{"id":56666,"date":"2025-05-16T09:26:27","date_gmt":"2025-05-16T09:26:27","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=56666"},"modified":"2025-05-16T09:26:27","modified_gmt":"2025-05-16T09:26:27","slug":"symposium-hommage-a-la-professeure-fatou-sow-une-vie-dediee-a-la-recherche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=56666","title":{"rendered":"Symposium \u2013 Hommage \u00e0 la professeure Fatou Sow : Une vie d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la recherche"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le Mus\u00e9e des civilisations noires (Mcn) de Dakar abrite, depuis hier, un Symposium international en hommage \u00e0 la professeure Fatou Sow, sociologue et figure du f\u00e9minisme africain. Organis\u00e9 par la Fondation de l\u2019innovation pour la d\u00e9mocratie en partenariat avec plusieurs institutions, ce symposium, qui entre dans le cadre du cycle triennal d\u2019Enqu\u00eates et recherches f\u00e9ministes (2025-2027) et qui a r\u00e9uni universitaires, chercheuses, activistes et militantes, a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 sous le th\u00e8me : \u00abLa d\u00e9mocratie au f\u00e9minin.\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Du 15 au 17 mai 2025, Dakar accueille le Symposium international \u00abLa d\u00e9mocratie au f\u00e9minin\u00bb, un \u00e9v\u00e9nement ma\u00adjeur organis\u00e9 par la Fondation de l\u2019innovation pour la d\u00e9mocratie en partenariat avec l\u2019Agence universitaire de la Francophonie (Auf), Sciences Po, l\u2019Institut fran\u00e7ais de Dakar, Polit\u2019Elles, l\u2019Institut de recherche pour le d\u00e9veloppement (Ird). Cet \u00e9v\u00e8nement a r\u00e9uni universitaires, chercheuses, activistes et militantes pour honorer la professeure Fatou Sow, sociologue et pionni\u00e8re du f\u00e9minisme africain et qui, \u00e0 83 ans, continue d\u2019interroger avec rigueur et audace, les fondements patriarcaux des soci\u00e9t\u00e9s africaines. Le symposium marque aussi l\u2019ouverture d\u2019un cycle triennal d\u2019Enqu\u00eates et recherches f\u00e9ministes (2025-2027) qui ambitionne d\u2019analyser en profondeur les mutations des rapports de genre en Afrique contemporaine. Selon elle, une soci\u00e9t\u00e9 qui ignore les voix des femmes se prive de son avenir. \u00abJe suis tr\u00e8s heureuse qu\u2019on puisse aujourd\u2019hui perp\u00e9tuer cette volont\u00e9 que nous avions. Mais, je suis surtout tr\u00e8s fi\u00e8re de dire\u00a0: \u00abje suis f\u00e9ministe\u00bb, et que personne ne me dise \u00abah bon, f\u00e9ministe\u00a0?\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9, \u00e9mue, la professeure Fatou Sow, saluant la reconnaissance de ses pairs et des nouvelles g\u00e9n\u00e9rations. \u00abJe suis tr\u00e8s \u00e9mue d\u2019\u00eatre honor\u00e9e par mes pairs, par l\u2019universit\u00e9. Je suis tr\u00e8s heureuse que de plus jeunes g\u00e9n\u00e9rations, qui ont travaill\u00e9 avec moi, reconnaissent la contribution que j\u2019ai faite dans le syst\u00e8me. Sans eux, ma contribution aurait peut-\u00eatre disparu. Aujourd\u2019hui, j\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est accept\u00e9, que le f\u00e9minisme existe\u00bb, se r\u00e9jouit-elle, tout en rappelant que le f\u00e9minisme est une mani\u00e8re de consid\u00e9rer les femmes, de prendre en compte les r\u00e9alit\u00e9s sociales, d\u2019analyser les hi\u00e9rarchies existantes et surtout les in\u00e9galit\u00e9s. \u00abEtre f\u00e9ministe, c\u2019est vouloir changer la position de subordination des femmes. C\u2019est pouvoir \u00f4ter tous les obstacles qui se dressent devant l\u2019avanc\u00e9e des femmes, devant leurs besoins et leurs exigences de droits\u00bb, fait-elle savoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Professeure, sociologue et chercheuse engag\u00e9e, Fatou Sow a \u00e9galement soulign\u00e9 que penser la d\u00e9mocratie au f\u00e9minin est plus qu\u2019une urgence, c\u2019est un imp\u00e9ratif. \u00abOn a besoin d\u2019une d\u00e9mocratie au f\u00e9minin, d\u2019une d\u00e9mocratie qui nous r\u00e9pond \u00e0 nos yeux. On veut pouvoir arriver sans quota, sans parit\u00e9, mais arriver parce que nous sommes l\u00e0, nous sommes comp\u00e9tentes, nous sommes politiquement fortes, nous avons des opinions, nous avons des moyens de construire nos soci\u00e9t\u00e9s sur des normes que nous avons faites ensemble\u00bb, a-t-elle expliqu\u00e9. Ainsi, depuis les ann\u00e9es 70, Fatou Sow construit une pens\u00e9e critique enracin\u00e9e dans les r\u00e9alit\u00e9s africaines, contre vents et mar\u00e9es. \u00abLes mouvements de femmes, comme les mouvements des hommes, sont des mouvements divers, parfois divergents\u00bb, rappelle-t-elle, insistant sur la richesse du d\u00e9bat et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une d\u00e9mocratie au f\u00e9minin. \u00abIl n\u2019y a pas seulement un d\u00e9bat sur les femmes, mais c\u2019est un d\u00e9bat de soci\u00e9t\u00e9. Le S\u00e9n\u00e9gal est un pays qui se transforme\u00bb, pr\u00e9cise la sociologue.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9sidant la c\u00e9r\u00e9monie d\u2019ouverture, Dr Abdourahmane Diouf, ministre de l\u2019Ensei\u00adgnement sup\u00e9rieur, de la recherche et de l\u2019innovation, a salu\u00e9 une \u00ab\u0153uvre acad\u00e9mique exceptionnelle et internationalement reconnue\u00bb. Il voit en la professeure Fatou Sow, \u00abl\u2019une des rares figures de notre vie acad\u00e9mique qui nous aura appris \u00e0 conceptualiser et \u00e0 politiser l\u2019Afrique des femmes\u00bb. Pour lui, la lutte f\u00e9ministe africaine s\u2019inscrit dans une r\u00e9volution silencieuse post-ind\u00e9pendance, face \u00e0 un processus de d\u00e9colonisation inachev\u00e9. \u00abAu lendemain des ind\u00e9pendances, une r\u00e9volution invisible et silencieuse s\u2019est enclench\u00e9e en Afrique\u00bb, dit-il, rappelant que depuis \u00ab1960, l\u2019id\u00e9al d\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les sexes n\u2019a cess\u00e9 d\u2019acqu\u00e9rir une place centrale dans les luttes africaines en vue d\u2019une \u00e9mancipation int\u00e9grale\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00abLib\u00e9rer la puissance f\u00e9minine\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Achille Mbembe, Directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Fondation de l\u2019innovation pour la d\u00e9mocratie, a livr\u00e9 un plaidoyer fort pour une d\u00e9mocratie enracin\u00e9e dans la r\u00e9alit\u00e9 sociale. \u00abIl ne peut pas y avoir de d\u00e9mocratie, en tout cas chez nous en Afrique, qui ne place pas au c\u0153ur de son projet, de son concept m\u00eame, la femme\u00bb, affirme-t-il. Le philosophe appelle \u00e0 \u00ablib\u00e9rer la puissance f\u00e9minine\u00bb et \u00e0 investir dans l\u2019\u00e9ducation civique, les espaces de cr\u00e9ativit\u00e9 et la transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle. \u00abC\u2019est cette politique de la vie, du vivant, \u00e0 mon avis, qui doit servir de valeur \u00e0 un nouvel \u00e2ge du matrimoine en Afrique\u00bb, a-t-il laiss\u00e9 entendre. Quant au Pr Mamadou Diouf, historien et directeur du D\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes africaines \u00e0 Columbia University aux Etats-Unis, il souligne que les femmes et les jeunesses africaines sont les moteurs silencieux de l\u2019histoire politique de l\u2019Afrique. Dans son speech, il a retrac\u00e9 les deux temps de l\u2019\u0153uvre de Fatou Sow notamment, une sociologie du d\u00e9veloppement, puis une sociologie du genre et de l\u2019engagement. \u00abElle s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 la mani\u00e8re dont les syst\u00e8mes d\u2019in\u00e9galit\u00e9 ont particip\u00e9 \u00e0 la d\u00e9pendance de la femme\u00bb, affirme-t-il. Et de citer Semb\u00e8ne Ousmane : \u00abla seule mani\u00e8re de transformer les soci\u00e9t\u00e9s africaines, c\u2019est de changer le statut des femmes. Tant que les femmes ne seront pas \u00e9mancip\u00e9es, les soci\u00e9t\u00e9s ne seront pas \u00e9mancip\u00e9es. \u00c7a, c\u2019est tr\u00e8s clair\u00bb, estime-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Par Ousmane SOW \u2013\u00a0<\/strong> <strong>ousmane.sow@lequotidien.sn<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Mus\u00e9e des civilisations noires (Mcn) de Dakar abrite, depuis hier, un Symposium international en hommage \u00e0 la professeure Fatou<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":56667,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-56666","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56666","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=56666"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56666\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":56668,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56666\/revisions\/56668"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/56667"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=56666"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=56666"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=56666"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}