Au Sénégal, le business des produits pour prendre du poids et des rondeurs

Polémique au Sénégal après la mort d’une jeune femme, provoquée par une consommation de produits favorisant la prise de poids. Elle voulait grossir pour plaire à son mari. C’est un véritable marché au Sénégal et dans toute la région.

Ces produits sont partout en vente libre au Sénégal : comprimés, sirops, huiles, crèmes ou suppositoires censés faire prendre du poids. Signes d’opulence et de beauté, les rondeurs sont un marché porteur au Sénégal, mais aussi dans d’autres pays de la région comme la Côte d’ivoire ou le Mali.

Certaines femmes achètent en pharmacie, sans ordonnance, des sirops antihistaminiques (contre les allergies), qui ont pour effet secondaire de stimuler l’appétit. On trouve aussi facilement des contrefaçons dans les marchés de Dakar. Et des produits pour grossir sous forme de crème font aussi fureur, au milieu des produits de défrisage ou de dépigmentation. Tous ces produits sont omniprésents sur les réseaux sociaux et vendus en ligne.

Les vendeuses rassurent : ces produits ne font grossir que les fesses ou les hanches, et seraient faits à partir de matières premières naturelles. Pourtant, ni la composition ni l’origine du produit ne peuvent être vérifiées ; et les effets secondaires peuvent être dangereux. Somnolence, problèmes cardiovasculaires, insuffisance hépatique, obésité, diabète, hypertension artérielle… La liste est longue.

Les professionnels de santé appellent à une régulation de la commercialisation de ces produits

Ces produits « vendent seulement du rêve« , rappelle la diététicienne et nutritionniste Binetou Cheikh Seck. Selon elle, il est scientifiquement impossible de grossir des fesses et des hanches sans augmenter le reste du corps, ni de stimuler une création de graisse localement grâce à une crème. L’idéal est donc de consulter un médecin et d’acheter les produits dans une vraie pharmacie.

Mais convaincre les femmes ne sera pas aisé : au Sénégal, les rondeurs sont un idéal de beauté et un symbole d’aisance sociale. Alors que le marché du mariage est compétitif – notamment dans les couples polygames – les femmes sénégalaises ont la pression de répondre à des critères de beauté subjectifs, déterminés par les hommes.

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