Indigné par les actes de vandalisme sur le tracé du Ter, le ministre de l’Intérieur annonce que leurs auteurs seront traqués et livrés à la Justice.

Par Ousmane SOW – Antoine Félix Diome est stupéfait par le sectionnement des câbles du Ter dans la nuit du lundi à mardi. Face aux pompiers qui sauvent des vies au péril de la leur, il n’a pas mâché ses mots pour dénoncer cet acte de vandalisme. Il dit : «vous me permettrez, général et cher personnel des sapeurs-pompiers, ici, de souligner avec force, le paradoxe qui est constaté souvent. Parce qu’au moment où vous vous dévouez corps et âme à sauver des vies que vous ne connaissez pas, au péril de votre vie, d’autres personnes s’adonnent à des actes d’un incivisme inqualifiable. Et j’ai en tête la section des câbles du Train express régional (Ter) qui a mis en danger des centaines de vies humaines», avance le ministre de l’Intérieur, qui a présidé hier la cérémonie de lancement des journées nationales des sapeurs-pompiers. Ancien parquetier, Antoine Diome maîtrise les qualifications : «Cet acte criminel, qui a mis en danger des vies, ne restera pas impuni. L’Etat poursuivra ses auteurs et les livrera à la Justice pour que force reste à la loi.» Après le sectionnement des câbles sur le tracé du Ter, le procureur de la République a ouvert une enquête. Il a confié l’enquête «à la Section de recherches de la gendarmerie», qui va «mener toutes les investigations utiles afin d’élucider toutes les circonstances de ce méfait, d’en rassembler les preuves et d’identifier le ou les auteurs». «Au regard de la gravité des faits, l’enquête sera traitée avec toute la diligence requise et la loi sera rigoureusement appliquée à l’encontre de toute personne impliquée d’une manière ou d’une autre», annonce le procureur de la République.

Dans son communiqué, le ministère public dénonce que «des actes de dégradation, de prévarication et d’incivisme sont constatés de manière récurrente sur le tronçon du Train express régional. Les derniers en date ont été commis dans la nuit du 9 mai 2022 au niveau de la voie n°2, dans les environs de Thiaroye, où les enquêteurs ont pu relever que soixante mètres de câbles ont été sectionnés et emportés. Les constatations matérielles ont permis par ailleurs de retrouver sur les lieux et de mettre sous scellé, des scies à métaux et un coupe-coupe qui ont probablement servi à la commission des faits», rappelle le Parquet. Selon le procureur de la République, ces «actes qui mettent en danger la sécurité et la vie des usagers du Ter ainsi que l’outil de transport et les installations techniques relèvent d’une gravité extrême, susceptibles d’être qualifiés d’actes de terrorisme, de destruction, dégradation et dommage criminel de véhicules de toutes sortes visés par les articles 279-1, 407 et suivants du Code pénal outre qu’ils menacent la liberté de circulation des populations».

Les faits ont eu lieu dans la nuit du dimanche au lundi, au niveau de la voie 2 sur une longueur d’environ 60 mètres. Et ces câbles assurent la communication internet, permettent de situer les trains. Leur rôle est donc vital pour éviter des collisions.

Cette situation avait provoqué mardi, une perturbation du trafic poussant le conducteur à observer des mesures de sécurité pour traverser la zone presque à l’aveugle, car il ne dispose d’aucune information. Il était contraint de réduire sa vitesse en passant de 160 km/h à 30km/h sur une distance de plus de 5 km rallongeant la durée normale du trajet.