{"id":35469,"date":"2024-04-25T12:19:04","date_gmt":"2024-04-25T12:19:04","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=35469"},"modified":"2024-04-25T12:19:05","modified_gmt":"2024-04-25T12:19:05","slug":"50-ans-de-la-revolution-des-oeillets-au-portugal-tout-risquer-au-nom-de-la-liberte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=35469","title":{"rendered":"50 ans de la r\u00e9volution des \u0152illets au Portugal: \u00abTout risquer\u00bb au nom de la libert\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce 25 avril, le Portugal comm\u00e9more les cinquante ans du coup d\u2019\u00c9tat militaire qui a renvers\u00e9 la plus longue dictature que l&rsquo;Europe ait connue au XXe si\u00e8cle. Quelques r\u00e9sistants qui ont \u00ab&nbsp;<em>tout risqu\u00e9 pour am\u00e9liorer sa vie et celle des autres&nbsp;<\/em>\u00bb nous ont racont\u00e9 comment a \u00e9t\u00e9 la lutte contre la dictature, les tortures, les prisons, les \u00e9vasions, la clandestinit\u00e9 et l\u2019exil jusqu\u2019\u00e0 la \u00ab&nbsp;R\u00e9volution des \u0152illets&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Par : Carina Branco &#8211; RFI<\/p>\n\n\n\n<p>Le 25&nbsp;avril 1974, \u00e0 minuit vingt, la chanson&nbsp;<em>Gr\u00e2ndola Vila Morena<\/em>, de Jos\u00e9 Afonso, est diffus\u00e9e \u00e0 la radio et c\u2019est le signal que les militaires attendaient pour d\u00e9clencher le coup d\u2019\u00c9tat qui allait renverser, en 24&nbsp;heures, une dictature de 48&nbsp;ans. Peu d\u2019ann\u00e9es avant, en 1971, la chanson \u00e9tait enregistr\u00e9e au Ch\u00e2teau d\u2019H\u00e9rouville, en r\u00e9gion parisienne, pour l\u2019album&nbsp;<em>Cantigas do Maio<\/em>, de Jos\u00e9 Afonso, le ma\u00eetre de la chanson engag\u00e9e portugaise, avec Jos\u00e9 M\u00e1rio Branco, le directeur musical du disque, Carlos Correia, le guitariste, et Francisco Fanhais, un autre ami musicien.<\/p>\n\n\n\n<p>Connu comme \u00ab\u2009le pr\u00eatre Fanhais\u2009\u00bb, ce dernier a \u00e9t\u00e9 contraint \u00e0 l\u2019exil apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 interdit de chanter, de donner des cours et de faire des messes au<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/portugal\/\"><strong>&nbsp;Portugal&nbsp;<\/strong><\/a>\u00e0 cause de ses prises de position, notamment contre la guerre coloniale. En France, il a rejoint LUAR, une organisation de lutte arm\u00e9e contre le r\u00e9gime portugais, et il a continu\u00e9 \u00e0 chanter aupr\u00e8s des \u00e9migr\u00e9s portugais pour, raconte-t-il, \u00ab<em>\u2009r\u00e9veiller en eux une dimension politique et ouvrir leurs yeux pour ce qui se passait au Portugal parce que beaucoup voulaient oublier la vie de souffrance qu\u2019ils avaient quitt\u00e9e<\/em>\u2009\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus de 50&nbsp;ans apr\u00e8s, Francisco Fanhais ne cache pas la fiert\u00e9 d\u2019avoir particip\u00e9 \u00e0 l\u2019enregistrement de la chanson qui est devenue le symbole de la \u00ab\u2009R\u00e9volution des \u0152illets\u2009\u00bb. La musique commence simplement avec le son de pas sur du gravier qu\u2019in\u00e9vitablement renvoie \u00e0 la marche militaire vers la chute de la dictature.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>\u2009Je n\u2019ai aucun m\u00e9rite que les militaires aient choisi cette chanson, mais je suis heureux et j\u2019ai une certaine fiert\u00e9 de savoir que mes pas sont dans cette musique et que ma voix est l\u00e0 aussi, ainsi que celle de mes amis. \u00c0 chaque fois que je l\u2019entends, beaucoup de choses me reviennent et je me souviens de la force avec laquelle nous avons chant\u00e9, la force que nous avons donn\u00e9e \u00e0 \u201cGr\u00e2ndola\u201d, au son, aux pas. Je ne peux m\u2019emp\u00eacher de ressentir cette joie de savoir que les pas que nous avons enregistr\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 une contribution musicale et culturelle pour le d\u00e9clenchement de la chose la plus importante, \u00e0 savoir, le renversement du fascisme.\u2009\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/s.rfi.fr\/media\/display\/ac788b48-dc7b-11ee-83d4-005056bfb2b6\/Patrick%20Ullmann%20tr%C3%AAs%20meio%20corpo.jpg\" alt=\"Francisco Fanhais, Jos\u00e9 Afonso et Jos\u00e9 M\u00e1rio Branco.\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Francisco Fanhais, Jos\u00e9 Afonso et Jos\u00e9 M\u00e1rio Branco.&nbsp;\u00a9 Patrick Ullmann (Associa\u00e7\u00e3o Jos\u00e9 Afonso)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La torture, le mariage derri\u00e8re les barreaux et l\u2019\u00e9vasion&nbsp;de la prison avec la voiture du dictateur<\/h2>\n\n\n\n<p>Domingos Abrantes et Concei\u00e7\u00e3o Matos \u00e9taient, eux aussi,\u00a0<strong>en exil depuis \u00e0 peine quelques mois<\/strong>, \u00e0 Paris, le 25\u00a0avril 1974, apr\u00e8s des ann\u00e9es, soit derri\u00e8re des barreaux, soit \u00ab<em>\u2009\u00e0 fuir la police ou la prison<\/em>\u2009\u00bb, \u00e0 cause de leur r\u00f4le dans le principal parti d\u2019opposition alors interdit, le Parti communiste portugais. Ils rentrent \u00e0 Lisbonne, cinq jours apr\u00e8s le 25\u00a0avril, avec le leader du parti, \u00c1lvaro Cunhal, sur un vol d\u2019Air France qui est rest\u00e9 connu sous le nom d\u2019\u00ab\u00a0<em>avion de la libert\u00e9<\/em>\u2009\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>\u2009C\u2019\u00e9tait un vol Air France avec plein d\u2019exil\u00e9s qui rentraient au Portugal. Nous avons eu la chance d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 choisis pour accompagner \u00c1lvaro Cunhal. C\u2019\u00e9tait une immense joie. Les musiciens Lu\u00eds C\u00edlia, Jos\u00e9 M\u00e1rio Branco, tout l\u2019avion chantait des chansons r\u00e9volutionnaires\u2009!\u2009\u00bb,&nbsp;<\/em>se souvient Domingos Abrantes, 88&nbsp;ans, soulignant que<em>&nbsp;\u00ab\u2009la conqu\u00eate de la libert\u00e9 est une chose qui a chang\u00e9 le peuple portugais<\/em>\u2009\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La libert\u00e9 arrivait au bout de 48&nbsp;ans d\u2019oppression et de luttes dans la clandestinit\u00e9 par des personnes \u00ab<em>\u2009capables de tout risquer pour am\u00e9liorer leur vie et celle des autres<\/em>\u2009\u00bb, rajoute l\u2019ancien r\u00e9sistant. Militant du Parti communiste portugais depuis 1954 et membre de son comit\u00e9 central \u00e0 partir de 1963, Domingos Abrantes a \u00e9t\u00e9 prisonnier politique entre 1959 et 1961, puis entre 1965 et 1973. Il s\u2019est m\u00eame mari\u00e9 \u00e0 la prison de Peniche, pr\u00e8s de Lisbonne, et a particip\u00e9 dans l\u2019une des \u00e9vasions collectives les plus spectaculaires des prisons de la dictature portugaise en d\u00e9cembre 1961. Lui ainsi que sept camarades communistes ont d\u00e9fonc\u00e9 une partie du portail principal de la prison de Caxias au bord d\u2019une voiture blind\u00e9e qui avait \u00e9t\u00e9 au service du dictateur Ant\u00f3nio de Oliveira Salazar.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>\u2009C\u2019est une histoire filmique. S\u2019\u00e9vader dans une voiture de la prison, dans une prison qui est ferm\u00e9e, qui a des portails. Cette \u00e9vasion devint historique. Ce fut la derni\u00e8re \u00e9vasion collective du fascisme. Il s\u2019agit d\u2019une fuite \u00e0 connotation politique, r\u00e9alis\u00e9e depuis une prison priv\u00e9e de la PIDE, la police politique, et en utilisant un v\u00e9hicule blind\u00e9 de Salazar. On dit que Salazar n\u2019a plus jamais voulu remettre les pieds dans la voiture, car la voiture avait \u00e9t\u00e9 salie par des communistes\u2009!<\/em>\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9vasion a \u00e9t\u00e9 \u00ab<em>\u2009pr\u00e9par\u00e9e pendant 19\u00a0mois et elle n\u2019aura dur\u00e9 que 60\u00a0secondes\u2009!<\/em>\u2009\u00bb, rajoute-t-il. C\u2019est un d\u00e9tenu m\u00e9canicien, qui avait conquis la confiance des gardiens, qui a pris le volant, pendant qu\u2019une douzaine de prisonniers jouaient au foot lors de la \u00ab\u2009r\u00e9cr\u00e9ation\u2009\u00bb. Tout sous les yeux des gardiens et sous une pluie de balles, mais le v\u00e9hicule \u00e9tait blind\u00e9, \u00ab<em>\u2009un monstre, presque un char, une voiture de 3\u00a0000\u00a0kilos ou quelque chose comme \u00e7a<\/em>\u2009\u00bb, rajoute Domingos.<\/p>\n\n\n\n<p>Quatre ans apr\u00e8s, la police le retrouve et il subit la torture du sommeil et de la statue pendant une quinzaine de jours, des chocs \u00e9lectriques et beaucoup de coups, car&nbsp;<em>\u00ab\u2009la seule mani\u00e8re d\u2019emp\u00eacher quelqu\u2019un de dormir c\u2019est en donnant des coups de pied dans les genoux, des coups de tibia, des coups de poing \u00e0 la t\u00eate, en faisant du bruit<\/em>\u2009\u00bb, dit-il. S\u2019ensuit un mois en total isolement dans \u00ab<em>\u2009un trou<\/em>\u2009\u00bb, une cellule minuscule \u00ab<em>\u2009ou n\u2019arrivait ni son ni lumi\u00e8re<\/em>\u2009\u00bb.&nbsp;<em>\u00ab\u2009Je sais ce que s\u2019est d\u2019\u00eatre enterr\u00e9 vivant\u2009\u00bb<\/em>, r\u00e9sume-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Concei\u00e7\u00e3o Matos est aussi devenu un symbole de la r\u00e9sistance, au point que le musicien Jos\u00e9 Afonso lui a \u00e9crit une chanson &#8211; \u00ab\u2009Na Rua Ant\u00f3nio Maria\u2009\u00bb \u2013 en r\u00e9f\u00e9rence aux interrogatoires subis dans le terrible si\u00e8ge de la police politique Rue Ant\u00f3nio Maria Cardoso, \u00e0 Lisbonne. Lors de ses deux prisons, en 1965 et en 1968, elle a \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 la torture du sommeil, elle a \u00e9t\u00e9 tabass\u00e9e, interdite d\u2019aller aux toilettes, soumise \u00e0 l\u2019isolement et humili\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame. La deuxi\u00e8me fois, en 1968, lors des interrogatoires, elle a dit d\u2019embl\u00e9e&nbsp;: \u00ab<em>\u2009La derni\u00e8re fois, vous m\u2019avez d\u00e9truit la sant\u00e9, mais je vous redis&nbsp;: vous pouvez me tuer ou me r\u00e9duire en morceaux, mais je ne vous dirai rien<\/em>\u2009\u00bb. L\u2019inspecteur Tinoco, un des tortionnaires de la PIDE, lui r\u00e9pond&nbsp;: \u00ab<em>\u2009Je suis extr\u00eamement flatt\u00e9 et fier de vous avoir ruin\u00e9 votre sant\u00e9, mais je regrette de ne pas avoir fini avec votre vie.\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le livre qui a eu \u00ab\u2009un effet de bombe\u2009\u00bb sur la dictature<\/h2>\n\n\n\n<p>R\u00e9sister se faisait aussi dans les r\u00e9dactions et dans le monde de l\u2019\u00e9dition. Un des livres consid\u00e9r\u00e9s par le r\u00e9gime comme subversif,&nbsp;\u00ab<em>\u2009incroyablement pornographique et offensant pour la morale publique&nbsp;<\/em>\u00bb a \u00e9t\u00e9&nbsp;<em>Les Nouvelles Lettres portugaises<\/em>, publi\u00e9 en 1972 et tout de suite interdit. Maria Isabel Barreno, Maria Teresa Horta et Maria Velho da Costa, les \u00ab\u2009trois Maria\u2009\u00bb, y d\u00e9noncent, entre autres, la guerre coloniale, l\u2019\u00e9migration de masse, la violence, la pauvret\u00e9, l\u2019oppression domestique, sociale et politique sur les femmes. Les autrices ont eu un proc\u00e8s \u00e0 la suite de ce livre et \u00e9taient menac\u00e9es d\u2019une peine allant de six mois \u00e0 deux ans de prison, suscitant une solidarit\u00e9 internationale \u00e0 laquelle se sont ralli\u00e9es Delphine Seyrig, Marguerite Duras et Simone de Beauvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 86&nbsp;ans, Maria Teresa Horta, nous re\u00e7oit chez elle, \u00e0 Lisbonne, dans un salon rempli de livres et nous avoue que son livre a eu \u00ab<em>\u2009un effet de bombe<\/em>\u2009\u00bb sur la dictature.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>\u2009C\u2019est un livre politique, essentiellement politique, \u00e9crit dans un pays fasciste par trois femmes. Je pense qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque, au Portugal, il n\u2019\u00e9tait pas du tout \u00e9trange que ce livre ait eu un tel effet de bombe. Le livre fut un scandale. Nous avons seulement compris que ce livre pouvait \u00eatre dangereux, pour nous, quand il a \u00e9t\u00e9 interdit\u2026\u2009<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La po\u00e8te rappelle que \u00ab<em>\u2009les femmes \u00e9taient vues comme dangereuses\u2009<\/em>\u00bbsi elles ne suivaient pas le r\u00f4le de soumission qui leur \u00e9t\u00e9 assign\u00e9 et, donc, c\u2019\u00e9tait \u00ab<em>\u2009essentiellement un livre politique \u00e9crit dans un pays fasciste\u2009<\/em>\u00bb. Elle raconte que le livre na\u00eet apr\u00e8s un \u00e9pisode de violente agression qu\u2019elle a subi en pleine rue, \u00ab&nbsp;<em>tabass\u00e9e par des fascistes&nbsp;<\/em>\u00bb qui lui en voulaient d\u2019avoir publi\u00e9 un autre livre,&nbsp;<em>Minha Senhora de Mim<\/em>, en 1971, qui a aussi \u00e9t\u00e9 interdit par la censure et qui parlait ouvertement de d\u00e9sir f\u00e9minin. \u00ab&nbsp;<em>Plus on m\u2019interdit, plus j\u2019en fais\u2009<\/em>\u00bb<em>.<\/em>&nbsp;Quelques jours apr\u00e8s la r\u00e9volution des \u0152illets, \u00ab\u2009les trois Maria\u2009\u00bb sont acquitt\u00e9es et le juge consid\u00e8re les&nbsp;<em>Nouvelles Lettres portugaises<\/em>&nbsp;comme \u00ab\u2009un chef-d\u2019\u0153uvre\u2009\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce 25 avril, le Portugal comm\u00e9more les cinquante ans du coup d\u2019\u00c9tat militaire qui a renvers\u00e9 la plus longue dictature<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":35470,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[51],"tags":[],"class_list":["post-35469","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-general"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/35469","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=35469"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/35469\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":35471,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/35469\/revisions\/35471"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/35470"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=35469"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=35469"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=35469"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}