{"id":56956,"date":"2025-05-21T16:59:20","date_gmt":"2025-05-21T16:59:20","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=56956"},"modified":"2025-05-21T16:59:20","modified_gmt":"2025-05-21T16:59:20","slug":"roland-garros-de-la-coupe-davis-aux-internationaux-de-france-une-histoire-de-terre-battue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=56956","title":{"rendered":"Roland-Garros: de la Coupe Davis aux Internationaux de France, une histoire de terre battue"},"content":{"rendered":"\n<p>Chaque ann\u00e9e, \u00e0 la fin du mois de mai, la France se fige devant ses r\u00e9cepteurs de t\u00e9l\u00e9vision au rythme du \u00ab plop \u00bb lancinant des balles de tennis glissant sur la terre battue rouge de Roland-Garros. Championnes et champions du monde entier vont s&rsquo;opposer quinze jours durant sous les yeux d&rsquo;un public exigeant et parfois volubile. Voil\u00e0 l\u2019occasion de revenir sur l\u2019histoire d\u2019un tournoi et d\u2019une enceinte parisienne devenus au fil du temps embl\u00e9matiques du tennis mondial : les Internationaux de France.<\/p>\n\n\n\n<p>Par :Marc Verney &#8211; RFI<\/p>\n\n\n\n<p>Invent\u00e9 en 1874 par un Britannique, le major Walter Clopton Wingfield, le&nbsp;<em>lawn tennis<\/em>&nbsp;d\u00e9barque en France \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle dans le sillage des touristes anglais qui s\u00e9journent aux beaux jours le long des c\u00f4tes de l\u2019Hexagone. D\u2019ailleurs, la \u00ab&nbsp;terre battue&nbsp;\u00bb, en fait une fine couche de brique pil\u00e9e, est une id\u00e9e de joueurs britanniques en 1880, sur la C\u00f4te d\u2019Azur, qui se d\u00e9sesp\u00e9raient de voir leur courts en gazon se dess\u00e9cher sous le soleil. Tr\u00e8s rapidement, les Fran\u00e7ais s\u2019enthousiasment aussi pour le&nbsp;<em>lawn tennis<\/em>. C\u2019est en 1891 \u00e0 Paris que la premi\u00e8re \u00e9dition d\u2019un \u00ab championnat de France de&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/tennis\/\"><strong>tennis<\/strong><\/a>&nbsp;\u00bb se tient sur les courts du Racing Club de France, dans le bois de Boulogne. C\u2019est un Britannique du nom de Briggs qui l\u2019emporte devant une petite dizaine de spectateurs, \u00ab&nbsp;<em>choisis et fins connaisseurs<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00e0 en croire le bulletin de l\u2019Union des soci\u00e9t\u00e9s fran\u00e7aises de sports athl\u00e9tiques (USFSA), qui a en charge l\u2019organisation du tournoi. S\u2019il s\u2019ouvre aux femmes en 1897 (elles sont trois !), le tournoi est encore r\u00e9serv\u00e9 (jusqu\u2019en 1924) aux joueurs hexagonaux et aux licenci\u00e9s \u00e9trangers des clubs fran\u00e7ais. Les h\u00e9ros de ces ann\u00e9es-l\u00e0 sont Fran\u00e7ais et s\u2019appellent Vacherot, Aym\u00e9, Germot, mais surtout Decugis, qui gagnera l\u2019\u00e9preuve huit fois en simple, quatorze fois en double et sept fois en mixte.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Stars et \u00abMousquetaires\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>En 1912, Duane Williams, Am\u00e9ricain passionn\u00e9 de tennis et de culture fran\u00e7aise soumet aux dirigeants de l\u2019USFSA l\u2019id\u00e9e de lancer, parall\u00e8lement \u00e0 la comp\u00e9tition hexagonale du bois de Boulogne, un championnat du monde sur terre battue \u00e0 m\u00eame de concurrencer la grande \u00e9preuve de Wimbledon, qui se joue d\u00e9j\u00e0 sur une surface gazonn\u00e9e. Jou\u00e9s \u00e0 la Faisanderie (Saint-Cloud) sur des terrains appartenant au Stade fran\u00e7ais, ces championnats font, d\u00e8s leur premi\u00e8re \u00e9dition, de l\u2019ombre \u00e0 la comp\u00e9tition nationale. C\u2019est dans ce contexte, qu\u2019appara\u00eet, juste avant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la premi\u00e8re \u00ab star \u00bb f\u00e9minine du tennis fran\u00e7ais : Suzanne Lenglen. \u00c9chouant d\u2019un cheveu face \u00e0 Marguerite Broquedis au championnat de France 1914, Lenglen \u00e9blouit les spectateurs des championnats du monde quelques semaines plus tard en remportant la finale devant Germaine Golding.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1925, \u00e0 la suite d\u2019une vaste r\u00e9organisation du tennis mondial,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/paris\/\"><strong>Paris<\/strong><\/a>&nbsp;gagne le droit d\u2019organiser de mani\u00e8re p\u00e9renne une comp\u00e9tition internationale sur terre battue au c\u00f4t\u00e9 des Britanniques (Wimbledon), des Am\u00e9ricains (Forest-Hill) et des Australiens. L\u2019\u00e9preuve nationale s\u2019ouvre alors aux joueurs non issus de clubs fran\u00e7ais et rend inutile le championnat du monde. C\u2019est le vrai d\u00e9but des Internationaux de France, qui sont organis\u00e9s conjointement par le Racing Club de France et le Stade fran\u00e7ais. Dans les ann\u00e9es vingt, l\u2019Hexagone admire quatre tennismen exceptionnels, Henri Cochet, Ren\u00e9 Lacoste, Jean Borotra et Jacques Brugnon. Surnomm\u00e9s les \u00abMousquetaires\u00bb par un public qui les adule, ils vont rafler tous les honneurs dans les comp\u00e9titions mondiales et surtout gagner la Coupe Davis en 1927 \u00e0 Philadelphie face aux Am\u00e9ricains emmen\u00e9s par William Tilden. C\u2019est la grande \u00e9poque du tennis fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Roland-Garros, un stade pour la Coupe Davis<\/h2>\n\n\n\n<p>Il faut donc d\u2019urgence construire un stade pour accueillir la revanche de 1928. Ce sera une enceinte de 3,25 ha b\u00e2tie en bordure du bois de Boulogne, non loin de la porte d\u2019Auteuil sur un terrain conc\u00e9d\u00e9 par la ville de Paris. Le projet est men\u00e9 conjointement par les pr\u00e9sidents du Stade fran\u00e7ais et du Racing Club de France, Pierre Gillou et Emile Lesieur. Le nom du lieu est choisi par ce dernier : ce sera Roland-Garros, du nom d\u2019un ami aviateur, as de la chasse hexagonale durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, tomb\u00e9 en 1918 \u00e0 Vouziers, dans les Ardennes. C\u2019est donc l\u00e0, dans cet espace id\u00e9alement situ\u00e9 \u00e0 l\u2019ouest de la capitale, que se d\u00e9roulent les Internationaux de France depuis 1928.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es trente, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des Mousquetaires vieillissants, les champions fran\u00e7ais de Roland-Garros ont pour nom Marcel Bernard ou Christian Boussus; mais ce sont les matchs pleins de suspense entre l\u2019Anglais Fred Perry et l\u2019Allemand Gottfried Von Cramm qui font vibrer la terre battue de la porte d\u2019Auteuil. En 1938, juste avant que n\u2019\u00e9clate la Seconde Guerre mondiale, c\u2019est un Am\u00e9ricain rouquin et d\u00e9bonnaire, Donald Budge, qui gagne \u00e0 Roland-Garros. Budge, dans la foul\u00e9e, r\u00e9alise le premier Grand Chelem de l\u2019histoire du tennis (victoires en France, Grande-Bretagne, \u00c9tats-Unis et Australie).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Manque de balles !<\/h2>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019interruption de la guerre, o\u00f9 le stade est utilis\u00e9 \u00e0 des fins artistiques et de propagande, les Internationaux de France reprennent le 19 mai 1945. Contrairement \u00e0 Wimbledon, touch\u00e9 \u00e0 seize reprises par les bombes, l\u2019enceinte de la porte d\u2019Auteuil est rest\u00e9e pr\u00e9serv\u00e9e des combats. Seules manquent alors les balles. Il faut \u00ab rafistoler \u00bb, regonfler celles qui ont servi avant-guerre\u2026 C\u2019est seulement un an plus tard que Roland-Garros retrouve un peu de son lustre : en finale, le Fran\u00e7ais Marcel Bernard, confront\u00e9 au tennisman \u00e0 lunettes Jaroslav Drobny, Tch\u00e9coslovaque au style r\u00e9gulier et quasi math\u00e9matique, l\u2019emporte dans une atmosph\u00e8re incroyable.<\/p>\n\n\n\n<p>Un mois de juillet particuli\u00e8rement torride en 1947 conduit les autorit\u00e9s du tennis \u00e0 modifier le calendrier de la saison 48. Mais le tournoi de Paris retrouve tr\u00e8s vite les dates traditionnelles qui sont toujours celles d\u2019aujourd\u2019hui : de la fin mai au premier dimanche de juin. Dans cette p\u00e9riode de l\u2019imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre, ce sont les Am\u00e9ricains, avec Budge Patty, Pancho Gonzales ou bien encore Frank Parker, qui imposent leur style sur la comp\u00e9tition. Dans les ann\u00e9es cinquante \u00e0 soixante, le professionnalisme attire de plus en plus de joueurs \u00ab&nbsp;amateurs \u00bb qui ne peuvent plus d\u00e8s lors s\u2019inscrire \u00e0 Roland-Garros.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un tennis hexagonal en crise, de nouveaux espoirs Europ\u00e9ens mais surtout Australiens s\u2019imposent : Ken Rosewall est surnomm\u00e9 \u00ab le petit ma\u00eetre de Sydney \u00bb par une presse charm\u00e9e par un jeu encore souvent montr\u00e9 de nos jours en exemple dans les \u00e9coles de tennis. Les ann\u00e9es soixante sont donc celles de la domination australienne sur le monde du tennis. Chez les hommes, des joueurs comme Neale Fraser, Roy Emerson ou bien encore Rod Laver trustent les places d\u2019honneur et imposent leur style de jeu bien construit, fait de ma\u00eetrise mentale et de sens tactique aigu. Chez les dames, on remarque Lesley Turner ou bien encore la grande Margaret Smith-Court. Celle-ci reste la joueuse la plus titr\u00e9e \u00e0 Roland-Garros, soit treize titres toutes \u00e9preuves confondues. \u00c0 24 ans, Laver, lui, triomphe face \u00e0 Emerson \u00e0 Roland-Garros en 1962, ann\u00e9e de son Grand Chelem, mais passe professionnel d\u00e8s l\u2019ann\u00e9e suivante.<\/p>\n\n\n\n<p>Le professionnalisme\u2026 voil\u00e0 la grande affaire de cette nouvelle \u00e8re du tennis international. D\u00e8s 1960, Jean Borotra, alors pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration internationale de lawn tennis (FILT) propose d\u2019accepter les tournois \u00ab open \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire ouvert aux professionnels. Mais l\u2019ancien \u00ab&nbsp;Mousquetaire&nbsp;\u00bb n\u2019obtient pas satisfaction et les Internationaux de France se d\u00e9roulent sans les stars de l\u2019\u00e9poque. L&rsquo;ann\u00e9e 1967, qui voit \u00e0 la porte d\u2019Auteuil la victoire de la Fran\u00e7aise Fran\u00e7oise D\u00fcrr, est une charni\u00e8re : Herman David, pr\u00e9sident du club de Wimbledon annonce que son tournoi sera ouvert aux professionnels d\u00e8s 1968. C\u2019est l\u2019h\u00e9catombe chez les amateurs : Newcombe, Roche, Barth\u00e8s basculent dans le camp des pros&#8230;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un Mai-68 \u00e0 la couleur de l\u2019argent<\/h2>\n\n\n\n<p>En mars 1968, pliant devant le fait accompli, l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la FILT accepte le principe des tournois \u00ab open \u00bb. C\u2019est Bournemouth qui ouvre le bal quelques semaines plus tard, mais c\u2019est \u00e0 Roland-Garros que les plus grands joueurs du monde toutes cat\u00e9gories confondues se retrouvent. Un accord est trouv\u00e9 entre la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise et les professionnels : les tennismen obtiennent 100 000 francs de prix et un pourcentage sur les b\u00e9n\u00e9fices. Mais la France est en \u00e9bullition : le 20 mai, quatre jours avant le d\u00e9but de la comp\u00e9tition, le pays se trouve paralys\u00e9 par de grands mouvements de gr\u00e8ve faisant suite \u00e0 la r\u00e9bellion des \u00e9tudiants dans le Quartier Latin \u00e0 Paris. Lors de cette p\u00e9riode quasi insurrectionnelle, le public se rue cependant \u00e0 la porte d\u2019Auteuil pour assister \u00e0 la victoire du professionnel Ken Rosewall, quinze ans apr\u00e8s son succ\u00e8s initial. Il y a, cette ann\u00e9e-l\u00e0, quatre joueurs d\u00e9clar\u00e9s pros dans le dernier carr\u00e9 de la comp\u00e9tition. Chez les dames cependant, ce premier tournoi \u00ab open \u00bb est remport\u00e9 par une joueuse rest\u00e9e \u00ab amateur \u00bb, Nancy Richey.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es 70 sont celles de la reconqu\u00eate. Le tournoi doit d\u2019abord faire face aux pr\u00e9tentions d\u2019hommes d\u2019affaires, qui, \u00e0 l\u2019image de Lamar Hunt, organisent des comp\u00e9titions bien plus richement dot\u00e9es que les \u00e9preuves traditionnelles du Grand Chelem. Le stade de Roland-Garros doit se modifier, s\u2019adapter \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la puissance de l\u2019image t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e commence \u00e0 imposer sa loi : ainsi on adopte le&nbsp;<em>tie break<\/em>, ou jeu d\u00e9cisif, qui raccourcit les matchs. Les joueurs, de leur c\u00f4t\u00e9, peuvent d\u00e9sormais porter des tenues de couleur sur le central, \u00e0 la condition \u00ab&nbsp;<em>qu\u2019elles soient discr\u00e8tes et de bon go\u00fbt<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>De nouveaux champions et championnes se d\u00e9couvrent : l\u2019Espagnol Andres Gimeno, qui bat le Fran\u00e7ais Patrick Proisy en finale 1972, mais \u00e9galement l\u2019Australienne Evonne Goolagong, l\u2019Am\u00e9ricaine Chris Evert, le Roumain Ilie Nastase, le Su\u00e9dois Bj\u00f6rn Borg\u2026 Evert et Borg notamment, des relanceurs inlassables de fond de court jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9coeurement, vont remporter \u00e0 eux deux treize fois le titre fran\u00e7ais, imposant leur incroyable domination sur la terre battue jusqu\u2019\u00e0 l\u2019or\u00e9e des ann\u00e9es 80\u2026 Le Fran\u00e7ais Philippe Chatrier, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise de tennis (FFT) jusqu\u2019en 1973, puis de la F\u00e9d\u00e9ration internationale de 1977 \u00e0 1991, fait de la quinzaine parisienne le rendez-vous incontournable du tennis mondial.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Records d\u2019affluence<\/h2>\n\n\n\n<p>Le tennis est alors au firmament de sa notori\u00e9t\u00e9. Les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision publiques d\u2019alors, Antenne 2 et FR3, diffusent l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 d\u2019un tournoi qui recueille des records d\u2019audience. En 1980, de nouveaux gradins et un court tout neuf (le n\u00b01) surgissent de terre \u00e0 la porte d\u2019Auteuil. La zone est envahie, le printemps venu, par des milliers de spectateurs qui se pressent dans les tribunes et autour du \u00ab village \u00bb, nouvel espace d\u00e9volu aux relations publiques et aux c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s de passage. En 1981, l\u2019\u00e8re Borg touche \u00e0 sa fin. En finale, il rencontre et bat difficilement un certain Ivan Lendl, qui dispute \u00e0 la porte d\u2019Auteuil, la premi\u00e8re de ses 19 finales de Grand Chelem. Le tournoi junior est remport\u00e9, quant \u00e0 lui, dans un anonymat total, par un Su\u00e9dois qui allait briller de mille feux l\u2019ann\u00e9e suivante : Mats Wilander. En 1982, en effet, le jeune Su\u00e9dois, 17 ans et neuf mois, vient \u00e0 bout du redoutable Guillermo Vilas en quatre sets. Il conservera le \u00ab titre \u00bb du plus jeune vainqueur de la comp\u00e9tition jusqu\u2019en 1989.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Et voil\u00e0 Noah\u2026<\/h2>\n\n\n\n<p>En France, le nombre de licenci\u00e9s aupr\u00e8s de la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise de tennis atteint le million de joueurs en 1982. Les Internationaux ont un budget, consid\u00e9rable pour l\u2019\u00e9poque, de 22 millions de francs et d\u00e9gagent chaque ann\u00e9e de 6 \u00e0 8 millions de francs de b\u00e9n\u00e9fices. Tout un pays attend un succ\u00e8s hexagonal \u00e0 Roland-Garros, trente-sept ans apr\u00e8s Marcel Bernard. C\u2019est un prodige Franco-Camerounais de 23 ans, d\u00e9couvert par Arthur Ashe, d\u00e9j\u00e0 demi-finaliste en 81 et 82,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/yannick-noah\/\"><strong>Yannick Noah<\/strong><\/a>, qui accomplit cet exploit. Dans un court central surchauff\u00e9, Noah, lib\u00e9r\u00e9 et acharn\u00e9, arrache le titre en trois sets (6-2, 7-5, 7-6) \u00e0 un Wilander qui n\u2019a jamais baiss\u00e9 les bras. C\u2019est l\u2019euphorie dans les tribunes, qui chavirent de bonheur quand le joueur vient \u00e9treindre son p\u00e8re, Zacharie, avant de recevoir le troph\u00e9e des mains de Philippe Chatrier.<\/p>\n\n\n\n<p>Un an plus tard, en 1984, l\u2019\u00e9ternelle seconde du tennis f\u00e9minin, Martina Navratilova, la Tch\u00e9coslovaque devenue Am\u00e9ricaine, remporte enfin le titre \u00e0 Roland-Garros, devant Chris Evert (6-3, 6-1). Chez les hommes, les h\u00e9ros de ces ann\u00e9es-l\u00e0 s\u2019appellent John Mc Enroe ou bien Henri Leconte mais les victoires sont majoritairement trust\u00e9es par le m\u00e9tronome su\u00e9dois Wilander et le frappeur tch\u00e8que Lendl\u2026 Le tennis au f\u00e9minin pour sa part \u00e9volue peu \u00e0 peu vers plus d\u2019agressivit\u00e9 : les joueuses, \u00e0 l\u2019image de l\u2019Allemande Steffi Graf (premi\u00e8re victoire en 1988, puis cinq autres jusqu\u2019en 1999) se mettent \u00e0 ins\u00e9rer plus d\u2019intensit\u00e9 dans leur jeu.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Service \u00e0 la cuill\u00e8re gagnant !<\/h2>\n\n\n\n<p>Le tournoi de Roland-Garros ne manque pas d\u2019anecdotes. Lors des huiti\u00e8mes de finale 1989, Lendl fait face \u00e0 un jeune g\u00e9nie am\u00e9ricain, Michael Chang. Au bout de quatre sets incroyables, men\u00e9 sur son service, Chang, inspir\u00e9, sert \u00ab \u00e0 la cuill\u00e8re \u00bb, quasiment comme un d\u00e9butant\u2026 D\u00e9rout\u00e9, le Tch\u00e9coslovaque perd ses rep\u00e8res et conc\u00e8de finalement le match. En finale, l\u2019Am\u00e9ricain va user le su\u00e9dois Edberg en cinq sets. Michael Chang est, \u00e0 17 ans et trois mois, le plus jeune vainqueur des Internationaux de France.<\/p>\n\n\n\n<p>Le centenaire de la comp\u00e9tition fran\u00e7aise est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 en 1991. Une fresque repr\u00e9sentant les 2 973 joueuses et joueurs pass\u00e9s par les courts de la porte d\u2019Auteuil est expos\u00e9e dans le stade pendant les \u00e9preuves. L\u2019Am\u00e9rique reste cependant au pouvoir avec Jim Courier qui bat Andre Agassi chez les messieurs. Le vainqueur 1991 va d\u2019ailleurs parfaitement illustrer la nouvelle \u00e8re qui s\u2019annonce, celle des \u00ab contreurs-lifteurs \u00bb qui an\u00e9antissent &#8211; sur terre battue &#8211; les espoirs des attaquants purs comme l\u2019Allemand \u00ab&nbsp;Boum-Boum&nbsp;\u00bb Becker ou le Su\u00e9dois Edberg. Chez les dames, Monica Seles remporte le troph\u00e9e en 1990, 1991 et 1992\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Roland-Garros, terre du Sud\u2026<\/h2>\n\n\n\n<p>A la moiti\u00e9 des ann\u00e9es 90, la porte d\u2019Auteuil est une terre espagnole. En 1994, la puissante Arantxa Sanchez vient \u00e0 bout en finale de Mary Pierce, une Fran\u00e7aise pourtant \u00e9blouissante au tour pr\u00e9c\u00e9dent face \u00e0 la reine Steffi Graff. Et chez les hommes qui s\u2019opposent devant le roi d\u2019Espagne, le duel est ib\u00e8re : Sergi Bruguera conquiert un second titre cons\u00e9cutif devant son compatriote Alberto Berasategui. La place pr\u00e9pond\u00e9rante que prennent d\u00e9sormais les tennismen du Sud aux Internationaux de France ne va jamais cesser de s\u2019accro\u00eetre : en mai 1997, Gustavo Kuerten, un Br\u00e9silien inconnu (il est 66e mondial) alors \u00e2g\u00e9 de vingt ans va cr\u00e9er une surprise monumentale. Vainqueur en quarts du tenant du titre, Yevgeny Kafelnikov, celui que les spectateurs vont surnommer \u00ab Guga \u00bb, r\u00e9ussit \u00e0 user en finale le tr\u00e8s solide Sergi Bruguera. Kuerten, chouchou du public parisien qui adore ce genre d\u2019histoire est le joueur le plus mal class\u00e9 \u00e0 avoir remport\u00e9 le troph\u00e9e de la porte d\u2019Auteuil.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Terre d\u2019exploits\u2026<\/h2>\n\n\n\n<p>Les finales de 1999 sont tout bonnement historiques. Chez les dames, Graf, qui n\u2019a plus remport\u00e9 de tournoi depuis trois ans, est oppos\u00e9e \u00e0 la Suissesse Martina Hingis. L\u2019Allemande, qui vit l\u00e0 son dernier tournoi, se lance \u00e0 corps perdu dans la bataille sous les yeux humides de son compagnon, l\u2019Am\u00e9ricain Andre Agassi. Steffi Graf emporte l\u00e0 son sixi\u00e8me titre ; \u00ab&nbsp;<em>Je me sens Fran\u00e7aise<\/em>&nbsp;\u00bb, d\u00e9clarera-telle, \u00e9mue, au public de Roland-Garros qui l\u2019ovationne. Le lendemain, l\u2019Am\u00e9rique est devant ses \u00e9crans de TV : Sampras et Agassi, leurs deux grandes stars de l&rsquo;\u00e9poque n\u2019ont jamais brill\u00e9 sur la terre battue. Face \u00e0 Medvedev, c\u2019est Andre Agassi qui rel\u00e8ve le d\u00e9fi. Apr\u00e8s avoir perdu les deux premiers sets face \u00e0 l\u2019Ukrainien, le joueur de Las Vegas remonte \u00e0 l\u2019\u00e9nergie et r\u00e9alise ce que personne n\u2019avait jamais fait avant lui : gagner les quatre tournois majeurs sur quatre surfaces diff\u00e9rentes !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque ann\u00e9e, \u00e0 la fin du mois de mai, la France se fige devant ses r\u00e9cepteurs de t\u00e9l\u00e9vision au rythme<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":56957,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-56956","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-sports"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56956","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=56956"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56956\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":56958,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56956\/revisions\/56958"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/56957"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=56956"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=56956"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=56956"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}