab&nbsp;<em>\u00c7a&nbsp;montre bien \u00e0 la fois un volontarisme, l&rsquo;impression qu&rsquo;on peut dompter le milieu et qu&rsquo;on n&rsquo;avait que faire de l&rsquo;environnement.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le Groenland n&rsquo;en a d&rsquo;ailleurs pas fini de susciter la convoitise am\u00e9ricaine. Entre son sous-sol riche en mati\u00e8res premi\u00e8res et sa position g\u00e9ographique strat\u00e9gique dans l&rsquo;Arctique, l&rsquo;inlandsis est, de nouveau, dans le viseur de Donald Trump.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant les vell\u00e9it\u00e9s groenlandaises de Donald Trump, les \u00c9tats-Unis int\u00e9graient d\u00e9j\u00e0 l\u2019immense \u00eele polaire dans leur p\u00e9rim\u00e8tre d\u00e9fensif. 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