Canada: Meng Wanzhou, « pion » d’un conflit entre Washington et Pékin, dit son avocat

Un avocat de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a accusé mercredi Donald Trump d’avoir fait de sa cliente un « pion » dans une guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

Meng Wanzhou, 49 ans, qui se bat au Canada contre son extradition vers les Etats-Unis, est accusée par Washington d’avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran. Les Etats-Unis veulent la juger pour fraude bancaire. L’intéressée a toujours nié ces accusations.

Ses avocats accusent l’ancien président américain américain d’avoir « empoisonné » la procédure en affirmant lors d’une interview fin 2018 qu’il n’hésiterait pas à intervenir dans la procédure contre Mme Meng si cela permettait d’obtenir des concessions commerciales de la Chine.

Ils soutiennent que cette intervention, ainsi que des « abus » de la part du Canada et des Etats-Unis, ont privé Mme Meng de son droit à un procès juste et équitable, et ils réclament une annulation de la procédure d’extradition.

Ces propos de l’ancien locataire de la Maison Blanche, tenus quelques jours après l’arrestation de Mme Meng lors d’une escale à Vancouver le 1er décembre 2018, n’étaient pas de simples « commentaires désinvoltes », a soutenu mercredi Richard Peck, avocat de Mme Meng, devant la Cour suprême de Colombie-Britannique.

Ils ont été répétés « à de multiples reprises » et repris par d’autres membres de son gouvernement, a-t-il souligné.

« Le président américain de l’époque a récupéré la procédure d’extradition dans un effort pour exploiter Mme Meng (…) dans les négociations commerciales des Etats-Unis avec la Chine », a-t-il déclaré.

« Mme Meng est devenue une monnaie d’échange, un pion, dans cette compétition économique entre deux superpuissances mondiales », a-t-il ajouté.

Faisant écho à la position de Pékin, Me Peck a affirmé que les Etats-Unis cherchaient à poursuivre Mme Meng dans le cadre « d’un effort concerté et coordonné du gouvernement américain pour affaiblir et détruire Huawei ».

Le représentant du ministère public canadien, Robert Frater, a pour sa part balayé les arguments des avocats de Meng Wanzhou, estimant que les propos de l’ancien président américain étaient « sans intérêt » maintenant que ce dernier n’est plus en poste.

Les commentaires de M. Trump ne devraient avoir aucune portée sur la procédure d’extradition de Meng Wanzhou, a-t-il expliqué, appelant à ce que les allégations selon lesquelles il aurait « empoisonné » la procédure soient écartées.

« Le fondement de leur demande est inexistant », a pointé Me Frater devant le tribunal. « Ils ont perdu ce qu’ils considèrent comme leur As: l’ancien président », a-t-il souligné.

Les relations entre Ottawa et Pékin traversent une crise sans précédent depuis l’arrestation fin 2018 en Chine de l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et de son compatriote Michael Spavor, accusés d’espionnage, quelques jours après celle de Meng Wanzhou.

Le Premier ministre Justin Trudeau, qui a toujours dénoncé des arrestations « arbitraires », a accusé Pékin mercredi d’avoir « inventé » une menace à la sécurité nationale pour justifier leur arrestation.

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