{"id":55438,"date":"2025-04-23T11:25:05","date_gmt":"2025-04-23T11:25:05","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=55438"},"modified":"2025-04-23T11:27:05","modified_gmt":"2025-04-23T11:27:05","slug":"gestion-des-fonds-covid-19-la-justice-en-riz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=55438","title":{"rendered":"Gestion des fonds Covid-19 (Mansour Faye et son Dage) : LA JUSTICE EN RIZ"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Les magistrats de la Cour des comptes reprochaient \u00e0 Mansour Faye et \u00e0 son Dage d\u2019avoir acquis du riz au prix du march\u00e9 sans tenir compte d\u2019un arr\u00eat\u00e9 vieux de 7 ans, et devenu sans objet. Or, le minist\u00e8re du D\u00e9veloppement communautaire avait l\u2019Armp et la loi de son c\u00f4t\u00e9. Les v\u00e9rificateurs, contre toute \u00e9vidence, ont tenu \u00e0 les incriminer. Ce qui pousse \u00e0 se demander si des facteurs humains n\u2019ont pas brouill\u00e9 le caract\u00e8re technique de ce dossier.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mansour Faye et son ancien Dage, Aliou Sow, peuvent-ils vraiment croire en la bienveillance des tenants du nouveau pouvoir pour revoir avec minutie ce qui leur est reproch\u00e9 par la Cour des comptes dans le cadre de la gestion des fonds li\u00e9s \u00e0 la lutte contre le Covid&nbsp;? Ce rapport a \u00e9t\u00e9 produit au moment o\u00f9 Amadou Mansour Faye \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00e9norme minist\u00e8re du D\u00e9veloppement communautaire, de l\u2019\u00e9quit\u00e9 sociale et territoriale, charg\u00e9 notamment de la distribution des denr\u00e9es alimentaires. Les magistrats de la Cour des comptes, qui ont audit\u00e9 la gestion et la distribution de ces denr\u00e9es, ont retenu \u00e0 l\u2019encontre de M. Aliou Sow, le Dage, \u00abune surfacturation sur le prix du riz, d\u2019un montant de 2 milliards 749 millions 927 mille 498 francs Cfa\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rapport indique que le mis en cause avait, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, pr\u00e9cis\u00e9 aux v\u00e9rificateurs que \u00ables prix sont fix\u00e9s par les vendeurs ayant r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019avis de commande. (\u2026) Toutefois, le ministre du D\u00e9veloppement communautaire et de l\u2019\u00e9quit\u00e9 sociale et territoriale avait remis au pr\u00e9sident de la Commission des march\u00e9s, un tableau produit par le ministre charg\u00e9 du Commerce qui retra\u00e7ait les prix des denr\u00e9es pour que la commission l\u2019utilise comme document de travail. (\u2026) Dans ce tableau, le prix de la tonne de riz bris\u00e9 non parfum\u00e9 est affich\u00e9 \u00e0 275 000 F CFA et toutes les entreprises s\u00e9lectionn\u00e9es pour l\u2019acquisition de riz avait propos\u00e9 le m\u00eame prix\u00bb.<br>Les v\u00e9rificateurs avaient rejet\u00e9 ces arguments en se basant sur des arr\u00eat\u00e9s du 22 mai 2013, \u00abportant administration des prix de l\u2019huile en f\u00fbt et en dosettes, du sucre cristallis\u00e9 et du riz bris\u00e9 non parfum\u00e9\u00bb, et ils ont ajout\u00e9 que \u00abl\u2019arr\u00eat\u00e9 n\u00b0007111 pr\u00e9cit\u00e9 fixe le prix de la tonne chez le grossiste \u00e0 245 000 F CFA ; les frais de manutention sont fix\u00e9s \u00e0 5001 F CFA la tonne par le minist\u00e8re du Commerce, soit un prix global de 250 001 F CFA. Or, il a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 par le Mdcest \u00e0 275 000 F CFA la tonne, soit un manque \u00e0 gagner de 24 999 F CFA par tonne\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Arr\u00eat\u00e9 caduc<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Encore \u00e0 ce jour, les observateurs estiment que le travail de la Cour a \u00e9t\u00e9 soit biais\u00e9, soit particuli\u00e8rement l\u00e9ger en la mati\u00e8re.<br>Comment en effet, dans un contexte de Covid-19, o\u00f9 la cha\u00eene logistique se d\u00e9tournait particuli\u00e8rement de l\u2019Afrique, provoquant une flamb\u00e9e des prix de toutes les denr\u00e9es alimentaires et une rar\u00e9faction d\u2019autres produits, comme ceux relatifs \u00e0 la sant\u00e9, peut-on vouloir imposer des prix arr\u00eat\u00e9s 7 ans auparavant, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le pays ne connaissait au plus qu\u2019une certaine sp\u00e9culation des prix&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, les arr\u00eat\u00e9s de 2013 sur lesquels s\u2019appuyaient les magistrats de la Cour des comptes, se referaient \u00e0 la loi 94-63 du 22 ao\u00fbt 1994, sur les prix, la concurrence et le contentieux \u00e9conomique. Ladite loi souligne que \u00ables prix des biens, produits et services sont d\u00e9termin\u00e9s par le libre jeu de la concurrence\u00bb, bien qu\u2019en ses articles 42 et 43, elle pose des exceptions claires qui sp\u00e9cifient que \u00abdes mesures temporaires contre les hausses excessives des prix, motiv\u00e9es par une situation de calamit\u00e9 ou de crise, par des circonstances exceptionnelles ou par une situation de march\u00e9 manifestement anormale dans un secteur d\u00e9termin\u00e9, peuvent \u00eatre prises par arr\u00eat\u00e9 du ministre charg\u00e9 du Commerce et dont la dur\u00e9e d\u2019application ne peut exc\u00e9der 2 mois, renouvelable une fois\u00bb. En des termes clairs, l\u2019arr\u00eat\u00e9 de 2013 auquel s\u2019est accroch\u00e9 la Cour des comptes, n\u2019avait plus de validit\u00e9 en 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, nonobstant cette disposition l\u00e9gale, le minist\u00e8re de Mansour Faye avait tenu \u00e0 consulter l\u2019Autorit\u00e9 de r\u00e9gulation des march\u00e9s publics (Armp, devenue entretemps Arcop), avant de passer un appel d\u2019offres, auquel il n\u2019\u00e9tait pas l\u00e9galement tenu du fait du d\u00e9cret 2020-781 du 18 mars 2020 qui portait d\u00e9rogation aux march\u00e9s publics de toutes les commandes faites dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. C\u2019est apr\u00e8s le quitus de l\u2019Armp que les march\u00e9s furent lanc\u00e9s.<br>Dans sa r\u00e9ponse aux auditeurs, Aliou Sow fait remarquer que \u00abdans le rapport final de la Cour des comptes, l\u2019observation concernant le sucre cristallis\u00e9 a disparu alors que l\u2019arr\u00eat\u00e9 de 2013 concerne \u00e0 la fois le riz bris\u00e9 non parfum\u00e9 et le sucre cristallis\u00e9. Ce qui\u2026 me fonde dans l\u2019intime conviction que le maintien de l\u2019observation sur le riz rel\u00e8ve manifestement d\u2019une erreur des auditeurs\u2026 Ils ne peuvent introduire la notion de surfacturation, d\u00e8s lors qu\u2019un appel \u00e0 concurrence a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 et, mieux, les offres retenues sont conformes au tableau des prix du minist\u00e8re du Commerce\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Facteur humain<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Des commer\u00e7ants font remarquer qu\u2019en 2013, le prix du riz, manutention portuaire comprise, revenait \u00e0 250 000 francs la tonne, soit 250 francs le kilo. Sept ann\u00e9es plus tard, en 2020, dans un contexte mondial encore plus difficile, le prix \u00e0 la tonne \u00e9tait de 275 000 francs Cfa, soit 275 francs le kilo. En 7 ans, le kilo de riz n\u2019a augment\u00e9 que de 25 francs Cfa, malgr\u00e9 la hausse du fret maritime, le ralentissement mondial de la production et la volatilit\u00e9 du taux de change.<\/p>\n\n\n\n<p>En juin 2024, le kilo de riz est pass\u00e9, par arr\u00eat\u00e9, \u00e0 375 francs CFA, soit 100 francs CFA de hausse en 4 ans. C\u2019est dire que si l\u2019Etat a fait des efforts pour maintenir la disponibilit\u00e9 du riz \u00e0 bon prix, les commer\u00e7ants \u00e9galement ont consenti d\u2019\u00e9normes sacrifices. Les v\u00e9rificateurs de la Cour des comptes, qui n\u2019ont pas voulu tenir compte des circonstances exceptionnelles, avaient-ils des motifs cach\u00e9s&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Des observateurs appellent d\u2019ailleurs \u00e0 s\u2019interroger sur \u00ables dynamiques humaines, les parcours crois\u00e9s, les antagonismes anciens ou les ressentiments latents qui peuvent parfois alt\u00e9rer la neutralit\u00e9 attendue dans l\u2019examen d\u2019un dossier\u00bb, particuli\u00e8rement aussi sensible que celui-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Par Mohamed GUEYE \u2013&nbsp;<\/strong>&nbsp;<strong>mgueye@lequotidien.sn<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les magistrats de la Cour des comptes reprochaient \u00e0 Mansour Faye et \u00e0 son Dage d\u2019avoir acquis du riz au<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":55354,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-55438","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-event-more-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/55438","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=55438"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/55438\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":55441,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/55438\/revisions\/55441"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/55354"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=55438"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=55438"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=55438"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}