{"id":30986,"date":"2024-02-09T09:28:26","date_gmt":"2024-02-09T09:28:26","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=30986"},"modified":"2024-02-09T09:28:27","modified_gmt":"2024-02-09T09:28:27","slug":"niger-le-mali-et-le-burkina-faso-maintiendront-ils-leur-croissance-loin-de-la-cedeao","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=30986","title":{"rendered":"Niger, le Mali et le Burkina Faso maintiendront-ils leur croissance, loin de la Cedeao ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Sur le papier, et avant leur s\u00e9cession de l\u2019organisation r\u00e9gionale, ces trois pays \u00e9branl\u00e9s par des coups d\u2019\u00c9tat disposent d\u2019\u00e9conomies aux perspectives de croissance sup\u00e9rieures \u00e0 la moyenne r\u00e9gionale.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 28 janvier, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annonc\u00e9 leur retrait de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (Cedeao). En claquant la porte de cette organisation r\u00e9gionale \u2013 leurs d\u00e9parts seront effectifs en janvier 2025 \u2013,&nbsp;ces trois pays, r\u00e9unis sous l\u2019Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES), tirent un trait sur l\u2019abattement des barri\u00e8res tarifaires, sur les avanc\u00e9es progressives de la Zone de libre-\u00e9change continental africain (Zlecaf) et sur le Tarif ext\u00e9rieur commun (TEC) mis en place en 2015. Une situation qui&nbsp;pourrait&nbsp;remodeler leurs \u00e9conomies, lesquelles ont pourtant termin\u00e9 2023 sur des notes de croissance solide.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s les derni\u00e8res estimations du Fonds mon\u00e9taire international (FMI) tir\u00e9es de son rapport \u00ab&nbsp;Perspectives \u00e9conomiques mondiales&nbsp;\u00bb publi\u00e9 en octobre 2023 et remis \u00e0 jour en janvier 2024, le trio a m\u00eame surpass\u00e9 la croissance moyenne de l\u2019Afrique subsaharienne, qui s\u2019est \u00e9tablie \u00e0 3,3 % au titre de 2023.<\/p>\n\n\n\n<p>Et ce malgr\u00e9 les&nbsp;sanctions qui leur ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es par la Cedeao, notamment au Niger. Selon le Fonds, cette performance est imputable \u00e0 des choix&nbsp;strat\u00e9giques&nbsp;dans plusieurs secteurs de l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le Niger relanc\u00e9 par les hydrocarbures<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 un contexte de fluctuations \u00e9conomiques, le Niger se dirige vers une reprise notable de son \u00e9conomie, avec une croissance pr\u00e9vue \u00e0 11,1 % en 2024, selon les estimations du FMI. Une performance qui succ\u00e8de \u00e0 un ralentissement de la croissance \u00e0 4,1 % en 2023, contrastant avec les 11,9 % de 2022.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette projection du Fonds est largement soutenue par la mise en service, depuis le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;novembre 2023, du&nbsp;pipeline reliant les champs p\u00e9trolif\u00e8res du Sud-Est du Niger&nbsp;au&nbsp;port de S\u00e8m\u00e8 au B\u00e9nin. S\u2019\u00e9tendant sur 2 000 km, cette infrastructure qui a co\u00fbt\u00e9 plus 6 milliards de dollars vise \u00e0 faciliter l\u2019exportation de p\u00e9trole vers le march\u00e9 international. Cotonou s\u2019est par ailleurs abstenu d\u2019appliquer des sanctions \u00e9conomiques qui p\u00e9naliseraient \u00e9galement son \u00e9conomie.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s les chiffres officiels, la capacit\u00e9 d\u2019exportation est actuellement estim\u00e9e \u00e0 90 000 barils par jour (bpj) sur une production totale de 110 000 bpj, avec un objectif de production de 200 000 bpj d\u2019ici \u00e0 2026. Ce projet a le potentiel de contribuer \u00e0&nbsp;la&nbsp;moiti\u00e9 des recettes fiscales nationales, \u00e0 en croire les autorit\u00e9s du pays. D\u00e9j\u00e0, en 2022, elles projetaient que ces exportations pourraient repr\u00e9senter un quart du PIB national, estim\u00e9 \u00e0 plus de 13,6 milliards de dollars par la Banque mondiale en 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, l\u2019augmentation significative des revenus issus de ce projet offre une solution pour compenser la r\u00e9duction de l\u2019aide financi\u00e8re provenant de partenaires occidentaux. Cet apport \u00e9tant per\u00e7u par le pouvoir en place comme un levier cl\u00e9 pour le renforcement et la diversification de l\u2019\u00e9conomie nig\u00e9rienne. \u00ab\u00a0Les ressources issues de\u00a0l\u2019exploitation\u00a0[\u2026] seront destin\u00e9es exclusivement \u00e0 assurer la souverainet\u00e9 et le d\u00e9veloppement de notre pays sur la base d\u2019un partage \u00e9quitable aux populations\u00a0\u00bb, avait d\u00e9clar\u00e9 le Premier ministre nig\u00e9rien,\u00a0Ali Mahaman Lamine Zeine, lors de la c\u00e9r\u00e9monie de mise en service.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le Mali soutenu par ses mines<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Au Mali, l\u2019\u00e9conomie, qui a connu une croissance de 4,5 % en 2023, devrait maintenir ce cap, avec un indice de 4,8 % attendu cette ann\u00e9e par le FMI. Cette l\u00e9g\u00e8re progression s\u2019appuie sur la vitalit\u00e9 de secteurs cl\u00e9s tels que l\u2019agriculture vivri\u00e8re,&nbsp;les&nbsp;t\u00e9l\u00e9communications, mais surtout sur les mines.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette industrie b\u00e9n\u00e9ficie de nouvelles r\u00e9glementations favorables li\u00e9es \u00e0 l\u2019introduction d\u2019un&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.jeuneafrique.com\/1477461\/economie-entreprises\/avec-un-nouveau-code-minier-le-mali-se-reapproprie-son-or\/#:~:text=Jeune%20Afrique,-Publi%C3%A9%20le%2030&amp;text=Le%20pays%20est%20l'un,'alors%2C%20Lamine%20Seydou%20Traor%C3%A9.\">nouveau code minier<\/a>, qui, comme soulign\u00e9 par Bamako, est con\u00e7u pour \u00ab&nbsp;augmenter les retomb\u00e9es \u00e9conomiques nationales, favoriser un d\u00e9veloppement local plus inclusif et consolider la souverainet\u00e9 du Mali sur ses ressources naturelles&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cadre, l\u2019\u00c9tat peut d\u00e9sormais acqu\u00e9rir jusqu\u2019\u00e0 30 % de parts dans les nouveaux projets miniers. \u00c0 ce titre, les autorit\u00e9s maliennes escomptent une augmentation des revenus tir\u00e9s des mines de 500 milliards de F CFA (environ 762 millions&nbsp;euros)&nbsp;par an.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec plus de 101 tonnes d\u2019or extraites en 2022, selon les donn\u00e9es du World Gold Council, le Mali est le deuxi\u00e8me plus gros producteur d\u2019or du continent&nbsp;derri\u00e8re le Ghana (127 tonnes). Lamine Seydou Traor\u00e9,&nbsp;le pr\u00e9d\u00e9cesseur d\u2019Amadou Keita au minist\u00e8re des Mines, avait rappel\u00e9 en mars 2023 que l\u2019or repr\u00e9sente 25 % du budget national, 75 % des revenus issus de l\u2019exportation, et contribue \u00e0 hauteur de 10 % au PIB du pays.&nbsp;Le Mali dispose par ailleurs d\u2019autres minerais et m\u00e9taux&nbsp;encore&nbsp;sous-exploit\u00e9s, comme le fer, le mangan\u00e8se et le lithium.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le Burkina Faso r\u00e9silient gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019agriculture<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la crise s\u00e9curitaire persistante dans la r\u00e9gion, le Burkina Faso fait preuve de r\u00e9silience \u00e9conomique. Avec une estimation de croissance du PIB \u00e0 4,4 % en 2023, contre 1,5 % en 2022, le pays est cens\u00e9 continuer sur sa lanc\u00e9e pour atteindre 6,4 % en 2024, toujours selon les projections du FMI. Une performance qui s\u2019explique notamment par le d\u00e9veloppement du secteur agricole, qui repr\u00e9sente 20 % du PIB et qui emploie 60 %&nbsp;de&nbsp;la population, d\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es de la Banque mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis mai 2023, l\u2019\u00c9tat burkinab\u00e8, dirig\u00e9 par le pr\u00e9sident de la transition Ibrahim Traor\u00e9,&nbsp;multiplie les initiatives de soutien au secteur. Un programme de 500 milliards de F CFA a ainsi \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 pour le d\u00e9veloppement de huit fili\u00e8res strat\u00e9giques, accompagn\u00e9 d\u2019une enveloppe de 200 milliards de F CFA pour combattre l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire et d\u2019un plan de 22 milliards pour la mise en culture de 11 000 hectares, avec une production visant pr\u00e8s de 200 000 tonnes&nbsp;de&nbsp;c\u00e9r\u00e9ales.<\/p>\n\n\n\n<p>JEUNE AFRIQUE<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur le papier, et avant leur s\u00e9cession de l\u2019organisation r\u00e9gionale, ces trois pays \u00e9branl\u00e9s par des coups d\u2019\u00c9tat disposent d\u2019\u00e9conomies<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":30732,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-30986","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-event-more-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/30986","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=30986"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/30986\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":30987,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/30986\/revisions\/30987"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/30732"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=30986"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=30986"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dekkbi.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=30986"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}