Les objectifs de l’Union européenne dans le domaine de l’Intelligence artificielle

L’objectif de faire de l’Union européenne un leader mondial de l’économie numérique passera par une Intelligence artificielle (IA) centrée sur le facteur humain, a affirmé mercredi la Commission européenne en présentant sa stratégie en la matière.

Dans les domaines à haut risque, comme la santé (opérations chirurgicales assistées par l’IA, par exemple), la police ou les transports (voitures autonomes), les systèmes d’IA devraient être transparents, traçables et garantir un contrôle humain, a souligné la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen.

Livre blanc de la Commission

C’est ainsi que les autorités devront être en mesure de tester et de certifier les données utilisées par les algorithmes, tout comme elles procèdent déjà à des vérifications sur les cosmétiques, les voitures ou les jouets, expose la Commission dans un « Livre blanc » présenté mercredi. Des données sans biais seront nécessaires pour entraîner les systèmes à haut risque à fonctionner correctement et pour garantir le respect des droits fondamentaux, notamment la non-discrimination, par exemple dans le domaine du recrutement.
Identification biométrique

Alors qu’aujourd’hui le recours à la reconnaissance faciale aux fins d’une identification biométrique à distance est interdit sauf cas exceptionnels, la Commission souhaite lancer un vaste débat sur les éventuelles circonstances susceptibles de justifier des exceptions, par exemple la sécurité dans les stades de football.
En ce qui concerne les applications d’IA à faible risque, la Commission envisage un système de label non obligatoire.
“Marché unique des données”

Pour alimenter les algorithmes de l’IA, les données sont indispensables. L’Europe en crée d’innombrables gisements encore inexploités, via ses entreprises et les organismes publics, et leur nombre augmente de manière exponentielle. La Commission propose là aussi une stratégie pour établir « un véritable espace européen, un marché unique des données ». Celles à caractère non personnel devraient être ainsi accessibles à tous les acteurs, qu’ils soient publics ou privés, jeunes pousses ou géants d’un secteur, selon le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton.
Incitation au partage des données

L’exécutif envisage un cadre réglementaire, des mesures d’incitation au partage des données, le tout en respectant les valeurs et les droits européens tels que la protection des données à caractère personnel et la protection des consommateurs, ainsi que les règles de concurrence. Des infrastructures de nouvelle génération seront aussi nécessaires, comme des espaces européens de données et de « nuages » numériques économes en énergie et fiables.
“Souveraineté” européenne

« C’est aussi une question de souveraineté en tant qu’Européens: nous ne souhaitons pas repousser les autres, mais réduire notre dépendance sur des technologies fondamentales. Je ne veux pas que l’UE soit comme la Chine ou les Etats-Unis, mais qu’elle soit elle-même », a commenté la commissaire Margrethe Vestager, vice-présidente en charge d’une Europe adaptée à l’ère du numérique.
Renforcer la cybersécurité

Dans le courant de l’année, la Commission présentera une législation sur les services numériques et un plan d’action pour la démocratie européenne. Elle proposera aussi un réexamen du règlement sur les services de confiance pour les transactions électroniques, et renforcera la cybersécurité en établissant une unité conjointe de cybersécurité.

Le livre blanc sur l’intelligence artificielle fait actuellement l’objet d’une consultation publique jusqu’au 19 mai prochain. Des propositions législatives sont attendues pour la fin de l’année.

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