LIGUE 1 – 7e JOURNEE – Reims colle un ippon au PSG

 

impressionnant de sérénité défensive et d’opportunisme, le Stade de Reims s’est imposé à la surprise générale contre le Paris Saint-Germain au Parc des Princes, et ça n’est même pas volé (2-0). Cette fois, le talisman Neymar n’a pas suffi.

 

Ce n’était pas le nom d’un film, ça : La Purge ? La nouvelle production du réalisateur Thomas Tuchel, le visionnaire à l’origine de PSG-Real Madrid, mais également des (in)oubliables PSG-Strasbourg et Olympique lyonnais-PSG. Blague à part : les matchs de foot sont décidément comme des films : ils ne sont jamais les mêmes, mais l’on peut sentir quand un cinéaste n’a plus d’idées. À la décharge de l’Allemand, cette fois, c’est davantage une question de moyens : privés de sept titulaires habituels, il fallait broder. Le résultat est simple : une bouillie infâme, où Reims a fait du Reims. Défendre bien, défendre très bien, marquer sur deux contres et rideau. Chapeau Guion, ça fait deux victoires de suite contre Paris.

Vide, et encore plus

Parce que, quoi que l’on en pense, cela reste exceptionnel. Une plongée dans la France du foot qui ne loue pas des mètres carrés au prix d’un corps de ferme, et qui peut s’acheter un jambon-beurre pour moins de quatre euros : avant de prendre le bus pour monter à Paris, David Guion avait insisté cette semaine sur le « plaisir rare » que constituait un déplacement au Parc des Princes. « Si mes joueurs ont peur ? Non, ils adorent. » Tant mieux : les Parisiens attaquent pied au plancher. Trois minutes trente de possession exclusive qui donnent le ton de la suite et une foutue envie de bailler, puisque les Champenois, meilleure défense de Ligue 1 (deux buts, à égalité avec… Paris) font partie de ces murailles où même l’eau ne s’infiltre pas dans les interstices.

Mais il faut tester les failles, rentrer les ongles, alors Choupo enlève d’une madjer un ballon de but à Kurzawa, une des rares choses qu’il aurait peut-être réussies (6e), Paredes frôle le montant de Rajković sur un scud des 25m (8e), et Neymar s’entraîne au coup franc sur cible immobile, sans viser le but (27e). Le milieu parisien, composé de Bernat, Herrera et Paredes, se fait avaler à l’impact par la ligne de deux milieux défensifs Chavalerin-Munetsi, pas aidé par Kurzawa et Mbe Soh, incapable de décocher un centre comestible. Alors, quand ce dernier complète le repas en se faisant bouffer au duel aérien par Kamara, et que Navas est trop court pour repousser son premier tir cadré subi en deux matchs, voilà le résultat : 1-0 pour Reims à la mi-temps, le tout en ayant eu la balle 25% du temps et réussi trois fois moins de passes (130 contre 400). Du vide, rien d’autre que du vide. Le cerveau d’Homer Simpson est plus consistant que le jeu de ce PSG-là.

Leçon défensive

Et encore, cela aurait pu être pire : si Abdelhamid avait cadré sa tête, par exemple (44e). Ou si Choupo-Moting était resté sur la pelouse, privant Rajković de deux frissons devant son remplaçant Di María (44e, 45e+2). Une des rares satisfactions côté parisien s’appelle ironiquement Presnel Kimpembe, capitaine d’un soir et seul homme à tenir physiquement la comparaison face à une équipe délibérément privée de ses leaders techniques, Dia et Oudin. On soupçonne le savon : renvoyés très tôt sur la pelouse pour la seconde période par Thomas Tuchel, les Parisiens se réorganisent à l’heure de jeu : Meunier remplace Mbe Soh à droite, et Marquinhos entre pour Kurzawa, permettant à Bernat de reprendre son couloir défensif gauche, le Brésilien en 6.

Le jeu s’en trouve facilité, mais les métastases sont toujours là : Paredes et Herrera sont incapables de se placer au cœur du jeu, alors que Rémi Oudin, entré en cours de jeu, trouve le poteau de Navas depuis un angle fermé (77e). C’est un siège stérile, où le silence atterré du Parc n’est rompu qu’à l’occasion de cette bicyclette fructueuse de Dia au bout pour faire le break (2-0, 90e+3). On parlait d’ennui, peut-être devrait-on évoquer une formidable prestation défensive ? Les visions se valent. Toujours est-il que Reims, en infligeant sa deuxième défaite de la saison à Paris après 22 victoires consécutives à domicile, a peut-être réussi plus grand encore : le club de la capitale restait sur une série de 63 matchs toutes compétitions confondues en ayant inscrit au moins un but (47 victoires, 7 nuls et 9 défaites). C’était un record. Désormais, on repart à zéro. « La Purge » a fait des petits frères.

SOFOOT

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *