{"id":34706,"date":"2024-04-14T09:27:28","date_gmt":"2024-04-14T09:27:28","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=34706"},"modified":"2024-04-14T09:27:29","modified_gmt":"2024-04-14T09:27:29","slug":"nigeria-dix-ans-apres-lenlevement-des-276-lyceennes-de-chibok-les-kidnappings-se-sont-multiplies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=34706","title":{"rendered":"Nigeria: dix ans apr\u00e8s l\u2019enl\u00e8vement des 276 lyc\u00e9ennes de Chibok, les kidnappings se sont multipli\u00e9s"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans la nuit du lundi 14 avril au mardi 15 avril 2014, 276 lyc\u00e9ennes \u00e9taient enlev\u00e9es au sein de leur \u00e9cole du nord-est du Nigeria par des combattants de Boko Haram. Le drame de Chibok a suscit\u00e9 un \u00e9moi mondial mais une d\u00e9cennie plus tard, nombre d&rsquo;entre elles sont toujours port\u00e9es disparues et les kidnappings, dans les \u00e9coles, se sont multipli\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est une nuit de cauchemar qui ne s&rsquo;est jamais achev\u00e9e. Le 14 avril 2014, des combattants jihadistes du groupe Boko Haram prennent d&rsquo;assaut l&rsquo;\u00e9cole secondaire de Chibok, dans le nord-est du Nigeria. \u00c0 l&rsquo;issue d&rsquo;une attaque de plusieurs heures, lors de laquelle une partie de l&rsquo;internat est incendi\u00e9e, 276 jeunes filles pr\u00e9sentes sur place sont pouss\u00e9es \u00e0 bord de camions qui les emm\u00e8nent, bient\u00f4t, dans la nuit.Ce kidnapping revendiqu\u00e9 par Boko Haram provoque l&rsquo;effroi au Nigeria puis, bien au-del\u00e0. La campagne \u00ab Bring Back our Girls \u00bb trouve un \u00e9cho mondial et le sort des filles de Chibok attire m\u00eame l&rsquo;attention de Michelle Obama, alors premi\u00e8re dame des \u00c9tats-Unis. Mais en pleine insurrection jihadiste, dans la r\u00e9gion du Borno, la menace s\u00e9curitaire \u00e9tait bien connue des autorit\u00e9s.\u00ab Tout le monde \u00e9tait sous le choc, bien \u00e9videmment, c&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu&rsquo;on voyait un kidnapping de cette ampleur, se rem\u00e9more Isa Sanusi, aujourd&rsquo;hui directeur d&rsquo;Amnesty International Nigeria, mais dans une enqu\u00eate que nous avons men\u00e9e peu apr\u00e8s ce drame, il est apparu que les forces de s\u00e9curit\u00e9 avaient \u00e9t\u00e9 alert\u00e9es qu&rsquo;une attaque pouvait avoir lieu, poursuit-il, sauf que personne n&rsquo;a rien fait. Il y a eu une s\u00e9rieuse faille s\u00e9curitaire. \u00bbJuste apr\u00e8s l&rsquo;attaque, 57 lyc\u00e9ennes parviennent \u00e0 s&rsquo;\u00e9chapper en sautant des v\u00e9hicules dans lesquels elles ont \u00e9t\u00e9 entass\u00e9es. Entre 2016 et 2017, une centaine de jeunes filles seront rel\u00e2ch\u00e9es contre la lib\u00e9ration de prisonniers de Boko Haram et des transferts d&rsquo;argent. D&rsquo;autres sont parvenues \u00e0 s&rsquo;\u00e9chapper et \u00e0 retrouver leurs familles, au fil des ann\u00e9es, mais, dix ans plus tard, 82 lyc\u00e9ennes de Chibok sont toujours port\u00e9es disparues, selon le d\u00e9compte le plus r\u00e9cent r\u00e9alis\u00e9 par Amnesty International.Bombardements de l&rsquo;arm\u00e9e\u00ab Je les consid\u00e8re toutes comme si elles \u00e9taient mes propres filles et je me battrai toujours pour elles, m\u00eame si elles ne sont pas de mon sang \u00bb, jure Yakubu Nkeki dont plusieurs proches ont \u00e9t\u00e9 kidnapp\u00e9spar Boko Haram, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.Le quinquag\u00e9naire pr\u00e9side l&rsquo;association des parents des lyc\u00e9ennes enlev\u00e9es qui continuent d&rsquo;attendre, jour apr\u00e8s jours, que leur ni\u00e8ce, leur cousine ou leur s\u0153ur ne r\u00e9apparaisse, sauf que la situation sur le terrain a bien \u00e9volu\u00e9, ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Le groupe Boko Haram s&rsquo;est scind\u00e9 en factions rivales et son chef historique, Abubakar Shekau, s&rsquo;est donn\u00e9 la mort, en mai 2021, apr\u00e8s une offensive des combattants du groupe \u00c9tat islamique en Afrique de l&rsquo;Ouest (Iswap) contre son bastion de la for\u00eat de Sambisa.\u00ab Il y a beaucoup d&rsquo;indices qui nous font penser que les lyc\u00e9ennes de Chibok ont \u00e9t\u00e9 dispers\u00e9es dans plusieurs camps de Sambisa, mais d&rsquo;autres ont sans doute \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9es vers les monts Mandara, \u00e0 la fronti\u00e8re camerounaise, et d&rsquo;autres encore vers le lac Tchad \u00bb, explique l&rsquo;analyste nig\u00e9rian, Kabir Adamu qui a lui-m\u00eame endoss\u00e9 le r\u00f4le de n\u00e9gociateur dans des affaires de kidnapping.Celui-ci estime m\u00eame que certaines prisonni\u00e8res ont probablement perdu la vie, ces derni\u00e8res ann\u00e9es : \u00ab Il ne faut pas oublier que l&rsquo;arm\u00e9e nig\u00e9riane a men\u00e9 de nombreux raids contre les camps jihadistes, avec des campagnes de bombardements intensives \u00bb, souligne-t-il. Ces frappes indiscrimin\u00e9es ont co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 de nombreux otages parqu\u00e9s dans les camps de Boko Haram, ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p> <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Stigmatisation des communaut\u00e9s<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Une fois lib\u00e9r\u00e9es, les lyc\u00e9ennes de Chibok ont pu raconter la terreur et la souffrance ressenties au cours de leur d\u00e9tention.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Ce sont des jeunes filles extr\u00eamement courageuses. Elles avaient 16 ou 17 ans lorsqu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9es et beaucoup d&rsquo;entre elles ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9es de se marier. Elles ont \u00e9t\u00e9 abus\u00e9es physiquement et sexuellement, et elles ont souvent fr\u00f4l\u00e9 la mort sous les bombes de l&rsquo;arm\u00e9e&nbsp;\u00bb,&nbsp;<\/em>d\u00e9crit l&rsquo;artiste germano-nig\u00e9rian Ade Bantu qui a rencontr\u00e9 de nombreuses survivantes de Chibok.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Leur r\u00e9int\u00e9gration dans la soci\u00e9t\u00e9 est tr\u00e8s difficile car elles font face \u00e0 \u00e9norm\u00e9ment de stigmatisation,&nbsp;<\/em>explique-t-il.<em>&nbsp;Les gens n&rsquo;arr\u00eatent pas de les questionner, de demander pourquoi elles se sont mari\u00e9es, pourquoi elles se sont converties \u00e0 l&rsquo;islam&#8230; et c&rsquo;est difficile aussi pour celles qui ont eu des enfants, des enfants \u00ab&nbsp;de Boko Haram&nbsp;\u00bb. Les familles ont honte de cela&nbsp;<\/em>\u00bb, d\u00e9crit-il. Epuis\u00e9s par l&rsquo;attente ou us\u00e9s par la tristesse, une quarantaine de proches sont \u00e9galement morts, sans avoir revu celle dont ils esp\u00e9raient la lib\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em>&nbsp;Encore aujourd&rsquo;hui, beaucoup de parents sont rong\u00e9s par la culpabilit\u00e9<\/em>, soupire Ade Bantu.&nbsp;<em>Ils continuent de se demander s&rsquo;ils auraient vraiment d\u00fb envoyer leurs enfants \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Ils pensaient leur offrir une \u00e9ducation mais ils finissent par se dire qu&rsquo;ils auraient juste d\u00fb les garder avec eux, \u00e0 la ferme. Cela leur aurait \u00e9vit\u00e9 le pire.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Manquements des autorit\u00e9s<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Un sentiment d&rsquo;abandon persistant rend le retour \u00e0 la vie encore plus difficile. Alors qu&rsquo;une partie des jeunes filles lib\u00e9r\u00e9es ont pu \u00eatre prises en charge dans des \u00e9tablissements scolaires, d&rsquo;autres n&rsquo;ont jamais repris leurs \u00e9tudes. La plupart n&rsquo;ont pas non plus b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;un suivi psychologique adapt\u00e9, malgr\u00e9 des ann\u00e9es de d\u00e9tention traumatisantes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la ville de Yola o\u00f9 RFI les a rencontr\u00e9es, Amina et Jummai, deux survivantes de Chibok, \u00e9voquent les promesses non tenues du gouvernement nig\u00e9rian.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Les filles qui sont toujours en captivit\u00e9 doivent \u00eatre lib\u00e9r\u00e9es&nbsp;\u00bb,<\/em>&nbsp;implore Amina qui joue avec son b\u00e9b\u00e9.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Si les autorit\u00e9s veulent faire quelque chose pour les filles de Chibok, il faut qu&rsquo;elles soient toutes envoy\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole&nbsp;! Et leurs enfants aussi&nbsp;!&nbsp;<\/em><em>Certaines en ont deux ou trois et elles peinent \u00e0 les nourrir&nbsp;<\/em>\u00bb<em>,&nbsp;<\/em>lance-t-elle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la nuit du lundi 14 avril au mardi 15 avril 2014, 276 lyc\u00e9ennes \u00e9taient enlev\u00e9es au sein de leur<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":34707,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[26],"tags":[],"class_list":["post-34706","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-fait-divers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/34706","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=34706"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/34706\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":34708,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/34706\/revisions\/34708"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/34707"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=34706"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=34706"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=34706"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}