{"id":10719,"date":"2023-04-21T10:45:23","date_gmt":"2023-04-21T10:45:23","guid":{"rendered":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=10719"},"modified":"2023-04-21T10:45:24","modified_gmt":"2023-04-21T10:45:24","slug":"pour-reduire-sa-dependance-alimentaire-le-senegal-veut-plus-de-ble","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dekkbi.com\/?p=10719","title":{"rendered":"Pour r\u00e9duire sa d\u00e9pendance alimentaire : Le S\u00e9n\u00e9gal veut plus de bl\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>Le bl\u00e9 made in S\u00e9n\u00e9gal est devenu une r\u00e9alit\u00e9 dans ce pays, au sortir d\u2019une phase-test jug\u00e9e satisfaisante. La moisson des champs d\u2019exp\u00e9rimentation, entam\u00e9e avec celle du domaine de l\u2019Isra \u00e0 Sangalkam, avant de se poursuivre \u00e0 Bud S\u00e9n\u00e9gal, augure d\u2019un futur enchanteur dans la production locale de cette c\u00e9r\u00e9ale dont les importations annuellement trustent les 700 mille tonnes. La mise \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la production de bl\u00e9, qui d\u00e9marra pour un millier d\u2019hectares au moins \u00e0 partir de novembre 2022, va permettre au pays de r\u00e9duire graduellement les importations.Par Alioune Badara NDIAYE \u2013 A la parcelle de d\u00e9monstration de Bud S\u00e9n\u00e9gal (Diam\u00adniadio, \u00e0 50 km de Dakar) a d\u00e9marr\u00e9 vendredi la moisson du bl\u00e9 sem\u00e9 trois mois plus t\u00f4t. Ceci, dans le cadre du programme-pilote de culture de cette c\u00e9r\u00e9ale qu\u2019exp\u00e9rimente l\u2019Etat du S\u00e9n\u00e9gal et que conduit l\u2019Institut s\u00e9n\u00e9galais de recherches agricoles (Isra). Ouvriers agricoles et techniciens sur place, malgr\u00e9 le temps ensoleill\u00e9 en ce mois de Ramadan, ont savour\u00e9, au rythme du vrombissement de la moissonneuse, les r\u00e9sultats enchanteurs des premiers pas dans la production locale de bl\u00e9. \u00abC\u2019est un succ\u00e8s \u00e9clatant au vu des pr\u00e9visions qui avaient \u00e9t\u00e9 faites et qui sans doute seront largement d\u00e9pass\u00e9es\u00bb, a pos\u00e9 Matar Gu\u00e8ye, technicien \u00e0 la Direction r\u00e9gionale du d\u00e9veloppement rural de Dakar et ayant \u00e9t\u00e9 de l\u2019aventure. \u00abD\u00e8s l\u2019\u00e9piaison, on a senti que l\u2019on s\u2019acheminait vers de bons r\u00e9sultats\u00bb, a-t-il soutenu, se disant heureux d\u2019avoir particip\u00e9 \u00e0 cette exp\u00e9rience in\u00e9dite dans la culture de bl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Lequotidien \u2013 J<div>Le bl\u00e9 made in S\u00e9n\u00e9gal est devenu une r\u00e9alit\u00e9 dans ce pays, au sortir d\u2019une phase-test jug\u00e9e satisfaisante. La moisson des champs d\u2019exp\u00e9rimentation, entam\u00e9e avec celle du domaine de l\u2019Isra \u00e0 Sangalkam, avant de se poursuivre \u00e0 Bud S\u00e9n\u00e9gal, augure d\u2019un futur enchanteur dans la production locale de cette c\u00e9r\u00e9ale dont les importations annuellement trustent les 700 mille tonnes. La mise \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la production de bl\u00e9, qui d\u00e9marra pour un millier d\u2019hectares au moins \u00e0 partir de novembre 2022, va permettre au pays de r\u00e9duire graduellement les importations.<\/div><div>Par Alioune Badara NDIAYE \u2013 A la parcelle de d\u00e9monstration de Bud S\u00e9n\u00e9gal (Diam\u00adniadio, \u00e0 50 km de Dakar) a d\u00e9marr\u00e9 vendredi la moisson du bl\u00e9 sem\u00e9 trois mois plus t\u00f4t. Ceci, dans le cadre du programme-pilote de culture de cette c\u00e9r\u00e9ale qu\u2019exp\u00e9rimente l\u2019Etat du S\u00e9n\u00e9gal et que conduit l\u2019Institut s\u00e9n\u00e9galais de recherches agricoles (Isra). Ouvriers agricoles et techniciens sur place, malgr\u00e9 le temps ensoleill\u00e9 en ce mois de Ramadan, ont savour\u00e9, au rythme du vrombissement de la moissonneuse, les r\u00e9sultats enchanteurs des premiers pas dans la production locale de bl\u00e9. \u00abC\u2019est un succ\u00e8s \u00e9clatant au vu des pr\u00e9visions qui avaient \u00e9t\u00e9 faites et qui sans doute seront largement d\u00e9pass\u00e9es\u00bb, a pos\u00e9 Matar Gu\u00e8ye, technicien \u00e0 la Direction r\u00e9gionale du d\u00e9veloppement rural de Dakar et ayant \u00e9t\u00e9 de l\u2019aventure. \u00abD\u00e8s l\u2019\u00e9piaison, on a senti que l\u2019on s\u2019acheminait vers de bons r\u00e9sultats\u00bb, a-t-il soutenu, se disant heureux d\u2019avoir particip\u00e9 \u00e0 cette exp\u00e9rience in\u00e9dite dans la culture de bl\u00e9.<\/div><div>Tests concluants  <\/div><div>Cette phase-pilote a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e avec quatre vari\u00e9t\u00e9s de bl\u00e9 dont trois en provenance d\u2019Egypte, a expliqu\u00e9 \u00e0 Anadolu, Amadou Tidiane Sall, sp\u00e9cialiste \u00e0 l\u2019Isra. \u00abDans les champs d\u2019exp\u00e9rimentation, on a eu trois fois 0.25 hectare avec les semences d\u2019Egypte et \u00e9galement 0.25 hectare avec une vari\u00e9t\u00e9 locale homologu\u00e9e par l\u2019Isra ; ce qui fait 1 hectare par champ exp\u00e9rimental\u00bb, a-t-il expliqu\u00e9. Sall a indiqu\u00e9 que l\u2019Isra a jou\u00e9 sur la variation des types de sols, des types d\u2019irrigation et d\u2019usage de fertilisants pour disposer d\u2019indicateurs fiables au sortir de l\u2019exp\u00e9rimentation. \u00abIl faudra attendre la moisson au niveau de tous les champs pour une \u00e9valuation exhaustive, mais les r\u00e9sultats en\u00adgrang\u00e9s jusque-l\u00e0 pr\u00e9sagent d\u2019un futur radieux pour la culture du bl\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal\u00bb, a-t-il toutefois pr\u00e9cis\u00e9. En plus des p\u00e9rim\u00e8tres de Bud S\u00e9n\u00e9gal et de Sangalkam, les deux dans la r\u00e9gion de Dakar, trois autres se trouvent dans la vall\u00e9e du fleuve S\u00e9n\u00e9gal, au Nord du pays. Selon Sall, l\u2019intervalle novembre-mars, correspondant \u00e0 la saison s\u00e8che fra\u00eeche, est le moment opportun pour cultiver le bl\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal. Quelque dix jours avant le d\u00e9marrage de la moisson \u00e0 Bud S\u00e9n\u00e9gal, Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l\u2019Agriculture, de l\u2019\u00e9quipement rural et de la souverainet\u00e9 alimentaire (Maersa), s\u2019\u00e9tait rendu dans les deux p\u00e9rim\u00e8tres d\u2019exp\u00e9rimentation pour constater de visu les premiers r\u00e9sultats.<\/div><div>\u00abLa preuve est l\u00e0\u00bb, s\u2019\u00e9tait-il alors extasi\u00e9 apr\u00e8s sa visite des lieux. \u00abCe que nous avons vu nous encourage, et cela montre qu\u2019avec le type de sol que nous avons, nous pouvons faire du bl\u00e9. J\u2019ai le sentiment que nous aurons des rendements de loin sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux dans les fiches que nous avaient donn\u00e9es nos partenaires \u00e9gyptiens\u00bb, avait poursuivi le Maersa. \u00abJe me rappelle que lorsque je suis parti en Egypte (\u00e0 la Cop 27) pour ramener le bl\u00e9, il a fallu batailler pour convaincre les chercheurs. Je leur ai juste dit que j\u2019allais ramener de la semence et qu\u2019ils devaient en faire ce qui \u00e9tait possible\u00bb, a-t-il rappel\u00e9.<\/div><div>R\u00e9duire consid\u00e9rablement les importations <\/div><div>\u00abDe bonnes perspectives se pr\u00e9sentent pour la production de bl\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal, (\u2026) Les r\u00e9sultats satisfaisants obtenus permettent d\u00e9j\u00e0 d\u2019envisager une production de semences de bl\u00e9 en quantit\u00e9 et en qualit\u00e9, et une mise \u00e0 l\u2019\u00e9chelle \u00e0 partir de novembre prochain\u00bb, a ainsi d\u00e9gag\u00e9 en perspective Aly Ngouille Ndiaye. La volont\u00e9 de produire du bl\u00e9 local a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e par les tensions not\u00e9es sur cette c\u00e9r\u00e9ale apr\u00e8s l\u2019\u00e9clatement de la guerre entre la Russie et l\u2019Ukraine. Elle cadre aussi parfaitement avec la strat\u00e9gie de souverainet\u00e9 alimentaire qu\u2019a d\u00e9clin\u00e9e le Pr\u00e9sident Macky Sall lors du Conseil minist\u00e9riel du 6 janvier 2023. \u00abDans le cadre de la strat\u00e9gie, le bl\u00e9 a \u00e9t\u00e9 retenu parmi les c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 d\u00e9velopper\u00bb, a ainsi assur\u00e9 Ndiaye. \u00abLe pays a la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9conomiser des milliards de francs \u00e0 travers ce programme qui va fortement r\u00e9duire les importations de bl\u00e9\u00bb, a indiqu\u00e9 Momar Talla Seck, directeur de l\u2019Isra. D\u2019apr\u00e8s des chiffres officiels de l\u2019Agence nationale de la statistique et de la d\u00e9mographie (Ansd), le pays importe annuellement 700 mille tonnes de bl\u00e9 pour une valeur de 110.4 milliards francs Cfa (183 millions Usd). \u00abIl ne s\u2019agira pas de revendiquer une autosuffisance en bl\u00e9, mais de produire pour graduellement r\u00e9\u00adduire les importations. L\u2019ob\u00adjec\u00ad\u00adtif de la strat\u00e9gie de souverainet\u00e9 alimentaire, c\u2019est de produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons\u00bb, a fait savoir le Maersa. \u00abNotre d\u00e9fi pour le bl\u00e9, c\u2019est de r\u00e9duire de moiti\u00e9 les importations dans quel\u00adques ann\u00e9es\u00bb, a-t-il en\u00adcha\u00een\u00e9.<\/div><div>Beaucoup de gens \u00e9taient sceptiques, mais il est bien possible de cultiver du bl\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal et cette exp\u00e9rimentation l\u2019a confort\u00e9, a laiss\u00e9 entendre Sall. \u00abL\u2019Isra a homologu\u00e9 huit vari\u00e9t\u00e9s de bl\u00e9 et avec les semences obtenues dans le cadre de cette phase-pilote, une production d\u2019\u00e9chelle va suivre \u00e0 partir de novembre 2024\u00bb, a-t-il dit. Pour le ministre, il sera question d\u2019emblaver au moins 1000 hectares pour le d\u00e9marrage effectif de la culture de cette c\u00e9r\u00e9ale. \u00abNous pensons d\u00e9j\u00e0 commencer avec 1000 hectares, mais des partenaires priv\u00e9s nous disent qu\u2019il faut aller vers 5000 hectares pour la culture d\u2019\u00e9chelle qui d\u00e9marre en novembre 2024\u00bb, a-t-il not\u00e9.<\/div><div>Substitution du bl\u00e9 par les c\u00e9r\u00e9ales locales, un autre pas <\/div><div>L\u2019Association des meuniers du S\u00e9n\u00e9gal (Amis) est d\u00e9j\u00e0 enchant\u00e9e par les perspectives enchanteresses brandies par le ministre et l\u2019Isra. Et, dans sa volont\u00e9 de participer au combat pour la r\u00e9duction des importations de bl\u00e9, elle ne manque pas de propositions.<\/div><div>\u00abC\u2019est un sentiment de fiert\u00e9 que d\u2019entendre les responsables de l\u2019Isra d\u00e9cliner ses r\u00e9sultats dans la culture du bl\u00e9\u00bb, a indiqu\u00e9 Claude Demba Diop, pr\u00e9sident de l\u2019Amis. \u00abIl y a certains qui proposent d\u2019introduire le mil, le ma\u00efs ou d\u2019autres c\u00e9r\u00e9ales cultiv\u00e9es dans le pays pour la fabrication du pain, pour r\u00e9duire les quantit\u00e9s de bl\u00e9 import\u00e9es. C\u2019est une tr\u00e8s belle id\u00e9e et certains l\u2019ont commenc\u00e9 dans certaines boulangeries\u00bb, a-t-il pos\u00e9. Le seul b\u00e9mol, selon lui, c\u2019est qu\u2019au-del\u00e0 de 15% de substitution, la qualit\u00e9 du pain sera alt\u00e9r\u00e9e. \u00abN\u2019em\u00adp\u00eache, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 quelque chose\u00bb, a-t-il estim\u00e9, appelant les professionnels de la nutrition et de la di\u00e9t\u00e9tique \u00e0 s\u2019y pencher davantage.<\/div><div>Une voie d\u00e9j\u00e0 sillonn\u00e9e par l\u2019Institut de technologie alimentaire, \u00e0 en croire le nutritionniste Abdoulaye Ciss\u00e9. \u00abL\u2019Institut de technologie alimentaire a obtenu des r\u00e9sultats significatifs sur la combinaison du bl\u00e9 et d\u2019autres c\u00e9r\u00e9ales locales telles que le mil ou le ma\u00efs, avec un taux d\u2019incorporation jusqu\u2019\u00e0 15% pour fabriquer du pain de qualit\u00e9 du point de vue nutritionnel et gustatif\u00bb, a-t-il indiqu\u00e9.<\/div><div>Une nouvelle \u00e8re s\u2019ouvre pour le pays qui ambitionne de devenir un grenier local au service de ses 17 millions d\u2019habitants, \u00e0 travers une strat\u00e9gie de souverainet\u00e9 alimentaire d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e cette ann\u00e9e pour un co\u00fbt total de 5000 milliards francs en investissement.<\/div><div>abndiaye@lequotidien.sn<\/div><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le bl\u00e9 made in S\u00e9n\u00e9gal est devenu une r\u00e9alit\u00e9 dans ce pays, au sortir d\u2019une phase-test jug\u00e9e satisfaisante. 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