{"id":48833,"date":"2024-12-17T10:39:46","date_gmt":"2024-12-17T10:39:46","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=48833"},"modified":"2024-12-17T10:39:47","modified_gmt":"2024-12-17T10:39:47","slug":"enquete-ces-pesanteurs-qui-clouent-au-sol-les-innovations-africaines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=48833","title":{"rendered":"Enqu\u00eate &#8211; Ces pesanteurs qui clouent au sol les innovations africaines"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Bien qu\u2019elles r\u00e9pondent aux besoins du continent, les solutions africaines sont souvent \u00e9touff\u00e9es par le caract\u00e8re extraverti de nos habitudes de consommation, entre autres.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>En plein essor dans de nombreux domaines, les innovations africaines peinent paradoxalement \u00e0 s\u2019imposer<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>Reflexe des importations, complexe du colonis\u00e9 et absence de politiques nationales sont les raisons cit\u00e9es<\/strong><\/li>\n\n\n\n<li><strong>On invite les Etats \u00e0 avoir de v\u00e9ritables politiques de R&amp;D et les innovateurs \u00e0 se mettre en r\u00e9seau<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Cette machine que vous voyez est mise au point pour rendre le travail des menuisiers moins p\u00e9nible\u00a0\u00bb, explique \u00e0 SciDev.Net Fatoumata Binta Diallo, ing\u00e9nieure \u00e0 la\u00a0<em>Dakar American University of Science &amp; Technology<\/em>\u00a0(DAUST) et membre d\u2019une \u00e9quipe d&rsquo;innovateurs venus pr\u00e9senter leurs\u00a0innovations\u00a0au salon d\u2019exposition d\u00e9nomm\u00e9 DAUST Impact, tenu au mois de mai dernier.<\/p>\n\n\n\n<p>La DAUST est une \u00e9cole sp\u00e9cialis\u00e9e dans la formation aux m\u00e9tiers de l\u2019ing\u00e9nierie\u00a0m\u00e9canique et informatique ainsi qu\u2019aux\u00a0nouvelles technologies. Elle est l\u2019une des rares institutions au\u00a0S\u00e9n\u00e9gal\u00a0\u00e0 avoir l\u2019innovation technologique et scientifique comme priorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En guise de d\u00e9monstration, l\u2019ing\u00e9nieure actionne, en quelques clics sur son ordinateur portable, le m\u00e9canisme de d\u00e9coupe du bois. Une vingtaine de secondes plus tard, les planches dispos\u00e9es sous la lame de la machine sont toutes d\u00e9coup\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Vous voyez ? C\u2019est tellement facile et rapide&nbsp;\u00bb, commente-t-elle, avant de poursuivre : \u00ab&nbsp;Nous avons remarqu\u00e9 qu\u2019au S\u00e9n\u00e9gal, les travailleurs du bois entrent en contact direct avec les outils de d\u00e9coupe et cela comporte beaucoup de risques d\u2019accidents. Certains se blessent gri\u00e8vement ou perdent leurs doigts. Notre machine vient enlever de leur travail cette partie qui comporte des risques de blessure&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette machine \u00e0 d\u00e9couper fait partie d\u2019une cinquantaine de projets expos\u00e9s au cours de ce salon organis\u00e9 par la DAUST \u00e0 Somone, ville situ\u00e9e \u00e0 environ 80 kilom\u00e8tres de Dakar, la capitale s\u00e9n\u00e9galaise.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Ces projets couvrent beaucoup de domaines : l\u2019agriculture, les biens de services, la\u00a0sant\u00e9, l\u2019environnement, la robotique, le spatial, la substitution du min\u00e9ral de bentonite par un min\u00e9ral local dans le domaine du p\u00e9trole et du gaz, etc.\u00a0\u00bb, fait savoir Mamadou Diop, enseignant-chercheur et directeur des \u00e9tudes de la DAUST.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce salon d\u2019exposition est une parfaite illustration de ce que le paysage des inventions et innovations en Afrique est en plein essor. Quel que soit le domaine, les initiatives se multiplient\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Au\u00a0Congo, par exemple, l\u2019ing\u00e9nieur Luvick Otoka a con\u00e7u un d\u00e9tecteur de fuite de gaz d\u00e9nomm\u00e9\u00a0<em>\u00ab\u00a0Keba na Gaz\u00a0\u00bb.<\/em>\u00a0Destin\u00e9 aux m\u00e9nages afin de leur permettre d&rsquo;\u00e9viter d&rsquo;\u00e9ventuels incendies, le d\u00e9tecteur est disponible en plusieurs mod\u00e8les.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le premier qui est fini \u00e0 100 % d\u00e9tecte la fuite de gaz et vous alerte par des signaux lumineux et des bips sonores. Le son devient de plus en plus aigu si aucune disposition n&rsquo;est prise et ne s&rsquo;arr\u00eate que quand il n&rsquo;y a plus de gaz pr\u00e9sent dans la maison. Il a une batterie incorpor\u00e9e et peut fonctionner sans \u00e9lectricit\u00e9&nbsp;\u00bb, explique le concepteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses compatriotes Landry Ndinga et Yannick Mboumba, deux jeunes entrepreneurs, ont quant \u00e0 eux con\u00e7u un g\u00e9n\u00e9rateur d\u2019eau\u00a0qui transforme l\u2019air ambiant en eau potable. Ils ambitionnent, gr\u00e2ce \u00e0 leur invention, d\u00e9nomm\u00e9e\u00a0<em>\u00ab\u00a0Moboti Mayi\u00a0\u00bb<\/em>, d\u2019am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable au Congo, mais aussi dans les pays africains confront\u00e9s \u00e0 un manque d\u2019eau potable.<\/p>\n\n\n\n<p>Le g\u00e9n\u00e9rateur d\u2019eau est muni d\u2019un dispositif qui permet de produire de l&rsquo;eau en transformant la vapeur d&rsquo;eau contenue dans l&rsquo;air ambiant et peut fonctionner \u00e0 la fois avec le courant domestique, le groupe \u00e9lectrog\u00e8ne et les panneaux solaires, expliquent-ils.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Complexe d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, malgr\u00e9 ce dynamisme, les inventions et innovations africaines peinent \u00e0 jouer les premiers r\u00f4les sur le continent, mais aussi \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale. Selon l\u2019Indice mondial de l\u2019innovation\u00a0de l\u2019Organisation mondiale de la\u00a0propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle\u00a02023, sur les 132 pays class\u00e9s, les pays africains occupent pratiquement les derniers rangs.<\/p>\n\n\n\n<p>Yannick Mboumba et Landry Ndinga pensent que cette situation s\u2019explique par le fait que \u00ab&nbsp;les conservateurs restent accroch\u00e9s aux solutions traditionnelles plut\u00f4t que de s\u2019ouvrir aux solutions innovantes d\u2019une part ; et d\u2019autre part par le fait que la jeune g\u00e9n\u00e9ration est plus friande des solutions technologiques et scientifiques propos\u00e9es par des chercheurs et promoteurs d\u2019ailleurs&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Un point de vue partag\u00e9 par le B\u00e9ninois Apollinaire Gandonou, inventeur du \u00ab&nbsp;foyer sans soucis&nbsp;\u00bb. C\u2019est un foyer \u00e9cologique connect\u00e9 \u00e0 un panneau solaire et qui utilise les coques de noix de palme comme combustible.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Nous n\u2019aimons pas consommer local. Nous n\u2019aimons pas donner de la valeur aux produits locaux. Nous sommes friands de ce qui est import\u00e9&nbsp;\u00bb, d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab&nbsp;On se dit souvent que les autres produisent mieux que nous&nbsp;\u00bb, rench\u00e9rit Luvick Otoka. Or, ajoute-t-il, \u00ab&nbsp;nos innovations sont mieux adapt\u00e9es \u00e0 notre contexte socio-culturel. Il faudrait que les consommateurs sachent que nos solutions ne sont peut-\u00eatre pas mieux pr\u00e9sent\u00e9es que celles des autres, mais elles sont efficaces pour r\u00e9soudre nos r\u00e9els probl\u00e8mes. Et il se trouve juste que les conditions ne sont pas r\u00e9unies pour produire comme les autres. Mais il nous faut une approche patriotique et panafricaine&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Concepteur de la couveuse n\u00e9onatale connect\u00e9e, Serge Armel Njidjou est plus nuanc\u00e9. L\u2019innovateur et entrepreneur technologique camerounais reconnait qu\u2019il subsiste un \u00ab&nbsp;complexe d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 de certains Africains&nbsp;\u00bb vis-\u00e0-vis des produits import\u00e9s. Mais, il reconna\u00eet que ce qu\u2019on pr\u00e9sente comme innovation, ce sont des choses qui ne sont souvent pas tr\u00e8s connect\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me utilisateur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019innovation pour moi, c\u2019est quelque chose de nouveau dans un contexte, mais surtout qui est adopt\u00e9. (\u2026) On a beaucoup de spectacles, mais pas de vraies innovations. Ce sont de petits changements qu\u2019on met en \u0153uvre dans un environnement pour l\u2019adapter au contexte&nbsp;\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab&nbsp;Par exemple, je n\u2019ai pas invent\u00e9 la couveuse, il y avait d\u00e9j\u00e0 des couveuses. Mais je suis parti du principe que comme on a beaucoup de probl\u00e8mes d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, peut-\u00eatre il faudrait des couveuses solaires. Comme on a peu de p\u00e9diatres, peut-\u00eatre qu\u2019il faudrait des couveuses connect\u00e9es, pour que les p\u00e9diatres puissent suivre les nouveau-n\u00e9s sur leurs t\u00e9l\u00e9phones&nbsp;\u00bb, explique Armel Njidjou.<\/p>\n\n\n\n<p>Et de poursuivre : \u00ab&nbsp;une fois que je fais le prototype, il faut que j\u2019emm\u00e8ne \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et que les gens l\u2019utilisent et que \u00e7a corresponde \u00e0 leurs pr\u00e9occupations et \u00e0 leurs habitudes, qu\u2019ils y trouvent leur int\u00e9r\u00eat et qu\u2019ils soient pr\u00eats \u00e0 l\u2019adopter. Tant que ces \u00e9tapes ne sont pas franchies, on ne peut m\u00eame pas parler d\u2019innovation&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, si ces \u00e9tapes \u00e9taient franchies, insiste-t-il, la suite serait plus facile, \u00ab&nbsp;parce qu\u2019on saurait que c\u2019est un produit qui correspond \u00e0 tels utilisateurs, \u00e0 tels b\u00e9n\u00e9ficiaires qui sont potentiellement pr\u00eats \u00e0 consommer et donc qu\u2019on doit d\u00e9velopper&nbsp;\u00bb, soutient l\u2019innovateur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Absence de l\u00e9gislation et de fonds d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l\u2019innovation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, Armel Njidjou reconna\u00eet aussi que notre environnement n\u2019est pas favorable \u00e0 l\u2019\u00e9closion des innovations. Il affirme que \u00ab&nbsp;la graine de l\u2019innovation ne peut pas pousser sur une terre aussi aride que la n\u00f4tre. Nos \u00c9tats n\u2019ont pas de l\u00e9gislations pour favoriser l\u2019innovation&nbsp;\u00bb, regrette-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab&nbsp;Si vous voulez faire un truc technique, vous avez besoin d\u2019outils de production. Ailleurs, vous allez trouver des fablabs (laboratoires de fabrication) pour faire au moins rapidement les premiers prototypes. Ici, vous n\u2019allez pas les trouver. Comment avoir donc les moyens qui vont financer votre prototype&nbsp;? Par cons\u00e9quent, beaucoup d\u2019initiatives restent au stade artisanal\u2026&nbsp;\u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ing\u00e9nieur togolais en \u00e9lectrom\u00e9canique et fondateur du Centre de recherche, d\u2019inventions et d\u2019innovations technologiques (CRIIT Lado Concept), Edouard Akakpo-Lado, soutient pour sa part qu\u2019il manque de fonds d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la\u00a0recherche et au d\u00e9veloppement\u00a0en Afrique. \u00ab\u00a0Les recherches sont faites avec des fonds propres par des inventeurs et innovateurs isol\u00e9s dans leur coin\u00a0\u00bb, souligne l\u2019int\u00e9ress\u00e9 pour le regretter.<\/p>\n\n\n\n<p>Cons\u00e9quence : de nombreuses inventions et innovations ne sont pas viables au bout d\u2019une certaine p\u00e9riode, constate Apollinaire Gandonou.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;G\u00e9n\u00e9ralement, l\u2019inventeur fait tout du d\u00e9but jusqu\u2019\u00e0 la fin avec ses propres moyens. \u00c0 un moment donn\u00e9, quand il est essouffl\u00e9, tout tombe \u00e0 l\u2019eau parce qu\u2019il n\u2019y a pas de soutien technique ni financier. Moi, par exemple, je suis all\u00e9 au Nigeria pour faire du taxi-moto. Ce sont mes \u00e9conomies que j\u2019ai investies dans mon projet. Mais avec \u00e7a, le r\u00e9sultat ne sera jamais comparable \u00e0 celui de quelqu\u2019un qui a les accompagnements qu\u2019il faut \u00bb, analyse-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Abdoulaye Faye, cofondateur et directeur technique de&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;CAYTU Robotics&nbsp;\u00bb<\/em>, partage cet avis. Sa start-up se distingue dans la fabrication de robots de services et la fourniture de plateformes de contr\u00f4le \u00e0 distance. Connue notamment pour son drone de livraison de repas, op\u00e9rant depuis Dakar jusqu&rsquo;aux \u00c9tats-Unis, la soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 honor\u00e9e par le Grand Prix du chef de l&rsquo;\u00c9tat pour l&rsquo;innovation et la recherche lors de la semaine du num\u00e9rique au S\u00e9n\u00e9gal en mai 2023.<\/p>\n\n\n\n<p>Il soutient que \u00ab\u00a0le domaine de l\u2019innovation et de la recherche est un domaine o\u00f9 il faut acheter beaucoup de mat\u00e9riels qui co\u00fbtent cher. C\u2019est donc un apport en\u00a0financement\u00a0qui peut permettre un r\u00e9el d\u00e9veloppement de ce secteur. C\u2019est le financement qui peut aussi permettre de recruter de nouveaux talents, de produire des prototypes et d\u2019\u00eatre comp\u00e9titif \u00e0 l\u2019international\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><ins>Contraintes&nbsp;<\/ins><\/strong><strong><ins>financi\u00e8res<\/ins><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Yannick Mboumba et Landry Ndinga connaissent tr\u00e8s bien ces contraintes financi\u00e8res. Selon leur t\u00e9moignage, jusqu\u2019ici, ils ont financ\u00e9 sur fonds propres les diff\u00e9rents prototypes du g\u00e9n\u00e9rateur d\u2019eau \u00ab&nbsp;Moboti Mayi&nbsp;\u00bb, qui a une capacit\u00e9 actuelle de production de 12 litres d\u2019eau par jour.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab&nbsp;Nous avons besoin de partenaires techniques et financiers pour am\u00e9liorer la derni\u00e8re version de fa\u00e7on \u00e0 r\u00e9duire le temps de production et augmenter consid\u00e9rablement la quantit\u00e9 d&rsquo;eau produite. Mais depuis des ann\u00e9es, nous n&rsquo;avons que des promesses. Il n&rsquo;y a vraiment pas du concret pour nous permettre d&rsquo;avancer&nbsp;\u00bb, d\u00e9plorent-ils.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9galement confront\u00e9 \u00e0 ce manque de financement, Luvick Otoka affirme \u00eatre dans l\u2019incapacit\u00e9 de produire en grande quantit\u00e9 son d\u00e9tecteur de fuite de gaz. Pourtant, dit-il, la demande est \u00ab&nbsp;forte&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Nous sommes en train de chercher les fonds pour une production consid\u00e9rable parce que, avec nos propres moyens, nous ne pouvons produire que 500 exemplaires alors que la demande est grande. Il y a des\u00a0entreprises\u00a0qui veulent 1 000 ou 2 000 exemplaires. Avec nos moyens propres, nous ne sommes pas capables de satisfaire une telle demande\u00a0\u00bb, confie l\u2019inventeur.<\/p>\n\n\n\n<p><ins>Pour Dodzi Kossi, directeur de la recherche scientifique et technique au minist\u00e8re de l&rsquo;Enseignement sup\u00e9rieur et de la Recherche du\u00a0Togo, c\u2019est ce faible soutien financier accord\u00e9 aux innovateurs locaux qui favorise l\u2019importation de produits \u00e9trangers par les \u00c9tats africains.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<ins>Parfois, les gens importent des produits parce qu\u2019il n\u2019y a pas mieux sur le plan national, parce qu\u2019il n\u2019y a pas mieux \u00e0 proximit\u00e9. C\u2019est pourquoi ils sont oblig\u00e9s d\u2019importer certains produits<\/ins>. A<ins>illeurs, les inventeurs<\/ins>&nbsp;et les&nbsp;<ins>innovateurs sont subventionn\u00e9s<\/ins>&nbsp;; c<ins>e qui leur permet de mettre sur le march\u00e9, y compris&nbsp;<\/ins>sur&nbsp;<ins>les march\u00e9s internationaux, des produits subventionn\u00e9s beaucoup plus comp\u00e9titifs et qui pr\u00e9sentent des gages de qualit\u00e9<\/ins>&nbsp;\u00bb<ins>,&nbsp;<\/ins><ins>explique-t-il<\/ins><ins>.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<ins>La r\u00e9ponse aux questions de d\u00e9veloppement implique un engagement transversal des \u00c9tats qui commence par la qualification d\u2019une ressource humaine qui soit \u00e0 la hauteur d<\/ins>e la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019<ins>apport<\/ins>er<ins>&nbsp;des solutions technologiques pour faciliter la transformation locale des ressources mini\u00e8res, min\u00e9rali\u00e8res et organisationnelles<\/ins><ins>&nbsp;\u00bb<\/ins><ins>, appuie Fran\u00e7ois Bouansa, directeur de l\u2019<\/ins>I<ins>nnovation technologique \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019innovation technologique (DGIT) en R\u00e9publique du Congo.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p><ins>Cependant, poursuit-il, la concurrence sur le march\u00e9 de la mondialisation&nbsp;<\/ins>impose<ins>&nbsp;des d\u00e9fis \u00e0&nbsp;<\/ins>relever \u00e0&nbsp;<ins>l\u2019\u00e9chelle organisationnelle, de production en chaine et de tous les moyens technologiques qui s\u2019y pr\u00eatent.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<ins>Les besoins urgents des march\u00e9s ne permettent pas aux administrations africaines de rivaliser avec les pays industrialis\u00e9s. L&rsquo;avantage technologique des nations d\u00e9velopp\u00e9es et la comp\u00e9tence des ressources humaines favorisent une production de qualit\u00e9 en chaine \u00e0 un prix d\u00e9fiant toute concurrence<\/ins>&nbsp;\u00bb<ins>,&nbsp;<\/ins>pr\u00e9cise&nbsp;<ins>Fran\u00e7ois Bouansa<\/ins>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Manque de connexion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres facteurs tels que le manque de connexion entre innovateurs, centres d\u2019innovations et les grandes entreprises du secteur priv\u00e9 africain peuvent expliquer la faible comp\u00e9titivit\u00e9 des innovations africaines \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, pr\u00e9cise Mamadou Diop.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019une des causes du manque de soutien aux chercheurs et innovateurs africains, c\u2019est l\u2019absence d\u2019une tradition de collaboration entre les universit\u00e9s et les entreprises qui sont dans le domaine industriel&nbsp;\u00bb, introduit-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour lui, cette absence de collaboration a pour corollaire le manque de financement&nbsp;<ins>des start-up<\/ins>&nbsp;et des porteurs de projets innovants pour leur permettre d\u2019\u00eatre plus cr\u00e9atifs et comp\u00e9titifs.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Normalement, pense-t-il, les entreprises devraient financer les recherches scientifiques et la mise en place des prototypes. Il faut donc renforcer la collaboration entre chercheurs et entreprises susceptibles d\u2019utiliser les r\u00e9sultats des recherches&nbsp;\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Les responsabilit\u00e9s sont partag\u00e9es entre les inventeurs et les innovateurs africains d\u2019une part et les \u00c9tats d\u2019autre part, soutient pour sa part Fran\u00e7ois Bouansa.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dernier d\u00e9plore le fait que les chercheurs et entrepreneurs travaillent la plupart du temps sur les m\u00eames projets et n\u2019arrivent pas \u00e0 se constituer en\u00a0r\u00e9seau. Leur incapacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er des partenariats afin d\u2019\u00e9viter de compter sur les financements de leurs \u00c9tats constitue aussi un frein, soutient-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pour Djiba Millimono, coordinateur du \u00ab\u00a0Grand concours jeunes entrepreneurs\u00a0\u00bb, un projet qui a pour but de lutter contre le ch\u00f4mage des jeunes et l\u2019\u00e9migration en les accompagnant dans les domaines du num\u00e9rique et de l\u2019agrobusiness en\u00a0Guin\u00e9e, l\u2019Afrique \u00ab\u00a0est un peu sanctuaris\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il n\u2019y a pas un v\u00e9ritable programme d\u2019accompagnement de&nbsp;<ins>ces start-up<\/ins>&nbsp;qui \u00e9voluent dans le domaine de l\u2019innovation, ni un cadre juridique qui favorise un r\u00e9seautage pouvant leur permettre de comp\u00e9tir ou d\u2019avoir un accompagnement. A cela s\u2019ajoutent la chert\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res et un manque d\u2019identification des besoins du march\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb, d\u00e9taille-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p><ins>Pour illustrer ce manque d\u2019accompagnement, Fran\u00e7ois Bouansa r\u00e9v\u00e8le par exemple qu\u2019en d\u00e9pit de l\u2019arsenal administratif mis en place au Congo pour identifier, appuyer et accompagner les inventeurs et innovateurs,&nbsp;<\/ins>\u00ab&nbsp;<ins>dans la pratique, on ne constate pas grand-chose. La DGIT, qui a entre autres missions d\u2019identifier et de faire la promotion des inventeurs et innovateurs, a le budget le plus faible du minist\u00e8re.<\/ins>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><ins>De telles conditions ne permettent pas aux inventeurs, innovateurs et chercheurs&nbsp;<\/ins>\u00ab&nbsp;<ins>de r\u00e9aliser de v\u00e9ritables exploits. Alors les produits obtenus dans ces conditions pr\u00e9caires ne peuvent&nbsp;<\/ins>pas s\u2019imposer<ins>&nbsp;sur le terrain,&nbsp;<\/ins>mais vont rester<ins>&nbsp;dans les tiroirs<\/ins>&nbsp;\u00bb<ins>, ajoute<\/ins>&nbsp;cette source<ins>.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Syst\u00e8me de valorisation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, certaines inventions ou innovations africaines ont r\u00e9ussi \u00e0 se d\u00e9marquer en Afrique et m\u00eame au-del\u00e0. C\u2019est le cas par exemple du&nbsp;<em>Cardiopad<\/em>, con\u00e7u et fabriqu\u00e9 par l\u2019ing\u00e9nieur camerounais Arthur Zang. Ou encore de la couveuse n\u00e9onatale connect\u00e9e d\u2019<s><del>&nbsp;<\/del><\/s>Armel Njidjou.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019\u00e9poque, on avait juste notre atelier \u00e0 Bafoussam (Ouest-Cameroun). Aujourd\u2019hui, on a trois sites (Yaound\u00e9, Douala, Bafoussam) avec une pr\u00e9sence dans 5 pays africains (Mali, S\u00e9n\u00e9gal,\u00a0RDC,\u00a0Benin\u00a0et\u00a0C\u00f4te d\u2019Ivoire). Le produit a \u00e9t\u00e9 homologu\u00e9 en 2020. On va atteindre les 200 couveuses vendues\u00a0\u00bb, se f\u00e9licite ce dernier.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il soutient que \u00ab&nbsp;la projection \u00e0 l\u2019international est difficile. Un peu partout chez nous, c\u2019est comme si les lois sont faites pour importer. Quand vous fabriquez, vous vous retrouvez face \u00e0 des l\u00e9gislations compl\u00e9tement illogiques, face \u00e0 des fonctionnaires qui ne comprennent rien, et on est sur le m\u00e9dical. Le processus d\u2019homologation dans divers pays est pour nous une barri\u00e8re alors que le potentiel est vraiment \u00e9norme&nbsp;\u00bb, confie-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Rosy Kadel Ntsiloulou, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Association des inventions et innovations du Congo Brazzaville, les inventions qui sont cr\u00e9\u00e9es en Afrique auront de la valeur si et seulement si nous mettons en place un autre\u00a0syst\u00e8me\u00a0capable de les valoriser.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Une fois que nous les valoriserons nous-m\u00eames, les autres leur accorderont de la valeur. Il y a des produits, par exemple, qui vont vous demander de l&rsquo;or pur, un petit cristal de diamant ou du cobalt ou encore du mercure. Mais on ne peut pas les avoir parce qu\u2019on n\u2019a pas tous les moyens n\u00e9cessaires, ni les centres de recherches technologiques ad\u00e9quats pour pouvoir faire les recherches, transformer ces mati\u00e8res premi\u00e8res en produits qui seront utilis\u00e9s afin d&rsquo;avoir des inventions qui auront une viabilit\u00e9 dans le temps et l&rsquo;espace&nbsp;\u00bb, soutient-il.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Soutien \u00e0 l\u2019innovation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si innovateurs et inventeurs s\u2019accordent sur les maux qui freinent une v\u00e9ritable \u00e9mergence des innovations et inventions en Afrique, certaines institutions, organismes et autres fondations s\u2019investissent de plus en plus dans l\u2019accompagnement des porteurs de projets innovants sur le continent.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le cas par exemple au S\u00e9n\u00e9gal de l&rsquo;Agence belge de d\u00e9veloppement (Enabel), du Programme des Nations unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD), ou encore de l\u2019Agence luxembourgeoise de\u00a0coop\u00e9ration\u00a0et de d\u00e9veloppement (Luxdev). Cette derni\u00e8re a inscrit le financement et le soutien \u00e0 l\u2019innovation comme priorit\u00e9s, selon sa responsable charg\u00e9e du secteur priv\u00e9 et des partenariats, Nd\u00e8ye Awa Gu\u00e8ye.<\/p>\n\n\n\n<p>A travers son projet\u00a0<em>LuxAid challenge Fund<\/em>, dot\u00e9 d\u2019un million d\u2019euros et lanc\u00e9 en novembre 2023, l\u2019agence entend accompagner et cofinancer un total de dix innovations \u00e0 fort impact port\u00e9es par des jeunes entreprises ayant moins de 5 ann\u00e9es d\u2019existence ou\u00a0<s><del>des start-up<\/del><\/s><ins>des start-up<\/ins>\u00a0du Mali, du\u00a0Burkina Faso\u00a0et du S\u00e9n\u00e9gal, selon les explications de Nd\u00e8ye Awa Gu\u00e8ye.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cette premi\u00e8re \u00e9dition, elle pr\u00e9cise que seuls les secteurs relevant de la\u00a0s\u00e9curit\u00e9 alimentaire\u00a0et de l\u2019apprentissage \u00e0 distance seront financ\u00e9s. Chaque start-up ou projet retenu pourra b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un cofinancement allant jusqu\u2019\u00e0 cent quarante mille euros.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers son programme d\u2019entrepreneuriat lanc\u00e9 en 2015, la Fondation Tony Elumelu figure parmi les organisations qui accordent des financements aux start-up sur le continent. Contact\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises, elle n\u2019a cependant pas souhait\u00e9 r\u00e9pondre aux questions de SciDev.Net.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 la Fondation Mo Ibrahim, elle renvoie SciDev.Net au\u00a0rapport du Forum Ibrahim 2024\u00a0qui souligne que l\u2019Afrique a besoin de financement pour atteindre ses objectifs de d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus des financements, Serge Armel Njidjou mart\u00e8le qu\u2019il faut avoir la\u00a0culture\u00a0du travail en \u00e9quipe. \u00ab\u00a0C\u2019est tellement compliqu\u00e9 que, pour avoir une chance de r\u00e9ussir, il faut \u00eatre une \u00e9quipe. Il y a tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9quipes d\u2019innovateurs chez nous\u00a0; ce sont toujours des individualit\u00e9s. Les aventures solitaires ne sont pas susceptibles d\u2019inspirer la confiance des gens qui pourraient financer ou accompagner l\u2019innovation\u00a0\u00bb, insiste-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><ins>Incubateurs technologiques<\/ins><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><ins>L\u2019une des solutions pr\u00e9conis\u00e9es par Fran\u00e7ois Bouansa est la mise en place d\u2019incubateur<\/ins>s<ins>\u00a0technologique<\/ins>s.\u00a0<ins>\u00ab\u00a0<\/ins>L<ins>\u2019incubateur sera le puissant<\/ins>\u00a0<ins>catalyseur\u00a0du succ\u00e8s des projets\u00a0dans le<\/ins>\u00a0<ins>paysage dynamique de l\u2019innovation<\/ins>\u00a0<ins>et de l\u2019entrepreneuriat<\/ins>\u00a0\u00bb, dit-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dernier explique que \u00ab&nbsp;l<ins>a mise en place d\u2019un incubateur constitue un p\u00f4le de cr\u00e9ativit\u00e9 et de d\u00e9veloppement qui rassemble des inventeurs, des chercheurs et des entrepreneurs<\/ins>&nbsp;dans<ins>&nbsp;un espace collaboratif qui facilite les rencontres fortuites<\/ins>,<ins>&nbsp;cr\u00e9ant des opportunit\u00e9s de r\u00e9seautage<\/ins>&nbsp;et<ins>&nbsp;conduisant \u00e0 des innovations raffin\u00e9es&nbsp;\u00bb<\/ins>.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre,&nbsp;<ins>Dodzi Kossi&nbsp;<\/ins>pense<ins>&nbsp;qu\u2019il faut mettre en place des m\u00e9canismes d\u2019accompagnement tels que&nbsp;<\/ins>d<ins>es&nbsp;<\/ins><em>f<\/em><em><ins>ab<\/ins><\/em><em>l<\/em><em><ins>ab<\/ins><\/em>s qu\u2019il pr\u00e9sente comme<ins>&nbsp;des espaces o\u00f9 il y a des infrastructures n\u00e9cessaires pour que les innovateurs qui n\u2019ont pas la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er eux-m\u00eames un centre de d\u00e9veloppement de leurs produits, puissent avoir l\u2019\u00e9quipement n\u00e9cessaire pour&nbsp;<\/ins>le faire<ins>.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<ins>Quand vous prenez aujourd\u2019hui la Silicon Valley (\u00c9tats-Unis), c\u2019est un espace o\u00f9 il y a tous les \u00e9quipements<\/ins>&nbsp;et toutes<ins>&nbsp;les infrastructures<\/ins>. Un espace o<ins>\u00f9 les inventeurs, chercheurs et autres\u2026 font des exp\u00e9rimentations et d\u00e9veloppent des produits. Pourquoi ne pas cr\u00e9er aussi des parcs scientifiques et technologiques, des technopoles dans nos pays o\u00f9 les inventeurs puissent d\u00e9velopper leur talent ?<\/ins>&nbsp;\u00bb S\u2019interroge-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019en croire, l<ins>es jeunes ont des talents, ils con\u00e7oivent&nbsp;<\/ins>l<ins>es premiers mod\u00e8les, mais ce ne sont pas des mod\u00e8les aboutis parce qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019appui pour d\u00e9j\u00e0 faire le prototypage.&nbsp;<\/ins>\u00ab&nbsp;<ins>Or c\u2019est le premier prototype qui attire les investissements<\/ins>&nbsp;\u00bb<ins>,&nbsp;<\/ins>indique&nbsp;<ins>Dodzi Kossi.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p>Quelques<ins>\u00a0incubateurs technologiques\u00a0<\/ins>existent<ins>\u00a0dans\u00a0<\/ins>certains<ins>\u00a0pays africains. Au S\u00e9n\u00e9gal<\/ins>\u00a0par exemple<ins>, l\u2019incubateur technologique\u00a0<\/ins><em><ins>FRTN\u00a0Technologie,\u00a0<\/ins><\/em><ins>sp\u00e9cialis\u00e9 dans la formation et l\u2019accompagnement des porteurs de projets technologiques, guide les innovateurs jusqu\u2019\u00e0 la mise sur le march\u00e9 de leur<\/ins>s<ins>\u00a0produit<\/ins>s<ins>, depuis la phase de conceptualisation jusqu\u2019\u00e0 celle de la disponibilit\u00e9 du produit final.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p><ins>\u00ab\u00a0L\u2019une des structures \u00e0 avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de notre accompagnement est\u00a0<\/ins>\u00ab\u00a0<em><ins>Clarize Technology Group<\/ins>\u00a0\u00bb<\/em><ins>, une start-up sp\u00e9cialis\u00e9e dans la proposition de solutions cloud aux entreprises et aux particuliers. Nous avons aussi accompagn\u00e9\u00a0<\/ins><em><ins>PRO DEME<\/ins><\/em><ins>, une start-up sp\u00e9cialis\u00e9e, elle, dans la gestion de d\u00e9chets et\u00a0<\/ins>la<ins>\u00a0production d<\/ins>e l<ins>\u2019\u00e9nergie\u00a0renouvelable\u00a0\u00bb, explique Mbemba Diallo, start-up mentor<\/ins>\u00a0chez\u00a0<em><ins>FRTN Technologie<\/ins><\/em><ins>.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p><ins>Toutefois, \u00ab&nbsp;malgr\u00e9 les efforts qui sont faits, nos innovateurs ont toujours des difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux sources de financements\u2026<\/ins>&nbsp;\u00bb<ins>,&nbsp;<\/ins>regrette-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p><ins>Selon Dodzi Kossi, les \u00c9tats africains devraient tenir leur promesse faite en 2006<\/ins>&nbsp;<ins>de consacrer 1 % de leur&nbsp;<\/ins>produit int\u00e9rieur brut (<ins>PIB<\/ins>)<ins>&nbsp;\u00e0 la recherche et au d\u00e9veloppement.&nbsp;<\/ins>\u00ab&nbsp;A<ins>ujourd\u2019hui, c\u2019est \u00e0 peine 0,51 % du PIB en moyenne que nous investissons dans les pays africains<\/ins>&nbsp;\u00bb<ins>, se d\u00e9sole le directeur de la recherche scientifique et technique au minist\u00e8re de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur et de la recherche du Togo.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p><ins>Il propose aussi la mise en place de m\u00e9canismes d\u2019assurance qualit\u00e9 pour&nbsp;<\/ins>garantir<ins>&nbsp;la&nbsp;<\/ins>qualit\u00e9 et la&nbsp;<ins>comp\u00e9titivit\u00e9 des produits,&nbsp;<\/ins>\u00ab&nbsp;<ins>parce que nous sommes de plus en plus dans des march\u00e9s ouverts. Si nous ne prenons pas garde, ce sont d\u2019autres produits qui vont encore inonder nos pays<\/ins>&nbsp;\u00bb<ins>.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p><ins>Armel Ndjidjou rappelle&nbsp;<\/ins><ins>que la<\/ins>&nbsp;priorit\u00e9&nbsp;<ins>d<\/ins><ins>evrait<\/ins><ins>&nbsp;\u00eatre&nbsp;<\/ins>accord\u00e9e aux produits locaux.&nbsp;<ins>\u00ab&nbsp;<\/ins>Il faut qu\u2019on comprenne que pour que nos petites initiatives \u00e9mergent, il faut que d\u00e8s qu\u2019on a une bonne innovation, qu\u2019on la prot\u00e8ge pour qu\u2019elle se d\u00e9veloppe&nbsp;\u00bb<ins>, conclut-il.<\/ins><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Brice Kinhou, Kuessi Giraud Togb\u00e9,<\/strong><\/em><br><em><strong>Beatrice Longmene Kaze et Charles Kolou<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>SOURCE SciDev.Net<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bien qu\u2019elles r\u00e9pondent aux besoins du continent, les solutions africaines sont souvent \u00e9touff\u00e9es par le caract\u00e8re extraverti de nos habitudes<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":48834,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-48833","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-event-more-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/48833","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=48833"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/48833\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48835,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/48833\/revisions\/48835"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/48834"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=48833"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=48833"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=48833"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}