Papis Konaré et Cie encourent 20 ans de réclusion criminelle

Accusés d’avoir cambriolé environ 27 maisons huppées et une bijouterie, Mouhamadou Konaré, son frère Ousmane Konaré, Moussa Diallo alias ‘’Pécoss’’ et Mbaye Diagne ont fait face aux juges de la chambre criminelle de Dakar, hier. Le montant du préjudice s’élève à plus d’une centaine de millions de francs CFA.

Après moult renvois, Mouhamed Konaré alias ‘’Papis’’, Mouhamed El Amine Diagne Diop, Ousmane Konaré, Moussa Diallo alias ‘’Pécoss’’ et Mbaye Diagne ont été jugés, hier, à la barre de la chambre criminelle de Dakar. Accusés d’association de malfaiteurs, de vol avec violence avec moyen de locomotion et d’usurpation de fonction, ils ont, à l’unanimité, plaidé non-coupable.

Selon l’économie des faits, entre décembre 2015 et avril 2016, environ 27 maisons et une bijouterie sise à Pikine ont été cambriolées, avec le même modus operandi. En effet, le plus souvent, ils étaient 3 à 5 individus à se présenter dans ces maisons, en se faisant passer pour des agents de la Senelec, de la SDE ou même de la police. Une fois sur place, la bande n’hésitait pas à violenter les domestiques pour arriver à ses fins. Ils emportaient des objets de valeur.

Arrêté à cause d’un téléphone volé qu’il aurait offert à une domestique, Mouhamed Konaré alias ‘’Papis’’ serait la tête pensante qui choisissait les maisons à cambrioler.

En effet, il est ressorti des éléments de l’enquête que c’est lui qui fournissait la logistique (véhicule, fausses plaques d’immatriculation, gyrophare, gants, pieds de biche, marteau, menottes, para-lumineux, testeur d’or). Il est également désigné par les enquêteurs comme étant celui qui procédait au partage du butin, après chaque coup. Mbaye Samb alias ‘’Préfet’’, qui est décédé, se chargeait de tenir en respect les domestiques, pendant que ses acolytes dévalisaient les maisons ciblées.

En outre, la perquisition de la maison de Papis Konaré a été fructueuse, selon les enquêteurs de la Division des investigations criminelles. Ces derniers ont saisi un certain nombre d’objets dont un arrache-clou, deux paires de gants, une lime à métaux, deux plaques d’immatriculation, un cache-nez, une tenaille, un rouleau, une perceuse électrique, des clous y afférant, un matériel pour tester l’or, un chiffon, un flacon d’acide, un mini peseur électrique et un roman intitulé ‘’L’exécuteur’’.

Il est, par ailleurs, ressorti des débats d’audience que le défunt Mbaye Samb alias ‘’Préfet’’ avait révélé le rôle de chacun dans cette affaire. Malgré leurs dénégations systématiques, les accusés, qui ont un passé pénal bien garni, ont été reconnus par certaines victimes et des témoins.

Condamné à 4 ans de prison à Dubaï, Mouhamadou Konaré déclare qu’aucune des victimes ne peut l’identifier comme étant parmi ceux qui ont commis le vol chez eux. ‘’Depuis le début, je ne suis cité que par leurs employés’’, s’est-il défendu.

Sur le cambriolage commis dans la bijouterie de Serigne Bassirou Diankha, l’accusé principal persiste dans ses dénégations. Ce, bien qu’il soit bien connu par la partie civile Diankha.  D’ailleurs, ce dernier, avec plus de détails, est revenu à la barre sur l’arrestation à Dubaï de Papis Konaré qu’il dit bien connaitre. ‘’Dans ce pays hôte, il avait volé un coffre à diamants et 500 millions de francs CFA. Je croyais qu’il avait cessé ses pratiques délictueuses, quand il a été élargi de prison’’, témoigne Diankha.

Sur le préjudice qu’il a subi, il soutient que les malfrats ont volé dans sa bijouterie une valeur de 60 millions de francs CFA.

En train de purger une peine de 10 ans pour vol aggravé, Papis Konaré, marié et père d’un enfant, déclare qu’il n’a pas besoin de perpétrer des crimes pareils. ‘’J’ai suffisamment de moyens pour survivre. J’ai des usines et je travaille avec des partenaires établis à Dubaï. Je gagne bien ma vie’’, a-t-il fulminé. Suspecté d’avoir fait la connaissance de ses acolytes Mouhamed El Amine Diagne Diop et Moussa Diallo en prison, Papis Konaré nie cette allégation, au même titre que les susnommés.

Arrêté chez lui, Moussa Diallo alias ‘’Pécoss’’ soutient qu’il ignore les raisons pour lesquelles il est cité dans cette affaire. Formel, il affirme : ‘’Je n’ai jamais partagé la même cellule avec Diagne et Papis.’’

Quant à Mouhamed El Amine Diagne, il déclare que les bijoux et le téléphone portable que les limiers ont saisis chez lui ont été vendus par une de ses connaissances, Omar Cissé. Ce dernier serait également un ami de Papis Konaré. D’ailleurs, ils auraient été tous les deux condamnés en même temps à Dubaï. Ce que Papis a tout bonnement contesté.

Toutefois, son frère Ousmane Konaré, qui est cité dans la cause, a déclaré à la barre avoir une fois rencontré cette personne. Pour sa part, Mbaye Diagne jure n’avoir rien à voir avec le gang. ‘’J’étais parti chercher Préfet à Saint-Louis. Je devais le déposer à Dakar. Après, on a eu un accident. C’est seulement le défunt que je connaissais’’, s’est-il justifié.

Les parties civiles réclament 265 millions

La somme de 265 millions a été réclamée par les parties civiles pour dédommagement. Selon les avocats de la partie civile, les accusés constituent une véritable entreprise criminelle qui hante le sommeil d’honnêtes citoyens. Du même avis que la défense, le représentant du ministère public a demandé l’acquittement de Mbaye Diagne et requis 20 ans de réclusion criminelle contre Papis Konaré et les autres.

Les conseils de la défense ont, tour à tour, sollicité le renvoi de leurs clients des fins de la poursuite. Aucun élément, disent-ils, ne permet de retenir les accusés dans les liens de la détention.

L’affaire mise en délibéré, la chambre rendra sa décision le 17 février prochain.

MAGUETTE NDAO

 

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