Le Kremlin prend le contrôle de l’internet russe avec le rachat du réseau social Vkontakte

La société Gazprom, gérée par le gouvernement russe, est devenue actionnaire majoritaire de Vkontakte, le réseau social le plus populaire du pays. Cette reprise en main s’inscrit dans la volonté du Kremlin d’établir un Internet russe souverain et sous contrôle.

Pavel Dourov, star de l’internet russe

En 2014, le fondateur de Vkontakte avait été poussé à la démission de son conseil d’administration après avoir publié la copie des injonctions du FSB ainsi que la liste des noms demandés par les services secrets. « Transmettre ces données aurait été contraire à la loi, une trahison envers les millions d’Ukrainiens qui nous ont fait confiance », écrivait Pavel Dourov à l’époque. Des propos qui l’ont contraint ensuite à quitter le pays sans jamais y revenir. Il partageait son temps, depuis, entre Londres, Dubaï et Paris. Il a en effet obtenu la nationalité française en août dernier.

En passant par les sociétés Gazprom et au travers de ses filiales comme SoGaz qui est détenue par un ami de longue date du président russe et de Gazprom Media, la branche médiatique de la maison-mère, le Kremlin obtient ainsi plus de 50 % des droits de vote au conseil d’administration du réseau social russe.

Une transaction sans grande valeur économique

Les opposants de Vladimir Poutine estiment que cette transaction fait de Vkontakte une entreprise d’État. Cette transaction n’a toutefois pas une grande valeur économique car les deux sociétés de Gazprom recevront moins de 5 % des futurs profits. Cet arsenal numérique d’influence avec Gazprom-Media est déjà constitué de 38 télévisions et de dix radios. Avec le groupe VK, le Kremlin dispose désormais de plusieurs réseaux sociaux dont VKontakte, la messagerie Mail.ru, ainsi que des plateformes de jeux vidéo, des services en ligne de transport, de paiement et de livraison.

 

Alors que l’opposition dénonce une tentative de maîtriser le débat politique et d’étouffer les critiques dans la presse et sur le web envers le régime, les autorités russes mettent une touche finale à un autre grand projet : celui d’un réseau Internet qui sera complètement indépendant du reste du monde et capable de fonctionner en toute autonomie.

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