DISPOSITIF DÉPLACEMENT ENSEIGNANTS  – Une désorganisation totale

La première journée de convoyage des enseignants ne s’est pas bien passée. Entre ‘’désorganisation’’, retard et manque de respect, les enseignants en ont vu de toutes les couleurs. Les syndicalistes dénoncent la situation et demandent à la tutelle de corriger cela.

La première vague d’enseignants devant retourner hier à leurs lieux de service ont rencontré beaucoup de problèmes. Le retour des 1 500 d’entre eux sur les 15 000 qui doivent retrouver les classes le 2 juin prochain, a été un véritable parcours du combattant. Il était initialement prévu qu’ils quitteraient Dakar à 15 h. Mais certains bus n’ont pu quitter qu’à 17 h. Ce premier départ a occasionné des rassemblements au niveau de certaines gares. Ce qui n’est pas du goût du secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (Saemss) Saourou Sène.

Il regrette également que des enseignants devant rallier Thiès et Diourbel aient été convoqués à la même heure. ‘’Globalement, le dispositif laisse à désirer. Il est encore possible que le ministère réajuste les choses et revoie le dispositif avec celui des Transports ou que le gouvernement, de façon générale, essaie d’alléger les mesures en rapport avec le transport’’, propose Saourou Sène. Le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal/Authentique, Abdou Faty, est du même avis. ‘’Il faut éviter cet attroupement. Il faut que les gens soient beaucoup plus professionnels, que ça soit plus fluide pour que les enseignants puissent rentrer sereinement’’, appelle M. Faty. Il indique qu’à leur niveau, ils ont pris leurs responsabilités en demandant aux enseignantes qui ont des bébés de retourner chez elles.

A juste titre, dirait certainement le secrétaire général du Cadre unitaire des enseignants du moyen secondaire (Cusems), Abdoulaye Ndoye, qui note un spectacle désolant. Il considère que ce qui s’est passé hier dans les différentes gares de convoyage ‘’est un manque de respect’’. Il trouve ‘’intolérable, inadmissible d’entasser des milliers d’enseignants’’. ‘’Le gouvernement est tenu responsable de ce qui s’est passé. Pendant toute la matinée, des gens sont entassés comme des boites de sardines. Ils n’ont pas mangé. Si le virus circule aujourd’hui, c’est la catastrophe, c’est l’hécatombe. On aurait pu choisir plusieurs sites. Ceux qui sont dans la banlieue auraient pu se retrouver aux Parcelles et à Rufisque, par exemple’’, a-t-il dit. Il considère que les autorités ont échoué. Elles doivent leur présenter des excuses.

Par ailleurs, selon Saourou Sène, ce qui s’est passé hier au terminus Dakar Dem Dikk de Liberté 5 n’est rien face à la peine de certains. Pour le transport, les enseignants ne sont pas forcément déposés à leurs lieux de service. L’instruction est de déposer tout le monde dans les grandes villes. A chacun de se débrouiller après pour arriver à destination. Ainsi, certains enseignants arrivés hier à 17 h à Mbour et devant rallier les villes ou villages environnants n’ont pu arriver à bon port. Saourou Sène, prenant exemple sur ses collègues de Diourbel, a d’ailleurs déclaré : ‘’Les enseignants ne vont pas rester à Diourbel-commune, parce que leurs écoles ne se trouvent pas à Diourbel-commune. S’il n’y a pas de possibilité de transport de Diourbel à leurs lieux d’enseignement, ça va être compliqué. C’est pourquoi je dis qu’il faut alléger cet état d’urgence, s’ils veulent que les gens reprennent leurs activités.’’

Pour le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels) Souleymane Diallo, tous ces problèmes sont la résultante d’une ‘’précipitation’’ et d’un ‘’manque d’organisation’’.

‘’Il n’y a pas eu de tests pour les enseignants‘’

Ce que confirme son collègue et secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal/Authentique.  Abou Faty déplore une impréparation dans le convoyage des enseignants. Ce qui fait dire à Abdoulaye Ndoye que ‘’le gouvernement est dans le tâtonnement. Il n’a pas d’objectif clair et ne sait pas ce qu’il doit faire’’. Ce qui est sûr, par contre, est que ‘’maintenant, on ne dira pas que les enseignants ont refusé de rejoindre leurs postes’’, croit-il savoir. Présents sur les lieux, les ministres de l’Education nationale Mamadou Talla et des Transports Oumar Youm ont tenté de rassurer les enseignants et ont assuré que tout le monde partira sans contrainte. Ce qui ne fut pas le cas.

Sur un autre registre, le secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), Souleymane Diallo, regrette que la tutelle n’ait pas tenu toutes ses promesses. Il était annoncé que tous les enseignants seraient testés avant leur retour. Il n’en est rien, selon M. Diallo. ‘’Le ministre avait parlé de tests pour les enseignants, mais nous avons reçu une autre information du ministère disant que les enseignants ne seront pas testés. J’ai interpellé le ministère de l’Education nationale sur la volonté de certaines collectivités locales, voire l’exigence de certaines collectivités locales de tester tout enseignant venant d’une zone infectée’’, informe-t-il. Aussi, ajoute-t-il, ‘’ le gouvernement a exempté les enseignants qui souffrent de pathologies chroniques. Ces derniers doivent fournir un dossier médical et beaucoup n’ont pas les documents requis. Pour revenir aux élèves qui souffrent de pathologies, eux aussi doivent être exemptés. Les autorités doivent nous dire comment ces élèves vont suivre les cours à distance’’, réclame Souleymane Diallo.

Pour lui, il faut des réponses à ces questions pour espérer réunir les conditions minimales. Il rappelle qu’ils sont pour la reprise des cours, contre une année blanche, mais de nombreuses questions restent sans réponse.

AIDA DIÈNE

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