{"id":56010,"date":"2025-05-06T09:12:03","date_gmt":"2025-05-06T09:12:03","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=56010"},"modified":"2025-05-06T16:24:56","modified_gmt":"2025-05-06T16:24:56","slug":"instllations-des-usines-de-farine-de-poisson-installations-des-usines-de-farine-de-poisson-les-femmes-transformatrices-dans-un-ocean-dinquietudes-1-9","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=56010","title":{"rendered":"FARINE DE POISSON &#8211; Installations des usines de farine de poisson: les femmes transformatrices dans un oc\u00e9an d\u2019inqui\u00e9tudes (1\/9)"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00c0 Cayar, les femmes transformatrices subissaient les effets de la rar\u00e9faction des ressources halieutiques depuis des ann\u00e9es. Mais leur activit\u00e9 est de plus en plus menac\u00e9e par l\u2019installation de l\u2019usine de farine de poisson \u00ab Touba prot\u00e9ine marine \u00bb. Elles ruent dans les brancards.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des tables dont les morceaux de bois sont trou\u00e9s cherchent occupants. Un espace vide, d\u00e9sert qui croule sous les assauts des rayons solaires\u2026\u00c0 Cayar, c\u2019est la peur et l\u2019angoisse chez les femmes transformatrices. Maty Ndao a connu le bonheur de la commercialisation des produits transform\u00e9s. Nostalgique de sa vie d\u2019avant, la pr\u00e9sidente du site de transformation de Cayar, assise \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de deux camarades sous une natte, trois bassines vides sous les yeux, vit confin\u00e9e dans ses souvenirs heureux et fixe l\u2019horizon en racontant ces jours r\u00e9volus. Oui, il y a la rar\u00e9faction du poisson mais il y a bien s\u00fbr la concurrence des usines de farine de poisson. \u00ab Depuis l\u2019installation de l\u2019usine Barna (devenue Touba Prot\u00e9ine marine en 2018), on ne parvient plus \u00e0 avoir du poisson. M\u00eame pour les d\u00e9chets qu\u2019on achetait dans les usines, nous subissons d\u00e9sormais la concurrence de \u2018Barna\u2019 qui a plus de moyens que nous. \u00c7a se fait avec la complicit\u00e9 de certains p\u00eacheurs qui vont en mer uniquement pour le compte de Barna qui paie le double du prix normal \u00bb, pleurniche Mme Ndao, visage grav\u00e9 de rides.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La commune de Cayar, situ\u00e9 dans le d\u00e9partement de Thi\u00e8s, se trouve sur la partie sud de la grande c\u00f4te s\u00e9n\u00e9galaise, \u00e0 58 km au nord-est de Dakar. Sur leur site o\u00f9 l\u2019embrun marin et le parfum des poissons pourris rendent d\u00e9licate la respiration, l\u2019activit\u00e9 des transformatrices tourne au ralenti. Sauf pour Nd\u00e8ye Di\u00e8ne qui met au supplice des dizaines d\u2019esp\u00e8ces juv\u00e9niles \u2013 qui luttent pour ne pas mourir dans un panier \u2013 afin de faire du \u2018keccax\u2019 (poisson fum\u00e9). Sa fr\u00eale figure d\u00e9pigment\u00e9e accuse les contrecoups du contact avec le sel iod\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Assise sous une tente artisanale perc\u00e9e par les rayons du soleil, la quinqua se justifie&nbsp;: \u00ab Je n\u2019ai que de petites esp\u00e8ces comme je ne vois plus la sardinelle (yaboy) et les d\u00e9chets qui sont directement achet\u00e9s par l\u2019usine de farine de poisson. Aujourd\u2019hui, ce travail me permettra de gagner 1000 \u00e0 2000 FCfa. Mais, je peux rester des jours sans activit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019activit\u00e9 de plus de 300 femmes menac\u00e9e<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La d\u00e9solation est presque tatou\u00e9e sur les visages dans cet espace de regroupement de femmes qui jouxte la mer. Les toiles et les filets couvrant les dizaines d\u2019\u00e9tals affichent une propret\u00e9 qui illustre une r\u00e9alit\u00e9&nbsp;: les temps sont durs. \u00ab Nous sommes 325 femmes transformatrices \u00e0 travailler ici mais on ne voit plus de poisson \u00e0 transformer. 80% d\u2019entre nous sont au ch\u00f4mage \u00bb, alerte Maty Ndao qui dit avoir des commandes de la sous-r\u00e9gion surtout au Burkina Faso. Mais elle est aujourd\u2019hui condamn\u00e9e \u00e0 contempler la mer et ses mouvements, \u00e0 la recherche d\u2019une pirogue volant \u00e0 leur secours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cette commune, les femmes transformatrices se prennent la t\u00eate \u00e0 deux mains. \u00ab Les usines nous tuent \u00e0 petit feu. Leur concurrence est rude, intenable. Je ne peux pas acheter une caisse de sardinelle \u00e0&nbsp;40 000 FCfa \u00bb, explique Nd\u00e8ye Fatou Ndiaye, la mort dans l\u2019\u00e2me. D\u00e9sormais, c\u2019est la vie au jour le jour pour ces dames. Un quotidien qui est chahut\u00e9 par leurs anciens vendeurs qui ne se cachent plus pour marchander directement avec les g\u00e9rants des usines de farine de poissons. \u00ab Moi, je ne vais en mer que pour les usines de farine de poisson, parce que je peux leur vendre une caisse de sardinelle \u00e0 42 000 FCfa \u00bb, se r\u00e9jouit Mame Mor Tine, p\u00eacheur originaire de Joal et en campagne \u00e0 Cayar. En \u00e9cho, le mareyeur Badou Seck rench\u00e9rit : \u00ab Les usines paient bien. Les femmes transformatrices sont dans le marchandage, les usines sortent de l\u2019argent. Avant, je vendais mes poissons aux usines qui font du frais et les d\u00e9chets \u00e9taient jet\u00e9s. D\u00e9sormais, je vends les d\u00e9chets aux usines de farine. Donc, je gagne doublement \u00bb, dit-il. Au grand dam des femmes transformatrices.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Babacar Gueye DIOP<\/strong><br>LESOLEIL<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Cayar, les femmes transformatrices subissaient les effets de la rar\u00e9faction des ressources halieutiques depuis des ann\u00e9es. Mais leur activit\u00e9<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":56011,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-56010","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-event-more-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56010","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=56010"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56010\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":56059,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/56010\/revisions\/56059"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/56011"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=56010"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=56010"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=56010"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}