{"id":49222,"date":"2024-12-23T10:45:40","date_gmt":"2024-12-23T10:45:40","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=49222"},"modified":"2024-12-23T10:45:40","modified_gmt":"2024-12-23T10:45:40","slug":"de-bargny-a-saly-lerosion-cotiere-un-fleau-qui-devore-le-littoral-senegalais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=49222","title":{"rendered":"DE BARGNY \u00c0 SALY &#8211; L\u2019\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re, un fl\u00e9au qui d\u00e9vore le littoral s\u00e9n\u00e9galais"},"content":{"rendered":"\n<p><em><strong>Le S\u00e9n\u00e9gal, pays b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une frange c\u00f4ti\u00e8re longue de 718 km, fait face depuis plusieurs ann\u00e9es \u00e0 un ennemi silencieux mais redoutable : l\u2019\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re. De Bargny \u00e0 Saint-Louis, en passant par Saly et Rufisque, les vagues gagnent inexorablement du terrain, emportant avec elles habitations, terres agricoles et infrastructures. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, amplifi\u00e9 par le changement climatique et l\u2019activit\u00e9 humaine, expose des milliers de familles \u00e0 un avenir incertain.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Bargny, petite localit\u00e9 situ\u00e9e \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de Dakar, est aujourd\u2019hui un symbole de l\u2019\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re au S\u00e9n\u00e9gal. Ici, la mer avance sans rel\u00e2che, grignotant les maisons et for\u00e7ant des familles enti\u00e8res \u00e0 l\u2019exode. Ndeye Yacine Dieng, figure embl\u00e9matique du combat environnemental dans la r\u00e9gion, nous accueille devant les ruines de sa maison d\u00e9truite. Entre les cris des vagues et le vent qui balaie le sable, elle raconte : \u00ab Avant, nous vivions de la p\u00eache et du mara\u00eechage. Mais aujourd\u2019hui, tout a chang\u00e9. Les jeunes partent en mer dans des pirogues, car ils n\u2019ont plus d\u2019autres solutions pour nourrir leurs familles. Certains ne reviennent jamais. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les six quartiers de Bargny Guedj sont en premi\u00e8re ligne. Plus de 70 % des activit\u00e9s reposent sur la p\u00eache, mais celle-ci est aujourd\u2019hui menac\u00e9e par l\u2019avanc\u00e9e de la mer. La construction d\u2019une centrale \u00e9lectrique \u00e0 charbon, contre laquelle Yacine Dieng a men\u00e9 un combat acharn\u00e9 depuis 2008, a aggrav\u00e9 la situation.<br>\u00ab Nous n\u2019avions jamais pens\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9rosion. Mais aujourd\u2019hui, c\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 qui nous d\u00e9passe. Nos terres disparaissent et nos jeunes d\u00e9sesp\u00e8rent \u00bb, mart\u00e8le-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Saly-Portudal : un mod\u00e8le de lutte controvers\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 Bargny, la station baln\u00e9aire de Saly a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019importants am\u00e9nagements c\u00f4tiers. En partenariat avec la Banque mondiale, le gouvernement s\u00e9n\u00e9galais a \u00e9rig\u00e9 12 brise-lames \u00e0 200 m\u00e8tres au large pour prot\u00e9ger cette zone touristique vitale pour l\u2019\u00e9conomie nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>Cinq ans apr\u00e8s son ach\u00e8vement, le projet de construction des brise-lames \u00e0 Saly-Portudal reste un sujet de d\u00e9bat. Si certains saluent un succ\u00e8s majeur qui a redonn\u00e9 souffle au tourisme baln\u00e9aire, d\u2019autres d\u00e9noncent un d\u00e9placement du probl\u00e8me vers des zones non prot\u00e9g\u00e9es. Entre applaudissements et critiques, la communaut\u00e9 de p\u00eacheurs, les h\u00f4teliers et les autorit\u00e9s locales livrent des t\u00e9moignages qui permettent de mieux comprendre les retomb\u00e9es et les limites de ce projet estim\u00e9 \u00e0 23 milliards de francs CFA, financ\u00e9 avec l\u2019appui de la Banque mondiale.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un plaidoyer acharn\u00e9 pour Saly-Niakhniakhal<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Pour Ibrahima Diagne, jeune p\u00eacheur de Saly Niakhniakhal, l\u2019aboutissement de ce projet est une victoire collective. Coordinateur entre sa communaut\u00e9 et les autorit\u00e9s locales, il se souvient des d\u00e9buts difficiles. \u00ab Au d\u00e9part, notre localit\u00e9 n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas concern\u00e9e par les travaux \u00bb, explique-t-il. La priorit\u00e9 \u00e9tait donn\u00e9e aux zones les plus fr\u00e9quent\u00e9es par les touristes, notamment les plages o\u00f9 se concentrent les grands h\u00f4tels. Mais gr\u00e2ce \u00e0 un plaidoyer acharn\u00e9, Ibrahima et d\u2019autres acteurs locaux ont r\u00e9ussi \u00e0 attirer l\u2019attention des autorit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab On a organis\u00e9 des r\u00e9unions publiques, multipli\u00e9 les \u00e9changes avec les \u00e9lus et les minist\u00e8res concern\u00e9s. On leur a dit clairement : si vous sauvez le tourisme, vous devez aussi sauver ceux qui vivent ici depuis toujours. \u00bb Aujourd\u2019hui, la satisfaction est palpable, car la construction des brise-lames a permis d\u2019enrayer l\u2019avanc\u00e9e de la mer dans cette zone. \u00ab Nous respirons un peu mieux, m\u00eame si nous restons vigilants \u00bb, ajoute Ibrahima.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un tourisme revitalis\u00e9, mais \u00e0 quel prix ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour les h\u00f4teliers, la construction des brise-lames a \u00e9t\u00e9 une bou\u00e9e de sauvetage. Le tourisme repr\u00e9sente pr\u00e8s de 7 \u00e0 8 % du PIB du S\u00e9n\u00e9gal, et Saly-Portudal en est le c\u0153ur battant. Situ\u00e9e \u00e0 seulement quelques heures de vol des grandes capitales europ\u00e9ennes, cette station baln\u00e9aire a longtemps attir\u00e9 des milliers de visiteurs chaque ann\u00e9e, contribuant \u00e0 faire vivre une \u00e9conomie locale compos\u00e9e d\u2019ouvriers, d\u2019artisans et de petits commer\u00e7ants.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Ndiaye, directeur d\u2019un h\u00f4tel en bord de mer, t\u00e9moigne : \u00ab Gr\u00e2ce \u00e0 ces fonds, nous avons pu r\u00e9cup\u00e9rer une partie de notre plage, ce qui a relanc\u00e9 notre activit\u00e9. Les touristes reviennent, les chambres sont \u00e0 nouveau r\u00e9serv\u00e9es, et c\u2019est toute une cha\u00eene d\u2019emplois qui rena\u00eet. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, le tableau n\u2019est pas enti\u00e8rement rose. Certaines structures h\u00f4teli\u00e8res n\u2019ont pas pu b\u00e9n\u00e9ficier de ces travaux. Elles ont ferm\u00e9, n\u2019ayant pas pu r\u00e9sister \u00e0 la violence des vagues et faute de moyens.<\/p>\n\n\n\n<p>Ibrahima Diagne, un jeune p\u00eacheur de Saly Niakhniakhal, salue ce projet : \u00ab Au d\u00e9part, notre localit\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas concern\u00e9e. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 un plaidoyer acharn\u00e9 que nous avons \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s au programme. Aujourd\u2019hui, nous respirons. Les brise-lames ont sauv\u00e9 nos plages et nos maisons. \u00bb<br>Cependant, ces am\u00e9nagements ont suscit\u00e9 des critiques. Mme Diop, une commer\u00e7ante de Saly, t\u00e9moigne : \u00ab Depuis la construction des brise-lames, l\u2019\u00e9rosion s\u2019est d\u00e9plac\u00e9e vers d\u2019autres zones. J\u2019ai d\u00fb r\u00e9am\u00e9nager mon commerce trois fois \u00e0 cause de l\u2019avanc\u00e9e de la mer. On ne fait que d\u00e9placer le probl\u00e8me. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les infrastructures, qui ont co\u00fbt\u00e9 23 milliards de francs CFA, profitent surtout au secteur touristique. Mbengue, directeur de la SAPCO, r\u00e9plique : \u00ab Le tourisme et les besoins des communaut\u00e9s vont de pair. Les ouvriers, les vendeurs et les artisans b\u00e9n\u00e9ficient tous de cette activit\u00e9. C\u2019est un \u00e9cosyst\u00e8me entier que nous devons pr\u00e9server. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, les p\u00eacheurs comme Ibrahima restent sceptiques. Selon eux, la priorit\u00e9 accord\u00e9e au tourisme cache un manque de consid\u00e9ration pour les communaut\u00e9s locales.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les efforts consid\u00e9rables entrepris avec la construction des brise-lames, l\u2019\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re demeure une menace tenace \u00e0 Saly-Portudal et dans ses environs. \u00c0 une dizaine de m\u00e8tres de la derni\u00e8re digue, le constat est alarmant : les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par l\u2019avanc\u00e9e de la mer sont visibles \u00e0 l\u2019\u0153il nu. Les vagues continuent inexorablement de grignoter le littoral, plongeant les habitants et commer\u00e7ants dans une situation d\u2019urgence permanente.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le cas de Mme Diop, g\u00e9rante d\u2019un petit commerce en bordure de plage. Install\u00e9e dans une tente en paille, avec des poteaux fragiles d\u00e9sormais us\u00e9s par les assauts du vent et des vagues, elle raconte, la voix empreinte de d\u00e9sespoir : \u00ab C\u2019est la troisi\u00e8me fois que je dois r\u00e9am\u00e9nager \u00e0 cause de la mer qui avance sans rel\u00e2che. \u00bb D\u00e9j\u00e0, elle a perdu une grande partie de sa client\u00e8le. Alors qu\u2019on est en pleine saison touristique, Mme Diop peine \u00e0 \u00e9couler ses plats. \u00ab Les clients ont peur de s\u2019installer ici. Qui voudrait d\u00e9jeuner en regardant les vagues menacer de tout emporter ? \u00bb, s\u2019interroge-t-elle en d\u00e9signant du doigt l\u2019eau qui s\u2019approche dangereusement de son commerce.<\/p>\n\n\n\n<p>V\u00eatue de son jean noir et d\u2019une chemise d\u00e9collet\u00e9e, son foulard l\u00e9g\u00e8rement attach\u00e9 laisse entrevoir une fatigue accumul\u00e9e. Le regard perdu, elle cherche une solution. \u00ab Je vais devoir me d\u00e9placer encore une fois, annonce-t-elle avec r\u00e9signation. Peut-\u00eatre de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 o\u00f9 il y a les digues. L\u00e0-bas, je serai plus en s\u00e9curit\u00e9. \u00bb Mais pour elle, la situation est claire : \u00ab Les brise-lames ont certes sauv\u00e9 certains endroits, mais ils ont d\u00e9plac\u00e9 le probl\u00e8me. Dans notre zone, la construction a aggrav\u00e9 l\u2019\u00e9rosion. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mme Diop ne s\u2019appuie pas seulement sur des mots. \u00c0 chaque phrase, elle ouvre son t\u00e9l\u00e9phone portable et fait d\u00e9filer des photos et des vid\u00e9os, preuve tangible de la catastrophe qui frappe Saly Niakhniakhal. On y voit les vagues engloutissant petit \u00e0 petit des parcelles de sable, laissant place \u00e0 un paysage de d\u00e9solation. Les images parlent d\u2019elles-m\u00eames : des commerces effondr\u00e9s, des arbres arrach\u00e9s, et des plages r\u00e9duites \u00e0 de simples bandes \u00e9troites.<\/p>\n\n\n\n<p>Les inqui\u00e9tudes de Mme Diop ne sont pas isol\u00e9es. \u00c0 quelques kilom\u00e8tres de l\u00e0, Fadel Wade, directeur d\u2019une ONG environnementale bas\u00e9e \u00e0 Bargny, tire le m\u00eame signal d\u2019alarme. \u00ab L\u2019\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re est un probl\u00e8me global qui ne peut pas \u00eatre r\u00e9solu avec des mesures fragment\u00e9es ou temporaires, explique-t-il. Seule une solution viable et globale, prenant en compte l\u2019ensemble du littoral s\u00e9n\u00e9galais, peut permettre de contrer efficacement ce ph\u00e9nom\u00e8ne. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Fadel Wade insiste sur le fait que les brise-lames, bien qu\u2019efficaces localement, ne font que d\u00e9placer l\u2019\u00e9rosion. \u00ab Quand on prot\u00e8ge une zone, on augmente souvent la pression sur les zones adjacentes. Ce qu\u2019il faut, c\u2019est une strat\u00e9gie coh\u00e9rente, bas\u00e9e sur une \u00e9tude approfondie des courants marins et des dynamiques naturelles du littoral. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il rappelle que des localit\u00e9s comme Bargny, Rufisque et m\u00eame Saint-Louis subissent d\u00e9j\u00e0 de plein fouet les cons\u00e9quences de l\u2019avanc\u00e9e de la mer, mena\u00e7ant des milliers d\u2019habitations et d\u2019activit\u00e9s \u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La fragilit\u00e9 \u00e9conomique des zones touch\u00e9es<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour de nombreux acteurs \u00e9conomiques, la persistance de l\u2019\u00e9rosion met en p\u00e9ril des secteurs essentiels comme le tourisme et la p\u00eache. Mme Diop incarne \u00e0 elle seule la d\u00e9tresse de centaines de petits commer\u00e7ants qui d\u00e9pendent directement de l\u2019affluence des visiteurs. Alors que la saison touristique bat son plein ailleurs, elle voit sa client\u00e8le diminuer jour apr\u00e8s jour. \u00ab Les gens viennent pour des plages de r\u00eave, pas pour des paysages d\u00e9vast\u00e9s. Si cela continue, m\u00eame les touristes ne viendront plus \u00e0 Saly. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les chiffres officiels, pr\u00e8s de 100 000 emplois directs et indirects d\u00e9pendent du tourisme baln\u00e9aire au S\u00e9n\u00e9gal. H\u00f4teliers, restaurateurs, artisans, mais aussi ouvriers et p\u00eacheurs forment un \u00e9cosyst\u00e8me fragile o\u00f9 chaque perturbation, comme l\u2019\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re, peut avoir des effets d\u00e9sastreux. \u00ab Nous avons besoin d\u2019une action plus forte et concert\u00e9e, sinon ce sera la mort de notre activit\u00e9, \u00bb pr\u00e9vient Mme Diop.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un contexte o\u00f9 l\u2019\u00e9rosion avance de plusieurs m\u00e8tres chaque ann\u00e9e, les p\u00eacheurs, comme Ibrahima Diagne, se retrouvent \u00e9galement en premi\u00e8re ligne. \u00ab Nos embarcations sont plus vuln\u00e9rables, nos zones de p\u00eache se r\u00e9duisent, et parfois, nous devons investir plus pour nous adapter. \u00bb Il pointe du doigt les impacts \u00e0 long terme de cette situation sur les ressources halieutiques. \u00ab Si rien n\u2019est fait, les jeunes p\u00eacheurs n\u2019auront plus d\u2019avenir ici. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des mesures nationales en demi-teinte<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cette menace, l\u2019\u00c9tat s\u00e9n\u00e9galais a entrepris plusieurs initiatives visant \u00e0 lutter contre l\u2019\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re. Mme Mame Faty Niang Seydi, chef de la Division gestion du littoral \u00e0 la Direction de l\u2019Environnement des \u00c9tablissements Class\u00e9s (DEEC), reconna\u00eet l\u2019ampleur du probl\u00e8me. \u00ab Une grande partie de l\u2019\u00e9conomie repose sur le littoral au S\u00e9n\u00e9gal. Ce n\u2019est pas seulement le tourisme : il y a aussi les industries, les commerces et les habitations. \u00bb Elle rappelle que des mesures importantes, comme le Plan national d\u2019adaptation (PNA), ont \u00e9t\u00e9 mises en place.<\/p>\n\n\n\n<p>Le PNA, instaur\u00e9 dans le cadre de l\u2019adaptation de Canc\u00fan en 2010, vise \u00e0 soutenir les pays en d\u00e9veloppement en identifiant des priorit\u00e9s d\u2019adaptation \u00e0 moyen et long terme. Il compl\u00e8te des strat\u00e9gies \u00e0 court terme comme le Programme d\u2019action national d\u2019adaptation (PANA). \u00ab Ces programmes nous permettent de mobiliser des ressources et d\u2019\u00e9laborer des strat\u00e9gies pour r\u00e9pondre \u00e0 la probl\u00e9matique de l\u2019\u00e9rosion, \u00bb explique Mme Seydi.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, malgr\u00e9 ces efforts, les r\u00e9sultats sur le terrain peinent \u00e0 convaincre. \u00c0 Saly, comme dans d\u2019autres zones c\u00f4ti\u00e8res, les avanc\u00e9es de la mer continuent. Les habitants s\u2019impatientent et exigent des solutions concr\u00e8tes. \u00ab Les mesures sont l\u00e0 sur le papier, mais sur le terrain, nous voyons la mer gagner chaque jour du terrain. Les autorit\u00e9s doivent agir vite, \u00bb mart\u00e8le Mme Diop, tenant fermement son t\u00e9l\u00e9phone avec des images de son commerce en p\u00e9ril.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Fadel Wade, la solution r\u00e9side dans une combinaison d\u2019infrastructures adapt\u00e9es et de pr\u00e9servation des \u00e9cosyst\u00e8mes naturels. \u00ab Les mangroves, par exemple, jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans la stabilisation du littoral. Leur destruction aggrave l\u2019\u00e9rosion. \u00bb Il propose \u00e9galement de privil\u00e9gier des solutions bas\u00e9es sur la nature, telles que les r\u00e9cifs artificiels ou la replantation de v\u00e9g\u00e9tation c\u00f4ti\u00e8re, en compl\u00e9ment des brise-lames.<\/p>\n\n\n\n<p>La collaboration entre l\u2019\u00c9tat, les acteurs locaux et les organisations internationales est, selon lui, essentielle. \u00ab Il faut associer les populations locales \u00e0 la r\u00e9flexion. Elles connaissent le terrain mieux que personne. \u00bb De son c\u00f4t\u00e9, Mme Diop esp\u00e8re toujours que des travaux compl\u00e9mentaires seront r\u00e9alis\u00e9s pour prot\u00e9ger sa zone. \u00ab Nous avons vu que c\u2019\u00e9tait possible ailleurs. Pourquoi pas ici ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En attendant, la vie continue tant bien que mal \u00e0 Saly Niakhniakhal. Mme Diop se pr\u00e9pare, une fois de plus, \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager son commerce vers une zone plus s\u00fbre, tout en gardant l\u2019espoir que la situation s\u2019am\u00e9liore. Pour Ibrahima Diagne et les autres p\u00eacheurs, la survie de leur activit\u00e9 est suspendue aux d\u00e9cisions \u00e0 venir. Quant aux ONG comme celle de Fadel Wade, elles continuent de plaider pour une approche globale et durable.<\/p>\n\n\n\n<p>Les t\u00e9moignages se recoupent : sans une intervention d\u00e9cisive, l\u2019\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re pourrait avoir des cons\u00e9quences irr\u00e9versibles sur les \u00e9conomies locales, les infrastructures et la vie des populations. \u00ab Il est temps d\u2019agir. Si nous ne faisons rien aujourd\u2019hui, demain il sera trop tard, \u00bb conclut Fadel Wade, appelant \u00e0 une mobilisation collective pour sauver le littoral s\u00e9n\u00e9galais.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>AMADOU CAMARA GUEYE<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>ENQUETEPLUS<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le S\u00e9n\u00e9gal, pays b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une frange c\u00f4ti\u00e8re longue de 718 km, fait face depuis plusieurs ann\u00e9es \u00e0 un ennemi silencieux<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":49223,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[26],"tags":[],"class_list":["post-49222","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-fait-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/49222","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=49222"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/49222\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":49224,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/49222\/revisions\/49224"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/49223"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=49222"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=49222"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=49222"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}