Référendum sur le nom de la Macédoine: le président Ivanov appelle au boycott

Le président macédonien Gjorge Ivanov a appelé depuis l’ONU jeudi ses concitoyens à s’abstenir de voter lors du référendum de dimanche sur le changement de nom de son pays, qu’il a qualifié de « suicide historique ».

« En tant que citoyen, j’ai pris ma décision: le 30 septembre, je ne vais pas aller voter », a-t-il déclaré dans son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU. « Et je suis convaincu que vous, nos concitoyens, prendrez aussi cette décision sage », a-t-il ajouté.

L’opposition du président Ivanov à ce changement de nom, qui verrait son pays renommé « République de Macédoine du Nord », conformément à un accord trouvé mi-juin entre le Premier ministre macédonien Zoran Zaev – rival politique de M. Ivanov – et le Premier ministre grec Alexis Tsipras, est connue.

Il est proche de la droite nationaliste, hostile à un changement de nom exigé par la Grèce depuis des années.

Mais à trois jours du scrutin, il a pris à témoin les dirigeants de la planète réunis à New York pour marteler qu’un « oui » au référendum reviendrait à faire de ce petit pays des Balkans un Etat « semi-souverain », doté d’un « droit à l’autodétermination érodé ».

Au contraire, si le référendum échoue, « d’autres possibilités de discuter seront créées », a-t-il assuré.

« Pour parvenir à un accord durable, réaliste », « il faut discuter, pas imposer la force, il faut un respect mutuel et non du mépris », a-t-il ajouté.

L’accord Tsipras-Zaev « nous met dans une situation de fait accompli: on nous dit que nous sommes plus petits et plus faibles et que nous devons donc accepter l’accord voulu par Athènes », a-t-il souligné.

Il a reproché aux Nations unies d’avoir accepté il y a des années de « porter atteinte au droit à l’autodétermination du peuple macédonien », en poussant à des négociations sur le nom de son pays.

Si le « oui » l’emporte, le référendum consultatif de dimanche n’entraînera pas immédiatement de changement de nom.

Son résultat devra encore être validé par le parlement macédonien, à une majorité des deux-tiers. Le Premier ministre Zaev espère un « oui » franc et massif qui ne lui laisserait guère le choix.

L’accord doit permettre de sortir la Macédoine de l’isolement: la Grèce, considérant que le nom de Macédoine ne peut revenir qu’à celui de sa province septentrionale, bloque en effet depuis des années toute négociation d’adhésion de la Macédoine à l’Union européenne et l’Otan, au motif que son voisin doit préalablement changer de nom.

Deux ans après son indépendance dans le sillage de l’éclatement de la Yougoslavie, la Macédoine a été admise à l’ONU sous le nom d' »Ancienne République yougoslave de Macédoine » (ARYM, FYROM en anglais), appellation également retenue par les pays de l’Union européenne.

Mais de nombreux pays dans le monde, dont la Russie et les Etats-Unis, ont reconnu ce petit pays comme « Macédoine ».

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