{"id":63947,"date":"2025-11-20T12:01:05","date_gmt":"2025-11-20T12:01:05","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=63947"},"modified":"2025-11-20T12:35:18","modified_gmt":"2025-11-20T12:35:18","slug":"espagne-50-ans-apres-la-disparition-de-franco-son-ombre-plane-toujours-sur-la-peninsule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=63947","title":{"rendered":"Espagne: 50 ans apr\u00e8s la disparition de Franco"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Son ombre plane toujours sur la p\u00e9ninsule &#8211; <\/strong>En Espagne, l&rsquo;extr\u00eame droite occupe largement le terrain politique et m\u00e9diatique, surtout depuis que Vox a fait irruption, il y a dix ans. Un parti qui n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 se r\u00e9clamer de la dictature de Francisco Franco, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 il y a cinquante ans, le 20 novembre 1975. Un pouvoir consid\u00e9r\u00e9 comme le plus sanglant des r\u00e9gimes fascistes n\u00e9s dans les ann\u00e9es 1930, et un pays toujours aux prises avec des batailles m\u00e9morielles qui, \u00e0 la faveur de la pouss\u00e9e de l&rsquo;extr\u00eame droite, ont pris une nouvelle dimension.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Par : Isabelle Le Gonidec &#8211; SOURCE RFI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis plusieurs ann\u00e9es, Madrid re\u00e7oit les leaders d&rsquo;extr\u00eame droite d&rsquo;Europe et d&rsquo;ailleurs. Marine Le Pen, Viktor Orban, Matteo Salvini, Javier Milei, Geert Wilders et d&rsquo;autres s&rsquo;y pressent, \u00e0 l&rsquo;invitation de&nbsp;<strong>Santiago Abascal<\/strong>, le chef du parti Vox. Ils \u00e9taient de&nbsp;<strong>retour en f\u00e9vrier dernier<\/strong>, sur le th\u00e8me \u00ab<em>&nbsp;Make Europe great again<\/em>&nbsp;\u00bb, emprunt\u00e9 au grand voisin d&rsquo;outre-Atlantique. Santiago Abascal,&nbsp;<strong>d\u00e9sign\u00e9 pr\u00e9sident des Patriotes pour l&rsquo;Europe, en novembre 2024<\/strong>, y jouait pour la seconde fois les amphitryons. \u00c0&nbsp;la tribune, les leaders pr\u00e9sents rendent hommage tout \u00e0 la fois au \u00ab&nbsp;<em>r\u00f4le de l&rsquo;Espagne franquiste<\/em>&nbsp;\u00bb qui a d\u00e9barrass\u00e9 le pays des communistes (Viktor Orban) et \u00e0 la&nbsp;<em>Reconquista<\/em>, qui a bout\u00e9 les musulmans hors de l&rsquo;Europe (Geert Wilders).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Aux origines<\/h2>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9thorique que Vox a fait sienne, et avant Vox, le&nbsp;<em>Partido popular<\/em>&nbsp;dont il est une scission. Un PP lui-m\u00eame issu du&nbsp;<em>Movimiento<\/em>, le parti unique de la dictature franquiste. De nombreuses publications questionnnent la nature du r\u00e9gime franquiste, en particulier cette ann\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;aune du 50e anniversaire de la mort du dictateur, le 20 novembre 1975. R\u00e9gime autoritaire, national-catholicisme, fascisme&#8230; un pouvoir qui s&rsquo;est construit sur un champ de ruines apr\u00e8s la guerre civile (1936-1939) et qui a maintenu le pays en coupe r\u00e9gl\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 la transition d\u00e9mocratique de 1977-1978, avec pour fondements les valeurs dites \u00ab traditionnelles \u00bb de l&rsquo;Espagne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;axe fasciste Rome-Berlin s&rsquo;\u00e9tait constitu\u00e9 sur la base de la fraternit\u00e9 d&rsquo;armes en Espagne pendant la guerre civile, nous rappelle l&rsquo;historien&nbsp;<strong>Fran\u00e7ois Godicheau<\/strong>, sp\u00e9cialiste de l&rsquo;Espagne contemporaine, \u00ab&nbsp;<em>donc le fascisme international est n\u00e9 en m\u00eame temps que le franquisme dans la guerre d&rsquo;Espagne<\/em>&nbsp;\u00bb. Mais le franquisme, lui, a dur\u00e9&nbsp;: c&rsquo;est \u00ab&nbsp;<em>un r\u00e9gime qui, comme il s&rsquo;est adapt\u00e9, au monde d&rsquo;apr\u00e8s-guerre, avec son triomphe de la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale, a, lui aussi, hiss\u00e9 son petit drapeau d\u00e9mocratie. Il s&rsquo;est adapt\u00e9 \u00e0 la guerre froide.&nbsp;Il est devenu le champion de l&rsquo;anticommunisme. On disait qu&rsquo;il \u00e9tait le premier \u00e0 avoir gagn\u00e9 une guerre contre les communistes<\/em>&nbsp;\u00bb, souligne encore le chercheur.<\/p>\n\n\n\n<p>Un des ressorts de la long\u00e9vit\u00e9 du franquisme a \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>de faire durer la guerre bien au-del\u00e0 de 1939<\/em><em>, une guerre qu&rsquo;il a provoqu\u00e9e, une guerre qui est le r\u00e9sultat d&rsquo;un processus de fascisation de l&rsquo;Espagne des ann\u00e9es 1930, qui passe par un coup d&rsquo;\u00c9tat en 1936 \u2013 coup d&rsquo;\u00c9tat rat\u00e9 \u2013, mais adoss\u00e9 \u00e0 un projet de purge g\u00e9n\u00e9rale de la soci\u00e9t\u00e9, qui se met en \u0153uvre avec trois ans de r\u00e9sistance du camp d&rsquo;en face&#8230; Cette guerre, elle se prolonge contre un ennemi int\u00e9rieur. La r\u00e9pression, la terreur franquiste, se trouvait \u00eatre la m\u00eame en 1940 qu&rsquo;en 1936. Simplement, en 1940 c&rsquo;est sur tout le territoire&nbsp;qu&rsquo;elle s&rsquo;exerce&#8230; Une guerre contre ce qu&rsquo;ils appellent l<\/em><em>&lsquo;anti-Espagne, l&rsquo;ennemi int\u00e9rieur<\/em><em>&#8230; \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque le mouvement ouvrier espagnol est tr\u00e8s minoritairement communiste. On s&rsquo;en fiche du c\u00f4t\u00e9 franquiste, parce que c&rsquo;est l&rsquo;anticommunisme international qui fonctionne comme registre rh\u00e9torique.&nbsp;<\/em><em>Aujourd&rsquo;hui, il se passe la m\u00eame chose dans la rh\u00e9torique de Vox comme dans la rh\u00e9torique par exemple de Milei en Argentine<\/em><em>. Tout ce qui ressemble vaguement \u00e0 une&nbsp;<\/em><em>politique redistributive&#8230;&nbsp;<\/em><em>c&rsquo;est du communisme.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La \u00ab&nbsp;<em>convivencia pacifica<\/em>&nbsp;\u00bb au prix de la th\u00e9orie des deux d\u00e9mons<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le discours de Vox, \u00ab&nbsp;<em>on trouve tout le colonialisme raciste du franquisme, le catholicisme<\/em>&nbsp;<em>int\u00e9griste&nbsp;; l&rsquo;Espagne, c&rsquo;est la croix, la race, c&rsquo;est dit avec ces mots-l\u00e0<\/em>&nbsp;\u00bb, insiste Fran\u00e7ois Godicheau.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de la violence de la r\u00e9pression, il y a, dans le franquisme, une ambivalence qui s&rsquo;est impos\u00e9e dans les ann\u00e9es soixante, quand le r\u00e9gime s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9 comme le garant d&rsquo;une forme de paix et de stabilit\u00e9 int\u00e9rieure, s&rsquo;enracinant dans le besoin de la population de panser les plaies de la guerre, de la r\u00e9pression, de la faim et de la pauvret\u00e9 et sur la peur d&rsquo;un nouveau conflit. Franco disait : \u00ab&nbsp;<em>Moi, je ne fais pas de politique<\/em>&nbsp;\u00bb, rappelle l&rsquo;historien, selon lequel la part d&rsquo;h\u00e9ritage la plus importante du franquisme, c&rsquo;est l&rsquo;apathie politique. \u00ab&nbsp;<em>Toute l&rsquo;insistance port\u00e9e (dans le discours du pouvoir en place) sur la prosp\u00e9rit\u00e9, sur le bien-\u00eatre mat\u00e9riel a pour finalit\u00e9&nbsp;la production de l&rsquo;apathie et la d\u00e9politisation. La vision du pass\u00e9, la vision de la guerre, est une vision compl\u00e8tement d\u00e9politis\u00e9e&nbsp;: si la guerre de 1936, c&rsquo;est la guerre civile, au sens de guerre fratricide, cela d\u00e9politise le conflit. C&rsquo;est&nbsp;la th\u00e9orie des deux d\u00e9mons, il y avait des gens gentils, il y avait des gens m\u00e9chants et il y en avait dans les deux camps.<\/em>&nbsp;<em>C&rsquo;est sur&nbsp;<\/em><em>ces bases-l\u00e0 que se r\u00e9alise la transition, sur la peur d&rsquo;une nouvelle guerre, manipul\u00e9e depuis le pouvoir, et sur l&rsquo;id\u00e9e que le nouveau r\u00e9gime, l&rsquo;Espagne enfin r\u00e9alis\u00e9e, l&rsquo;Espagne moderne, enfin europ\u00e9enne, doit \u00eatre le pays de la paix, du consensus, de la \u00ab\u00a0convivencia pacifica\u00a0\u00bb,<\/em><em>&nbsp;le \u00ab\u00a0vivre-ensemble pacifique\u00a0\u00bb&nbsp;<\/em>\u00bb<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>&nbsp;La faute collective diluait la responsabilit\u00e9 criminelle de chacun et, surtout, celle des vainqueurs. C&rsquo;est pourquoi rouvrir aujourd&rsquo;hui le d\u00e9bat sur les violences de la guerre civile et de la dictature est si difficile pour les forces politiques de droite, qui pr\u00e9f\u00e8rent se contenter de brandir l&rsquo;\u00e9quivalence des responsabilit\u00e9s sous pr\u00e9texte de ne pas remuer le pass\u00e9&nbsp;<\/em>\u00bb,<em>&nbsp;<\/em>souligne un collectif d&rsquo;historiens, auteurs d&rsquo;un article passionnant sur le r\u00e9visionnisme historique en cours en Espagne (*)<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une extr\u00eame droite tr\u00e8s marginalis\u00e9e dans les urnes<\/h2>\n\n\n\n<p>Au milieu des ann\u00e9es 1970, apr\u00e8s la mort du dictateur \u2013 dont on raconte que le d\u00e9c\u00e8s ne fut annonc\u00e9 qu&rsquo;apr\u00e8s sa mort pour la faire coincider symboliquement avec celle de l&rsquo;id\u00e9ologue du r\u00e9gime,&nbsp;<strong>Jose Antonio Primo de Rivera<\/strong>, fondateur de la Phalange \u2013, la transition s&rsquo;encha\u00eene rapidement&nbsp;: \u00e9lections, loi de r\u00e9forme politique, dissolution des organisations constitutives du&nbsp;<em>Movimiento<\/em>, loi d&rsquo;amnistie de 1977, Constitution monarchique d&rsquo;octobre1978, etc.<strong>&nbsp;<\/strong>Dans les urnes, ceux qui se r\u00e9clament encore de la dictature et de son h\u00e9ritage sont lamin\u00e9s.<strong>&nbsp;<\/strong>\u00c9merge alors, en octobre 1976, fond\u00e9 par d&rsquo;anciens cadres franquistes (ceux que l&rsquo;on appelle les \u00ab&nbsp;Sept magnifiques&nbsp;\u00bb dont Fraga Iribarne, ancien ministre de l&rsquo;Information et du Tourisme puis ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur dans le premier gouvernement de la monarchie) l&rsquo;<em>Alianza popular<\/em>&nbsp;qui deviendra le&nbsp;<em>Partido popular&nbsp;<\/em>actuel. Il a un programme conservateur et populaire&nbsp;: ordre + s\u00e9curit\u00e9 + soutien \u00e0 la monarchie + r\u00e9formes constitutionnelles, et assume une part de l&rsquo;h\u00e9ritage franquiste, dont le catholicime et l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;extr\u00eame droite, traditionnalistes monarchistes, carlistes, franquistes de l&rsquo;ancien temps, n\u00e9onazis, etc., peinent \u00e0 s&rsquo;unir et n&rsquo;exercent d&rsquo;influence que gr\u00e2ce \u00e0 des banquets, publication de brochures et revues (<em>El Alcazar, Arriba, Reconquista<\/em>&#8230;) et manifestations de rue parfois violentes aux dates symboliques du pouvoir franquiste&nbsp;: le 18 juillet, jour de l&rsquo;insurrection, le 1er avril, jour de la victoire de 1939, le 20 novembre donc, rassemblant des milliers de personnes. Une mobilisation sup\u00e9rieure \u00e0 un poids \u00e9lectoral alors insignifiant. \u00ab C<em>es mobilisations de rue sont, pour les dirigeants d&rsquo;extr\u00eame droite, l&rsquo;occasion d&rsquo;exercer une pression sur le gouvernement et leur offrent une tribune populaire et m\u00e9diatique contrastant avec leur faiblesse politique&nbsp;<\/em>\u00bb, analyse l&rsquo;historien&nbsp;<strong>Matthieu Trouv\u00e9&nbsp;<\/strong>(**).<strong>&nbsp;<\/strong>Des groupuscules qui produiront n\u00e9anmoins des attentats qui ont endeuill\u00e9 la transition, comme l&rsquo;assassinat en janvier 1977 de cinq personnes \u00e0 Madrid dans un cabinet d&rsquo;avocats proche du PCE et du syndicat CCOO, ou la tentative de coup de force militaire de Tejero aux Cort\u00e8s en f\u00e9vrier 1981.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Jusqu&rsquo;\u00e0 sa r\u00e9surrection dans les bulletins de vote et sur la sc\u00e8ne m\u00e9diatique<\/h2>\n\n\n\n<p>Plusieurs facteurs conjugu\u00e9s expliquent la r\u00e9\u00e9mergence sur la droite du PP de Vox au d\u00e9but de ce nouveau si\u00e8cle&nbsp;: les d\u00e9fis \u00e9conomiques et sociaux du moment, la pouss\u00e9e des mouvements d&rsquo;extr\u00eame droite en Europe, l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de responsables politiques, l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;un discours anti-migrants in\u00e9dit dans la p\u00e9ninsule, la cr\u00e9ation en 2014 du&nbsp;<strong>parti Podemos<\/strong>, les revendications autonomistes, notamment catalanes, qui sapent la devise franquiste (\u00ab&nbsp;<em>Espa\u00f1a, una, grande y libre \u00bb<\/em>), une forme aussi de d\u00e9sinhibition du discours d&rsquo;ultra-droite d&rsquo;autant que sur la gauche le besoin de d\u00e9signer les coupables des crimes du pass\u00e9 (qui avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9touff\u00e9s par la \u00ab&nbsp;<em>convivencia pacifica&nbsp;<\/em>\u00bb) s&rsquo;affirme, parfois pour des raisons \u00e9lectoralistes. \u00ab&nbsp;<em>L&rsquo;\u00e9mergence, d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1990, d&rsquo;un mouvement dit \u00ab\u00a0de r\u00e9cup\u00e9ration de la m\u00e9moire historique\u00a0\u00bb, qui demandait la reconnaissance officielle des crimes du franquisme, provoqua une r\u00e9action de r\u00e9habilitation de la dictature de la part de nombreux pol\u00e9mistes. Port\u00e9 par des groupes de citoyens, il s&rsquo;est incarn\u00e9 dans la demande d&rsquo;ouverture de fosses de victimes de la r\u00e9pression<\/em>&nbsp;\u00bb, explique encore le collectif d&rsquo;historiens (*).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les batailles de la m\u00e9moire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 14 octobre<\/strong>&nbsp;<strong>1977<\/strong>, pour tourner la page de la dictature, dans un souci de concorde nationale et donc \u00e9viter de juger les crimes pass\u00e9s, une&nbsp;<strong>loi d&rsquo;amnistie<\/strong>&nbsp;est vot\u00e9e. Elle vaut tant pour les victimes que pour les bourreaux. L&rsquo;administration et les appareils s\u00e9curitaires et de justice ne sont pas purg\u00e9s. L&rsquo;ONU a reconnu en 2005 les disparitions forc\u00e9es en tant que crime contre l&rsquo;humanit\u00e9, ce qui a invalid\u00e9 la loi d&rsquo;amnistie de 1977. Le juge Garz\u00f3n a tent\u00e9, sans succ\u00e8s, d&rsquo;utiliser cette br\u00e8che. Des familles de disparus ont alors eu recours \u00e0 la justice argentine, au nom du pouvoir de justice universelle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En octobre<\/strong>&nbsp;<strong>2007<\/strong>,&nbsp;<strong>la loi \u00ab pour la r\u00e9cup\u00e9ration de la M\u00e9moire historique<\/strong>&nbsp;\u00bb&nbsp; est vot\u00e9e, tandis que Jos\u00e9 Luis Zapatero (socialiste) est pr\u00e9sident du conseil. Cette loi fait dispara\u00eetre de l&rsquo;espace public les r\u00e9f\u00e9rences au franquisme et encourage les recherches universitaires et associatives sur la r\u00e9pression, jusqu&rsquo;\u00e0 la mort du dictateur. Elle parle de \u00ab&nbsp;victimes&nbsp;\u00bb, mais sans d\u00e9signer le moindre perp\u00e9trateur, car elle s&rsquo;inscrit dans l&rsquo;esprit de la r\u00e9conciliation propre \u00e0 la transition d\u00e9mocratique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En octobre 2022, la loi \u00ab pour la M\u00e9moire d\u00e9mocratique&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/strong>port\u00e9e par le gouvernement de Pedro Sanchez, remplace le texte pr\u00e9c\u00e9dent dont elle comble les manques (les disparitions forc\u00e9es et les fosses communes n&rsquo;entraient pas dans le champ d&rsquo;application du pr\u00e9c\u00e9dent texte). Son article 31, par exemple, pr\u00e9voit un droit \u00e0 l\u2019indemnisation pour les victimes de spoliations de biens culturels sous le franquisme. Il dispose aussi que \u00ab&nbsp;l&rsquo;administration g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00c9tat lancera toutes les initiatives n\u00e9cessaires pour la recherche&nbsp;\u00bb de ces \u0153uvres. Ces op\u00e9rations seront conduites par le secr\u00e9tariat d&rsquo;\u00c9tat de la M\u00e9moire d\u00e9mocratique. La loi condamne officiellement le coup d&rsquo;\u00c9tat de 1963, la dictature qui s&rsquo;ensuivit (ill\u00e9gitime et ill\u00e9gale) et l&rsquo;apologie du franquisme, sans cependant caract\u00e9riser le d\u00e9lit dans le code p\u00e9nal. En vertu de cette condamnation, la&nbsp;<strong>Fondation Francisco Franco<\/strong>, qui perp\u00e9tuait la m\u00e9moire du dictateur, est en voie de dissolution. Elle d\u00e9finit aussi les symboles et lieux contraires \u00e0 la m\u00e9moire d\u00e9mocratique. Le changement de nom de la loi participe d&rsquo;une prise de conscience de l&rsquo;identification de l&rsquo;histoire comme savoir critique et d\u00e9mocratique, notent les historiens.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs r\u00e9gions gouvern\u00e9es par des coalitions PP-Vox ont r\u00e9torqu\u00e9 en proposant des<strong>&nbsp;lois dites \u00ab&nbsp;de concorde&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/strong>destin\u00e9es \u00e0 abroger les principales dispositions de la loi de M\u00e9moire d\u00e9mocratique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement a engag\u00e9 un processus d&rsquo;interdiction des fondations comme la&nbsp;<strong>fondation Francisco Franco<\/strong>, la&nbsp;<strong>fondation Jos\u00e9 Antonio Primo de Rivera ou encore Serrano Su\u00f1er<\/strong>, dont le propos est explicitement de perp\u00e9tuer la m\u00e9moire des id\u00e9ologues du r\u00e9gime. Mais la&nbsp;<strong>Plataforma 2025<\/strong>, r\u00e9cemment cr\u00e9\u00e9e, se r\u00e9clame de l&rsquo;h\u00e9ritage du dictateur. Par ailleurs, pol\u00e9mistes et influenceurs d&rsquo;ultra-droite se multiplient en appui aux th\u00e8ses de Vox et du PP. Ils sont notamment pr\u00e9sents sur les r\u00e9seaux sociaux :&nbsp;<strong>Alvise Perez<\/strong>, parlementaire europ\u00e9en<strong>&nbsp;<\/strong>qui vient de lancer officiellement son parti&nbsp;<em>Se acabo la fiesta<\/em>, Vito Quiles, Bertrand Ndongo, le blog&nbsp;<strong>InfoVlogger<\/strong>&nbsp;aux plus de 400 000 followers&#8230;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au point qu&rsquo;en novembre dernier,&nbsp;<strong>Manuel Mariscal<\/strong>, d\u00e9put\u00e9 de Vox, pouvait d\u00e9clarer que gr\u00e2ce aux r\u00e9seaux sociaux, de nombreux jeunes \u00e9taient touch\u00e9s par leurs id\u00e9es. Ainsi, ce groupe,&nbsp;<strong>Los Meconios<\/strong>, qui consacre la plupart de ses textes sur YouTube \u00e0 moquer&nbsp;<strong>Pedro Sanchez<\/strong>&nbsp;et dont la chanson&nbsp;<em>Nous reviendrons \u00e0 (19)36<\/em>, interpr\u00e9t\u00e9e avec le blogueur InfoVlogger, a \u00e9t\u00e9 mise en sc\u00e8ne lors d&rsquo;une f\u00eate de Vox en 2022 sur ces paroles : \u00ab&nbsp;on est sur les r\u00e9seaux, on f\u00e2che les communistes, les f\u00e9ministes&#8230; la gauche qui nous gouverne, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 le front populaire, nous sommes la r\u00e9sistance, nous sommes fascistes&#8230; \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des sondages qui inqui\u00e8tent<\/h2>\n\n\n\n<p>Est-ce l&rsquo;influence des r\u00e9seaux sociaux ? Selon plusieurs enqu\u00eates d&rsquo;opinion, la jeunesse espagnole est de plus en plus droiti\u00e8re. Ainsi, ce sondage diffus\u00e9 par le&nbsp;<strong>quotidien&nbsp;<em>El Pa\u00eds<\/em>&nbsp;du 2 novembre<\/strong>, ou cet autre (du CIS, Centre de recherches sociologiques d&rsquo;octobre 2025) qui indique qu&rsquo;environ 20% des Espagnols consid\u00e8rent que la dictature franquiste \u00e9tait \u00ab<em>&nbsp;bonne ou tr\u00e8s bonne<\/em>&nbsp;\u00bb, contre 65,5% qui la consid\u00e8rent comme mauvaise ou tr\u00e8s mauvaise. Un sondage largement comment\u00e9 et qui \u00e9tonne, comme si les le\u00e7ons du pass\u00e9 n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 retenues ou apprises. Un&nbsp;<strong>sondage \u00ab&nbsp;<em>terrifant<\/em>&nbsp;\u00bb, selon le&nbsp;<em>Huffington Post<\/em><\/strong>&nbsp;qui fait \u00e9cho aux propos du musicien Ramoncin, tr\u00e8s en vogue \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970-1980 et qui qualifie de \u00ab lamentable \u00bb que 19% des jeunes Espagnols entre 18 et 24 ans partagent cet avis sur le franquisme. Dans son livre,&nbsp;<em>Franco, le temps et la l\u00e9gende<\/em>, St\u00e9phane Michonneau pointe au fil des sondages un \u00ab&nbsp;<em>adoucissement du jugement n\u00e9gatif port\u00e9 envers le dictateur, voire une forme d&rsquo;id\u00e9alisation dans un secteur restreint de la population&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Des jeunes qui, selon les enqu\u00eates, sont majoritairement des hommes. \u00ab&nbsp;<em>Les destinataires de ces messages sont les adolescents, masculins, de ce pays. C&rsquo;est la g\u00e9n\u00e9ration qui sort de l&rsquo;Institut d&rsquo;\u00e9tudes secondaires et qui a grandi en parall\u00e8le \u00e0 l&rsquo;essor de Vox<\/em>, analyse Arnau Fernandez Pasalodos, historien de l&rsquo;universit\u00e9 de Malaga, cit\u00e9 par&nbsp;<strong>Ludovic Lamant dans Mediapart<\/strong>. Une g\u00e9n\u00e9ration de \u00ab&nbsp;<em>mill\u00e9niaux morveux<\/em>, tacle le journaliste J\u00e9sus Ruiz Mantilla dans son essai&nbsp;<em>Franco y yo<\/em>,&nbsp;<em>qui sont incapables de reconna\u00eetre le luxe du temps pr\u00e9sent au regard d&rsquo;un pass\u00e9 qu&rsquo;ils consid\u00e8rent avec beaucoup de frivolit\u00e9&nbsp;<\/em>\u00bb. Leur cible : la diversit\u00e9, qu&rsquo;elle soit sexuelle, ethnique, culturelle ou politique. L&rsquo;engagement du gouvernement de Pedro Sanchez \u00e0 lutter contre les violences de genre nourrit \u00e9galement les th\u00e8ses masculinistes dont ces mouvements radicaux sont porteurs. Selon Juan Francisco Albert, sociologue et directeur du centre d&rsquo;\u00e9tudes sur l&rsquo;extr\u00eame droite (<strong>Al descubierto<\/strong>), ces mouvements tendent \u00e0 favoriser Vox plut\u00f4t que le PP. Un Parti populaire qui, apr\u00e8s avoir mis en sourdine la doxa franquiste, est d\u00e9sormais tent\u00e9 de la r\u00e9activer pour ne pas se laisser d\u00e9border sur sa droite.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une coalition des droites en marche ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour peser davantage dans les urnes, ont fleuri \u00e9galement des groupes de pression qui oeuvrent au rapprochement de Vox, du PP et du centre droit de Ciudadanos. Dans un article du quotidien&nbsp;<em>El Pais<\/em>,<strong>&nbsp;Angel Munarriz dresse un tableau de cette n\u00e9buleuse<\/strong>&nbsp;qui comprend par exemple le&nbsp;<em>think tank<\/em>&nbsp;ultrationaliste DENAES (Defensa de la nacion espa\u00f1ola) de Esperanza Aguirre (PP), fond\u00e9 en 2006, les clubs Atenea, NEOS, Espa\u00f1a constitucional, Fundacion Disenso, Pie en pared, Familia y dignidad humana, Hazte Oir et sa filiale internationale Citizen Go&#8230; la liste est longue. Un rapprochement qui fait \u00e9cho au fameux portrait de famille des droites dit la \u00ab photo de Colon \u00bb, de 2019, sur laquelle apparaissaient Santiago Abascal (Vox), Pablo Casado (PP) et Albert Rivera (CD). Une photo qui avait suscit\u00e9 beaucoup de commentaires, certains des portraitur\u00e9s n&rsquo;\u00e9tant pas tr\u00e8s heureux d&rsquo;y appara\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces convergences sont possibles parce ces mouvements ont des valeurs et revendications communes et qu&rsquo;il y a des vents porteurs. \u00ab S<em>i Vox et compagnie revendiquent un certain nombre de traits caract\u00e9ristiques du franquisme avec les mots du franquisme, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il y a un b\u00e9n\u00e9fice politique possible,<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il est possible de faire en sorte que les gens s&rsquo;identifient \u00e0 un discours de la nation assi\u00e9g\u00e9e&nbsp;:&nbsp;<\/em><em>on parle d&rsquo;immigration, par exemple&nbsp;; un discours de l&rsquo;Espagne glorieuse, pure&nbsp;; un discours de l&rsquo;Espagne cern\u00e9e par des ennemis de l&rsquo;int\u00e9rieur. Cette culture-l\u00e0&nbsp;<\/em><em>a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 pendant plusieurs d\u00e9cennies, elle a forg\u00e9 des Espagnols sur plusieurs g\u00e9n\u00e9rations<\/em><em>. Donc, il est plus facile de la r\u00e9activer que ne le serait en France la revendication pleine et enti\u00e8re de Vichy, de la milice et de la rafle du Vel d&rsquo;Hiv \u00bb,&nbsp;<\/em>souligne Fran\u00e7ois Godicheau.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;histoire n&rsquo;est pas r\u00e9ductible \u00e0 une querelle de m\u00e9moire<\/h2>\n\n\n\n<p>Un roman national nourri par les m\u00e9moires officielle, familiale (Ruiz Mantilla s&rsquo;en fait l&rsquo;\u00e9cho) ou pseudoscientifique, et confort\u00e9 par les programmes d&rsquo;enseignement dispens\u00e9s depuis 1939 et jusqu&rsquo;\u00e0 la transition, voire au-del\u00e0. \u00ab&nbsp;<em>D\u00e9velopp\u00e9s par des historiens officiels du r\u00e9gime puis repris par des publicistes, ces \u00e9l\u00e9ments du discours font syst\u00e8me. Ils ont \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, entendus chez soi<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>ou lus chez d&rsquo;autres, et font sens pour le lecteur espagnol<\/em>&nbsp;\u00bb<em>,<\/em>&nbsp;analyse le<em>&nbsp;<\/em>collectif d&rsquo;historiens (*), d&rsquo;autant que la guerre civile et la dictature sont peu et rapidement \u00e9tudi\u00e9es dans les programmes scolaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour y rem\u00e9dier, le gouvernement a r\u00e9am\u00e9nag\u00e9 en novembre 2024 les programmes scolaires en histoire-g\u00e9ographie pour trois niveaux. Le chapitre sur la guerre civile int\u00e8gre d\u00e9sormais la r\u00e9pression, l&rsquo;exil et la r\u00e9sistance et celui sur la transirtion d\u00e9mocratique fait place aussi \u00e0 la m\u00e9moire et \u00e0 la r\u00e9paration. Un texte sans doute d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaire que, du fait des alliances contract\u00e9es entre Vox et le PP lors de scrutins r\u00e9gionaux, plusieurs sont d\u00e9sormais gouvern\u00e9es par des coalitions Vox-PP (m\u00eame si Vox a annonc\u00e9 retirer son soutien dans plusieurs d&rsquo;entre elles sur la&nbsp;<strong>question de l&rsquo;accueil des mineurs isol\u00e9s<\/strong>) ; or, les r\u00e9gions ont des pr\u00e9rogatives p\u00e9dagogiques. Ainsi en Andalousie, Vox, qui gouverne la r\u00e9gion en alliance avec le PP, a demand\u00e9 le&nbsp;<strong>retrait de certains ouvrages dans les \u00e9coles au motif qu&rsquo;ils participaient \u00e0 l&rsquo;endoctrinement des enfants<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Des mouvements qui sont vent debout contre la d\u00e9cision r\u00e9cente du gouvernement de Pedro Sanchez de nettoyer l&rsquo;espace public de symboles rappelant la dictature militaire, ses exactions et ses cadres. On se souvient de la pol\u00e9mique autour du&nbsp;<em>Valle de los caidos,&nbsp;<\/em>le sanctuaire des soldats nationalistes, devenu&nbsp;<em>Valle de cuelgamuros&nbsp;<\/em>et de la bataille judiciaire autour de l<strong>&lsquo;exhumation de la d\u00e9pouille de Franco<\/strong>&nbsp;le 24 octobre 2019. Des lieux de m\u00e9moire qui sont autant de champs de bataille id\u00e9ologiques que la droite et l&rsquo;extr\u00eame droite accusent le gouvernement de Pedro Sanchez d&rsquo;utiliser&nbsp;<strong>(le&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Francomodin<\/em>&nbsp;\u00bb)&nbsp;<\/strong>pour resserrer les rangs d&rsquo;une fragile majorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La&nbsp;<strong>gestion de la m\u00e9moire du franquisme<\/strong>&nbsp;est loin d&rsquo;\u00eatre apais\u00e9e, en t\u00e9moignent aussi toutes les publications qui sortent pour ce 50e anniversaire, d&rsquo;autant qu&rsquo;une forme de n\u00e9o-franquisme se d\u00e9veloppe et s&rsquo;exporte. L&rsquo;extr\u00eame droite \u00e9voque d&rsquo;ailleurs dans ses publications un \u00ab&nbsp;<em><strong>Francobeo<\/strong><\/em>&nbsp;\u00bb, n\u00e9ologisme form\u00e9 sur le mod\u00e8le du Jacobeo, c\u00e9l\u00e9bration de Saint-Jacques, le patron de l&rsquo;Espagne.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Non seulement les morts p\u00e8sent, mais ils survivent&nbsp;<\/em>\u00bb, \u00e9crit l&rsquo;\u00e9crivain italien Sergio Luzzatto, cit\u00e9 par St\u00e9phane Michonneau, \u00e0 propos de Mussolini. Ind\u00e9pendamment de la vitalit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 civile espagnole, bien que le corps du dictateur ait \u00e9t\u00e9 inhum\u00e9 deux fois, le franquisme, lui, ne semble pas compl\u00e8tement enterr\u00e9. Lors de la&nbsp;<strong>panne d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 g\u00e9ante<\/strong>&nbsp;qui avait immobilis\u00e9 le pays en avril, l\u2019avocat des h\u00e9ritiers de l\u2019ancien dictateur Franco, Luis Felipe Utrera-Molina, avait r\u00e9agi sur le r\u00e9seau social X : \u00ab&nbsp;<em>Sous Franco, cela n\u2019arrivait pas<\/em>. \u00bb Le message a \u00e9t\u00e9 \u00ab lik\u00e9 \u00bb plus d&rsquo;un millier de fois sur le r\u00e9seau social, note Ludovic Lamant de Mediapart.&nbsp;Si, il y a vingt ans, l&rsquo;Espagne \u00e9tait le laboratoire o\u00f9 les gauches exploraient de nouvelles voies (avec le mouvement des&nbsp;<em>Indignados<\/em>&nbsp;d&rsquo;o\u00f9 est issu&nbsp;<em>Podemos<\/em>), ce sont d\u00e9sormais les droites qui donnent le plus de la voix, occupent le terrain et tissent des r\u00e9seaux au point de donner naissance \u00e0 une sorte de \u00ab n\u00e9o-franquisme&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;ib\u00e9rosph\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Santiago Abascal cultive \u00ab&nbsp;<em>l&rsquo;ib\u00e9rosph\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb en Am\u00e9rique latine et a des contacts \u00e9troits avec&nbsp;<strong>Javier Milei<\/strong>&nbsp;en Argentine,&nbsp;<strong>Nayib Bukele<\/strong>&nbsp;au Salvador (dont se r\u00e9clame Alvise Perez) ou encore&nbsp;<strong>Jos\u00e9 Antonio Kast<\/strong>&nbsp;au Chili. Sans oublier Donald Trump qui lui a manifest\u00e9 son soutien \u00e0 plusieurs reprises. Une communaut\u00e9 de langue et de projet politique les lient et de nombreuses associations \u00ab Hazte o\u00edr \u00bb de l&rsquo;ancien ministre Jaime Mayor Oreja (PP) travaillent activement \u00e0 nouer des r\u00e9seaux, la main dans la main avec&nbsp;l&rsquo;Opus Dei, vieille organisation catholique traditionaliste, bien implant\u00e9e en Am\u00e9rique latine. Des r\u00e9seaux qui essaiment aussi en Afrique, au Kenya,<strong>&nbsp;indique une \u00e9tude de l&rsquo;Association des Droits sexuels et reproductifs<\/strong>, dirig\u00e9e par la Br\u00e9silienne Sonia Corr\u00eaa. Selon ces chercheurs, l&rsquo;Espagne serait une sorte de t\u00eate de pont dans une bataille culturelle ultra-conservatrice engag\u00e9e contre les droits reproductifs et l&rsquo;avortement.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Son ombre plane toujours sur la p\u00e9ninsule &#8211; En Espagne, l&rsquo;extr\u00eame droite occupe largement le terrain politique et m\u00e9diatique, surtout<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":63950,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[51],"tags":[],"class_list":["post-63947","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/63947","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=63947"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/63947\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":63965,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/63947\/revisions\/63965"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/63950"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=63947"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=63947"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=63947"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}