{"id":52019,"date":"2025-02-17T11:52:03","date_gmt":"2025-02-17T11:52:03","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=52019"},"modified":"2025-02-17T11:52:28","modified_gmt":"2025-02-17T11:52:28","slug":"les-europeens-dans-lurgence-strategique-face-au-deal-voulu-par-trump-sur-lukraine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=52019","title":{"rendered":"Les Europ\u00e9ens dans l&rsquo;urgence strat\u00e9gique face au deal voulu par Trump sur l&rsquo;Ukraine"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le moment est venu de cr\u00e9er les forces arm\u00e9es de l&rsquo;Europe<\/em>&nbsp;\u00bb, c&rsquo;est l&rsquo;appel lanc\u00e9 aux 27 par le pr\u00e9sident ukrainien, Volodymyr Zelensky, apr\u00e8s la conf\u00e9rence de Munich sur la S\u00e9curit\u00e9. Les \u00c9tats-Unis y ont confirm\u00e9, cette semaine, la mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart des Europ\u00e9ens et de Kiev dans les discussions que Donald Trump entend mener avec la Russie pour obtenir un cessez-le-feu en Ukraine. Face \u00e0 l&rsquo;urgence de se retrouver devant le fait accompli, les Europ\u00e9ens tentent de r\u00e9agir. Quelle strat\u00e9gie peuvent-ils mettre en \u0153uvre pour leur D\u00e9fense et celle de l&rsquo;Ukraine, face \u00e0 la Russie de Poutine ?<\/p>\n\n\n\n<p>Par : Christophe Drevet &#8211; SOURCE RFI<\/p>\n\n\n\n<p>Les\u00a0<strong>Europ\u00e9ens<\/strong>\u00a0connaissaient les intentions de Donald Trump avant-m\u00eame son retour au pouvoir le 20 janvier dernier. Le pr\u00e9sident am\u00e9ricain les a pourtant pris de court en annon\u00e7ant une n\u00e9gociation directe avec Vladimir Poutine pour mettre fin \u00e0 la guerre en\u00a0<strong>Ukraine<\/strong>. Malgr\u00e9 les protestations europ\u00e9ennes, Donald Trump affirme vouloir discuter d&rsquo;un cessez-le-feu avec la Russie, sans les Europ\u00e9ens et sans l&rsquo;Ukraine.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain r\u00e9affirme vouloir laisser aux Europ\u00e9ens le soin d&rsquo;assurer leur propre D\u00e9fense, qu&rsquo;il n&rsquo;entend plus financer au sein de l&rsquo;Otan. Un changement g\u00e9ostrat\u00e9gique majeur qui place les pays europ\u00e9ens au pied du mur face \u00e0 une Russie qui ne r\u00eave que de pouvoir continuer sa guerre de conqu\u00eate en Ukraine, risquant ainsi de menacer directement les fronti\u00e8res de l&rsquo;Otan et de l&rsquo;UE.<\/p>\n\n\n\n<p>Plong\u00e9s dans un \u00e9tat de sid\u00e9ration par les annonces successives du gouvernement am\u00e9ricain, les Europ\u00e9ens tentent de r\u00e9agir. Ils sont aujourd&rsquo;hui\u00a0<strong>appel\u00e9s \u00e0 \u00ab<em>\u00a0un sursaut\u00a0<\/em>\u00bb par le pr\u00e9sident ukrainien<\/strong>, dont le pays est en passe de se retrouver seul, en premi\u00e8re ligne, face \u00e0 la Russie. Volodymyr Zelensky, estime ainsi que l&rsquo;Europe doit former \u00ab\u00a0<em>sa propre arm\u00e9e<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vers une D\u00e9fense europ\u00e9enne ?<\/h2>\n\n\n\n<p>La fameuse question de\u00a0<strong>l&rsquo;Europe de la D\u00e9fense<\/strong>\u00a0revient donc plus que jamais sur la table. Mais comment parvenir rapidement \u00e0 prendre des mesures en ce sens, alors que pendant des d\u00e9cennies les Europ\u00e9ens ont continu\u00e9 \u00e0 jouer la carte de 27 arm\u00e9es dans 27 pays. L&rsquo;urgence les oblige aujourd&rsquo;hui \u00e0 faire face \u00e0 leur plus grand d\u00e9fi, comme l&rsquo;explique l&rsquo;ancien officier Guillaume Ancel, directeur du blog \u00ab\u00a0<strong>Ne pas subir<\/strong>\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>L&rsquo;Union europ\u00e9enne qui est une institution phare depuis ces 50 derni\u00e8res ann\u00e9es est en fait un club de commer\u00e7ants. Cela n&rsquo;est absolument pas pertinent pour construire une arm\u00e9e. L&rsquo;UE est un outil inadapt\u00e9 aux sujets de S\u00e9curit\u00e9 et de D\u00e9fense, parce qu&rsquo;il faut pour cela un pouvoir centralis\u00e9. Il faut une Europe politique. Les Europ\u00e9ens se retrouvent dans la situation inverse de celle des \u00c9tats-Unis. C&rsquo;est comme si les \u00c9tats-Unis, qui sont constitu\u00e9s de 50 \u00c9tats, avaient 50 arm\u00e9es diff\u00e9rentes, 50 types d&rsquo;avions et de chars, 50 centres de formation, etc&#8230; C&rsquo;est ce qu&rsquo;on a aujourd&rsquo;hui en Europe. Celle-ci a des budgets de la D\u00e9fense qui \u00e9quivalent au moins quatre fois ceux de la Russie, pourtant, elle n&rsquo;est pas dissuasive pour deux sous parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas une arm\u00e9e, mais 27 arm\u00e9es, plus celle du Royaume-Uni<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Priorit\u00e9 aux investissements militaires<\/h2>\n\n\n\n<p>R\u00e9former les institutions europ\u00e9ennes pour parvenir \u00e0 cette Europe de la D\u00e9fense prendra n\u00e9anmoins du temps, au minimum plusieurs ann\u00e9es. Que peut donc faire l&rsquo;Europe dans l&rsquo;urgence face \u00e0 la double menace russe et de l&rsquo;abandon am\u00e9ricain programm\u00e9 ? De toute \u00e9vidence investir et s&rsquo;en donner les moyens. C&rsquo;est le sens des propos d&rsquo;Ursula Von der Leyen, ce vendredi 14 f\u00e9vrier \u00e0 Munich.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sidente de la Commission europ\u00e9enne entend galvaniser les d\u00e9penses militaires des pays europ\u00e9ens en&nbsp;activant une clause sp\u00e9ciale pour \u00e9viter que ces investissements soient pris en compte dans le calcul de leur d\u00e9ficit public. Ce qui leur permettrait de d\u00e9penser plus, sans d\u00e9passer officiellement le fameux seuil des 3% de d\u00e9ficit fix\u00e9 par l&rsquo;Union europ\u00e9enne. \u00ab&nbsp;<em>Nous avons besoin d&rsquo;augmenter les d\u00e9penses de l&rsquo;Europe en mati\u00e8re de D\u00e9fense. Actuellement, c&rsquo;est 2% du PIB des 27. Mais une nouvelle hausse consid\u00e9rable est n\u00e9cessaire : car passer de 2% du PIB \u00e0 plus de 3% signifie investir des centaines de milliards d&rsquo;euros suppl\u00e9mentaires chaque ann\u00e9e&nbsp;<\/em>\u00bb, a-t-elle expliqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est une bonne piste selon Nicolas Tenzer, enseignant \u00e0 Sciences Po et sp\u00e9cialiste des questions internationales et de s\u00e9curit\u00e9. Selon lui, \u00ab&nbsp;<em>La premi\u00e8re priorit\u00e9, c&rsquo;est que l&rsquo;Europe s&rsquo;arme, ind\u00e9pendamment du format d&rsquo;une arm\u00e9e unique qui pose une multitude de questions sur le commandement int\u00e9gr\u00e9, sur qui donne les ordres. Je ne vois pas aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Europe pr\u00eate \u00e0 d\u00e9cider d&rsquo;une politique \u00e9trang\u00e8re unique, commune. L&rsquo;urgence n&rsquo;est pas celle-l\u00e0, m\u00eame si je pense qu&rsquo;\u00e0 terme, cela sera n\u00e9cessaire. Aujourd&rsquo;hui, la priorit\u00e9 pour l&rsquo;UE est de d\u00e9velopper consid\u00e9rablement ses investissements militaires et de les faire passer \u00e0 4% du PIB (Produit int\u00e9rieur brut), alors qu&rsquo;on en est \u00e0 2% en moyenne dans les pays europ\u00e9ens<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/s.rfi.fr\/media\/display\/fbe3fddc-a315-11ef-9086-005056bf30b7\/w:980\/AP23114386892392.jpg\" alt=\"L'Union europ\u00e9enne s'interroge plus que jamais sur sa D\u00e9fense commune face \u00e0 la menace russe. Ici un soldat de la Bundeswehr allemande sur un char L\u00e9opard 2 en 2023.\" style=\"width:632px;height:auto\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">L&rsquo;Union europ\u00e9enne s&rsquo;interroge plus que jamais sur sa D\u00e9fense commune face \u00e0 la menace russe. Ici un soldat de la Bundeswehr allemande sur un char L\u00e9opard 2 en 2023.&nbsp;\u00a9 Martin Meissner \/ AP<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>2% du PIB pour les d\u00e9penses militaires, c&rsquo;est ce qu&rsquo;exigeait Donald Trump des Europ\u00e9ens, lors de son premier mandat (2017-2020), pour que les \u00c9tats-Unis continuent \u00e0 financer l&rsquo;Otan. Mais aujourd&rsquo;hui,\u00a0<strong>le pr\u00e9sident am\u00e9ricain exige 5%<\/strong>. Un chiffre \u00e0 relativiser toutefois, explique Guillaume Ancel. \u00ab\u00a0<em>Pour l&rsquo;Europe, il faut commencer par ne surtout plus accepter que Trump lui mette la pression. Trump exige 5% des Europ\u00e9ens alors que les \u00c9tats-Unis ne d\u00e9pensent que 3,4%. Quand Trump a menac\u00e9 de quitter l&rsquo;Otan, les industriels de la D\u00e9fense am\u00e9ricains sont venus le voir pour lui rappeler que l&rsquo;Otan \u00e9tait leur plus gros march\u00e9. Et c&rsquo;est bien ce que veut Donald Trump aujourd&rsquo;hui. Tout en invitant les Europ\u00e9ens \u00e0 \u00eatre plus autonomes, il veut les contraindre d&rsquo;acheter de l&rsquo;armement am\u00e9ricain. Selon lui, les Europ\u00e9ens doivent se payer les mat\u00e9riels dont ils ont besoin<\/em>\u00a0\u00bb<em>.\u00a0<\/em>Ce qui souligne aussi un enjeu majeur pour l&rsquo;Europe, celui de disposer de ses propres armements afin de pouvoir conserver une ind\u00e9pendance de d\u00e9cision.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;urgence d&rsquo;une aide massive \u00e0 l&rsquo;Ukraine<\/h2>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;agit aujourd&rsquo;hui, pour les Europ\u00e9ens, de pouvoir fournir une aide militaire \u00e0 l&rsquo;Ukraine si Donald Trump met fin \u00e0 celle des \u00c9tats-Unis. Car pour Nicolas Tenzer, auteur du livre \u00ab Notre guerre. Le crime et l&rsquo;oubli : pour une pens\u00e9e strat\u00e9gique \u00bb (publi\u00e9 en 2024 aux \u00e9ditions de l&rsquo;Observatoire), \u00ab<em>&nbsp;Il faut soutenir l&rsquo;Ukraine jusqu&rsquo;au bout. Je crois qu&rsquo;il ne faut pas aller vers un accord de paix comme le dessine Trump qui serait une catastrophe pour l&rsquo;Ukraine bien s\u00fbr, mais aussi pour l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Il va vraiment falloir soutenir l&rsquo;Ukraine militairement dans la dur\u00e9e. Si nous n&rsquo;allons pas jusqu&rsquo;au bout dans la d\u00e9fense de l&rsquo;Ukraine, celle-ci risque de perdre la guerre et l&rsquo;Europe sera la suivante sur la liste de Poutine. Il y a une conscience qui germe depuis quelque temps au niveau des capitales europ\u00e9ennes et c&rsquo;est \u00e7a le premier enjeu<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le\u00a0<strong>changement radical de paradigme<\/strong>\u00a0dans le conflit ukrainien avec le retour de Donald Trump au pouvoir aux \u00c9tats-Unis \u00e9tait pr\u00e9visible. Les Europ\u00e9ens sont n\u00e9anmoins plong\u00e9s dans la sid\u00e9ration, comme le souligne Guillaume Ancel. \u00ab<em>\u00a0Les Europ\u00e9ens r\u00e9agissent comme un groupe de lapins dans les phares d&rsquo;une voiture, j&rsquo;allais dire d&rsquo;une Tesla. Ils voient depuis des semaines, des discussions se d\u00e9rouler entre Trump et Poutine. Donald Trump ment en permanence en r\u00e9alit\u00e9. Quand il dit qu&rsquo;il va lancer des n\u00e9gociations avec Poutine, ce qu&rsquo;il faut comprendre, c&rsquo;est que les n\u00e9gociations sont termin\u00e9es. Trump s&rsquo;est mis d&rsquo;accord avec Poutine sur les grandes lignes d&rsquo;un accord. En r\u00e9alit\u00e9, on est aujourd&rsquo;hui en train de discuter des cons\u00e9quences du deal et plus vraiment sur ce qu&rsquo;on est pr\u00eat \u00e0 mettre sur la table. Tout ce que voulait Poutine en trois ans de guerre, Trump est en train de le lui donner\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 d\u00e9faut de pouvoir \u00e9viter ce deal, les Europ\u00e9ens pourront-ils faire face aux dangereuses cons\u00e9quences qu&rsquo;il implique pour l&rsquo;Ukraine et pour leur s\u00e9curit\u00e9 ? Selon Nicolas Tenzer, l&rsquo;Europe n&rsquo;est pas compl\u00e9tement d\u00e9pourvue. \u00ab&nbsp;<em>M\u00eame si les d\u00e9penses en armement et l&rsquo;aide \u00e0 l&rsquo;Ukraine sont tr\u00e8s insuffisantes, il ne faut pas oublier que l&rsquo;Europe, avec le Royaume-Uni et la Norv\u00e8ge, ont plus aid\u00e9 militairement l&rsquo;Ukraine que les \u00c9tats-Unis. L&rsquo;Europe a quand m\u00eame des capacit\u00e9s, donc elle peut d&rsquo;une certaine mani\u00e8re<\/em>&nbsp;<em>\u00ab\u00a0c<\/em>ontinuer le combat<em>\u00ab\u00a0<\/em>.&nbsp;<em>La Russie n&rsquo;est pas invincible. Elle n&rsquo;a jamais conquis que 3<\/em>&nbsp;<em>865 km\u00b2 de territoire ukrainien en 2024. Elle ne parvient pas \u00e0 reprendre compl\u00e8tement la r\u00e9gion russe de Koursk occup\u00e9e par l&rsquo;Ukraine. La situation est certes extr\u00eamement difficile sur le terrain pour les Ukrainiens, mais il y a des moyens de tenir<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;Europe de plus en plus impliqu\u00e9e en Ukraine&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>Nicolas Tenzer va m\u00eame plus loin. M\u00eame si les pr\u00e9sidents russe et am\u00e9ricain s&rsquo;entendent dans le dos des Europ\u00e9ens et de l&rsquo;Ukraine, un accord de cessez-le-feu, et plus encore de paix, ne semble pas acquis pour autant. \u00ab\u00a0<em>Ce n&rsquo;est pas parce que l&rsquo;Ukraine serait totalement l\u00e2ch\u00e9e par les \u00c9tats-Unis que Poutine et Trump peuvent conclure un accord, \u00e0 leur guise. M\u00eame si elle aurait d\u00fb s&rsquo;y pr\u00e9parer plut\u00f4t, l&rsquo;Europe essaye d&rsquo;entrer par la porte, alors que Trump essaye de la fermer enti\u00e8rement aux Europ\u00e9ens. Si Kiev ne veut pas signer un accord qui signifierait potentiellement la mort de l&rsquo;Ukraine, personne ne peut l&rsquo;obliger \u00e0 le signer. L&rsquo;Ukraine et les Europ\u00e9ens peuvent tr\u00e8s bien organiser une r\u00e9sistance et je pense que c&rsquo;est \u00e7a qui est en jeu aujourd&rsquo;hui. Ils peuvent tr\u00e8s bien dire \u00e0 Trump : vous n&rsquo;allez pas\u00a0<strong>d\u00e9cider sans les Ukrainiens et sans nous<\/strong><\/em>\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9sistance jug\u00e9e par la majorit\u00e9 des dirigeants europ\u00e9ens comme absolument n\u00e9cessaire en raison de la nature de l&rsquo;accord \u00ab&nbsp;fa\u00e7on Trump \u00bb qui se dessine pour un cessez-le-feu en Ukraine. Beaucoup d\u00e9noncent son aspect \u00ab&nbsp;<em>deal plut\u00f4t que vraie paix<\/em>&nbsp;\u00bb. Une paix tr\u00e8s relative, sur le dos de l&rsquo;Ukraine comme le rappelle Guillaume Ancel. \u00ab&nbsp;<em>Trump ne fait pas la diff\u00e9rence entre un cessez-le-feu et la paix. C&rsquo;est pour \u00e7a qu&rsquo;il met les Europ\u00e9ens en situation tr\u00e8s d\u00e9licate avec le conflit en Ukraine. Il veut imposer rapidement un cessez-le-feu, mais il est en train de donner la victoire \u00e0 Poutine dans une guerre qui est absolument ill\u00e9gitime. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il bafoue le droit international au profit de la seule chose qu&rsquo;il reconnait : la loi du plus fort. Il fait la m\u00eame chose \u00e0 Gaza<\/em>&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un deal qui va donc placer l&rsquo;Europe en premi\u00e8re ligne. Selon Nicolas Tenzer, il faudra que les Europ\u00e9ens parlent \u00e0 leurs opinions publiques sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;aller beaucoup plus loin en raison des enjeux vitaux pour l&rsquo;Europe. \u00ab&nbsp;<em>Il faut arr\u00eater avec le discours qu&rsquo;on a entendu parfois : \u00ab\u00a0<\/em>nous ne sommes pas en guerre avec la Russie<em>\u00ab\u00a0. La Russie nous fait la guerre, de fait<\/em>.&nbsp;<em>La question du d\u00e9ploiement de troupes europ\u00e9ennes est sur la table depuis d\u00e9j\u00e0 longtemps. Le fait est qu&rsquo;on ne gagne pas une guerre en ne la faisant pas<\/em>.&nbsp;<em>Les troupes europ\u00e9ennes de l&rsquo;OTAN sont, \u00e0 mon avis, tout \u00e0 fait \u00e0 m\u00eame de faire face \u00e0 un danger russe. On a pu voir d\u00e9j\u00e0 comment l&rsquo;Ukraine a su r\u00e9sister. Il reste \u00e0 affirmer la volont\u00e9 politique de certains pays europ\u00e9ens \u00e0 d\u00e9faut de l&rsquo;ensemble des 27<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9ploiement d&rsquo;une force en Ukraine<\/h2>\n\n\n\n<p>M\u00eame dans le cas d&rsquo;un \u00e9ventuel accord de cessez-le-feu accept\u00e9 par les parties, il faudrait alors d\u00e9ployer des forces en Ukraine pour le garantir. Donald Trump a d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;enverrait pas de soldats am\u00e9ricains sur place, affirmant que ce serait aux Europ\u00e9ens de le faire. M\u00eame si l&rsquo;Otan fournissait des moyens logistiques et de renseignement, l&rsquo;Europe devrait donc, dans ce cas, assurer le d\u00e9ploiement d&rsquo;une force en Ukraine. Une force que les Europ\u00e9ens seraient \u00e9galement oblig\u00e9s de mobiliser si aucun accord de cessez-le-feu n&rsquo;intervient, faute de quoi l&rsquo;Ukraine se retrouverait seule face \u00e0 la Russie. Mais l&rsquo;Europe en a-t-elle les moyens ? Selon Guillaume Ancel, \u00ab&nbsp;<em>Les Europ\u00e9ens savent mobiliser une force d&rsquo;action rapide, mais \u00e7a n\u00e9cessite des moyens condid\u00e9rables qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais mobilis\u00e9 aussi longtemps. On parle d&rsquo;une force de 50 000 \u00e0 100 000 hommes en permanence. Avec des rotations tous les six mois, il faut arriver \u00e0 mobiliser, sur une ann\u00e9e, entre 100 000 et 200 000 hommes. Les Europ\u00e9ens sont d\u00e9j\u00e0 en train de travailler sur ce sc\u00e9nario, mais ils n&rsquo;imaginaient pas que cela interviendrait aussi vite. Les Am\u00e9ricains viennent en effet de le signifier aux dirigeants europ\u00e9ens \u00e0 Munich en pr\u00e9vision d&rsquo;un accord sur l&rsquo;Ukraine<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans tous les cas de figures, la priorit\u00e9 pour les Europ\u00e9ens, selon Guillaume Ancel, \u00ab&nbsp;<em>C&rsquo;est de reconna\u00eetre qu&rsquo;ils sont dans un cas d&rsquo;urgence et que les questions de souverainet\u00e9 nationale ne peuvent plus pr\u00e9valoir. Par cons\u00e9quent, les 27 doivent confier \u00e0 la Commission europ\u00e9enne la responsabilit\u00e9 de faire un certain nombre de choses pour le compte de tous. Il s&rsquo;agit notamment de l&rsquo;achat du mat\u00e9riel militaire et de l&rsquo;organisation, \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;un commandement unifi\u00e9 dont l&rsquo;Europe ne dispose pas. Tout doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 au niveau de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. C&rsquo;est notamment ce que Bruxelles a fait pour le programme de munitions \u00e0 destination de l&rsquo;Ukraine. A<\/em><em>&nbsp;terme, il s&rsquo;agira pour l&rsquo;Europe de se doter de m\u00e9ga-entreprises militaires capables de coordonner les moyennes entreprises fran\u00e7aises, allemandes, italiennes et britanniques, afin de devenir de vrais concurrents des g\u00e9ants am\u00e9ricains et de s&rsquo;\u00e9quiper de mat\u00e9riel europ\u00e9en. Il y a donc un sujet industriel, un sujet politique de donner du pouvoir \u00e0 la Commission europ\u00e9enne et un sujet de plus long terme qui pour moi est celui des Etats-Unis d&rsquo;Europe<\/em>&nbsp;\u00bb. Des perspectives qui s&rsquo;\u00e9talent n\u00e9anmoins sur plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;hostilit\u00e9 crois\u00e9e de la Russie et des \u00c9tats-Unis de\u00a0<strong>Donald Trump<\/strong>, l&rsquo;Europe semble d\u00e9sormais ne plus avoir le choix, aujourd&rsquo;hui contrainte de s&rsquo;unir pour pouvoir se d\u00e9fendre. Apr\u00e8s 75 ans de paix, la question pour les Europ\u00e9ens n&rsquo;est plus de savoir s&rsquo;ils ont envie ou pas de faire la guerre. Le chancelier allemand, Olaf Scholz, le d\u00e9clarait lui-m\u00eame : \u00ab\u00a0<em>Ce n&rsquo;est pas \u00e0 nous de d\u00e9cider que nous n&rsquo;avons plus d&rsquo;ennemis<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Mise \u00e0 jour 16\/02\/2025 -15hTU:&nbsp;<\/strong>Le pr\u00e9sident Emmanuel Macron r\u00e9unira lundi \u00e0 Paris \u00ab&nbsp;<em>les principaux pays europ\u00e9ens&nbsp;<\/em>\u00bb pour des discussions portant sur \u00ab<em>&nbsp;la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne<\/em>&nbsp;\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 le chef de la diplomatie fran\u00e7aise Jean-No\u00ebl Barrot, sans pr\u00e9ciser les participants de cette \u00ab<em>&nbsp;r\u00e9union de travail&nbsp;<\/em>\u00bb. (AFP)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Le moment est venu de cr\u00e9er les forces arm\u00e9es de l&rsquo;Europe&nbsp;\u00bb, c&rsquo;est l&rsquo;appel lanc\u00e9 aux 27 par le pr\u00e9sident ukrainien,<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":51858,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[51],"tags":[],"class_list":["post-52019","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52019","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=52019"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52019\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":52021,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52019\/revisions\/52021"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/51858"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=52019"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=52019"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=52019"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}