L’Ong Tostan, appuyée par Global affairs Canada, a initié une rencontre entre des Gambiens et des Sénégalais dans le village Kalifourou, à quelques kilomètres de la Guinée, pour discuter des conditions de l’installation d’une paix et d’une sécurité durable dans les ménages, les villages, entre les communautés, mais aussi entre les pays de la sous-région.

Comment raffermir les liens imposés par les frontières ? Après le village de Kandia, frontalier à la Gambie, le village de Kalifourou, à quelques kilomètres de la Guinée, a abrité une rencontre entre des communautés villageoises sénégalaises et gambiennes pour parler des conditions de l’installation des conditions de paix et de sécurité à l’intérieur des frontières, dans les ménages, mais aussi à travers les frontières. La Guinée, qui est partie prenante du programme, n’a pu faire le déplacement pour des raisons de «compétences territoriales». Toutefois, les Guinéens, malgré leur absence, étaient dans les discours et dans les plans d’actions. Pour justifier la pertinence de la rencontre, Bara Kébé, gestionnaire senior de la zone sud à Tostan, dit : «Pas de développement sans paix et sans sécurité. Et la paix et la sécurité doivent d’abord être une affaire des ménages, des villages et entre les pays. Les échanges entre les participants ont permis de mettre la lumière sur la responsabilité de chaque individu dans l’avènement de la sécurité et de la paix dans nos localités.» Les participants ont pu toucher du doigt ce que l’absence de paix peut provoquer en termes de dégâts et de mal vivre. C’est pour mieux relever les germes des conflits, enseigner les techniques de la médiation, de la prévention et de la gestion de la paix et de la sécurité. Par conséquent, les Gambiens et Séné­galais sont venus à cette rencontre la tête pleine de ces notions de paix et de sécurité reçues des animateurs de l’Ong qui les ont coachés dans le cadre de son programme «Initiative paix et sécurité» qui a obtenu l’appui de Global affairs Cana­da.
D’ailleurs dans les activités quotidiennes du programme, les animateurs de Tostan, avec l’implication de leaders communautaires impliqués dans le programme, ont pu résoudre des conflits entre époux ou entre éleveurs et agriculteurs sans avoir eu besoin de recourir à la justice conventionnelle. Aladji Diallo, ressortissant de la Gambie, a précisément révélé que des femmes, associées dans le programme, «sont particulièrement actives dans la résolution des conflits entre des époux et entre des familles et que rarement on a eu recours à la police pour régler des différends depuis l’avènement du programme dans leurs villages». Au terme de la rencontre, un agenda d’activités a pu être proposé aux différents comités villageois pour continuer le travail de stabilisation de la zone sud du Sénégal et de la Gambie ainsi que de l’Est de la Guinée Conakry.

Par Abdoulaye KAMARA – (Correspondant) – akamara@lequotidien.sn