{"id":4797,"date":"2022-12-14T13:44:32","date_gmt":"2022-12-14T13:44:32","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=4797"},"modified":"2022-12-14T13:44:34","modified_gmt":"2022-12-14T13:44:34","slug":"sept-choses-a-savoir-sur-les-relations-afrique-etats-unis-une-mise-en-perspective","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=4797","title":{"rendered":"Sept choses \u00e0 savoir sur les relations Afrique\/\u00c9tats-Unis: une mise en perspective"},"content":{"rendered":"\n<p>A l\u2019occasion de la tenue du second sommet Afrique\/\u00c9tats-Unis, retour sur les principales \u00e9tapes de l\u2019\u00e9volution des relations entre Washington et le continent africain. Le v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat des \u00c9tats-Unis pour les territoires de l\u2019Afrique date de la p\u00e9riode de la d\u00e9colonisation, qui a entra\u00een\u00e9 l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration brutale de l\u2019histoire du continent.<\/p>\n\n\n\n<p>SOURCE RFI<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1 \u2013 Les \u00ab atouts \u00bb originels des Am\u00e9ricains<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9ostrat\u00e9gique des \u00c9tats-Unis pour l\u2019Afrique est r\u00e9cent, m\u00eame si les liens directs sont anciens et remontent au moins \u00e0 200 ans, \u00e0 la cr\u00e9ation de la colonie du Liberia par les Noirs am\u00e9ricains au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. Les \u00c9tats-Unis ont certes b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du labeur des esclaves africains amen\u00e9s de force, mais ils n\u2019ont pas particip\u00e9 aux razzias, ni ont&nbsp;occup\u00e9 militairement le continent africain pour y construire des empires coloniaux, contrairement aux Europ\u00e9ens. C\u2019est pourquoi lorsque les Am\u00e9ricains d\u00e9barquent en Afrique militairement, \u00e0 la faveur de la Seconde Guerre mondiale, ils ne sont pas per\u00e7us par les Africains comme d\u2019\u00ab affreux \u00bb colonisateurs. Ce qui faisait dire aux historiens autrefois: \u00ab&nbsp;<em>L\u2019Afrique est plus un probl\u00e8me europ\u00e9en qu\u2019un probl\u00e8me am\u00e9ricain<\/em>&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>A cette image d\u2019une virginit\u00e9 coloniale dont jouissent les Am\u00e9ricains sur le continent africain s\u2019ajoutent, selon l\u2019\u00e9conomiste Michel Rogalski (1), deux autres atouts : \u00ab<em>&nbsp;leur attitude de soutien de principe aux luttes en faveur des ind\u00e9pendances \u00bb&nbsp;<\/em>et le fait que<em>&nbsp;\u00ab les Etats-Unis se pr\u00e9sentent comme une nation poss\u00e9dant une forte minorit\u00e9 afro-am\u00e9ricaine<\/em>&nbsp;\u00bb. En effet, dans les ann\u00e9es 1950, alors que l\u2019apartheid s\u00e9vissait en Afrique australe, l\u2019ambassadeur des Etats-Unis \u00e0 Monrovia (capitale du Liberia) \u00e9tait un Africain-Am\u00e9ricain de Chicago. Quant au soutien apport\u00e9 par Washington aux Africains en lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance, ce soutien a \u00e9t\u00e9 pour le moins ambivalent, comme l\u2019on a pu le voir au Congo, o\u00f9 la Central Intelligence Agency (CIA) a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif dans l\u2019assassinat de Patrice Lumumba en 1960 tout en poussant les colonisateurs belges vers la sortie, ou encore en Guin\u00e9e en 1958, o\u00f9 Washington a tard\u00e9 \u00e0 reconna\u00eetre le gouvernement de S\u00e9kou Tour\u00e9 apr\u00e8s son \u00ab non \u00bb historique au g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, pr\u00e9cipitant ce pays ouest-africain dans les bras de l\u2019Union sovi\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2 \u2013 La (re)d\u00e9couverte de l\u2019Afrique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;L\u2019accession des colonies africaines \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance dans les ann\u00e9es 1950-60 &nbsp;modifie profond\u00e9ment la carte politique de l\u2019Afrique, qui ne comprenait avant la Seconde Guerre mondiale que deux \u00c9tats ind\u00e9pendants : le Liberia et l\u2019\u00c9thiopie. Cette importance accrue du continent africain sur le plan politique et g\u00e9ostrat\u00e9gique n\u2019\u00e9chappa pas aux hommes politiques am\u00e9ricains, comme en t\u00e9moigne le voyage effectu\u00e9 par le pr\u00e9sident Nixon en Afrique au printemps 1957. Ce voyage intervient au moment o\u00f9 l\u2019administration Eisenhower cr\u00e9e un nouveau poste d\u2019adjoint au secr\u00e9taire d\u2019Etat pour les Affaires africaines.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La visite de Nixon sera suivie d\u2019une longue tourn\u00e9e de dix semaines en Afrique de Charles Manning, chef des services des Affaires africaines au d\u00e9partement d\u2019\u00c9tat. Accompagn\u00e9 de Julius Holmes, adjoint sp\u00e9cial du secr\u00e9taire d\u2019Etat John Foster Dulles, celui-ci parcourut quasiment l\u2019ensemble du continent, allant de l\u2019A-O.F. et, l\u2019A-E .F. \u00e0 l\u2019Afrique du Nord, en passant par les possessions britanniques, belges et portugaises et l\u2019Afrique orientale. A leur retour au bercail, les rapports que r\u00e9digent ces hauts fonctionnaires, constituent, \u00ab&nbsp;<em>la base \u00e0 une politique am\u00e9ricaine \u00e9clair\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb en Afrique, selon l\u2019Africaniste Philippe Decraene. (2).<\/p>\n\n\n\n<p>Cet int\u00e9r\u00eat am\u00e9ricain pour leurs pays avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque plut\u00f4t bien vu par la classe politique africaine qui comptait sur l\u2019assistance \u00e9conomique des Etats-Unis pour se soustraire \u00e0 l\u2019emprise politique europ\u00e9enne. Or pour Washington, emp\u00eatr\u00e9e alors dans la guerre froide, sa politique africaine \u00e9tait fondamentalement destin\u00e9e \u00e0 servir de base \u00e0 une politique antisovi\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3 \u2013 Le continent africain, un enjeu des rivalit\u00e9s russo-am\u00e9ricaines<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la guerre froide, l\u2019Afrique est un terrain d\u2019affrontement entre l\u2019Est et l\u2019Ouest, avec l\u2019attention des Am\u00e9ricains concentr\u00e9e plus particuli\u00e8rement sur l\u2019Afrique australe et la Corne de l\u2019Afrique. Dans le sud, notamment en Angola, en Namibie et au Mozambique, les Am\u00e9ricains interviennent indirectement, par l\u2019entremise de l\u2019Afrique du Sud pour refouler l\u2019avanc\u00e9e communiste et r\u00e9duire l\u2019influence des partis et mouvements nationaux se r\u00e9clamant du marxisme. L\u2019Afrique du Sud elle-m\u00eame, o\u00f9 s\u00e9vissait depuis 1948 un r\u00e9gime de s\u00e9gr\u00e9gation et d\u2019apartheid, est \u00e9rig\u00e9e par l\u2019administration Reagan en amie et alli\u00e9e dans sa lutte contre l\u2019influence sovi\u00e9tique. C\u2019est sous la pression de l\u2019opinion publique et de l\u2019influent&nbsp;<em>Congressional Black Caucus<\/em>, que les l\u00e9gislateurs am\u00e9ricains r\u00e9ussissent \u00e0 faire voter en 1986 la loi \u00ab&nbsp;<em>Comprehensive Anti-Apartheid Act&nbsp;<\/em>\u00bb imposant des sanctions \u00e9conomiques contre Pretoria, et cela en d\u00e9pit du veto du pr\u00e9sident et l\u2019opposition du d\u00e9partement d\u2019\u00c9tat. Pour ce qui est de la militarisation de la Corne de l\u2019Afrique, elle s\u2019explique par l\u2019int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique que pr\u00e9sente la r\u00e9gion pour les Etats-Unis et l\u2019Occident en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 cause de sa proximit\u00e9 aux routes maritimes et les champs p\u00e9troliers du Moyen-Orient.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4 \u2013 \u00ab&nbsp;<em>Trade not aid&nbsp;<\/em>\u00bb : la diplomatie commerciale de Clinton<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Les ann\u00e9es 1990, c\u2019est la fin de la guerre froide. Avec la d\u00e9tente, les tensions retombent. Premier grand pr\u00e9sident am\u00e9ricain de l\u2019apr\u00e8s-guerre froide, Bill Clinton (1993-2001) effectue deux visites en Afrique subsaharienne o\u00f9 il parle de la fin des r\u00e9criminations, de r\u00e9conciliation, de d\u00e9mocratie, de paix et de prosp\u00e9rit\u00e9 comme \u00ab&nbsp;<em>l\u2019essence d\u2019une nouvelle Afrique<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Tous les observateurs s\u2019accordent pour reconna\u00eetre que les ann\u00e9es Bill Clinton ont donn\u00e9 une nouvelle impulsion aux relations africano-am\u00e9ricaines. Mais les d\u00e9buts de l\u2019administration Clinton sont h\u00e9sitants, voire catastrophiques, marqu\u00e9s par la mort de 19 soldats am\u00e9ricains dans le cadre d\u2019une action humanitaire en Somalie. L\u2019image du corps d\u2019un soldat am\u00e9ricain tra\u00een\u00e9 dans les rues de Mogadiscio fera le tour des t\u00e9l\u00e9visions du monde entier. Cette humiliation cruelle pour la premi\u00e8re arm\u00e9e du monde conduira Clinton \u00e0 retirer les troupes de la Somalie. L\u2019\u00e9v\u00e9nement ne fut sans doute pas \u00e9tranger au refus des Am\u00e9ricains d\u2019intervenir l\u2019ann\u00e9e suivante au Rwanda pour stopper le g\u00e9nocide. Rien ne traduit mieux le moral en berne des responsables am\u00e9ricains concernant les affaires africaines de l\u2019\u00e9poque que la formule : \u00ab&nbsp;<em>Les probl\u00e8mes de l\u2019Afrique appellent des solutions africaines<\/em>&nbsp;\u00bb qui \u00e9tait une mani\u00e8re de maintenir les conflits africains \u00e0 bonne distance des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019en reste pas moins, comme l\u2019a \u00e9crit Jennifer Cooke, directrice du Programme pour l\u2019Afrique du&nbsp;<em>Center for Strategic and International Studies<\/em>&nbsp;\u00e0 Washington, \u00ab&nbsp;<em>au-del\u00e0 de ces faiblesses, on cr\u00e9dite Bill Clinton d\u2019avoir nettement renforc\u00e9 l\u2019engagement am\u00e9ricain en Afrique et sensibilis\u00e9 le Congr\u00e8s et l\u2019opinion publique am\u00e9ricaine aux d\u00e9fis sp\u00e9cifiques de l\u2019Afrique<\/em>&nbsp;\u00bb (3) Selon les sp\u00e9cialistes, la principale contribution de l\u2019administration Clinton est d\u2019avoir aid\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer l\u2019Afrique dans les circuits \u00e9conomiques mondiaux. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019objectif de la loi relative \u00e0 la croissance et aux opportunit\u00e9s en Afrique (<em>African Growth and Opportunity Act, AGOA<\/em>), vot\u00e9e en 2000, pendant la derni\u00e8re ann\u00e9e du second mandat de Clinton.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Fond\u00e9e sur le principe \u00ab&nbsp;<em>Trade not aid&nbsp;<\/em>\u00bb, cette loi a ouvert le march\u00e9 am\u00e9ricain en franchise de douane pour des produits (essentiellement textiles et hydrocarbures) provenant des pays africains \u00e9ligibles. Les crit\u00e8res d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 pour prendre part \u00e0 AGOA mettent l\u2019accent sur la mise en place d\u2019une \u00e9conomie de march\u00e9, mais aussi sur l\u2019\u00e9tat de droit et le pluralisme politique. Avec pr\u00e8s d\u2019une quarantaine de pays d\u2019Afrique subsaharienne \u00e9ligibles \u00e0 l\u2019AGOA, cette loi traduit la tendance de fond de la politique africaine de Washington de l\u2019apr\u00e8s-guerre froide consistant \u00e0 combiner la diplomatie commerciale et la mission messianique am\u00e9ricaine de \u00ab&nbsp;<em>l\u2019\u00e9largissement de la d\u00e9mocratie dans le monde<\/em>&nbsp;\u00bb. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>5 \u2013 L\u2019Afrique devient une priorit\u00e9 strat\u00e9gique&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sous les pr\u00e9sidences Bush (2001- 2008), on assiste \u00e0 un repositionnement de la politique africaine avec l\u2019\u00e9mergence de nouveaux enjeux. L\u2019accent est mis sur le potentiel \u00e9conomique de l\u2019Afrique, en particulier comme source alternative d\u2019importations p\u00e9troli\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, en 2001, peu d\u2019observateurs s\u2019attendaient \u00e0 ce que George W. Bush,&nbsp;de culture r\u00e9publicaine, s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la politique africaine. D\u2019autant que pendant la campagne \u00e9lectorale, le futur pr\u00e9sident avait ni\u00e9 l\u2019importance strat\u00e9gique de l\u2019Afrique. Sa conseill\u00e8re principale en politique \u00e9trang\u00e8re, Condolezza Rice, avait, elle, pour sa part, publiquement critiqu\u00e9 l\u2019administration sortante pour avoir entra\u00een\u00e9 les troupes africaines dans le bourbier somalien, alors m\u00eame que ce pays n\u2019avait aucune importance strat\u00e9gique pour les Etats-Unis. Or, tout cela va changer apr\u00e8s le 11 septembre 2001\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>&nbsp;Les attentats de 2001, la &lsquo;Global War on Terror&rsquo; et l\u2019invasion de l\u2019Irak firent converger \u00e9lans humanitaires, enjeux s\u00e9curitaires et priorit\u00e9s am\u00e9ricaines \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale<\/em>&nbsp;\u00bb, souligne Jennifer Cook du CSIS (3). En effet, avec les r\u00e9v\u00e9lations sur les liens d\u2019Oussama Ben Laden avec le Soudan et son r\u00f4le dans les attentats contre les ambassades am\u00e9ricaines au Kenya et en Tanzanie, les Am\u00e9ricains prennent conscience de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de leurs actifs en Afrique et du lien entre sous-d\u00e9veloppement et ins\u00e9curit\u00e9. Ils comprennent que pour \u00e9viter que des r\u00e9gions d\u00e9laiss\u00e9es du continent servent de bases aux r\u00e9seaux islamistes radicaux, il \u00e9tait imp\u00e9rieux d\u2019accro\u00eetre leur soutien au d\u00e9veloppement. C\u2019est ce que l\u2019administration Bush s\u2019est attach\u00e9 \u00e0 faire en multipliant par quatre son aide aux \u00c9tats d\u2019Afrique subsaharienne. Celle-ci passe de 1,4 milliards de dollars en 2002 \u00e0 8 ,1 milliards en 2010.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>L\u2019intervention am\u00e9ricaine est d\u00e9sormais guid\u00e9e par un principe de s\u00e9curisation pr\u00e9ventive, qui passe par une politique tourn\u00e9e vers le d\u00e9veloppement \u00e9conomique, le renforcement du processus de d\u00e9mocratisation du continent et la pr\u00e9vention du sida&nbsp;<\/em>\u00bb, explique l\u2019universitaire Fr\u00e9d\u00e9ric Leriche&nbsp;(5). Pour atteindre ces objectifs, les principaux programmes mis en place par l\u2019administration Bush sont : le&nbsp;<em>President\u2019s Emergency Plan for Aids Relief<\/em>&nbsp;(PEPFAR) pour lutter contre le sida qui ravage l\u2019Afrique australe et le&nbsp;<em>Millenium Challenge Corporation&nbsp;<\/em>(MCC), qui est un fonds de d\u00e9veloppement destin\u00e9 \u00e0 stimuler la croissance et d\u2019encourager la bonne gouvernance. Ces programmes embl\u00e9matiques de la pr\u00e9sidence Bush, ajout\u00e9s \u00e0 la cr\u00e9ation en 2007 d\u2019une cinqui\u00e8me arm\u00e9e pour l\u2019Afrique (AFRICOM), ont donn\u00e9 au continent africain une place renforc\u00e9e dans la politique ext\u00e9rieure am\u00e9ricaine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>6 \u2013 Obama\/Afrique, un rendez-vous manqu\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sous Barack Obama, la politique am\u00e9ricaine \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019Afrique ne conna\u00eetra pas de fl\u00e9chissement notable. Paradoxalement, malgr\u00e9 les espoirs suscit\u00e9s par l\u2019\u00e9lection \u00e0 la pr\u00e9sidence de ce fils m\u00e9tis d\u2019un K\u00e9nyan et d\u2019une Am\u00e9ricaine, l\u2019engagement des Etats-Unis en Afrique n\u2019a pas connu d\u2019avanc\u00e9es spectaculaires. Pour nombre d\u2019observateurs, entre l\u2019Afrique et Obama, c\u2019\u00e9tait un \u00ab&nbsp;<em>rendez-vous manqu\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb. Il y a eu certes des voyages au continent ancestral, des discours sur la d\u00e9mocratie ou la bonne gouvernance, mais il n\u2019y a pas eu d\u2019initiatives marquantes et g\u00e9n\u00e9reuses comme sous Bill Clinton ou George Bush.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Accapar\u00e9 par les probl\u00e8mes de r\u00e9cession qui mena\u00e7aient les Etats-Unis et la question du retrait des troupes de l\u2019Irak et de l\u2019Afghanistan, c\u2019est seulement lors de son second mandat que Barack Obama s\u2019est r\u00e9ellement investi dans la politique africaine en lan\u00e7ant notamment son projet phare&nbsp;<em>Power Africa<\/em>, cens\u00e9 doubler l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 en Afrique subsaharienne, dot\u00e9e d\u2019une enveloppe de 7 milliards de dollars. C\u2019est aussi \u00e0 lui qu\u2019on doit l\u2019id\u00e9e d\u2019une rencontre au sommet des dirigeants africains et \u00e9tats-uniens, dont il a inaugur\u00e9 en 2014 la premi\u00e8re \u00e9dition et dont la seconde \u00e9dition se tient en ce moment m\u00eame \u00e0 Washington. Point d\u2019orgue de ce sommet, l\u2019<em>US-Africa Business Forum<\/em>&nbsp;qui avait r\u00e9uni en 2014 plusieurs centaines de patrons de grandes et petites entreprises africaines et am\u00e9ricaines, et qui mettait l\u2019accent sur les opportunit\u00e9s d\u2019affaires en Afrique, est, selon Alex Vines du&nbsp;<em>think tank Chatham House,<\/em>&nbsp;peut-\u00eatre la principale contribution du pr\u00e9sident Obama en faveur du continent de son p\u00e8re. \u00ab&nbsp;<em>Une initiative comparable par sa popularit\u00e9 \u00e0 tous les programmes g\u00e9n\u00e9reux et de vaste ampleur lanc\u00e9s par ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs \u00e0 l\u2019intention de l\u2019Afrique&nbsp;<\/em>\u00bb, a \u00e9crit Vines (6).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>7-&nbsp;<strong>La&nbsp; nouvelle \u00ab&nbsp;<em>US strategy towards subsaharan Africa<\/em>&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Soucieuse de faire oublier les ann\u00e9es Trump marqu\u00e9es par un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat hautain pour l\u2019Afrique, l\u2019administration Biden a publi\u00e9 en ao\u00fbt dernier la nouvelle strat\u00e9gie am\u00e9ricaine dans l\u2019Afrique subsaharienne. Ce document qui met l\u2019accent sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir un partenariat d\u2019\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal entre Africains et Am\u00e9ricains, identifie pour les cinq ann\u00e9es \u00e0 venir quatre priorit\u00e9s dans des domaines qui vont de l\u2019insertion des soci\u00e9t\u00e9s africaines dans la sph\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie marchande \u00e0 la transition \u00e9nerg\u00e9tique, en passant par la d\u00e9mocratie, la gestion des besoins en sant\u00e9 dans cette p\u00e9riode post-pand\u00e9mie et les enjeux climatiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>&nbsp;Cette strat\u00e9gie a \u00e9t\u00e9 bien re\u00e7ue par les d\u00e9cideurs africains puisqu\u2019elle&nbsp;fixe des objectifs chiffr\u00e9s tenant compte des d\u00e9siderata des partenaires du continent&nbsp;<\/em>\u00bb, se r\u00e9jouit le docteur Fonteh Akum, directeur ex\u00e9cutif de l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes de s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 Johannesburg. \u00ab&nbsp;<em>Mais (elle)&nbsp;a aussi suscit\u00e9 quelques critiques,&nbsp;<\/em>souligne le politologue<em>, notamment pour avoir ax\u00e9 la strat\u00e9gie de coop\u00e9ration africano-am\u00e9ricaine sur la confrontation avec la Russie et la Chine ou encore pour avoir perp\u00e9tu\u00e9 le clivage artificiel et colonial entre l\u2019Afrique subsaharienne et l\u2019Afrique du Nord \u00bb.&nbsp;<\/em>Et d\u2019ajouter&nbsp;<em>: \u00ab elle n\u2019en reste pas moins une strat\u00e9gie ambitieuse, qui d\u00e9passe la simple question des relation diplomatiques et a le potentiel de faire de l\u2019Afrique un v\u00e9ritable enjeu strat\u00e9gique de la politique ext\u00e9rieure am\u00e9ricaine<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>(1)&nbsp;&nbsp; &nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Afrique\/Etats-Unis : une relation singuli\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb, par Michel Rogalski, in Recherches internationales, n\u00b0 85, janvier-mars 2009<\/p>\n\n\n\n<p>(2)&nbsp;&nbsp; &nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Les Etats-Unis manifestent un int\u00e9r\u00eat croissant pour les territoires de l\u2019Afrique noire<\/em>&nbsp;\u00bb, par Philippe Decraene. In Le Monde Diplomatique, d\u00e9cembre 1958<\/p>\n\n\n\n<p>(3)&nbsp;&nbsp; &nbsp; \u00ab<em>&nbsp;De Clinton \u00e0 Obama, les Etats-Unis et l\u2019Afrique<\/em>&nbsp;\u00bb, in The United States in Africa, par Jennifer Cooke. Traduit de l\u2019anglais par Lucille Chevalier.<\/p>\n\n\n\n<p>(4)&nbsp;&nbsp; &nbsp;\u00ab&nbsp;<em>La politique africaine des Etats-Unis : une mise en perspective<\/em>&nbsp;\u00bb, par Fr\u00e9d\u00e9ric Leriche, in L\u2019Afrique contemporaine, 2003\/3 (n\u00b0 207)<\/p>\n\n\n\n<p>(5)&nbsp;&nbsp; &nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Trade not aid : Obama\u2019s Africa legacy<\/em>&nbsp;\u00bb, par Dr. Alex Vines. Site de Chatham House, 20 septembre 2016.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019occasion de la tenue du second sommet Afrique\/\u00c9tats-Unis, retour sur les principales \u00e9tapes de l\u2019\u00e9volution des relations entre Washington<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4805,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-4797","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politics"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4797","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4797"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4797\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4806,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4797\/revisions\/4806"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4805"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4797"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4797"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4797"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}