{"id":64463,"date":"2025-12-01T10:18:55","date_gmt":"2025-12-01T10:18:55","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=64463"},"modified":"2025-12-01T10:18:55","modified_gmt":"2025-12-01T10:18:55","slug":"petrodollars-et-influence-comment-le-qatar-dubai-et-dautres-pays-arabes-arrosent-les-elites-africaines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=64463","title":{"rendered":"P\u00e9trodollars et influence : Comment le Qatar, Duba\u00ef et d\u2019autres pays arabes arrosent les \u00e9lites africaines"},"content":{"rendered":"\n<p>Depuis plus de trente ans, les monarchies du Golfe et certains r\u00e9gimes arabes utilisent l\u2019argent du p\u00e9trole et du gaz, pour peser sur les \u00e9quilibres politiques africains. Derri\u00e8re l\u2019aide au d\u00e9veloppement, les grands contrats et la solidarit\u00e9 islamique, on retrouve parfois des transferts d\u2019argent personnels \u00e0 des chefs d\u2019\u00c9tat, des hommes d\u2019affaires et des r\u00e9seaux d\u2019influence. Le cas d\u2019Abdoulaye Wade en fin de r\u00e8gne, n\u2019est qu\u2019un exemple parmi d\u2019autres, d\u2019un syst\u00e8me beaucoup plus large.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>I. Pourquoi le Qatar, les \u00c9mirats et l\u2019Arabie saoudite regardent vers l\u2019Afrique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis les ann\u00e9es 2000, les \u00c9tats du Golfe \u2013 Qatar, \u00c9mirats arabes unis, Arabie saoudite, Kowe\u00eft, notamment \u2013 ont fait de l\u2019Afrique, un terrain strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils y cherchent :<br>\u2022 des march\u00e9s en forte croissance pour leurs capitaux ;<br>\u2022 un acc\u00e8s facilit\u00e9 \u00e0 des ressources mini\u00e8res, agricoles et \u00e9nerg\u00e9tiques ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 des positions g\u00e9opolitiques cl\u00e9s : Sahel, Corne de l\u2019Afrique, mer Rouge, Golfe de Guin\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 des alli\u00e9s politiques capables de les soutenir dans les forums internationaux face aux puissances occidentales, \u00e0 la Chine, \u00e0 la Russie, ou encore \u00e0 la Turquie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les think tanks parlent d\u00e9sormais d\u2019un \u201cpivot du Golfe vers l\u2019Afrique\u201d : les investissements, l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement, les dons religieux et les contrats s\u00e9curitaires, servent aussi, de fait, d\u2019outils d\u2019influence politique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>II. Les m\u00e9canismes : entre aide officielle et financements politiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re les belles photos de signature d\u2019accords, plusieurs niveaux de flux se superposent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1. L\u2019aide officielle au d\u00e9veloppement<\/strong><br>Les fonds saoudiens, qataris ou \u00e9miratis financent :<br>\u2022 routes, barrages, h\u00f4pitaux, universit\u00e9s,<br>\u2022 projets agricoles ou d\u2019eau potable,<br>\u2022 construction ou r\u00e9novation de mosqu\u00e9es et centres islamiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Politiquement, cela cr\u00e9e une d\u00e9pendance douce : un \u00c9tat massivement aid\u00e9, h\u00e9site \u00e0 critiquer Riyad, Doha ou Abou Dhabi, m\u00eame lorsqu\u2019il n\u2019est pas d\u2019accord.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. Les grands investissements \u201cstrat\u00e9giques\u201d<\/strong><br>Les \u00c9mirats sont devenus des acteurs incontournables dans les ports, les zones franches, les mines, l\u2019immobilier. Le Qatar multiplie les projets dans les mines, l\u2019aviation, l\u2019h\u00f4tellerie et les infrastructures (par exemple, en Afrique centrale et australe).<\/p>\n\n\n\n<p>Officiellement, tout est \u201cbusiness\u201d. Mais derri\u00e8re chaque port conc\u00e9d\u00e9, chaque mine, chaque terminal a\u00e9roportuaire, il y a un rapport de force politique et des interm\u00e9diaires locaux qui touchent leur part.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. La s\u00e9curit\u00e9 et le militaire<\/strong><br>Coop\u00e9ration antiterroriste, bases militaires, contrats d\u2019armement, participation \u00e0 des coalitions (comme la guerre au Y\u00e9men aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Arabie saoudite) : les pays du Golfe ach\u00e8tent aussi des alli\u00e9s s\u00e9curitaires sur le continent. Certains \u00c9tats africains envoient des troupes, obtiennent du mat\u00e9riel, des financements, parfois, des promesses d\u2019investissements.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4. Les flux plus opaques : dons, commissions, financements politiques<\/strong><br>C\u2019est l\u00e0 que le sujet devient explosif :<br>\u2022 \u201ccadeaux\u201d personnels offerts \u00e0 des dirigeants ;<br>\u2022 commissions sur march\u00e9s publics et concessions strat\u00e9giques ;<br>\u2022 financement discret de campagnes \u00e9lectorales ou de partis ;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 programmes de passeports vendus pour le compte de pays du Golfe ;<br>\u2022 corruption dans le sport (ex : football africain et candidature du Qatar au Mondial 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cette derni\u00e8re zone grise, que se situent des cas comme Abdoulaye et Karim Wade au S\u00e9n\u00e9gal, les ex-pr\u00e9sidents des Comores, ou certains r\u00e9seaux autour de l\u2019ANC en Afrique du Sud.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>III. Cas S\u00e9n\u00e9gal : la fin de r\u00e8gne d\u2019Abdoulaye Wade et l\u2019argent du Golfe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>1. Qatar et la pol\u00e9mique des \u201cmillions de fin de r\u00e8gne\u201d<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs sources s\u00e9n\u00e9galaises et internationales ont relay\u00e9 des accusations lourdes : en fin de r\u00e8gne, l\u2019ancien pr\u00e9sident Abdoulaye Wade aurait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de sommes importantes venues du Qatar.<br>\u2022 Le fils de Mouammar Kadhafi, Sa\u00eff al-Islam, affirme publiquement, que Wade aurait re\u00e7u environ 13 milliards FCfa (soit plus de 20 millions d\u2019euros) en provenance de Doha, via son fils Karim Wade, en \u00e9change d\u2019un soutien politique aux rebelles libyens.<br>\u2022 La contrepartie all\u00e9gu\u00e9e : la reconnaissance rapide du Conseil national de transition (CNT) et le fameux d\u00e9placement de Wade \u00e0 Benghazi, pour appeler au d\u00e9part de Kadhafi.<\/p>\n\n\n\n<p>Formations professionnelles<\/p>\n\n\n\n<p>Certaines discussions militantes \u00e9voquent la somme de 7 millions de dollars, d\u2019autres parlent de 13 milliards FCfa. Ce qui est certain, c\u2019est que ces montants sont contest\u00e9s et n\u2019ont pas fait l\u2019objet d\u2019un jugement sp\u00e9cifique : ils restent au stade d\u2019accusations et de r\u00e9v\u00e9lations m\u00e9diatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La justice s\u00e9n\u00e9galaise, elle, a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 juger Karim Wade sur un patrimoine global inexpliqu\u00e9 (plus de 100 milliards FCfa), sans isoler publiquement chaque flux (Qatar, t\u00e9l\u00e9coms, port, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La question pr\u00e9cise des \u201cmillions du Qatar\u201d reste donc, \u00e0 ce jour, politiquement br\u00fblante, mais juridiquement non tranch\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. DP World Dakar : Duba\u00ef au c\u0153ur du syst\u00e8me<\/strong><br>Autre volet de l\u2019influence du Golfe au S\u00e9n\u00e9gal : le contrat du terminal \u00e0 conteneurs de Dakar, attribu\u00e9 en 2007, au g\u00e9ant portuaire DP World (Duba\u00ef).<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9v\u00e9lations des Panama Papers ont mis en lumi\u00e8re :<br>\u2022 l\u2019existence de contrats de \u201cconseil\u201d entre une filiale de DP World et des soci\u00e9t\u00e9s offshore li\u00e9es \u00e0 Mamadou Pouye, proche de Karim Wade ;<br>\u2022 un premier contrat d\u2019environ 7,2 millions d\u2019euros,<br>\u2022 suivi de paiements mensuels de 65 000 euros,<br>\u2022 puis d\u2019un second contrat pour plusieurs millions de dollars, sur les op\u00e9rations africaines.<\/p>\n\n\n\n<p>DP World invoque des services de consulting. Mais pour nombre d\u2019observateurs s\u00e9n\u00e9galais, cela ressemble fortement \u00e0 un habillage juridique de r\u00e9trocommissions sur un march\u00e9 strat\u00e9gique, au b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019entourage du pouvoir d\u2019alors.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. Sudatel : Soudan, Duba\u00ef et les millions qui disparaissent<\/strong><br>L\u2019affaire de la 3\u1d49 licence de t\u00e9l\u00e9phonie mobile s\u00e9n\u00e9galaise, attribu\u00e9e \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur Sudatel (Soudan, pays arabe et africain), illustre un autre sch\u00e9ma.<br>\u2022 Montant officiel de la licence : 200 millions de dollars.<br>\u2022 Environ 100 millions arrivent bien sur les comptes de l\u2019\u00c9tat s\u00e9n\u00e9galais (BCEAO).<br>\u2022 Mais selon des enqu\u00eates relay\u00e9es par la presse, pr\u00e8s de 100 autres millions seraient partis vers un compte de l\u2019Abu Dhabi United Arab Bank, au profit d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 offshore bas\u00e9e \u00e0 Duba\u00ef : \u201cThe Red Sea\u201d.<br>\u2022 Cette soci\u00e9t\u00e9 est d\u00e9crite, par certaines sources, comme contr\u00f4l\u00e9e par un fils du pr\u00e9sident Wade, ce qui revient \u00e0 dire qu\u2019une part gigantesque de la licence t\u00e9l\u00e9com serait pass\u00e9e dans des circuits priv\u00e9s, via le syst\u00e8me financier du Golfe.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 encore, il s\u2019agit d\u2019all\u00e9gations nourries par des documents bancaires et des proc\u00e9dures \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, mais qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 jug\u00e9es dans le d\u00e9tail au S\u00e9n\u00e9gal. Le sch\u00e9ma, lui, est r\u00e9v\u00e9lateur : fonds arabes + offshore \u00e0 Duba\u00ef = enrichissement personnel pr\u00e9sum\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4. Arabie saoudite, troupes au Y\u00e9men et \u201cp\u00e9trodollars\u201d<\/strong><br>En 2015, le pr\u00e9sident Macky Sall annonce l\u2019envoi de 2 100 soldats s\u00e9n\u00e9galais pour soutenir la coalition men\u00e9e par l\u2019Arabie saoudite au Y\u00e9men.<br>\u2022 Officiellement : protection des Lieux saints et solidarit\u00e9 avec un pays fr\u00e8re.<br>\u2022 Officieusement, une partie de la presse s\u00e9n\u00e9galaise voit dans cette d\u00e9marche, une op\u00e9ration qui \u201csent le p\u00e9trodollar\u201d, en lien avec la recherche de financements pour le Plan S\u00e9n\u00e9gal \u00c9mergent (PSE).<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame sans preuve d\u2019un don personnel, le message g\u00e9opolitique est clair : services militaires et diplomatiques \u201cofferts\u201d \u00e0 Riyad, en esp\u00e9rant un retour sous forme de financements saoudiens plus rapides et moins exigeants que ceux des bailleurs occidentaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>IV. Autres cas africains : quand l\u2019argent arabe finance directement des acteurs politiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>1. ANC et Nelson Mandela : les dons des monarchies du Golfe<br>En Afrique du Sud, des enqu\u00eates sur les finances historiques de l\u2019ANC montrent que, d\u00e8s les ann\u00e9es 1990, le parti de Nelson Mandela a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de dons massifs de dirigeants du Golfe :<br>\u2022 le roi Fahd d\u2019Arabie saoudite aurait donn\u00e9 des dizaines de millions de dollars \u00e0 l\u2019ANC ;<br>\u2022 le sheikh Zayed ben Sultan Al Nahyan (\u00c9mirats arabes unis) aurait \u00e9galement apport\u00e9 un soutien financier cons\u00e9quent ;<br>\u2022 en parall\u00e8le, Mouammar Kadhafi (Libye) a souvent \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit comme un \u201cbanquier de la lutte anti-apartheid\u201d, avec plusieurs millions vers\u00e9s lors de tourn\u00e9es de collecte de fonds.<\/p>\n\n\n\n<p>Officiellement, ces dons soutenaient la lutte contre l\u2019apartheid. Mais ils ont aussi servi \u00e0 construire une machine politique dot\u00e9e de ressources ext\u00e9rieures importantes, difficiles \u00e0 contr\u00f4ler et \u00e0 tracer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. Kadhafi, le \u201ccarnet de ch\u00e8ques africain\u201d<\/strong><br>Pendant des ann\u00e9es, Tripoli fut une destination incontournable pour nombre de dirigeants africains.<br>Les t\u00e9moignages convergent : Kadhafi :<br>\u2022 finan\u00e7ait des mouvements rebelles comme des partis au pouvoir ;<br>\u2022 distribuait du cash \u00e0 des chefs d\u2019\u00c9tat en visite ;<br>\u2022 investissait via le Libya Africa Portfolio dans des banques, h\u00f4tels, t\u00e9l\u00e9coms, universit\u00e9s, mosqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Un observateur r\u00e9sumait : \u201cLes responsables venaient \u00e0 Tripoli parce qu\u2019il y avait de l\u2019argent \u00e0 prendre.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Sch\u00e9ma clair : argent arabe contre loyaut\u00e9 politique africaine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. Comores : passeports vendus aux \u00c9mirats et au Kowe\u00eft<\/strong><br>Aux Comores, un programme de vente de passeports a \u00e9t\u00e9 mont\u00e9 avec des pays du Golfe.<br>\u2022 Une loi de 2008 permettait d\u2019accorder la nationalit\u00e9 comorienne \u00e0 des milliers de Bidoons (apatrides) des \u00c9mirats arabes unis et du Kowe\u00eft, en \u00e9change de centaines de millions de dollars destin\u00e9s officiellement au d\u00e9veloppement.<br>\u2022 En pratique, une \u00e9norme partie de ces sommes n\u2019a jamais atteint le Tr\u00e9sor.<br>\u2022 L\u2019ex-pr\u00e9sident Ahmed Abdallah Sambi et ses partenaires, dont l\u2019homme d\u2019affaires Bashar Kiwan, ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s d\u2019avoir d\u00e9tourn\u00e9 plus de 100 millions de dollars.<br>\u2022 Sambi a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 la prison \u00e0 vie, pour \u201chaute trahison\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, le sch\u00e9ma est brut : financement arabe structur\u00e9 et l\u00e9gal au d\u00e9part, qui finit en caisse noire priv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4. Qatar, football et r\u00e9seaux africains<\/strong><br>Autre canal d\u2019influence : le football.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ancien responsable qatari de la FIFA, Mohamed Bin Hammam, est accus\u00e9 d\u2019avoir vers\u00e9 plusieurs millions de dollars \u00e0 des dirigeants de f\u00e9d\u00e9rations africaines, pour obtenir leur soutien \u00e0 la candidature du Qatar au Mondial 2022.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si cela rel\u00e8ve du sport, on touche \u00e0 des r\u00e9seaux d\u2019\u00e9lites :<br>ces dirigeants cumulent souvent des positions dans le football, les milieux d\u2019affaires et les cercles politiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019argent qatari, ici, ach\u00e8te autant des votes que des relations et des relais d\u2019influence en Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>V. Ce que montre l\u2019ensemble de ces cas<\/strong><br><strong>1. L\u2019Afrique est devenue un terrain de chasse g\u00e9opolitique<\/strong><br>Les \u00c9tats du Golfe veulent des alli\u00e9s, des voix \u00e0 l\u2019ONU, des soutiens dans les crises r\u00e9gionales et des acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9s aux ressources.<br><strong>2. La fronti\u00e8re entre \u201caide\u201d et \u201cfinancement politique\u201d est floue<\/strong><br>L&rsquo;argent circule sous forme de pr\u00eats, d\u2019investissements, de contrats de conseil ou de dons. Mais la logique reste souvent la m\u00eame : argent contre influence.<br><strong>3. Les dirigeants africains jouent aussi ce jeu<\/strong><br>Certains exploitent la concurrence entre Qatar \/ Arabie saoudite \/ \u00c9mirats \/ Turquie \/ Occident, pour maximiser les retomb\u00e9es, y compris personnelles.<br>Les cas Wade (Qatar, Sudatel, DP World) ou Sambi (Comores), montrent comment une opportunit\u00e9 diplomatique peut se transformer en caisse noire priv\u00e9e.<br><strong>4. Les risques pour la souverainet\u00e9 et la d\u00e9mocratie sont majeurs<\/strong><br>\u2022 Opacit\u00e9 totale sur les montants et les contreparties ;<br>\u2022 Tentation de financer des campagnes ou des r\u00e9seaux pour maintenir des r\u00e9gimes favorables ;<br>\u2022 D\u00e9pendance financi\u00e8re qui limite la libert\u00e9 des \u00c9tats africains ;<br>\u2022 Confusion entre int\u00e9r\u00eat national et int\u00e9r\u00eats personnels des dirigeants.<\/p>\n\n\n\n<p>La question n\u2019est plus de savoir si l\u2019argent du Golfe influence la politique africaine.<br>La vraie question, pour les peuples comme pour les partenaires internationaux, est :<br>qui contr\u00f4le ces flux, et au profit de qui ?<\/p>\n\n\n\n<p>Diafara FOFANA<br>LERAL<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis plus de trente ans, les monarchies du Golfe et certains r\u00e9gimes arabes utilisent l\u2019argent du p\u00e9trole et du gaz,<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":64464,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-64463","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-event-more-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/64463","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=64463"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/64463\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":64465,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/64463\/revisions\/64465"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/64464"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=64463"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=64463"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=64463"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}