«Dialogue des cultures et des religions.» C’est sur ce thème que Thiès a accueilli vendredi dernier, le premier acte du «Gingembre Littéraire», organisé par le magazine «Continent Premier».

 

Par Ndèye Fatou NIANG(Correspondante) – Thiès ville religieuse par excellence, avec une présence de grandes familles religieuses sénégalaises mais également une forte représentation de l’Eglise catholique, a accueilli, ce vendredi, l’édition 3 du «Gingembre Littéraire» sur le thème : «Dialogue des cultures et des religions.» El Hadji Gorgui Wade Ndoye, initiateur de cette rencontre intellectuelle, estime que l’objectif «c’est de sortir les religions de l’enfermement dans lequel des gens qui se disent musulmans, catholiques ou juifs les ont mises alors que ce n’est pas juste». Et aussi, «de parler des cultures. Si nous prenons les cultures africaines, elles sont fortes, très instructives mais beaucoup d’Africains ignorent la richesse de notre culture». A en croire le journaliste, Correspondant auprès des Nations unies à Genève, «plus nous sommes différents, mais en faisant l’effort de nous connaître, plus nous arrivons à avoir une unité de base, des racines. Et ça c’est fondamentalement important». Surtout qu’estime-t-il, «nous sommes à la croisée des chemins. On a vu aujourd’hui beaucoup d’actes de terrorisme. Certains pensent que ce sont les religions qui sont à la base. Est-ce vrai ou pas ? On a vu nécessairement des discours qui tendraient à dire que ce sont des musulmans qui seraient les gens les plus violents et qui seraient à la base du radicalisme et du terrorisme. Naturelle­ment c’est faux». Et donc il est nécessaire pour les musulmans, selon l’initiateur du «Gingembre Littéraire» du Sénégal sur le vivre-ensemble, «d’ouvrir vos livres et aussi vos comportements pour que le reste du monde comprenne qui vous êtes. Et ça on le retrouve même dans le Coran».

En outre et revenant sur le panel : «La place de la République dans le dialogue des cultures et des religions.» El Hadji Gorgui Wade Ndoye indique : «Nous voulons une République qui respecte aussi le sens des différences de nos sociétés africaines, de notre société sénégalaise. On ne peut pas avoir une République oè les religions ne sont pas respectées. Pour le cas du Sénégal, c’est impossible. Donc comment avoir une République qui soigne ? Parce qu’aujourd’hui, par rapport à toutes ces guerres internes et autres, c’est parce que quelque part, la République dans certains lieux ne fonctionne pas. La République et la laïcité peuvent être des réponses mais il faudrait que les réponses qu’elles donnent soient arrimées aux réalités sociales.» A sa suite, Mme Ramatoulaye Diagne Mbengue, Recteur de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (Uidt), a salué l’organisation du «Gingembre Littéraire» dans son université. «Ce sont des manifestations de cette nature qui regroupent des sommités, des personnalités qui font vivre une université. Elles permettent à nos étudiants d’entendre des interventions extrêmement importantes sur une question cruciale, à savoir le vivre-ensemble. Nous sommes souvent confrontés à la violence, au refus de l’autre, à la discrimination, au racisme. Et tout cela en réalité, pour le combattre, il faut que l’on puisse avoir des espaces comme celui-ci, qui permettent de penser ensemble et de réfléchir ensemble sur ces questions et d’essayer de voir quelle recommandation et stratégie on peut envisager pour promouvoir le vivre-ensemble.»

Auparavant un vibrant hommage a été rendu au Pr Iba Der Thiam, parrain de l’Université de Thiès, devant son épouse qui a fait le déplacement exceptionnellement. C’est parce que, estime M. Ndoye, «Iba Der compte beaucoup pour nous. Le grand travail qu’il a fait avec l’histoire générale du Sénégal, mais aussi c’est lui qui a ouvert le cycle de conférences sur : «La place de l’Afrique dans le 21e siècle : Sou­ve­rai­neté et démocratie.» Lui rendre hommage alors qu’il n’est plus là, cela montre que les liens sociaux, l’amitié, l’affection, ça n’a pas de prix».

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