Thiès: des victimes d’un promoteur immobilier marchent pour réclamer leurs terrains

Thiès,  (APS) – Des victimes d’un projet immobilier du groupe SCAC-Afrique, regroupés au sein d’un collectif, ont marché mardi à Thiès, pour demander aux pouvoirs publics de les aider à disposer de leurs terrains payés depuis 12 ans.
Des membres de la structure dénommée Collectif des souscripteurs victimes de SAC-Afrique ont marché de la Promenade des Thiessois jusqu’à la gouvernance, en passant par l’avenue Léopold Sédar Senghor. Ils ont déposé un mémorandum à la gouvernance, à l’issue de leur périple.
« Nous voulons nos terrains ! », « Président, justice ! », « On a tout payé, 12 ans c’est trop », scandaient-ils entre autres messages, sous l’encadrement de la police. Les marcheurs interpellaient aussi, Alioune Sarr, le maire de la commune de Notto Diobass, abritant les 43 ha de parcelles réclamés.
La mairie de Notto Diobass avait affecté en 2009, 130 ha à une société immobilière dénommée SCAC-Afrique, avant de les désaffecter, face à la contestation des populations, pour ne lui laisser que 43 ha. Par la suite, ces 43 ha ont aussi été retirés au promoteur, pour « défaut de mise en valeur ».
Le collectif estime que ses membres ne doivent faire les frais de cette situation, alors qu’ils sont en règle de leurs paiements.
Un recensement des dossiers des victimes de SCAC-Afrique, sur tous les sites gérés par le promoteur, évalue à 2,8 milliards de FCFA, les sommes encaissées par ce dernier, dont 2,5 milliards sur le seul site de Mbomboye, dans la commune de Diobass, selon Mame Diarra Bousso Thiam, vice-président d’une coopérative regroupant 700 victimes.
Ce montant concerne ceux qui payaient pour des terrains, puisque le projet proposait aussi des maisons construites.
Suite à plusieurs plaintes individuelles déposées par des clients dépités contre le promoteur sénégalo-camerounais, il avait été arrêté, avant d’obtenir une liberté provisoire et de quitter le pays.
Deux autres plaintes collectives avaient été déposées contre le promoteur immobilier. La première en 2016 a abouti à la fermeture de ses comptes bancaires et de son bureau, et la seconde déposée en 2019, devrait donner lieu « bientôt » à un procès, a dit Mame Diarra Bousso Thiam.
SCAC-Afrique, qui opérait dans d’autres régions du pays dont Diourbel et Louga, revendiquait au total 7.000 clients en 2012.
En 2015, le responsable du projet, après une liberté provisoire suite à son arrestation, avait quitté le pays, indique la vice-présidente de la coopérative.
« La prochaine étape, c’est d’aller vers un procès contre le promoteur et tous ceux qui sont derrière lui », a dit la vice-présidente.
« Je ne pense pas qu’une seule personne ait pu arnaquer autant de monde dans un pays organisé », a-t-elle dit, relevant que ses spots publicitaires étaient diffusés sur des télés et radios de la place.
Douze ans après, beaucoup de gens qui avaient cru à ce projet, y compris des émigrés, se trouvent « bloqués », parce que ne pouvant toujours pas mettre la main sur leur lopin de terre, déplore la responsable.

ADI/ASB/OID

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