«Squid Games», un thriller dystopique sud-coréen qui cartonne

« Squid Games » est une série coréenne qui remporte un franc succès sur Netflix. Ses 9 épisodes sont en tête des classements dans 83 pays et pourraient devenir d’ici à quelques semaines la série la plus regardée de l’histoire de la plateforme. Son univers a également envahi les réseaux sociaux où de nombreuses références au « drama » sud-coréen sont reprises notamment sur TikTok.
De notre correspondant à Séoul, – RFI
Texte par :Nicolas Rocca

Le concept n’est pas forcément très novateur car il rappelle les intrigues d’autres films dans la même veine comme Battle RoyaleHunger Games. Certains ont même accusé le réalisateur Dong Hyuk Hwang d’avoir plagié le film japonais de 2014, As the Gods Will dont l’intrigue est assez similaire.

1,2,3 Soleil version trash

Cette série tourne autour d’un jeu organisé par une mystérieuse organisation qui réunit 456 candidats et le gagnant pourra repartir avec 45,6 milliards de wons, soit 33 millions d’euros. Les neuf épisodes de ce thriller haletant, mettent en scène des jeux enfantins, comme 1,2,3 Soleil, mais d’une cruauté rare car seule deux issues s’offrent aux candidats :  la victoire ou la mort. Au-delà de l’aspect thriller et des rebondissements qui tiennent le spectateur en haleine, c’est aussi du système capitaliste adapté aux réalités sociales sud-coréennes. Tous les joueurs, sont des laissés pour compte de la société. Le héros, un parieur chronique, père divorcé incapable de joindre les deux bouts, est incapable de s’occuper de sa fille.

La situation des autres personnages principaux n’est pas nécessairement plus enviable : on retrouve un travailleur immigré, des voleurs, ou encore une transfuge nord-coréenne. La société les a transformés et rejetés, ce qui fait qu’ils sont prêts à tout ou presque afin de pouvoir sortir de leur misère sociale. Un aspect assez puissant de la série qui sort du cadre des « dramas » sud-coréens souvent centrés sur des histoires d’amour. À l’image de Parasite du réalisateur Bong Joon-ho, la série démontre l’intérêt croissant pour ces contenus qui abordent des thématiques pourtant assez propres à la société sud-coréenne, mais dans lesquelles les spectateurs parviennent à s’identifier.

Une série qui s’exporte

Au-delà du scénario assez haletant, car plein de rebondissements, il y a la musique, la qualité de l’image, les décors, les costumes tous ces éléments qui donnent à l’univers de Squid Games un aspect unique. Sur le réseau social TikTok, de nombreuses personnes ont publié des vidéos où ils tentent de reproduire une scène du jeu où les candidats doivent retirer une forme géométrique d’une confiserie grâce à une aiguille sans casser la sucrerie. Mais le succès dépasse internet, Netflix a par exemple organisé un événement à Paris le week-end dernier, afin de rassembler les fans de la série. La file d’attente a atteint les 250 mètres pour pouvoir participer à un jeu dans des conditions similaires à la série, sans la même issue évidemment.

Et puis enfin, la capacité de la Corée du Sud à exporter ses produits culturels est une des raisons du succès. Ce phénomène appelé le Hallyu a d’abord débarqué en Chine et à Taïwan, avant que les séries ou musiques sud-coréennes évoluent pour envahir progressivement l’Asie du Sud-est et désormais le reste du monde. BTSParasite, désormais Squid Games, à chaque année son succès planétaire sud-coréen.

Squid Games

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