{"id":44724,"date":"2024-10-21T11:49:36","date_gmt":"2024-10-21T11:49:36","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=44724"},"modified":"2024-10-21T11:53:19","modified_gmt":"2024-10-21T11:53:19","slug":"cali-bakou-riyad-trois-cop-pour-preserver-le-climat-lenvironnement-et-lavenir-du-vivant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=44724","title":{"rendered":"Cali, Bakou, Riyad: trois COP pour pr\u00e9server le climat, l\u2019environnement et l\u2019avenir du vivant"},"content":{"rendered":"\n<p>Fin d\u2019ann\u00e9e charg\u00e9e sur le front de la diplomatie environnementale. La COP16 pour la biodiversit\u00e9 s\u2019ouvre ce lundi 21 octobre pour quinze jours en Colombie. Suivront les deux autres conf\u00e9rences onusiennes d\u00e9di\u00e9es au climat (Azerba\u00efdjan) et \u00e0 la d\u00e9sertification (Arabie saoudite). Si elles ont leurs enjeux politiques propres, ces trois COP sont \u00e9troitement li\u00e9es dans la poursuite d\u2019un m\u00eame objectif&nbsp;: l\u2019habitabilit\u00e9 de notre plan\u00e8te, engag\u00e9e dans un compte-\u00e0-rebours.<\/p>\n\n\n\n<p>Par : G\u00e9raud Bosman-Delzons<\/p>\n\n\n\n<p>Limiter le r\u00e9chauffement climatique est une condition indispensable pour garantir au monde vivant sa vie future. Mais l\u2019inverse est tout aussi vrai\u00a0: animaux et v\u00e9g\u00e9taux sont primordiaux pour stabiliser un climat supportable. Fourmis, moucherons, abeilles, papillons&#8230; : ces pollinisateurs assurent la reproduction des v\u00e9g\u00e9taux, maillon essentiel du cycle du carbone. Il y a le krill aussi,\u00a0<strong>menac\u00e9 dans l&rsquo;Antarctique<\/strong>, qui capte \u00e9norm\u00e9ment de carbone. Ce ne sont que deux exemples. Des\u00a0<strong>coraux<\/strong>\u00a0aux\u00a0<strong>corbeaux<\/strong>, les esp\u00e8ces vivantes jouent toutes un r\u00f4le sur le th\u00e9\u00e2tre de la Terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Si certaines font preuve d\u2019une r\u00e9silience \u00e9tonnante face aux bouleversements, leur capacit\u00e9 d\u2019adaptation (par\u00a0<strong>leur d\u00e9m\u00e9nagement<\/strong>\u00a0ou\u00a0<strong>la modification g\u00e9n\u00e9tique<\/strong>) est tr\u00e8s limit\u00e9e et c\u2019est l\u2019extinction qui les menace. La derni\u00e8re \u00e9valuation en date est celle du Fonds mondial pour la nature (WWF). Sorti le 10 octobre,\u00a0<strong>son rapport Plan\u00e8te vivante<\/strong>\u00a0indique que les populations d&rsquo;animaux sauvages autour du globe ont diminu\u00e9 de 73% en cinquante ans. Vertigineux.<\/p>\n\n\n\n<p>Les combats pour le climat et la diversit\u00e9 biologique des esp\u00e8ces sont donc imbriqu\u00e9s. Ils sont \u00e9galement li\u00e9s \u00e0 celui pour la pr\u00e9servation des sols, notre cro\u00fbte terrestre. L\u2019utilisation des terres par l\u2019humanit\u00e9 (agriculture, \u00e9levage, d\u00e9forestation\u2026) constitue la deuxi\u00e8me source d\u2019\u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre (23%) apr\u00e8s les \u00e9nergies fossiles. A l\u2019inverse, le maintien \u00e0 l\u2019\u00e9tat naturel de vastes espaces comme les tourbi\u00e8res et les for\u00eats participent au stockage naturel des gaz \u00e0 effet de serre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/s.rfi.fr\/media\/display\/6f0c1a80-8f1e-11ef-ae26-005056bf30b7\/boucle.jpg\" alt=\"Liens de causes \u00e0 effets entre changement climatique, biodiversit\u00e9 et d\u00e9gradation des terres.\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Liens de causes \u00e0 effets entre changement climatique, biodiversit\u00e9 et d\u00e9gradation des terres.&nbsp;\u00a9 UNCLD<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<em>Depuis un si\u00e8cle, on a transform\u00e9 la biodiversit\u00e9 de mani\u00e8re acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. La biodiversit\u00e9, c\u2019est la diversit\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes (paysages), des esp\u00e8ces et des g\u00e8nes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des esp\u00e8ces. Si on r\u00e9duit cette diversit\u00e9, qui est un capital naturel, on sera beaucoup moins arm\u00e9 \u00e0 l\u2019avenir pour faire face \u00e0 un climat qui aura beaucoup chang\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb, r\u00e9sume S\u00e9bastien Treyer, directeur de l\u2019Institut du d\u00e9veloppement durable et des relations internationales (Iddri),\u00a0<strong>invit\u00e9 de C&rsquo;est pas du vent<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les causes sont bien identifi\u00e9es, toutes d\u2019origine humaine&nbsp;: destruction des habitats (d\u00e9forestation, urbanisation, agriculture extensive et intensive), pollution, surp\u00eache, braconnage et changement climatique&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>La ministre colombienne de l&rsquo;Environnement, Susana Muhamad, rappelait, quelques jours avant l\u2019ouverture de la COP16 qu\u2019elle pr\u00e9side, que la lutte contre le changement climatique et pour la protection de la nature doivent aller de pair :<\/p>\n\n\n\n<p>Questions d&rsquo;environnement Qui est Susana Muhamad, pr\u00e9sidente de la COP16 biodiversit\u00e9?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Un certain nombre d&rsquo;acteurs se rendent compte que la COP16 est un point important dans leur trajet vers la COP30<\/em>&nbsp;[climat, qui aura lieu au Br\u00e9sil l&rsquo;an prochain], observe encore S\u00e9bastien Treyer.&nbsp;<em>Les agendas des COP biodiversit\u00e9 et climat convergent. Il faut les penser ensemble<\/em>&nbsp;\u00bb, par exemple sur les syst\u00e8mes alimentaires et l&rsquo;usage des terres.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9nominateur commun de ces trois moments\u00a0: l&rsquo;imp\u00e9rieux besoin d&rsquo;argent pour atteindre les objectifs, fix\u00e9s \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 des pays membres des trois Conventions. La n\u00e9cessit\u00e9 de faire preuve de solidarit\u00e9 et d\u2019intelligence collective au service du bien commun est plus vivace que jamais.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2666 COP16 Biodiversit\u00e9 \u00e0 Cali (21 octobre-2 novembre) : des objectifs-cl\u00e9s pour prot\u00e9ger le tiers de notre plan\u00e8te d\u2019ici 2030<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Avec<\/em><strong>&nbsp;Lucile Gimberg<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La 16<sup>e<\/sup>&nbsp;conf\u00e9rence sur la diversit\u00e9 biologique (CDB) est organis\u00e9e par la Colombie, un acteur dynamique des conf\u00e9rences climatiques. Sa biodiversit\u00e9 est exceptionnelle&nbsp;: elle abrite une esp\u00e8ce terrestre sur dix, selon le WWF, soit plus de 56 000. Mais cette richesse suscite aussi de nombreuses convoitises. La pr\u00e9dation sur le sous-sol, qui abonde en p\u00e9trole et en min\u00e9raux, ne soutient aucune opposition : 79 militants de l&rsquo;environnement ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s en 2023 sans ce pays, le plus dangereux au monde pour les \u00e9cologistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Moins connue que sa grande s\u0153ur pour le climat, la COP biodiversit\u00e9 suscite depuis la pr\u00e9c\u00e9dente un engouement grandissant. D&rsquo;ailleurs, plusieurs chefs d&rsquo;Etat, latino-am\u00e9ricains, africains et asiatiques sont attendus sur place : ce serait une premi\u00e8re \u00e0 ce niveau. Toutefois, le th\u00e8me du rendez-vous,\u00a0\u00ab en paix avec la nature\u00a0\u00bb, ne masque pas le\u00a0<strong>contexte s\u00e9curitaire compliqu\u00e9\u00a0<\/strong>dans lequel il se tient.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sa mission se r\u00e9sume en un chiffre-cl\u00e9&nbsp;: 23.<\/strong>&nbsp;C\u2019est le nombre de \u00ab&nbsp;cibles&nbsp;\u00bb que se sont fix\u00e9es collectivement les pays pour tenter d\u2019enrayer l\u2019effondrement du vivant. Elles sont \u00e9tablies par le Cadre mondial pour la biodiversit\u00e9, ou accord de Kunming-Montr\u00e9al, sign\u00e9 en d\u00e9cembre 2022 au Canada sous pr\u00e9sidence chinoise, l\u2019\u00e9quivalent de l\u2019Accord de Paris. La COP16 a pour mission de planifier sa mise en \u0153uvre et d\u2019\u00e9valuer les premiers jalons.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelques exemples concrets.<\/strong>&nbsp;Ce texte fondateur commande en premier lieu de prot\u00e9ger (cible 3) 30% des terres et des mers d\u2019ici 2030 et de restaurer (cible 2) 30% des espaces naturels d\u00e9grad\u00e9s. Pour le n\u00e9gociateur en chef de la RDC, pr\u00e9sent \u00e0 Cali, Nicky Kingunia, il faut inclure d\u2019autres types de zones naturelles pour atteindre cet objectif&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>par exemple, la gestion des for\u00eats par les communaut\u00e9s locales est une initiative que nous pr\u00f4nons dans le cadre de ces autres mesures de conservation efficace. Ca peut \u00eatre aussi des aires prot\u00e9g\u00e9es priv\u00e9es. Tout cela pour qu\u2019on arrive \u00e0 augmenter les espaces g\u00e9r\u00e9s durablement et diminuer la pression sur la biodiversit\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La cible 18, elle, demande de diminuer les subventions n\u00e9fastes \u00e0 la nature, \u00e0 hauteur de 500 milliards par an d\u2019ici. Selon\u00a0<strong>Earth Track<\/strong>, elles se chiffrent \u00e0 \u00ab\u00a0<em>au moins<\/em>\u00a0\u00bb 2600 milliards de dollars (dont 1000 milliards pour l\u2019industrie p\u00e9tro-gazi\u00e8re). Une \u00e9tude du WWF parue en mai indiquait que les \u00c9tats membres de l\u2019UE \u00ab\u00a0<em>d\u00e9pensent\u00a0entre 34 et 48 milliards d&rsquo;euros de subventions europ\u00e9ennes chaque ann\u00e9e dans des activit\u00e9s nuisibles \u00e0 la nature<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La liste des 23 pr\u00e9voit \u00e9galement de r\u00e9duire de moiti\u00e9 les pesticides\u00a0et d\u2019autant\u00a0<strong>l\u2019introduction d\u2019esp\u00e8ces invasives<\/strong>. Les consommateurs sont aussi invit\u00e9s \u00e0 faire des efforts \u00e0 travers la cible 16 qui vise \u00e0 enrayer le gaspillage alimentaire et la production de d\u00e9chets.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Enjeu politique.<\/strong>&nbsp;Apr\u00e8s Montr\u00e9al, chaque pays devait traduire ces engagements dans une strat\u00e9gie nationale. C\u2019est-\u00e0-dire \u00e9tablir sa propre feuille de route pour soulager la nature, tout comme les pays le font pour r\u00e9duire leurs \u00e9missions carbon\u00e9es. Ces deux semaines de n\u00e9gociations&nbsp;seront l\u2019occasion de faire un premier point d\u2019\u00e9tape.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le moment, en deux ans, seulement 32 Etats sur 196 ont actualis\u00e9 leur strat\u00e9gie biodiversit\u00e9 depuis la COP15. A c\u00f4t\u00e9, 100 ont livr\u00e9 ce qu\u2019on appelle des \u00ab&nbsp;cibles nationales&nbsp;\u00bb (cela veut dire qu\u2019ils n\u2019ont fait qu\u2019une partie du travail), dont plusieurs ces derniers jours. Quelques pays, comme la Libye ou la Palestine, l\u2019ont fait pour la premi\u00e8re fois. \u00ab&nbsp;<em>Ce sursaut de mobilisation est un signe positif : \u00e9videmment il faudra regarder le contenu de ces cibles nationales, mais cela montre les effets du cadre mondial de Kunming-Montr\u00e9al au niveau national, \u00e0 la veille d\u2019une n\u00e9gociation o\u00f9 des sujets majeurs restent&nbsp;\u00e0&nbsp;n\u00e9gocier<\/em>&nbsp;\u00bb, commente Juliette Landry, chercheuse en gouvernance de la biodiversit\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut du d\u00e9veloppement durable et des relations internationales.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette COP16 doit servir de tremplin pour acc\u00e9l\u00e9rer le mouvement. Elle sera aussi le moment o\u00f9 l\u2019on commence \u00e0 v\u00e9rifier les avanc\u00e9es des strat\u00e9gies d\u00e9clar\u00e9es, o\u00f9 l\u2019on s\u2019accorde sur les modalit\u00e9s de contr\u00f4le de leur efficacit\u00e9 dans la protection du vivant. Un bilan officiel de l\u2019\u00e9tat des ambitions aura lieu dans deux ans.<\/p>\n\n\n\n<p>A Montr\u00e9al, l\u2019Union europ\u00e9enne avait \u00e9t\u00e9 moteur pour aboutir au CMB. Elle arrive \u00e0 Cali affaiblie apr\u00e8s de nombreux\u00a0<strong>reculs environnementaux<\/strong>, d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 la suite du mouvement de col\u00e8re des agriculteurs, d\u00e9but 2024. On va donc sans doute entendre le Br\u00e9sil, acteur de poids et gardien de la for\u00eat amazonienne, m\u00eame s&rsquo;il a des politiques contradictoires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Enjeu financier.<\/strong>\u00a0Pour que tous les pays puissent atteindre leurs ambitions en faveur de la faune et la flore, il faut des moyens \u00e0 la hauteur. Les pays du Sud, et notamment les pays africains, vont, eux, demander au Nord d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9boursement des financements pour sanctuariser les for\u00eats, les mangroves ou les tourbi\u00e8res qu&rsquo;ils abritent. Pour cela, ils souhaitent la cr\u00e9ation d\u2019un nouveau un fonds d\u00e9di\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Montr\u00e9al, les pays d\u00e9velopp\u00e9s s&rsquo;\u00e9taient engag\u00e9s \u00e0 verser au moins 20 milliards par an d&rsquo;ici 2025 aux pays en d\u00e9veloppement. En 2022, on \u00e9tait \u00e0 15 milliards par an. Or, les besoins se comptent en centaine de milliards par an.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les n\u00e9gociateurs vont travailler sur la fa\u00e7on de partager les b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques tir\u00e9s des ressources g\u00e9n\u00e9tiques des plantes, des animaux, des micro-organismes. Toute cette mati\u00e8re vivante, aujourd&rsquo;hui num\u00e9ris\u00e9e, sert \u00e0 faire des m\u00e9dicaments, des cosm\u00e9tiques. Mais elle a \u00e9t\u00e9 prise la plupart du temps au sud du monde, sans r\u00e9mun\u00e9ration. L\u00e0 aussi on peut parler de dette \u00e9cologique&nbsp;; l\u00e0 aussi, la redistribution sera fortement d\u00e9battue en vue d\u2019une r\u00e9solution, non trouv\u00e9e \u00e0 Montr\u00e9al.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Il est de plus en plus \u00e9vident que les&nbsp;d\u00e9fis li\u00e9s \u00e0 la perte de biodiversit\u00e9 ne peuvent plus \u00eatre dissoci\u00e9s des d\u00e9fis de la crise climatique,<\/em>&nbsp;analyse Juliette Landry.&nbsp;<em>La COP&nbsp;16 devrait offrir l\u2019opportunit\u00e9 de renforcer les synergies entre les deux agendas, et surtout de promouvoir une mise en \u0153uvre conjointe des strat\u00e9gies climat&nbsp;(CDN) et biodiversit\u00e9 (SPANB)<\/em>&nbsp;\u00bb. A l\u2019horizon&nbsp;: la COP30 au Br\u00e9sil, qui bouclera un cycle, dix ans apr\u00e8s l\u2019Accord de Paris. \u00ab&nbsp;<em>La protection des for\u00eats et son financement sera port\u00e9e notamment par la pr\u00e9sidence br\u00e9silienne. Les efforts de coordination entre Bogota et Brasilia sur les questions climat-biodiversit\u00e9 en Am\u00e9rique Latine pourraient illustrer cette dynamique.<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;Les deux vont d\u00e9fendre un autre mod\u00e8le de d\u00e9veloppement, plus social, avec des b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques pour les populations locales et autochtones.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2666 COP29 Climat \u00e0 Bakou (11-24 novembre) : fixer un nouvel objectif financier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Avec<\/em>&nbsp;<strong>Jeanne Richard<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s les Emirats arabes unis, la COP29 se d\u00e9roulera en Azerba\u00efdjan, autre pays p\u00e9trolier et gazier, alli\u00e9 de la Russie. Comme chaque ann\u00e9e, 197 pays vont se r\u00e9unir pour tenter de lutter plus efficacement contre le changement climatique. Beaucoup plus m\u00e9diatis\u00e9e, elle se tiendra une semaine apr\u00e8s l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle am\u00e9ricaine, o\u00f9 l\u2019ex-pr\u00e9sident Donald Trump, qui nie le r\u00e9chauffement climatique et avait sorti les Etats-Unis de l\u2019Accord de Paris, reste favori. \u00ab&nbsp;<em>La dynamique de l\u2019Accord de Paris fonctionnait malgr\u00e9 les Etats-Unis<\/em>&nbsp;[sous pr\u00e9sidence Trump] \u00bb, relativise S\u00e9bastien Treyer, directeur de l\u2019Iddri. Les guerres en Russie et au Proche-Orient ne devraient pen pas faciliter les discussions.<\/p>\n\n\n\n<p>Les catastrophes attribu\u00e9es au changement climatique s&rsquo;encha\u00eenent partout dans le monde\u00a0: des\u00a0<strong>incendies du Canada<\/strong>\u00a0au Br\u00e9sil en passant par l\u2019ouest des Etats-Unis, des\u00a0<strong>ouragans<\/strong>\u00a0dans le golfe du Mexique,\u00a0<strong>temp\u00eate en Europe centrale<\/strong>,\u00a0<strong>les banquises<\/strong>\u00a0des p\u00f4les qui se r\u00e9tractent, sans oublier, moteur de tout ceci, les temp\u00e9ratures toujours plus \u00e9lev\u00e9es, qu\u2019il s\u2019agisse de la moyenne annuelle mondiale (2024 plus chaude que 2023 plus chaude que 2022\u2026), de records localis\u00e9s ou de la temp\u00e9rature de l\u2019oc\u00e9an.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Enjeu financier.<\/strong>\u00a0La COP28 \u00e0 Duba\u00ef s\u2019\u00e9tait largement focalis\u00e9e sur une\u00a0<strong>sortie des \u00e9nergies fossiles<\/strong>. Le principal but de cette 29<sup>e<\/sup>\u00a0COP climat, c&rsquo;est de se mettre d&rsquo;accord sur un Nouvel objectif collectif quantifi\u00e9\u00a0(NCQG) pour la finance climatique. Il s\u2019agit du nouveau montant d&rsquo;aide de la part des pays d\u00e9velopp\u00e9s, responsables historiques et actuels du changement climatique, envers les pays pauvres qui en subissent plus violemment les cons\u00e9quences. Ces derniers ont besoin de beaucoup d\u2019argent tant pour limiter leurs \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, pour s&rsquo;adapter aux cons\u00e9quences du changement climatique et pour r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts apr\u00e8s un cataclysme (les\u00a0<strong>pertes et dommages<\/strong>) \u2013 qui disposent depuis un an d\u2019un fonds d\u00e9di\u00e9, mais encore bien vide.<\/p>\n\n\n\n<p>Le NCQG doit remplacer l\u2019objectif fix\u00e9 en 2009, \u00e0 la COP de Copenhague&nbsp;qui \u00e9tait de provisionner 100 milliards chaque ann\u00e9e pour les pays en d\u00e9veloppement et les moins d\u00e9velopp\u00e9s. Il a \u00e9t\u00e9 laborieusement atteint en 2022 mais, entretemps, la somme est devenue d\u00e9risoire face aux besoins. D\u2019autant que la grande partie de cette aide est apport\u00e9e sous forme de pr\u00eats soumis \u00e0 int\u00e9r\u00eats, alors que les destinataires de ces fonds croulent souvent sous les dettes.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;En terme de justice climatique, cela n\u2019a aucun sens<\/em>, mart\u00e8le Rebecca Thissen, sp\u00e9cialiste au R\u00e9seau Action Climat international.&nbsp;<em>Les pays du Nord ont une dette climatique \u00e0 rembourser vis-\u00e0-vis des pays du Sud.<\/em>&nbsp;<em>Ils ont \u00e9mis en premier, ont accapar\u00e9 le budget carbone&nbsp;<\/em>[de la plan\u00e8te, NDLR]<em>&nbsp;en premier lieu. Il faut que la part de dons soit majoritaire dans le nouvel objectif.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Longtemps marginalis\u00e9s, ces enjeux financiers mettent aujourd\u2019hui\u00a0les COP et leurs n\u00e9gociateurs au pied du mur. \u00ab\u00a0<em>Les pays du Nord comptabilisent tout et n&rsquo;importe quoi comme \u00e9tant de la finance climat. Donc \u00e7a cr\u00e9e un grand probl\u00e8me de confiance,\u00a0<\/em>s\u2019inqui\u00e8te Fatuma Hussein, conseill\u00e8re du chef de la d\u00e9l\u00e9gation africaine.\u00a0<em>Beaucoup de pays du Sud, en voie de d\u00e9veloppement, ont l&rsquo;impression qu&rsquo;il y a beaucoup de malhonn\u00eatet\u00e9 de la part des pays d\u00e9velopp\u00e9s quand il s&rsquo;agit de mettre en \u0153uvre ce qui a \u00e9t\u00e9 convenu. Bien s\u00fbr nous comprenons que cela va \u00eatre difficile de r\u00e9unir autant d&rsquo;argent \u00e0 eux seuls, qu&rsquo;il faut trouver d&rsquo;autres sources de financement. Mais ils ne proposent m\u00eame pas de montant qui indiqueraient \u00e0 quelle hauteur ils pourraient contribuer.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont d\u00e9sormais des sommes en milliers de milliards de dollars \u00e0 rassembler qui sont \u00e9voqu\u00e9es dans les discussions. Celles-ci doivent d\u00e9finir le montant de la nouvelle enveloppe ainsi que les contributeurs et les potentiels. C\u2019est ce dernier aspect qui catalyse les tensions&nbsp;: les pays riches souhaiteraient que la Chine et les pays du Golfe entre autres mettent aussi la main \u00e0 la poche. \u00ab&nbsp;<em>Ces pays ont un pouvoir financier majeur. Ils changent le monde, selon leur mani\u00e8re d\u2019investir leur financement. Comment peut-on r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la responsabilit\u00e9 qu\u2019ils peuvent prendre aujourd\u2019hui dans le monde tel qu\u2019il est sans leur attribuer une responsabilit\u00e9 pass\u00e9e d\u2019\u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre&nbsp;?&nbsp;<\/em>\u00bb interroge S\u00e9bastien Treyer. Autrement dit&nbsp;: la manne p\u00e9troli\u00e8re accumul\u00e9e devrait aussi se retrouver dans le pot commun des efforts pour le climat. \u00ab&nbsp;<em>Une absence d\u2019accord<\/em>&nbsp;[sur le NCQG]&nbsp;<em>serait un mauvais signal&nbsp;<\/em>\u00bb pour l\u2019ann\u00e9e prochaine, \u00ab&nbsp;<em>et m\u00eame pour le multilat\u00e9ralisme&nbsp;<\/em>\u00bb, compl\u00e8te Lola Vallejo, conseill\u00e8re sp\u00e9ciale climat \u00e0 l\u2019Iddri.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, d\u00e9bloquer de telles masses mon\u00e9taires et op\u00e9rationnaliser leur circulation supposent un changement profond des structures charg\u00e9es de les verser (Banque mondiale, FMI, banques r\u00e9gionales\u2026). Cela exige aussi de mettre en place des leviers efficaces pour inciter le secteur priv\u00e9 \u00e0 s\u2019engager, que ce soit pour l\u2019adaptation ou la r\u00e9paration. Ce processus de r\u00e9forme est engag\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es, il ne d\u00e9pend pas des COP mais y est \u00e9troitement li\u00e9 par l\u2019objectif poursuivi. Les assembl\u00e9es annuelles du FMI et de la Banque mondiale se tiennent \u00e0 partir de ce lundi 21 jusqu\u2019au 26 octobre \u00e0 Washington. Le soutien \u00e0 l\u2019action climatique est l\u2019un des gros dossiers.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Enjeu politique.&nbsp;<\/strong>Comme \u00e0 Cali pour les strat\u00e9gies biodiversit\u00e9, tous les pays doivent avancer sur leurs nouveaux plans climats pour les cinq prochaines ann\u00e9es, qui doivent \u00eatre plus ambitieux, plus d\u00e9taill\u00e9s que les pr\u00e9c\u00e9dents et qui doivent concerner tous les pans de leur \u00e9conomie. Certains Etats se sont engag\u00e9s \u00e0 pr\u00e9senter ces nouvelles politiques \u00e0 Bakou et tous doivent le faire d&rsquo;ici f\u00e9vrier prochain.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, un autre sujet \u00e0 suivre sera celui des march\u00e9s carbone, abord\u00e9s dans l\u2019article 6 de l\u2019Accord de Paris. L\u2019un de ses int\u00e9r\u00eats&nbsp;: il instaurerait un march\u00e9 centralis\u00e9 des cr\u00e9dits carbone, qui seraient de meilleure qualit\u00e9 qu&rsquo;avec le syst\u00e8me existant, et avec une entit\u00e9 onusienne charg\u00e9e de le contr\u00f4ler. Cet objet de discussions pourrait enfin \u00eatre d\u00e9bloqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2666 COP16 D\u00e9sertification \u00e0 Riyad (2-13 d\u00e9cembre) : lutter contre la d\u00e9gradation des sols<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle aussi demeure dans l\u2019ombre de sa grande s\u0153ur du climat&nbsp;: il y avait 6&nbsp;500 inscrits \u00e0 Abidjan en 2022, contre plus de 70&nbsp;000 \u00e0 Duba\u00ef. Elle aussi n\u2019a lieu que tous les deux ans, et depuis 30 ans. Elle est accueillie cette ann\u00e9e par l\u2019Arabie saoudite, o\u00f9 le d\u00e9sert de s\u2019\u00e9tend sur plus des trois-quarts du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Son titre, \u00ab&nbsp;lutte contre la d\u00e9sertification&nbsp;\u00bb, est ambigu car il laisse penser que seuls les pays connaissant une g\u00e9ographie d\u00e9sertique sont concern\u00e9s. En r\u00e9alit\u00e9, les acteurs de cette Convention des Nations unies sur la lutte contre la d\u00e9sertification (CNUDLC) se penchent sur leur d\u00e9gradation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e dues aux effets des s\u00e9cheresses (qui s\u2019intensifient), sur l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9rosion des sols, sur les probl\u00e9matiques de l\u2019eau aff\u00e9rentes, la cultivation et la gestion durable des terres, ainsi que l\u2019acc\u00e8s au foncier par les femmes et aux conditions de vie des populations rurales, gardiennes de ces terres.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>La d\u00e9sertification et la s\u00e9cheresse constituent un probl\u00e8me de dimension mondiale puisqu\u2019elles touchent toutes les r\u00e9gions du monde<\/em>&nbsp;\u00bb, s\u2019accorde \u00e0 dire la Convention, soulignant \u00ab&nbsp;<em>la forte proportion de pays en d\u00e9veloppement, notamment de pays les moins avanc\u00e9s, parmi ceux qui sont gravement touch\u00e9s par la s\u00e9cheresse et\/ou la d\u00e9sertification, et les cons\u00e9quences particuli\u00e8rement tragiques de ces ph\u00e9nom\u00e8nes en Afrique&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les sols, qui mettent des centaines d\u2019ann\u00e9es \u00e0 se former, s\u2019\u00e9puisent en quelques minutes.\u00a0Pr\u00e8s de 100 millions d\u2019hectares de terres saines et productives ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9grad\u00e9es, chaque ann\u00e9e, entre 2015 et 2019. Soit deux fois la superficie du Groenland. Selon le 2e rapport Global Land Outlook, publi\u00e9 par la CNULCD en avril 2022, \u00ab\u00a0<em>l\u2019\u00e9tendue mondiale de la d\u00e9gradation des terres atteint entre 20 et 40% de la superficie totale des terres, affectant directement pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la population mondiale et comprenant dans le monde les terres cultiv\u00e9es, les zones s\u00e8ches, les zones humides, les for\u00eats et les prairies.\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 encore, l\u2019argent sera le nerf de la guerre. L\u2019ONU estime \u00e0 1600\u00a0milliards de dollars l\u2019enveloppe n\u00e9cessaire, sur dix ans, pour restaurer les terres. Un projet de protocole additionnel sur la s\u00e9cheresse est souhait\u00e9 par les pays africains, mais refus\u00e9 par les Etats-Unis. Cet outil juridiquement contraignant permettrait de drainer des financements pour s\u2019adapter aux cons\u00e9quences de la s\u00e9cheresse. Ce projet et fera l\u2019objet d\u2019un groupe de travail lors des n\u00e9gociations.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce volet \u00e9conomique, le curseur est mis sur l\u2019emploi, des jeunes en particulier, et le secteur priv\u00e9. \u00ab&nbsp;<em>Chaque dollar investi dans la restauration des terres d\u00e9grad\u00e9es g\u00e9n\u00e8re entre 7 et 30 dollars de retomb\u00e9es \u00e9conomiques<\/em>&nbsp;\u00bb, argumente Ibrahim Thiaw. Pour le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Convention, \u00ab&nbsp;<em>les entreprises ont un r\u00f4le unique \u00e0 jouer dans la protection des terres et la garantie des moyens de subsistance.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>SOURCE RFI<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fin d\u2019ann\u00e9e charg\u00e9e sur le front de la diplomatie environnementale. 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