{"id":63939,"date":"2025-11-20T11:51:59","date_gmt":"2025-11-20T11:51:59","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=63939"},"modified":"2025-11-20T11:52:26","modified_gmt":"2025-11-20T11:52:26","slug":"rapatriement-des-devises-la-bceao-resserre-le-controle-le-patronat-sous-pression","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=63939","title":{"rendered":"Rapatriement des devises : la BCEAO resserre le contr\u00f4le, le patronat sous pression"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Alors que pr\u00e8s d\u2019un quart des recettes d\u2019exportation hors UEMOA \u00e9chappent encore au circuit bancaire r\u00e9gional, la BCEAO resserre l\u2019\u00e9tau. Le nouveau r\u00e8glement N\u00b006\/2024 redessine les r\u00e8gles du jeu pour les entreprises exportatrices et impose un contr\u00f4le accru des flux financiers. Une r\u00e9forme qui entend \u00e0 la fois prot\u00e9ger les r\u00e9serves de change et redonner du souffle \u00e0 la comp\u00e9titivit\u00e9 ext\u00e9rieure.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Hier, au si\u00e8ge de la Chambre de Commerce, d\u2019Industrie et d\u2019Agriculture de Dakar (CCIAD), s\u2019est tenue la &nbsp;rencontre semestrielle entre la Banque Centrale des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (BCEAO) et les organisations patronales.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un contexte international o\u00f9 les capitaux circulent \u00e0 une grande vitesse, la Banque centrale entend rappeler aux op\u00e9rateurs \u00e9conomiques que la discipline financi\u00e8re n\u2019est plus une option, mais une condition de stabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Entr\u00e9 en vigueur fin 2024, le r\u00e8glement N\u00b006\/2024 marque une inflexion majeure dans la gestion des relations financi\u00e8res ext\u00e9rieures. Il r\u00e9pond \u00e0 un imp\u00e9ratif clair celui de doter l\u2019UEMOA d\u2019un cadre capable de suivre, d\u2019encadrer et de s\u00e9curiser des flux devenus plus complexes et plus volatils. \u00ab Les \u00e9conomies de l\u2019Union doivent \u00eatre en mesure d\u2019anticiper et de ma\u00eetriser ces mouvements \u00bb, a insist\u00e9, Abdoulaye Sow, pr\u00e9sident de la CCIAD.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sentation de la BCEAO a eu l\u2019effet d\u2019un sursaut. En 2024, 24,2 % des exportations s\u00e9n\u00e9galaises hors UEMOA n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9es. Un volume in\u00e9dit, d\u2019autant plus paradoxal que les exportations ont progress\u00e9 de 30,5 % gr\u00e2ce \u00e0 la mont\u00e9e en puissance du p\u00e9trole de Sangomar et de l\u2019or non mon\u00e9taire. Ce d\u00e9ficit de rapatriement repr\u00e9sente 3,5 % du PIB. Un chiffre suffisamment \u00e9lev\u00e9 pour peser sur les r\u00e9serves de change et compliquer le financement des importations strat\u00e9giques \u2013 \u00e9nergie, intrants industriels, \u00e9quipements ainsi que le service de la dette ext\u00e9rieure. \u00ab C\u2019est un enjeu de souverainet\u00e9 financi\u00e8re \u00bb, martela Fran\u00e7ois S\u00e8ne, directeur national de la BCEAO.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><strong>Domiciliation, encaissement, rapatriement : le triptyque d\u00e9sormais incontournable<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e8glement impose une s\u00e9rie d\u2019obligations que les entreprises devront int\u00e9grer \u00e0 leurs pratiques op\u00e9rationnelles \u00e0 savoir domicilier toute exportation d\u00e9passant un seuil \u00e9tabli aupr\u00e8s d\u2019un interm\u00e9diaire agr\u00e9\u00e9 ; Encaisser la totalit\u00e9 des recettes d\u2019exportation dans les d\u00e9lais r\u00e9glementaires ; Rapatrier les devises aupr\u00e8s d\u2019une banque locale. \u00c0 cela s\u2019ajoute l\u2019obligation pour tout r\u00e9sident de c\u00e9der ses devises \u00e0 la BCEAO, avec une seule soupape : les banques peuvent conserver jusqu\u2019\u00e0 20 % de leurs recettes en devises pour leurs besoins courants. Des progr\u00e8s existent toutefois : le taux de domiciliation a gagn\u00e9 deux points en deux ans, et celui d\u2019encaissement a progress\u00e9 de plus de cinq points.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comptes en devises : une \u00e8re de vigilance<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Talons d\u2019Achille du syst\u00e8me, les comptes en devises qu\u2019ils soient ouverts localement ou offshore sont d\u00e9sormais plac\u00e9s sous surveillance avanc\u00e9e. Leur ouverture exige un avis conforme de la BCEAO fond\u00e9 sur un dossier rigoureux. Leur usage, lui, est strictement circonscrit. En clair&nbsp;; pas de rapatriement de recettes d\u2019exportation ; pas de gestion du risque de change ; pas de r\u00e8glements d\u2019op\u00e9rations courantes.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame clarification du c\u00f4t\u00e9 des travailleurs expatri\u00e9s : au-del\u00e0 d\u2019un an de contrat, ils deviennent r\u00e9sidents et leurs salaires doivent transiter par un compte en francs CFA. La BCEAO met en place un dispositif dissuasif : les amendes pr\u00e9vues par la loi uniforme N\u00b02014-12 peuvent aller jusqu\u2019\u00e0 deux fois le montant de l\u2019infraction. Les dirigeants ne sont pas \u00e0 l\u2019abri d\u2019une responsabilit\u00e9 personnelle. Mais la logique de la r\u00e9forme va bien au-del\u00e0 du contr\u00f4le et de la sanction. Pour Abdoulaye Sow, l\u2019enjeu est aussi strat\u00e9gique : \u00ab Une meilleure ma\u00eetrise des flux financiers ext\u00e9rieurs renforce la cr\u00e9dibilit\u00e9 de nos entreprises, am\u00e9liore la qualit\u00e9 de leurs transactions internationales et rend le S\u00e9n\u00e9gal plus attractif pour les investisseurs \u00e9trangers. \u00bb En somme, la BCEAO a rappel\u00e9 trois priorit\u00e9s op\u00e9rationnelles que sont: encaisser syst\u00e9matiquement les recettes d\u2019exportation dans une banque s\u00e9n\u00e9galaise ; r\u00e9gulariser les encaissements en souffrance ; fermer les comptes en devises ouverts \u00e0 l\u2019\u00e9tranger sans autorisation. Cette r\u00e9forme s\u2019inscrit dans une recomposition plus large du paysage financier r\u00e9gional, avec un objectif assum\u00e9 : prot\u00e9ger les r\u00e9serves de change de l\u2019UEMOA, assurer la stabilit\u00e9 du franc CFA et accompagner les \u00e9conomies de l\u2019Union dans un environnement international o\u00f9 les chocs deviennent la norme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>JEAN PIERRE MALOU<\/strong><br>SUDQUOTIDIEN<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que pr\u00e8s d\u2019un quart des recettes d\u2019exportation hors UEMOA \u00e9chappent encore au circuit bancaire r\u00e9gional, la BCEAO resserre l\u2019\u00e9tau.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":13905,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-63939","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-event-more-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/63939","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=63939"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/63939\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":63940,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/63939\/revisions\/63940"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/13905"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=63939"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=63939"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=63939"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}