{"id":47568,"date":"2024-12-02T09:35:45","date_gmt":"2024-12-02T09:35:45","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=47568"},"modified":"2024-12-02T12:23:22","modified_gmt":"2024-12-02T12:23:22","slug":"commemoration-de-thiaroye-44-les-maux-dun-massacre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=47568","title":{"rendered":"Thiaroye 44 : Les maux d\u2019un massacre"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Hier, le Camp Lieutenant Amadou Lindor Fall de Thiaroye s\u2019est replong\u00e9 dans l\u2019histoire sinistre qui a eu lieu sur son sol. Si on d\u00e9roule le tapis rouge aux invit\u00e9s du S\u00e9n\u00e9gal, notamment les chefs d\u2019Etat mauritanien, gambien bissau-guin\u00e9en, gabonais, le Pr\u00e9sident Faye est retourn\u00e9 dans ce pass\u00e9 douloureux entre la France et ses ex-colonies. Et le massacre de Thiaroye est un marqueur de cette relation de domination qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite souvent avec le sang des populations autochtones. Le Camp de Thiaroye a port\u00e9 ses habits de deuil pour essayer de fouiller ce pass\u00e9 afin de d\u00e9couvrir ce qui s\u2019est pass\u00e9 le 1er d\u00e9cembre 1944. Un pan historique \u00e0 d\u00e9voiler&nbsp;! Un autre narratif sur la \u00abvraie\u00bb histoire de cette tuerie qui aurait fait officiellement 35 ou 70 morts.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le chef de l\u2019Etat Bassirou Diomaye Faye, avec des chefs d\u2019Etat africains, a comm\u00e9mor\u00e9 hier le 80\u00e8me anniversaire du massacre de Thiaroye. Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, qui souhaite la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9 sur ce massacre perp\u00e9tr\u00e9 par la France coloniale, a annonc\u00e9 des mesures pour que cette histoire ne tombe pas dans l\u2019oubli.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un pas important qui a \u00e9t\u00e9 franchi pour restaurer la m\u00e9moire et la dignit\u00e9 des Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais, avec la comm\u00e9moration du 80\u00e8me anniversaire du massacre de Thiaroye du 1er d\u00e9cembre 1944, pr\u00e9sid\u00e9e hier par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Bassirou Diomaye Faye avec plusieurs autres chefs d\u2019Etat africains. D\u2019ailleurs, lors de cette c\u00e9r\u00e9monie, le chef de l\u2019Etat s\u00e9n\u00e9galais a promis d\u2019aller plus loin, il a ainsi annonc\u00e9 cinq mesures. Le Pr\u00e9sident Faye a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019initier \u00abplusieurs mesures de r\u00e9appropriation de cette histoire commune avec 16 pays africains fr\u00e8res\u00bb. De m\u00eame, il a indiqu\u00e9 \u00abqu\u2019un m\u00e9morial \u00e0 l\u2019honneur des tirailleurs sera \u00e9rig\u00e9 \u00e0 Thiaroye&nbsp;pour servir de lieu de recueillement ouvert \u00e0 toutes les nations dont ils \u00e9taient originaires\u00bb. Bassirou Diomaye Faye a \u00e9galement annonc\u00e9 \u00abun centre de documentation et de recherche d\u00e9di\u00e9 pour conserver la m\u00e9moire\u00bb de ces soldats africains ayant particip\u00e9 \u00e0 la lib\u00e9ration de la France du joug nazi. En outre, selon le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, \u00abdes rues et places porteront le nom de cet \u00e9v\u00e9nement tragique, de ces soldats pour inscrire leur sacrifice dans notre quotidien\u00bb. Toujours dans le cadre de l\u2019appropriation de cette histoire tragique et pour un devoir de m\u00e9moire, il a soutenu que \u00abl\u2019histoire de Thiaroye sera enseign\u00e9e dans les curricula \u00e9ducatifs\u00bb. \u00abLes g\u00e9n\u00e9rations futures grandiront avec une compr\u00e9hension approfondie de cet \u00e9pisode de notre pass\u00e9\u00bb, a soutenu chef de l\u2019Etat. Mieux, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique renseigne que la Journ\u00e9e du tirailleur est d\u00e9sormais fix\u00e9e le 1er d\u00e9cembre de chaque ann\u00e9e. Il faut rappeler que l\u2019ancien pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Abdoulaye Wade avait d\u00e9cr\u00e9t\u00e9, en 2004, le 23 ao\u00fbt comme journ\u00e9e du tirailleur s\u00e9n\u00e9galais. Cette date a \u00e9t\u00e9 choisie en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 celle de la lib\u00e9ration de Toulon (Var) le 23 ao\u00fbt 1944, o\u00f9 les soldats du 6\u00e8me R\u00e9giment des Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais sont les premiers \u00e0 entrer dans la ville. Certains historiens s\u00e9n\u00e9galais ont toujours soutenu que la meilleure date pour rendre hommage aux tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais est le 1er d\u00e9cembre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le ministre fran\u00e7ais des Affaires \u00e9trang\u00e8res&nbsp;: \u00abIl n\u2019y a pas d\u2019apaisement sans la justice. Il n\u2019y a pas de justice sans la v\u00e9rit\u00e9\u00bb<\/strong><br>Du c\u00f4t\u00e9 de la France aussi, le discours a \u00e9volu\u00e9. Apr\u00e8s le Pr\u00e9sident Emmanuel Macron qui a reconnu, dans une lettre adress\u00e9e au Pr\u00e9sident Faye, dans le cadre de la comm\u00e9moration de cet \u00e9v\u00e8nement, que c\u2019est un massacre, le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res de la France est all\u00e9 plus loin, soutenant que \u00ables douleurs encore si vives provoqu\u00e9es par cette plaie b\u00e9ante dans notre histoire commune, seul un travail de m\u00e9moire peut conduire \u00e0 les apaiser\u00bb. De ce fait, Jean Noel Barrot, qui \u00e9tait pr\u00e9sent \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie comm\u00e9morative hier, soutient qu\u2019il \u00abn\u2019y a pas d\u2019apaisement sans la justice. Il n\u2019y a pas de justice sans la v\u00e9rit\u00e9\u00bb. Et d\u2019ajouter&nbsp;: \u00abLa v\u00e9rit\u00e9, l\u2019histoire et la m\u00e9moire ne sont pas des postures, mais des processus portant une part de complexit\u00e9 devant lesquels nous ne devons pas reculer. C\u2019est pourquoi la transmission des archives a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e en 2014. C\u2019est pourquoi la France a accueilli une mission d\u2019\u00e9tude des archives que vous avez mandat\u00e9e, qui contribue aux travaux du comit\u00e9 dirig\u00e9 par le professeur Mamadou Diouf. C\u2019est la raison pour laquelle le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique vous a \u00e9crit, Monsieur le Pr\u00e9sident, pour vous dire que la France se doit de reconna\u00eetre que ce jour-l\u00e0 s\u2019est d\u00e9clench\u00e9 un encha\u00eenement de faits ayant abouti \u00e0 un massacre.&nbsp;Et si la France reconna\u00eet ce massacre, elle le fait aussi pour elle-m\u00eame, car elle n\u2019accepte pas qu\u2019une telle injustice puisse entacher son histoire.\u00bb Dans la m\u00eame veine, le ministre fran\u00e7ais des Affaires \u00e9trang\u00e8res a insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 de faire jaillir la lumi\u00e8re sur cette page sombre de l\u2019histoire. \u00abInclinons-nous devant les 202 st\u00e8les blanches du Cimeti\u00e8re de Thiaroye, plant\u00e9es dans la terre rouge du S\u00e9n\u00e9gal comme une invitation permanente \u00e0 \u0153uvrer pour la justice et la v\u00e9rit\u00e9, partout et en tout temps\u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son discours, M. Barrot est revenu sur les \u00e9v\u00e8nements ayant conduit \u00e0 ce massacre. \u00abEt c\u2019est au matin du 1er d\u00e9cembre 1944, ici m\u00eame \u00e0 Thiaroye, qu\u2019ils r\u00e9clam\u00e8rent justice dans un immense cri de col\u00e8re qui retentit encore 80 ans plus tard. Un cri de col\u00e8re que la France r\u00e9prima dans le sang, en ouvrant le feu sur ceux-l\u00e0 m\u00eames qui avaient risqu\u00e9 leur vie pour qu\u2019elle puisse \u00eatre lib\u00e9r\u00e9e. Rien ne peut justifier que des soldats de la France aient ainsi retourn\u00e9 leurs canons contre leurs fr\u00e8res d\u2019armes\u00bb, a-t-il regrett\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le S\u00e9n\u00e9gal a comm\u00e9mor\u00e9 le massacre des soldats africains d\u2019Afrique<\/strong>\u00a0subsaharienne, appel\u00e9s Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais, et incorpor\u00e9s dans les troupes coloniales fran\u00e7aises, avec une c\u00e9r\u00e9monie officielle pr\u00e9sid\u00e9e par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Bassirou Diomaye Faye, en pr\u00e9sence de plusieurs chefs d\u2019Etat africains dont Mohamed Ould Ghazouani, pr\u00e9sident en exercice de l\u2019Union africaine (Ua) et de la Mauritanie, et de ses homologues de la Gambie, Adama Barrow, de la Guin\u00e9e-Bissau, Umaro Sissoco Embal\u00f3, du Gabon, Brice Oligui Ngu\u00e9ma, et des Comores, Assoumani Azali.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Par Dieynaba KANE-dkane@lequotidien.sn<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hier, le Camp Lieutenant Amadou Lindor Fall de Thiaroye s\u2019est replong\u00e9 dans l\u2019histoire sinistre qui a eu lieu sur son<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":47569,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-47568","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/47568","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=47568"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/47568\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47640,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/47568\/revisions\/47640"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/47569"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=47568"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=47568"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=47568"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}