{"id":52548,"date":"2025-02-25T10:41:18","date_gmt":"2025-02-25T10:41:18","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=52548"},"modified":"2025-02-25T10:41:19","modified_gmt":"2025-02-25T10:41:19","slug":"de-migrant-clandestin-a-aide-soignant-aux-iles-canaries-abdoul-kane-le-bienfaiteur-de-diogo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=52548","title":{"rendered":"De migrant clandestin \u00e0 aide-soignant aux \u00eeles Canaries: Abdoul Kane, le bienfaiteur de Diogo"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019histoire d\u2019Abdoul Kane est un exemple vivant de la mani\u00e8re dont l\u2019immigration peut \u00eatre une force positive, tant pour les pays d\u2019accueil que pour les communaut\u00e9s d\u2019origine. Parti de rien, le parcours de ce fils de Diogo est plus qu\u2019inspirant pour la g\u00e9n\u00e9ration actuelle. Ayant quitt\u00e9 le S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 24 ans, Abdoul Kane s\u2019est lanc\u00e9 dans l\u2019aventure en embarquant sur une pirogue le 2 septembre 2006, lors de la grande crise migratoire. Un voyage p\u00e9rilleux qui l\u2019a men\u00e9 jusqu\u2019aux \u00eeles Canaries, o\u00f9 il est devenu aide-soignant et activiste. Son exp\u00e9rience illustre parfaitement le combat quotidien de nombreux migrants pour s\u2019int\u00e9grer, travailler et aider ceux qui sont dans le besoin.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e8s de deux d\u00e9cennies apr\u00e8s son d\u00e9barquement \u00e0 Maspalomas, Kane travaille comme aide-soignant \u00e0 l\u2019h\u00f4pital universitaire des Canaries (HUC) et a deux enfants n\u00e9s dans l\u2019archipel. \u00ab J\u2019ai eu la chance d\u2019arriver vivant et que les jours \u00e0 bord de la pirogue n\u2019aient pas \u00e9t\u00e9 trop durs. Le temps et les vagues \u00e9taient avec nous \u00bb, se souvient-il dans les colonnes du journal La Provincia.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers jours d\u2019Abdoul Kane dans les rues de Grande Canarie ne furent pas des plus faciles. \u00ab J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler dans la vente ambulante de disques. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s dur. Je devais courir et me cacher de la police tout le temps. J\u2019ai pass\u00e9 un tr\u00e8s mauvais moment. Je savais que ce n\u2019\u00e9tait pas pour moi et j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019arr\u00eater \u00bb, raconte-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Kane souligne que derri\u00e8re ces jeunes qui vendent dans les rues, il n\u2019y a pas de mafias, comme beaucoup le pensent. Ils ach\u00e8tent simplement la marchandise et la revendent un peu plus cher pour en tirer un petit b\u00e9n\u00e9fice. Il se souvient m\u00eame qu\u2019aux nouveaux arrivants, on offrait quelques disques pour qu\u2019ils puissent d\u00e9marrer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Investissement dans son village \u00e0 Diogo : un regard vers le pass\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 certains qui tournent le dos \u00e0 leurs origines, Abdoul Kane n\u2019a pas oubli\u00e9 son Diogo natal, ni les souffrances qui l\u2019ont pouss\u00e9 \u00e0 ce sacrifice en 2006. Une cr\u00e8che construite par son association garantit chaque jour le petit-d\u00e9jeuner de 170 enfants \u00e2g\u00e9s de 3 \u00e0 6 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, son association, Aqu\u00ed estamos migrando (Nous sommes ici en train de migrer), est une initiative n\u00e9e spontan\u00e9ment \u00e0 Tenerife, guid\u00e9e par le bouche-\u00e0-oreille entre amis et voisins, dans le but d\u2019aider les migrants. Gr\u00e2ce \u00e0 cette association, le travail de Kane a permis la construction d\u2019une \u00e9cole maternelle \u00e0 Diogo, une ville c\u00f4ti\u00e8re situ\u00e9e \u00e0 environ 150 kilom\u00e8tres de Dakar, qui compte environ 15 000 habitants. Cette cr\u00e8che assure chaque jour le petit-d\u00e9jeuner de 170 enfants \u00e2g\u00e9s de trois \u00e0 six ans, qui, de nombreux matins, prennent des forces gr\u00e2ce \u00e0 un bol de lait avec du gofio. \u00ab L\u2019id\u00e9e est n\u00e9e lors d\u2019une de mes visites \u00e0 ma famille, car je voyais mes petits neveux dans la rue sans rien faire. J\u2019ai pens\u00e9 que je devais organiser des \u00e9v\u00e9nements caritatifs pour collecter suffisamment d\u2019argent et cr\u00e9er une petite \u00e9cole pour les enfants du village \u00bb, explique Kane, qui a \u00e9galement obtenu des fonds pour construire une salle de classe dans son ancien coll\u00e8ge, augmentant ainsi la capacit\u00e9 de l\u2019\u00e9tablissement scolaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre les projets qu\u2019elle d\u00e9veloppe \u00e0 Diogo, l\u2019association offre aux nouveaux arrivants aux Canaries un accompagnement, des conseils juridiques, une formation et un soutien pour les d\u00e9marches administratives telles que l\u2019inscription au registre municipal, l\u2019obtention de la carte de sant\u00e9, la scolarisation ou la demande d\u2019asile. \u00ab Nous collectons des v\u00eatements ou des t\u00e9l\u00e9phones portables usag\u00e9s pour les donner aux jeunes qui en ont besoin, et nous leur offrons \u00e9galement \u00e0 manger. Nous organisons des visites dans des endroits comme le camp de Las Ra\u00edces, pour les \u00e9couter et passer du temps avec eux \u00bb, explique Kane.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette ann\u00e9e, ils ont lanc\u00e9 le projet Bokku Xol, une expression wolof qui signifie \u00ab un seul c\u0153ur \u00bb. Cette initiative, en collaboration avec le Cabildo de Tenerife, lutte contre le racisme par le biais d\u2019ateliers et de conf\u00e9rences dans les centres \u00e9ducatifs et sanitaires. Aqu\u00ed estamos migrando donne \u00e9galement des cours d\u2019espagnol pour \u00e9trangers tous les week-ends \u00e0 El Fraile (Arona), un quartier marqu\u00e9 par sa grande diversit\u00e9 culturelle. \u00ab Nous n\u2019avons pas que des \u00e9l\u00e8ves africains, il y a aussi des \u00e9tudiants italiens, br\u00e9siliens ou ukrainiens. Nous ouvrons nos portes \u00e0 tous \u00bb, pr\u00e9cise-t-il dans les colonnes de La Provincia, repris par Dakaractu.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019histoire d\u2019Abdoul Kane est un exemple vivant de la mani\u00e8re dont l\u2019immigration peut \u00eatre une force positive, tant pour les<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":52549,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[26],"tags":[],"class_list":["post-52548","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-fait-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52548","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=52548"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52548\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":52550,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52548\/revisions\/52550"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/52549"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=52548"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=52548"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=52548"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}